Bienvenue sur le terrain
Recherche de fuite avec ton LD6000 et ta caméra FLIR E40bx. Choisis ta méthode, suis les étapes pas à pas, documente pour l'assurance.
AChoisis ta méthode
BDémarrage rapide
Préparation de la mission
Vérifie matériel, appareil et conditions site avant de commencer. Une bonne prépa, c'est 80% du résultat.
AMatériel à embarquer
BVérifications appareil
CContexte site
Gaz traceur
Mélange 95% azote / 5% hydrogène — non toxique, non inflammable. L'H₂ traverse terre, béton, carrelage. Le capteur LD6000 H2 le détecte en surface.
ACalculateur de gaz
BProcédure terrain
Préchauffe au grand air
3 minutes obligatoires dehors (ou en zone sans H₂). Le capteur calibre son zéro. Si tu allumes en zone polluée, aucune détection ensuite.
Vidange canalisation
Mettre la conduite à vide d'eau côté à inspecter.
Raccordement bouteille
Détendeur sur bouteille N₂/H₂ 95/5. Raccorder à un côté de la conduite.
Remplissage lent
Remplir jusqu'à ce que le capteur détecte du gaz à l'autre bout. Fermer l'autre côté.
Mise en pression
Monter à la pression de contrôle (souvent 1 à 5 bar selon réseau).
Temps de migration
De quelques minutes à plusieurs heures. Sol humide normal, recouvrement 1,5 m ≈ 60 min pour atteindre la surface.
Balayage surface
Sonde H2 à 2–5 cm du sol, juste au-dessus du tracé. Avancer lentement, max 30 cm/sec.
Calibrage zéro local
En zone à concentration, faire un calibrage zéro (touche 0). La référence devient cette concentration ; on cherche ensuite l'augmentation relative.
Localisation précise
Le point de fuite = concentration maxi. Confirmer en s'éloignant : la valeur doit baisser dans toutes les directions.
CLecture écran H₂
| Affichage digit | Signification |
|---|---|
| 000–050 | Bruit de fond, air ambiant |
| 050–200 | Présence de gaz, hors zone fuite |
| 200–500 | Approche zone fuite |
| 500–1000 | Zone très probable de fuite |
Réglage usine : 500 digits. Trois seuils programmables. Le seuil s'applique à la valeur RELATIVE (après calibrage zéro), pas à la valeur absolue.
DRétroaction sonore
Son continu, fréquence variable. Plus aigu = plus de gaz. Permet de chercher tête baissée sans regarder l'écran.
Suite de bips, fréquence fixe. Cadence rapide = plus de gaz. Moins précis que le casque, utile en duo.
ERéflexes avant intervention
1. Allumer le détecteur dans le local fuite → calibrage faussé, 0 détection.
2. Toucher le sol avec la sonde → encrassement du capteur, durée de vie réduite.
3. Pression bouteille < 30 bar → pas assez pour finir le test, prévoir bouteille pleine.
Écoute électro-acoustique
Pré-localisation aux points de contact, puis localisation précise au microphone de sol. Toujours en deux temps.
AProcédure terrain
Pré-localisation aux points de contact
Microphone universel + pointe d'écoute. Écouter chaque vanne, robinet, bouche du tracé. Noter le niveau le plus élevé. Ne pas changer la sensibilité entre deux points (la valeur précédente est conservée pour comparer).
Cibler le tronçon le plus bruyant
La fuite est sur le tronçon entre les deux points où le niveau est le plus fort. Bruit sourd = fuite probable, bruit clair = écoulement / restriction.
Passer en microphone de sol
Monter le trépied LD6000 DA sur le BM, ou sortir le BMW. Filtre Sol (50–400 Hz) par défaut.
Régler la sensibilité
Auto : maintenir le bouton enregistrement jusqu'au bip. Manuel : viser barre rouge à mi-hauteur. Toute modif efface la série courante.
Balayer au sol au-dessus du tracé
Un point tous les 1 m maximum, sur 5 sec d'écoute par point. La position avec la goutte 💧 = probabilité de fuite la plus forte.
Confirmer en mesure longue durée
Au point suspect, lancer une mesure 5 ou 15 min pour s'assurer que ce n'est pas un bruit ponctuel d'environnement (canal, pompe…).
Enregistrer la série
Menu › Enregistrer › Valeurs de mesure › emplacement (1 à 20). Photo de l'écran obligatoire pour le dossier.
BChoix du mode
Combine niveau sonore + indicateur Smart (calcul fréquence × niveau × évaluation). À privilégier en environnement bruyant ou sur fuite faible. Plus la barre Smart est grande et claire, plus on est près de la fuite.
Hauteur de barre = niveau, couleur de barre = fréquence dominante. Bon compromis lecture rapide. Utile en environnement calme.
Affiche uniquement le niveau minimum mesuré. Mode classique, simple à interpréter, peu d'infos.
Avec générateur d'impulsions LD-PULS. Localisation conduites non-métalliques jusqu'à 2 m de profondeur. Filtre par défaut 0–1000 Hz, baisser la borne haute si générateur éloigné (0–350 Hz souvent idéal).
CFiltres préréglés
| Préréglage | HP | BP | Plage | Usage |
|---|---|---|---|---|
| Vannes | 200 Hz | 800 Hz | 0–2000 | Robinets, bouches |
| Sol défaut | 50 Hz | 400 Hz | 0–1000 | Tracés, sol |
| Utilisateur | 100 Hz | 800 Hz | 0–1200 | Personnalisable |
DParamètres types selon contexte
Le PE/PVC absorbe les hautes fréquences. Rester bas. Si fuite très faible, passer au gaz traceur.
Caméra thermique FLIR E40bx
Détection ponts thermiques, fuites d'eau, défauts d'isolation et risque de condensation. Ta caméra a la fonction "bx" (building expert) : alarme point de rosée et alarme isolation intégrées.
ATa caméra E40bx
BConditions de prise de vue
Pour qu'un défaut soit visible, il faut au moins 10–15 °C d'écart entre intérieur et extérieur. Plus le Δt est grand, plus c'est net.
Période idéale hiver, tôt le matin (avant lever du soleil) ou nuit.
Soleil direct sur la façade dans les 4 dernières heures → pollution thermique des matériaux
Pluie ou façade humide → l'évaporation refroidit, fausse la lecture
Vent > 5 m/s → uniformise les températures, défauts invisibles
Δt < 10 °C → contrastes trop faibles
Avant la mesure intérieure : chauffer normalement le local pendant au moins 4 heures, fermer fenêtres, couper VMC ponctuellement si possible.
Avant la mesure extérieure : prendre la photo au lever du jour, avant que le soleil ne tape sur la façade.
CRéglages caméra étape par étape
Allumer + laisser stabiliser 5 min
Le détecteur se thermalise. Mesure faite trop tôt = imprécision.
Régler l'émissivité (ε)
Menu › Mesure › Émissivité. Valeurs courantes : peinture mate 0,95, plâtre 0,91, brique 0,93, bois 0,90, métal poli 0,1–0,3.
Température apparente reflétée
Menu › Mesure › Température réfléchie. En général : = température ambiante. À ajuster si surface très réfléchissante près d'une source chaude/froide.
Distance à la cible
Menu › Mesure › Distance. Renseigner la distance réelle (1 à 5 m typique en intérieur). Influence faible mais à régler proprement.
Humidité relative + T° air ambiant
Indispensables pour que l'alarme point de rosée fonctionne. Mesurer avec ton hygromètre, puis saisir dans Menu › Mesure.
Choisir la palette
Touche dédiée. Iron / Rainbow HC = lecture rapide, Gris = mesure précise, Arctic = froid sur fond chaud (très bien pour fuite eau).
Mode AUTO puis MANUEL
Démarrer en auto pour cadrer. Une fois la zone trouvée, basculer en manuel et resserrer la plage (span) sur la zone d'intérêt — c'est ça qui révèle les défauts subtils.
Mise au point manuelle nette
Bague de focus. Une image floue = mesure faussée. Faire le point sur un détail à fort contraste.
DDétecter un pont thermique
Une zone moins isolée où la chaleur fuit plus vite. En intérieur en hiver, ça apparaît comme une zone plus FROIDE que le mur autour. À l'extérieur, c'est l'inverse : plus CHAUDE.
Choisir le bon côté
Intérieur en hiver = méthode la plus fiable (Δt naturel). Faire la prise de vue au moins 4 h après mise en chauffe normale.
Cadrer le mur entier d'abord
Vue générale en mode AUTO, palette Iron. Repérer les zones plus sombres (= plus froides) sur les murs, plafonds, jonctions.
Activer la fonction Delta T
Menu › Mesure › Delta T. Place un Spot 1 sur le mur sain et un Spot 2 sur la zone suspecte. La caméra calcule l'écart en direct.
Resserrer la plage
Bascule en mode MANUEL, ajuste le span sur l'écart Spot 1 / Spot 2. Le défaut devient ultra-visible.
Activer l'alarme isolation
Menu › Mesure › Alarme isolation. Définir un indice thermique limite (souvent 0,7 ou 0,75 selon la RT). Toute zone sous le seuil s'affiche en couleur d'alerte.
Documenter
Enregistrer image radiométrique (.jpg avec données). Ajouter annotation vocale ou texte directement sur la caméra.
Jonctions : dalle/mur, mur/toiture, refend/façade, encadrements menuiseries
Points singuliers : appuis de fenêtre, linteaux, balcons (rupture de pont thermique), coffres de volet roulant
Plancher bas : à la périphérie sur dalle non isolée
Combles : chevilles métalliques, jonction mur/plafond
ERecherche fuite eau en thermique
L'eau qui s'évapore en surface refroidit le matériau (chaleur latente). Une zone humide apparaît donc comme plus FROIDE.
Sur eau chaude ou plancher chauffant, c'est l'inverse : la fuite apparaît chaude grâce à la conduction.
Identifier le type de réseau
Eau froide / EU : chercher le froid. Eau chaude / chauffage : chercher le chaud. Plancher chauffant : tracé visible si fuite.
Préparer le local
Couper VMC, fermer portes, attendre 15–20 min que les courants d'air se stabilisent. Ne pas marcher pieds nus sur la zone.
Mesurer en oblique, pas perpendiculaire
Angle idéal 30–45°. Perpendiculaire = effet miroir IR, surtout sur carrelage et peinture brillante.
Palette Arctic ou Rainbow HC
Très efficace pour mettre en évidence les zones froides ponctuelles.
Span resserré sur la zone
Mode manuel, plage 2–3 °C autour de la température sol. Une fuite apparaît comme une tache bleue franche.
Suivre le cheminement
L'eau migre par capillarité — la trace thermique n'est pas forcément le point fuite exact. Le point le plus froid = le plus humide ; remonter pour trouver l'origine.
Confirmer avec humidimètre
MeterLink Bluetooth : connecte ton humidimètre à la E40bx, la valeur d'humidité s'imprime directement sur l'image thermique. Preuve solide pour le dossier assurance.
Pied de mur froid sur dalle non isolée : ressemble à une fuite mais c'est un pont thermique. Vérifier avec humidimètre.
Réflexion d'une fenêtre froide : apparaît sur sol carrelé brillant. Bouger l'angle pour voir si la "tache" suit ton mouvement.
Sol chauffé inhomogène : certains planchers ont des zones naturellement plus froides (boucles éloignées).
FPoint de rosée — alarme E40bx
Le point de rosée est la température à laquelle l'air ambiant devient saturé en humidité et la condensation apparaît. Toute surface plus froide que ce seuil va condenser → moisissures à terme.
Exemple : air à 20 °C / 60% HR → point de rosée à 12 °C. Toute paroi sous 12 °C est à risque.
Mesurer T° et HR de l'air ambiant
Hygromètre à hauteur d'occupant, loin des murs froids et sources de chaleur. Laisser stabiliser 5 min.
Saisir les valeurs dans la caméra
Menu › Mesure › Température air ambiant + Humidité relative. La E40bx calcule automatiquement le point de rosée.
Activer l'alarme point de rosée
Menu › Mesure › Alarme dewpoint. La caméra colore en couleur d'alerte toutes les zones dont la surface est sous le point de rosée.
Balayer le local
Angles de murs, embrasures, derrière les meubles, derrière les rideaux, jonctions plafond. Les zones critiques sont là où ça ne respire pas.
Régler la marge de sécurité
Tu peux régler une marge au-dessus du point de rosée (ex: +2 °C). Toutes les zones proches du seuil s'affichent — utile pour le préventif.
Documenter
Image enregistrée affiche : T° point de rosée + T° surface + zones d'alerte. Très visuel pour rapport client / expert.
| Conditions | Pt de rosée | Risque |
|---|---|---|
| 20 °C / 50% HR | 9,3 °C | Faible (bon) |
| 20 °C / 60% HR | 12,0 °C | Modéré |
| 20 °C / 70% HR | 14,4 °C | Élevé |
| 20 °C / 80% HR | 16,4 °C | Critique |
| 22 °C / 65% HR | 15,0 °C | Élevé |
GChoix de palette selon usage
| Palette | Usage |
|---|---|
| Iron défaut | Polyvalente, lecture rapide ponts thermiques |
| Rainbow HC | Contraste maxi, défauts subtils, fuites eau |
| Arctic | Mettre en valeur le froid (fuites EF, condensation) |
| Gris | Mesure précise, restitution naturelle |
| Lava | Mettre en valeur le chaud (chauffage, électrique) |
HErreurs courantes à éviter
1. Oublier de régler l'émissivité → écart de 5–10 °C possible
2. Image floue → résolution thermique divisée par 2
3. Reflet de soi-même sur surface brillante → fausse signature thermique
4. Mesurer en plein soleil ou juste après → pollution thermique
5. Δt trop faible (< 10 °C) → on ne voit rien d'exploitable
Toujours faire 3 prises de vue par défaut : vue large, vue rapprochée, vue MSX (visible + thermique combinés). Avec annotation et valeurs Δt, ton dossier devient incontestable.
Recherche fumigène
Méthode visuelle pour évacuations EU/EP, ventilations, étanchéité toiture/façade et conduits. La fumée s'échappe par la fuite — on la voit, on filme.
AProcédure terrain
Prévenir les occupants et voisinage
La fumée peut déclencher détecteurs incendie. Neutraliser la centrale alarme, prévenir gardien/syndic, afficher une note si bâtiment partagé.
Identifier le réseau à tester
Tracer le circuit suspecté : descente EU, colonne EP, ventilation primaire, gaine technique. Repérer toutes les sorties.
Obturer les sorties
Boucher tous les exutoires sauf un point d'injection et un point d'évacuation contrôlée. Tampons gonflables sur EU/EP, chiffon humide sur petites bouches, scotch large sur grilles.
Remplir les siphons
Eau dans tous les siphons (lavabos, douches, éviers, sols). Sinon la fumée s'échappe par là et fausse complètement le test.
Mise en place du générateur
Raccorder à un point d'accès (regard, tampon de visite, bouche de ventilation). Joint étanche obligatoire.
Injection
Démarrer le générateur. Pour cartouche : amorcer puis laisser monter en pression. Une légère surpression (quelques mbar) suffit.
Surveillance visuelle
Inspecter méthodiquement la zone. Filmer en continu avec smartphone. Un assistant à l'extérieur surveille toiture, façade, regards.
Localisation
Le point où la fumée sort = la fuite. Marquer immédiatement. La fumée peut sortir loin du défaut si conduit horizontal.
Aérer après test
Couper le générateur, ouvrir les obturations, ventiler 15–30 min. Réarmer la centrale incendie.
BMatériel
Type Smoke Tester ou équivalent. Fumée à base de glycol/glycérine alimentaire. Débit réglable, autonomie longue, fumée non toxique et sans résidu. Idéal pour usage régulier et locaux occupés.
Cartouches type Bricks 3 min ou SmokeRocket. Usage unique, allumage par mèche. Plus puissant en volume mais résidus possibles et odeur tenace. Plutôt pour réseaux extérieurs / désaffectés.
Fumigènes de spectacle / airsoft / pyrotechnie : combustion incomplète, particules irritantes, risque incendie. Strictement interdits pour recherche fuite en bâtiment.
Accessoires indispensables
CCas d'usage
LE cas d'usage classique. Recherche de défauts d'étanchéité, fissures, raccords défaits sur descentes encastrées.
Injection sous la membrane via évacuation EP ou trappe. La fumée sort aux déchirures, soudures défectueuses, points singuliers.
VMC, conduits cheminée, gaines techniques. Visualise les fuites entre étages, raccords défaits dans cloisons.
Combiné à un test d'infiltrométrie (porte soufflante), le fumigène matérialise les fuites d'air autour des menuiseries, prises, gaines.
Quand la trace d'humidité ne correspond à aucun réseau d'eau sous pression. La fumée injectée dans un EP localise le contournement par capillarité ou le défaut de relevé.
Réseaux gaz combustible : risque explosion. Réseaux d'eau sous pression : préférer l'acoustique ou le H₂.
DSécurité avant test
Aucun fumigène en présence de :
• Réseau gaz combustible non isolé
• Atmosphère explosive (ATEX)
• Personnes asthmatiques / BPCO sévère sur place
• Locaux à oxygène médical
• Salles serveurs / data sans accord écrit
ELimites de la méthode
| Situation | Méthode à privilégier |
|---|---|
| Réseau d'eau sous pression | Acoustique ou H₂ |
| Évacuation gravitaire avec fuite | Fumigène ✓ |
| Toiture-terrasse fermée | Fumigène ✓ |
| Conduite enterrée > 1 m | H₂ (fumée ne migre pas en sol) |
| Local hyper-occupé / hôpital | H₂ ou acoustique |
| Étanchéité à l'air bâtiment | Fumigène ✓ + porte soufflante |
Photos pour l'assurance
Sans photos, pas de remboursement. Coche chaque vue prise. Règle : du général au particulier.
AContexte général
BDésordres visibles
CRecherche acoustique
DGaz traceur
EThermographie
FFumigène
GAprès ouverture / réparation
Comprendre les méthodes
Le principe physique derrière chaque méthode. Comprendre = savoir choisir la bonne technique au bon moment, et savoir pourquoi ça rate parfois.
1L'idée de base
L'hydrogène (H₂) est la plus petite molécule qui existe dans l'univers. Tellement petite qu'elle traverse à peu près tout : terre, béton, carrelage, joints, parois fines.
Si tu remplis ta canalisation avec ce gaz et qu'il y a une fuite, le H₂ va sortir, traverser tout ce qui est au-dessus, et remonter à la surface. Là, ton capteur le voit.
2Le mélange 95/5
L'hydrogène pur est inflammable et explosif entre 4% et 75% de concentration dans l'air. Pour rester en sécurité, on le dilue à 5% dans de l'azote (N₂).
Résultat : un mélange impossible à enflammer, non toxique, qui garde toute la capacité du H₂ à fuir partout. C'est ce qu'on appelle le "mélange de formage", utilisé aussi en soudure.
3Comment le capteur détecte ?
Le bout de la sonde H2 contient un petit capteur en oxyde d'étain (SnO₂), chauffé à environ 350 °C par une résistance interne.
Quand des molécules de H₂ touchent ce capteur, elles réagissent chimiquement avec sa surface et changent sa résistance électrique. Cette variation est mesurée et convertie en valeur "digit" sur ton écran (0 à 1000).
D'où les 3 minutes de préchauffe : le temps que la résistance monte à température et se stabilise.
4Pourquoi parfois ça rate
5Quand l'utiliser
• Conduites PE / PVC (silencieuses en acoustique)
• Pression faible (< 1,5 bar) — l'acoustique ne fonctionne plus
• Fuite très faible (suintement) qui ne fait aucun bruit
• Sous dalle béton ou carrelage récent (acoustique difficile)
• Quand l'acoustique a échoué et qu'il faut conclure
1L'idée de base
Quand l'eau s'échappe d'une canalisation sous pression, elle passe d'un milieu confiné (le tuyau) à l'air libre. Cette transition crée des turbulences et des vibrations.
Ces vibrations se propagent dans deux supports différents :
1. Dans le métal du tuyau (très bien sur acier, moins sur PE)
2. Dans le sol au-dessus de la fuite (sol dur transmet mieux que sable)
Le LD6000 capte ces vibrations et les amplifie 120 dB pour qu'on puisse les entendre.
2Pourquoi des filtres ?
L'environnement est plein de bruits : circulation, pompes, ventilation, conversations. Ces bruits ont des fréquences différentes du bruit d'une fuite.
Une fuite typique sonne entre 50 et 700 Hz (sourd, grave). Une voiture qui passe, c'est plutôt 20–80 Hz. Une voix humaine, 200–4000 Hz.
Le filtre Sol 50–400 Hz coupe tout ce qui est au-dessus et en dessous de cette plage. Tu n'entends plus que ce qui ressemble à une fuite.
3Pré-loc puis loc
Une fois le tronçon identifié, la localisation (au sol, micro de sol) sert à trouver le point précis au-dessus de la fuite. C'est là que tu prends la pelle.
Faire directement la loc sans pré-loc = chercher 100 m de tracé au sol au lieu de 5 m. Énorme perte de temps.
Clair, aigu (hautes fréquences) = plutôt un écoulement, une vanne mal fermée, une restriction. Pas forcément une vraie fuite à réparer.
4Pourquoi parfois ça rate
5Quand l'utiliser
• Conduites métalliques (acier, fonte, cuivre)
• Pression de service ≥ 3 bar
• Sol dur (béton, terre compactée, asphalte)
• Réseaux accessibles (vannes, robinets, bouches de visite)
• Méthode rapide pour valider rapidement un tracé
1L'idée de base
Tout ce qui n'est pas au zéro absolu (-273 °C) émet du rayonnement infrarouge (IR). Plus c'est chaud, plus ça émet. Cette émission est invisible à l'œil humain, mais ta caméra E40bx, elle, la voit.
La caméra ne mesure pas la température directement. Elle mesure la quantité d'IR émise par chaque pixel de la scène, et en déduit la température via un calcul.
2L'émissivité — clé du calcul
Tous les matériaux n'émettent pas l'IR de la même façon. L'émissivité ε (epsilon) est un nombre entre 0 et 1 qui dit "à quel point ce matériau rayonne efficacement".
Mur peint mat : ε ≈ 0,95 (rayonne presque parfaitement)
Bois : ε ≈ 0,90
Brique : ε ≈ 0,93
Métal poli : ε ≈ 0,1 (rayonne très peu, reflète l'environnement)
Si tu mesures un radiateur en aluminium poli sans corriger l'émissivité, ta caméra peut afficher 30 °C alors qu'il fait réellement 65 °C. C'est pour ça qu'on ajuste ε dans le menu.
3Comment voir un pont thermique
Imagine un mur isolé : la chaleur reste à l'intérieur, le mur côté intérieur est à 19 °C uniformément.
Maintenant imagine qu'à un endroit, l'isolant est absent ou tassé (sous une fenêtre par exemple). La chaleur passe plus facilement à travers, donc côté intérieur, ce point est plus froid (16 °C) parce que la chaleur a fui dehors.
La caméra le voit comme une tache plus sombre/bleue sur le mur. C'est un pont thermique.
En hiver, intérieur = chaud, extérieur = froid. Le pont thermique apparaît :
• En INTÉRIEUR comme une zone plus FROIDE que le mur
• En EXTÉRIEUR comme une zone plus CHAUDE que la façade
Toujours faire les mesures du côté chaud (intérieur en hiver) — c'est plus net.
4Comment voir une fuite d'eau
Quand de l'eau s'évapore d'un matériau, elle prend de la chaleur à ce matériau. C'est ce qui se passe quand tu sors mouillé de la douche : tu as froid à cause de l'évaporation.
Au sol ou au mur, une zone qui contient de l'eau s'évapore en surface en permanence, donc cette zone est plus froide que le reste autour.
Sur ta caméra, ça donne une tache bleue franche bien dessinée.
Si la fuite vient d'une conduite d'eau chaude ou de chauffage, c'est l'inverse. La chaleur du tuyau remonte par conduction et la zone humide apparaît plus chaude que le reste. Une "tache rouge" suit alors le tracé du tuyau.
5Le point de rosée — le truc subtil
Même quand l'air semble sec, il contient de la vapeur d'eau. Plus il fait chaud, plus l'air peut en contenir.
Quand cet air rencontre une surface plus froide qu'un certain seuil, la vapeur se transforme en eau liquide : c'est la condensation. Le seuil exact s'appelle le point de rosée.
Exemple : air à 20 °C / 60% HR → point de rosée à 12 °C. Toute paroi à 11 °C ou moins va condenser.
La fonction "bx" de ta caméra prend la température de l'air ambiant + l'humidité relative que tu as saisis, et calcule le point de rosée. Puis elle compare en temps réel chaque pixel à ce seuil.
Tout pixel sous le seuil = surface à risque de condensation, donc à risque de moisissure à terme. La caméra colore ces pixels en couleur d'alerte.
Très utile pour démontrer à un client que sa salle de bain mal ventilée va moisir, ou qu'un mur mal isolé va saturer en humidité.
6Pourquoi parfois ça rate
7Quand l'utiliser
• Diagnostic isolation bâtiment (ponts thermiques)
• Fuite d'eau froide sous carrelage, derrière cloison (très efficace)
• Fuite d'eau chaude / chauffage (visible immédiatement)
• Plancher chauffant — tracé visible, défauts repérables
• Risque condensation / moisissure — alarme point de rosée
• Validation visuelle avant ouverture (preuve pour assurance)
La thermique est complémentaire, rarement suffisante seule. Elle localise visuellement mais ne quantifie pas précisément la fuite. Toujours croiser avec acoustique, gaz traceur ou humidimètre.
Repères techniques
Données techniques sous la main, sans ressortir le manuel papier.
ADonnées techniques LD6000
BSonde H₂ LD6000 H2
CEffet du sol sur la propagation
Plus le sol est compact / dense, mieux les ondes acoustiques se propagent en surface.
Forte Béton, terre compactée
Moyenne Glaise, terre humide
Faible Sable, terre meuble sèche
DPression vs audibilité
| Pression | Audibilité fuite |
|---|---|
| > 5 bar | Très bonne — conditions idéales |
| 3–5 bar | Bonne |
| 1,5–3 bar | Atténuée — attention pré-loc |
| < 1,5 bar | Inaudible — passer au gaz traceur |
EBruits typiques
Caractéristique d'une fuite réelle. Bandes 30–700 Hz côté sol, plus large côté solide.
Plutôt un écoulement : vanne partiellement fermée, rétrécissement, corrosion. Jusqu'à 4000 Hz.
Trafic, pompes, ventilations. Spectre similaire à la fuite après filtrage par le sol — c'est le piège classique. Confirmer en mesure longue durée.
FVolumes par diamètre (gaz)
| DN | L par mètre |
|---|---|
| 40 | 1,26 L |
| 50 | 1,96 L |
| 60 | 2,83 L |
| 80 | 5,02 L |
| 100 | 7,85 L |
| 125 | 12,27 L |
| 150 | 17,66 L |
| 200 | 31,4 L |
| 250 | 49,06 L |
| 300 | 70,65 L |
Dépannage
Pannes courantes et solutions, classées par symptôme. Tape sur un titre pour déplier.
AAcoustique
Aucun son dans le casque
- Branchements casque + microphone bien enfoncés
- Filtres : régler 50–2000 Hz et faire un bruit fort (gratter)
- Si écran réagit mais casque muet → câble casque HS, tester un autre casque
- Si écran ne réagit pas → câble micro HS, tester un autre micro
- Dernier recours : Réglages › Effacer mémoire paramètres
Écran reste noir à l'allumage
- Piles usées → remplacer par un jeu neuf de qualité
- Si toujours rien → contacter SAV Trotec
Écran à peine lisible / sombre
- Réglages › Éclairage → augmenter à 80–100%
- Si la luminosité chute toute seule → piles en fin de vie
Logo société affiché en permanence
Valeurs erratiques / aucun pic clair
- Trop de bruit ambiant → augmenter protection auditive niveau 3
- Filtres trop larges → ajuster auto (bouton enregistrement long)
- Pression trop basse → injecter air comprimé via hydrant
- Sol meuble (sable) → utiliser le BMW + trépied magnétique DM
BGaz traceur H₂
Capteur ne chauffe pas, croix permanente
- Vérifier branchement de la sonde sur la prise dédiée
- Tester avec une autre sonde si dispo
- Si toujours rien → SAV (capteur HS)
Aucune détection malgré gaz présent
- Sortir du local, aller à l'extérieur sans H₂
- Éteindre puis rallumer le LD6000
- Attendre la fin des 3 min de préchauffe AU GRAND AIR
- Puis seulement, retourner sur la zone d'inspection
Capteur réagit trop lentement
Valeurs sautent en permanence
- Vent fort → utiliser sonde de sol avec cloche caoutchouc
- Sonde trop près d'une source ponctuelle (batterie voiture, eau électrolysée…)
- Faire un calibrage zéro sur la zone et observer les variations relatives
CEntretien
Nettoyage de l'appareil
- Stockage long → retirer les piles
- Conditions stockage : -25 à +65 °C
Nettoyage du capteur H₂
- Dévisser le filtre fritté (capuchon hexagonal bronze)
- Souffler à l'air comprimé l'intérieur du capuchon
- Revisser sur la pointe
- Col-de-cygne : chiffon humide non pelucheux
Changement de piles
App terrain · Non officielle · Basée sur manuel Trotec LD6000 FR
Aucune donnée envoyée — tout reste sur ton appareil