Quelle est ta mission aujourd'hui ?
Choisis ce que tu pars faire. Chaque mission t'accompagne étape par étape, de la préparation jusqu'à la facturation.
Fiche MES standardisée
⏱ Étape 1 — Identification (cible 10 min)
Tu sors la plaque signalétique de l'UE et tu remplis ces champs. La fiche s'adapte automatiquement aux longueurs factory, aux pressions d'épreuve, et calcule le tonnage CO₂ en bas.
Caractéristiques machine
Tout est en saisie libre — fonctionne pour Mitsubishi, Atlantic, Daikin, Fujitsu, LG, Samsung, Hitachi, Panasonic, Saunier Duval...
Identification du chantier
⏱ Étape 2 — Vérifs visuelles (cible 15 min)
Tu coches OK / NOK / NA pour chaque point. Pas d'évaluation détaillée comme en audit. Si NOK sur un point critique : tu sors en refus, tu remplis le PV en conséquence.
- UE : niveau, plots anti-vibratiles, écartement > 30 cm
- UE : évacuation condensats prévue (caniveau, tube, graviers)
- Vannes service UE : bouchons en place, pas de trace d'huile
- Liaison frigo : calorifuge continu, pas de tube écrasé visible
- Brasures : aspect propre, pas de coulures excessives
- Carotage / passage mural : étanche des deux côtés
- UI : positionnée correctement (hauteur, dégagement)
- UI : évacuation condensats avec pente continue 1 % min
- Pression hydraulique 1,2-1,5 bar à froid (si PAC)
- Soupape 3 bar AVANT vannes coupure (si PAC)
- Vase d'expansion présent et raccordé (si PAC)
- Disjoncteur dédié + différentiel 30 mA
- Section câble alim conforme à puissance affichée plaque
- Mise à la terre raccordée (continuité visuelle)
⚠ Stop net si tu coches NOK sur un de ces 4 points
- Soupape 3 bar montée APRÈS vanne coupure → risque explosion. Refus.
- Tube écrasé / plié à 90° visible → risque mécanique. Refus.
- Mise à la terre absente → danger électrique. Refus.
- Vannes service UE sans bouchons + trace d'huile → fuite déjà active. Refus ou recharge.
Les autres points sont notés en réserves dans le PV mais n'empêchent pas la MES.
⏱ Étape 3 — Étanchéité + tirage au vide (cible 45-60 min)
Procédure simplifiée vs : un seul test pression à 16-20 bar, puis tirage au vide standard. Pas de chasses azote multiples sauf si tu as un doute. L'objectif : valider l'étanchéité, pas démontrer.
3a. Test étanchéité azote (15 min)
Dépose les valves Schrader des vannes service. Branche en aveugle.
Ne dépasse jamais la pression d'épreuve constructeur. R32 PAC : max 41 bar théorique, 20 bar suffisent. Coupe l'azote, attends 5 min de stabilisation thermique.
Tu peux faire d'autres vérifs pendant l'attente (vérif électrique, photos). Reviens noter pression finale + T° finale.
Si fuite trouvée : tu reprends, tu refais le test. Si pas trouvée mais ΔP > 0,1 bar : tu factures comme « refus motivé » et l'installateur reprend.
3b. Tirage au vide (30-45 min)
Flexible court (50 cm idéal). Vacuomètre digital obligatoire pour lire en µm.
Phase rapide (5-10 min sur clim, 15-20 min sur PAC).
Cible Mode Rapide : 200 µm suffit (vs 40-100 µm en MES Complète). Si tu n'y arrives pas : 1 chasse azote 16 bar puis tu retires.
Coupe pompe, observe vacuomètre 5 min. Si pression reste < 250 µm : OK. Si remonte au-dessus de 300 µm : humidité ou fuite, tu refais.
⏱ Étape 4 — Charge + démarrage (cible 15 min)
Tirage au vide validé. Tu libères le fluide d'usine et tu compense si besoin. Puis tu démarres la machine pour la première fois.
4a. Calcul du complément de charge
📊 Calcul automatique d'après les caractéristiques saisies en étape 1
Renseigne les caractéristiques en étape 1 (longueur factory, longueur réelle, Ø liquide) pour le calcul automatique du complément.
4b. Procédure de libération du fluide
Bouteille fluide sur balance, tare à zéro, charge phase liquide via vanne HP (UE éteinte). Tu surveilles la balance descendre, tu fermes pile à la masse cible.
Ouverture progressive — pas d'un coup. Tu sens le sifflement, le fluide migre vers UI.
Pression statique typique R32 à 25 °C : 8-12 bar.
8-10 Nm typique. Bouchon = dernière étanchéité, ne pas oublier.
4c. Premier démarrage
L'unité s'auto-initialise. Patiente jusqu'à l'écran d'accueil.
Mode Rapide : tu n'as pas le temps de bloquer ECS et tester chauffage seul. Tu lances en mode normal et tu observes si tout se met en route correctement.
Anti-court-cycle. Le compresseur démarre après 3-5 min, pas immédiatement. Bruit de détendeur qui se calibre = normal.
⏱ Étape 5 — Mesures + paramétrage régul (cible 30 min)
Tu laisses tourner 15-20 min en régime stabilisé pendant que tu paramètres la régul. Puis tu prends les mesures finales.
5a. Paramétrage régulation minimum (10 min)
- Mode auto-adaptatif activé (recommandation constructeur)
- Plafond T° départ chauffage selon émetteur (35-40 plancher / 45 rad. basse / 55 rad. std)
- Anti-légionellose ECS activée 1×/semaine à 60 °C (si ECS)
- Mode silence éco programmable activé en horaires nuit (option client)
- Wifi / module connecté (MELCloud, OneCta, etc.) appairé sur appli client
- Date / heure régul à jour
- Débridage compresseur : conforme dimensionnement (pas de bridage par défaut)
- Appoints électriques OFF si PAC dimensionnée 100 % besoin
5b. Mesures finales (15 min)
Mesures à 1 h de fonctionnement (régime stabilisé)
⏱ Étape 6 — PV + signature (cible 10 min)
Toutes tes saisies des étapes précédentes sont automatiquement reportées dans le PV. Tu ajoutes l'observation, tu choisis le verdict, tu imprimes, tu fais signer. Et tu repars sur la MES suivante.
FICHE DE MISE EN SERVICE
Procès-verbal standardisé — Format station technique
1. Identification
| Date / heure d'arrivée | — |
| Numéro intervention | — |
| Détenteur (client final) | — |
| Donneur d'ordre | — |
| Frigoriste opérateur (Cat. I) |
2. Équipement
| Marque + modèle UE | — |
| Marque + modèle UI | — |
| N° série UE / UI | — |
| Type d'installation | — |
| Fluide frigorigène | — |
| Charge totale | — |
| Tonnage CO₂ équivalent | — |
3. Tests effectués
| Test étanchéité azote | — |
| Tirage au vide atteint | |
| Test maintien vide 5 min | |
| Pression statique post-charge |
4. Mesures finales (régime stabilisé)
| ΔT primaire / secondaire | — |
| Pression HP / BP | — |
| Intensité / T° ext. | — |
| Pression hydro (si PAC) | — |
| Mise à la terre | — |
5. Verdict
6. Réserves / Observations
7. Signatures
Fiche établie en 2 exemplaires. Conservation minimum 5 ans (article R.543-82). À joindre au CERFA 15497*04 F-Gas.
Tournée du jour
Ajouter une MES à la tournée
📋 Saisie rapide d'une intervention prévue
Tournée d'aujourd'hui
💡 Tarification indicative Mode Rapide
| Type intervention | Durée cible | Tarif HT indicatif |
|---|---|---|
| MES clim mono-split | 1 h 30 | 150-200 € HT |
| MES clim multi-split (2-3 UI) | 2 h - 2 h 30 | 200-280 € HT |
| MES PAC bibloc chauffage | 2 h 30 - 3 h | 250-350 € HT |
| MES PAC bibloc + ECS | 3 h | 300-400 € HT |
| Ballon thermodynamique seul | 1 h | 120-180 € HT |
Avec 3-4 MES par jour à 200-300 € HT moyenne, tu vises 700-1100 € HT/jour. Sur 4 jours/semaine en mode Rapide : 2 800 - 4 400 € HT/semaine. À comparer avec 1 chantier en MES Complète à 800-1500 € HT pour 1-2 jours.
Préparer le matériel pour la tournée
🧰 Kit MES Rapide standard
Matériel à embarquer dans le véhicule pour pouvoir enchaîner les MES sans repasser à l'atelier :
Fiche MES Express RR
⏱ Panneau 1 — Identité (5 min)
Plaque signalétique UE + caractéristiques clim. La fiche calcule auto le complément de charge si liaison > longueur factory.
Caractéristiques machine + chantier
📊 Complément de charge calculé
Renseigne longueur factory + réelle + Ø pour calcul auto du complément.
⏱ Panneau 2 — Tests (45 min total)
Étanchéité 15 min + tirage au vide 25-30 min + maintien 5 min. Si l'install était déjà chargée, tu sautes au panneau 3.
- UE niveau + plots anti-vibratiles + écartement 30 cm
- Vannes service UE bouchons en place, pas trace huile
- Liaison frigo calorifuge continu, pas de tube écrasé
- Carotage étanche des deux côtés (mousse PU + scellement)
- UI évacuation condensats avec pente continue 1 % min
- Section câble alim + différentiel 30 mA dédié
- Mise à la terre raccordée (continuité visuelle)
- Test étanchéité azote 16-20 bar / 15 min — ΔP < 0,05 compensé
- Tirage au vide ballast ouvert puis fermé jusqu'à < 200 µm
- Test maintien 5 min — pression reste < 250 µm
- Bouteilles fluide étiquetées + non périmées (pour CERFA)
- Vannes service ouvertes BP puis HP, bouchons resserrés
⏱ Panneau 3 — Démarrage + mesures (25 min)
Tu démarres en mode froid (été) ou chauffage (hiver), tu laisses 15 min de stabilisation, tu mesures.
Mesures en régime stabilisé
⏱ Panneau 4 — PV + signature (10 min)
PV synthétique RR. Signatures sur place ou retour atelier.
FICHE MES — CLIM AIR-AIR
Procès-verbal Mode Rapide RR Express
Identité
| Date / client | — |
| Marque + modèle UE | — |
| N° série UE | — |
| Type clim | — |
| Fluide / charge totale | — |
| Tonnage CO₂ | — |
Tests
| Test étanchéité azote (15 min) | |
| Tirage au vide atteint | |
| Test maintien 5 min |
Mesures finales
| Mode + consigne | — |
| ΔT UI (souffle/aspire) | — |
| HP / BP | — |
| Intensité / T° ext | — |
| Évac condensats | — |
| Terre / télécommande | — |
Verdict
Observations
Signatures
Fiche MES Express RO
⏱ Panneau 1 — Identité (10 min)
Plaque UE + module hydraulique + caractéristiques émetteurs (radiateurs ou plancher).
Caractéristiques PAC + chantier
⏱ Panneau 2 — Hydraulique (20 min)
Spécifique PAC. Si rétrofit chaudière → exige facture désembouage. Si soupape 3 bar mal positionnée → refus net.
- Soupape 3 bar AVANT vannes coupure (CRITIQUE — refus si non)
- Sortie soupape vers entonnoir + évacuation visible
- Vase d'expansion : pré-gonflage 1 bar mesuré OK
- Pot à boue côté retour secondaire AVANT bouteille
- Filtre tamis sens flèche correct, Ø supérieur au tube
- Disconnecteur en place sur piquage remplissage
- Pression hydro 1,2-1,5 bar à froid
- Désembouage tracé (facture + produit) si rétrofit chaudière
- Calorifuge complet en local non chauffé (RGE)
- Bouteille découplage ou ballon ECS positionné correctement
- Aquastat sécurité plancher 55 °C tarage (si plancher)
⚠ Stop critique sur ces 3 points
- Soupape 3 bar mal positionnée → risque explosion. Refus.
- Pas de désembouage en rétrofit → échangeur PAC mort en 6-12 mois. Refus ou conditionner.
- Vase d'expansion à 0 bar → membrane percée. Pièce à remplacer avant MES.
⏱ Panneau 3 — Frigo + tests (60 min)
Étanchéité azote 16-20 bar 15 min + tirage au vide 30-45 min + maintien 5-10 min. Volumes circuit PAC plus importants qu'en clim split.
- UE niveau, plots, écartement > 30 cm, évac condensats hiver OK
- Liaison frigo : nombre brasures cohérent (max 4 par tube)
- Diamètres tubes conformes notice (longueur × Ø)
- Calorifuge frigo épaisseur 13-19 mm collée néoprène
- Coudes : rayon ≥ 4× Ø, aucun écrasement
- Vannes service UE : bouchons + pas trace huile
- Test étanchéité azote 16-20 bar / 15 min, ΔP < 0,05 compensé
- Tirage au vide ballast ouvert puis fermé jusqu'à < 200 µm
- Test maintien 5-10 min — pression reste < 250 µm
- Vannes service ouvertes BP puis HP, bouchons resserrés
- Complément charge pesé à la balance (si liaison > factory)
- Section câble + différentiel + terre OK
⏱ Panneau 4 — Mesures + PV (40 min)
Démarrage + 1 h de stabilisation pendant que tu paramètres la régul. Puis mesures finales et PV.
Mesures à 1 h de fonctionnement
FICHE MES — PAC AIR-EAU
Procès-verbal Mode Rapide RO Express
Identité
| Date / client | — |
| Marque + modèle UE / Hydro | — |
| N° série | — |
| Configuration / émetteurs | — |
| Fluide / charge totale | — |
| Tonnage CO₂ | — |
Tests
| Étanchéité azote | |
| Tirage au vide / maintien | |
| Test pression hydro 3 bar |
Mesures
| ΔT primaire / secondaire | — |
| HP / BP / intensité | — |
| P. hydro régime / T° ext | — |
| Régul (mode + plafond) | — |
Verdict
Observations
Signatures
Spécificités par marque
Mitsubishi Electric
| Caractéristique | Valeur typique |
|---|---|
| Longueur factory clim split | 5 à 7 m selon modèle (M-Series, MSZ) |
| Longueur factory PAC bibloc Power Inverter | 30 m typique |
| Longueur factory PAC bibloc Zubadan | 30 m, max 75 m H10 |
| Fluide standard depuis 2020 | R32 (PAC + clim), R454B sur nouvelles gen |
| Pression d'épreuve HP côté R32 | 4,15 MPa = 41 bar (test 16-30 bar suffisant) |
| Couple flares 1/4" | 14-18 Nm |
| Couple flares 3/8" | 34-42 Nm |
| Couple flares 1/2" | 49-61 Nm |
| Couple flares 5/8" | 68-82 Nm |
| Codes erreurs courants Ecodan | L8 (T° eau), L9 (débit), P1/P2 (sondes), P8 (T° refoulement) |
| Codes erreurs courants split MSZ | P1/P2 (sondes UI), P4 (drain), P6 (gel), U2 (DC) |
| Hotline SAV pro France | 0810 407 410 (numéro à vérifier annuellement) |
| Particularité MES Zubadan | Carte SD pour préconfig, modules wifi MELCloud, blocage appoints OFF si dimensionné 100 % besoin (méthode la pratique pro) |
Daikin
| Caractéristique | Valeur typique |
|---|---|
| Longueur factory clim split | 10 m typique (FTXM, FTXP) |
| Longueur factory PAC Altherma 3 R | 30 m typique, max 50 m |
| Longueur factory PAC Altherma H Hybrid | 30 m typique |
| Fluide standard | R32 majoritairement, R290 sur Altherma 3 H HT et certaines gammes 2025+ |
| Pression d'épreuve HP côté R32 | 4,15 MPa |
| Couple flares | Idem standard ARI / EN |
| Codes erreurs courants Altherma | U1 (alim), U4 (com UE-UI), AA (échangeur), 7H (débit eau), HC (capteur eau) |
| Codes erreurs courants split FTXM | A1 (PCB UI), A6 (ventilateur), F3 (refoulement), U0 (sous-charge) |
| Hotline SAV pro France | 0820 200 064 — Daikin Service (vérifier annuel) |
| App de paramétrage | OneCta (smartphone) + interface murale Madoka |
| Particularité R290 | Altherma 3 H HT R290 propane → kit ATEX, ventilation forcée local technique, formation R290 obligatoire |
Atlantic / Thermor / Sauter (Groupe Atlantic)
| Caractéristique | Valeur typique |
|---|---|
| Longueur factory PAC Alféa | 15 m typique, max 30 m |
| Longueur factory PAC Extensa | 15 m typique, max 30 m |
| Fluide standard | R32 (Alféa S et M), R290 sur certains modèles 2025+ |
| Pression d'épreuve HP côté R32 | 4,15 MPa |
| Codes erreurs courants Alféa | P3 (ventilateur), P5 (pression), F8 (intensité), L1 (compresseur) |
| Aquastat sécurité plancher | Tarage 55 °C obligatoire (méthode constructeur) |
| Hotline SAV pro | Atlantic Pros — réseau dédié installateurs |
| Réseau partenaires | Atlantic Pros = réseau d'installateurs RGE QualiPAC, possibilité de sous-traitance MES |
| Particularité ECS | Spécialité Atlantic = ballons thermo intégrés, vérifier ratio puissance ECS / chauffage |
Fujitsu / General
| Caractéristique | Valeur typique |
|---|---|
| Longueur factory clim split | 15 m typique (ASYG / AOYG) |
| Longueur factory PAC Waterstage | 30 m typique |
| Fluide standard | R32 majoritairement |
| Pression d'épreuve HP | 4,15 MPa |
| Codes erreurs courants | E:00 (com), E:13 (sonde), E:24 (capteur eau), E:38 (HP haute) |
| Hotline SAV pro | 0825 825 821 (à vérifier) |
| App télécommande wifi | FGLair |
| Particularité PAC Waterstage | Coffret électrique séparé, possibilité kit hydraulique pré-monté HUS |
LG / Samsung / Hitachi / Panasonic — résumé
| Marque | Long. factory clim | Long. factory PAC | Fluide | App / particularité |
|---|---|---|---|---|
| LG (Therma V) | 10 m | 30 m | R32, R290 sur Therma V R290 | ThinQ ; codes CH série |
| Samsung (EHS) | 15 m | 30 m | R32, R290 sur EHS Mono R290 | SmartThings ; codes E série |
| Hitachi (Yutaki) | 10-15 m | 30 m | R32, R454B sur nouveaux modèles | airCloud Pro |
| Panasonic (Aquarea) | 10 m | 30 m | R32, R290 sur Aquarea T-Cap | Aquarea Smart Cloud ; codes H/F série |
Saunier Duval / Vaillant / De Dietrich (réseau Vaillant Group + chaufferiste)
| Caractéristique | Valeur typique |
|---|---|
| Saunier Duval GeniaAir Mono / Set | R32 ou R290 selon modèle, factory 30 m |
| Vaillant aroTHERM plus | R290 propane, kit ATEX requis |
| De Dietrich Strateo | R32, factory 25 m |
| Particularité réseau | Vaillant Group = activations garantie pro spécifiques (login installateur), idem Saunier Duval |
| Spécificité circulateurs Wilo / Grundfos auto-adaptatif | Sur certaines installations, équilibrage via app smartphone (clé Bluetooth) |
⚠ Méta-rappel : ces valeurs sont des tendances
Avant chaque MES, vérifie la notice technique du modèle exact (téléchargeable sur le site constructeur). Les longueurs factory et pressions d'épreuve peuvent varier de ±20 % selon le millésime. Si tu doutes : appelle la hotline SAV pro avant de signer.
Codes erreurs : démarche universelle
Photo de l'écran. Beaucoup de techniciens lisent mal et téléphonent au SAV avec un code faux.
Notice papier embarquée OU PDF tablette. Chaque code a une définition précise + cause probable + action.
Donne ton numéro de série de l'UE, le code exact, le contexte (au démarrage / en cours / après dégivrage). Le technicien hotline retrouve le code dans la base interne, parfois codes non publiés.
Tu ne fais pas de la réparation pendant une MES — c'est une mission différente. Tu notes le code et tu refuses la signature. Reprise par installateur ou SAV constructeur, puis tu reviens (visite à facturer).
Tarification volume
Grille tarifaire détaillée par type et donneur
| Intervention | Durée cible | Tarif HT installateur local | Tarif HT marque (sous-traitance) | Tarif HT client direct |
|---|---|---|---|---|
| MES clim mono-split | 1 h 30 | 120-160 € | 100-150 € (forfait marque) | 180-250 € |
| MES clim multi-split (2-3 UI) | 2 h - 2 h 30 | 180-240 € | 150-220 € | 250-350 € |
| MES PAC bibloc chauffage | 2 h 30 | 220-280 € | 180-260 € | 320-420 € |
| MES PAC bibloc + ECS | 3 h | 250-320 € | 220-300 € | 380-500 € |
| MES ballon thermodynamique | 1 h | 100-140 € | 80-130 € | 150-200 € |
| Visite levée de réserves | 1 h | 100-150 € | 120-180 € | 120-180 € |
| Refus motivé après audit (déplacement seul) | 30 min - 1 h | 100-180 € (CGV) | 100-180 € | 120-200 € |
Calculateur revenus annuels
Charges typiques d'un frigoriste solo en Mode Rapide
| Poste | Coût annuel HT estimé | Notes |
|---|---|---|
| Carburant + entretien véhicule | 4 000 - 7 000 € | 4 000 km/mois en mode tournée. Diesel utilitaire ou utilitaire électrique selon zone. |
| Outillage amortissement (5 ans) | 1 500 - 2 500 € | Pompe à vide, sondes Fieldpiece, manifold, balance, détecteurs, thermomètres, tablette + impr. portable. |
| Consommables (azote, joints, fluide) | 1 500 - 2 500 € | Bouteille N₂ ~80 €/recharge, fluide R32 ~150 €/kg. |
| Assurance RC pro + décennale | 1 500 - 2 500 € | Obligatoire frigoriste Cat. I. |
| Maintien attestation Cat. I + RGE | 500 - 1 200 € | Audit annuel COFRAC (Cat. I) + recyclage QualiPAC (4 ans). |
| Formations continues | 1 000 - 2 000 € | R290, nouvelles régul, nouveaux fluides — indispensable. |
| Cotisations URSSAF + retraite (auto-entrepreneur) | 22-26 % du CA HT | BNC ou BIC selon statut. À ajuster en SARL/SASU. |
| Comptable | 800 - 1 800 € | Selon statut juridique. |
| Téléphone + abonnements pro (logiciels devis, MELCloud, etc.) | 500 - 1 000 € | |
| Total charges fixes annuelles HT | 11 300 - 22 500 € | + cotisations sociales sur le CA |
Calcul de marge nette estimée
📊 Exemple de scénario réaliste
Ton CA HT estimé en Mode Rapide : 4 j × 3 MES × 230 € × 46 sem = 126 960 € HT/an.
Charges fixes : ~16 000 € HT/an (milieu de fourchette).
Cotisations sociales (24 %) : ~30 500 €.
Net avant impôt sur revenu : ~80 500 €/an. Soit ~6 700 €/mois en moyenne.
À pondérer : tu n'auras pas 100 % de ton planning rempli en Mode Rapide la première année. Compte 60-70 % de remplissage en année 1, 80 % en année 2, 90 % en croisière.
Conditions de paiement par type de donneur d'ordre
| Donneur d'ordre | Délai paiement typique | Astuces |
|---|---|---|
| Constructeur (Mitsubishi, Daikin...) | 30-45 jours fin de mois | Paiement automatique mensuel, factures groupées par mois. Trésorerie à anticiper. |
| Réseau national (Atlantic Pros, Daikin Service) | 30-60 jours | Idem. Demande paiement via prélèvement automatique. |
| Installateur local (plombier, chauffagiste) | 30 jours, parfois retards | Demander acompte 30 % à la commande pour clients douteux. Relances systématiques à J+15, J+30, J+45. |
| Client final direct | Comptant à la fin de la MES (chèque ou virement) | Prévoir TPE bancaire portable pour CB. Facture immédiate via app. |
Devis & contrats sous-traitance
Modèle 1 — Approche marque constructeur (sous-traitance directe)
📧 Email type — Mitsubishi / Daikin / Atlantic France
Objet : Frigoriste Cat. I disponible pour MES sous-traitance — secteur Savoie/Isère
Bonjour,
Je suis [Nom], frigoriste Cat. I (attestation n°[XXXX]) basé à Chambéry. Je travaille en solo et je dispose d'une capacité de 3-4 mises en service par jour, 4 jours par semaine, sur le secteur Savoie / Isère / Haute-Savoie.
Je propose mes services en sous-traitance pour les mises en service que vos équipes locales ne peuvent absorber : prises en charge réactives (J+3 à J+5), respect des procédures constructeur, fiches MES standardisées, photos avant/après systématiques, fiche d'intervention F-Gas (CERFA 15497*04) signée et archivée 5 ans.
Mes équipements : pompe à vide 90 L/min, sondes Fieldpiece sans fil JL3, balance précision < 10 g, détecteur fuite électronique, manifold, vacuomètre digital. Je me déplace avec un kit MES standardisé pour enchaîner les interventions sans repassage atelier.
Tarification : forfait MES selon type d'installation (grille jointe). Facturation mensuelle groupée, paiement à 30 jours.
Je serais disponible pour une rencontre ou un appel pour vous présenter mon activité plus en détail. À votre disposition.
Cordialement,
[Nom]
Frigoriste Cat. I — Attestation n°[XXXX]
Tel : [...] — Email : [...]
Pièces jointes : attestation Cat. I + grille tarifaire + 3 PV de MES références
Modèle 2 — Approche installateur local (plombier / chauffagiste)
📧 Email type — installateur RGE QualiPAC sans Cat. I
Objet : Mise en service PAC / clim avec signataire Cat. I — délai sous 7 j
Bonjour [Nom installateur],
Je vous écris parce que je sais que beaucoup d'installateurs RGE QualiPAC posent des PAC ou des clim sans avoir l'attestation Cat. I requise pour signer la fiche d'intervention F-Gas (CERFA 15497*04). Je me suis spécialisé sur cette partie là.
Je propose un service complet :
— Audit visuel rapide (30 min) de l'installation que vous avez posée
— Tirage au vide ou validation du tirage existant
— Mise en service complète : test étanchéité, démarrage, paramétrage régul, mesures
— Signature et remise du CERFA 15497*04 au client final
— Conservation du PV et CERFA 5 ans
Je fonctionne sur la base d'une grille tarifaire claire (jointe), avec délai d'intervention sous 7 jours ouvrés en moyenne. Possibilité de tournée si vous avez plusieurs MES sur la même zone (réduction tarifaire au-delà de 3 MES groupées).
Si vous avez un chantier prévu prochainement et que vous cherchez un signataire fiable, je suis à votre disposition pour une intervention.
Cordialement,
[Nom] — Frigoriste Cat. I — Attestation n°[XXXX]
[Coordonnées]
Modèle 3 — Approche réseau national (Atlantic Pros, Daikin Service...)
📧 Email type — pour devenir partenaire d'un réseau
Objet : Candidature partenaire MES — secteur Savoie/Isère
Bonjour,
Je souhaite déposer ma candidature pour rejoindre votre réseau de partenaires de mise en service [Atlantic Pros / Daikin Service / autre] sur le secteur Savoie / Isère.
Mes qualifications :
— Frigoriste Cat. I (attestation n°[XXXX], renouvelée annuellement)
— RGE QualiPAC (n°[XXXX])
— Assurance RC pro + décennale (jointes)
— Expérience [X années] sur installations [air-air / air-eau / chambres frigorifiques]
— Outillage standardisé et tablette de gestion MES intégrant les fiches type constructeur
Je dispose d'une capacité de [Y] MES par jour et travaille [Z] jours par semaine. Je suis prêt à respecter vos procédures internes, vos formats de PV, vos délais de remontée d'information.
Je serais disponible pour un entretien de présentation à votre convenance, en visio ou sur site.
Pièces jointes : CV, attestation Cat. I, RGE QualiPAC, RC pro + décennale, K-bis ou attestation auto-entrepreneur, exemples de PV.
Cordialement,
[Nom]
[Coordonnées]
Modèle 4 — Approche grossiste (Cedeo, Brossette, Téréva, Richardson)
📧 Email type — grossiste pour relais d'activité
Objet : Frigoriste Cat. I disponible pour vos clients installateurs — Savoie/Isère
Bonjour,
Beaucoup de vos clients installateurs (plombiers, chauffagistes) achètent chez vous des PAC ou des clim mais n'ont pas d'attestation Cat. I pour la mise en service. Je propose mes services en relais sur la zone Savoie / Isère.
Si un de vos clients vous demande où trouver un signataire MES fiable, je serais ravi que vous me recommandiez. Je peux par ailleurs venir présenter mon activité à votre équipe commerciale lors d'un point matinal ou d'un déjeuner.
Avantage pour vous : vos clients finalisent leurs chantiers plus vite (donc rachètent plus vite), et vous ajoutez un service à valeur ajoutée à votre offre commerciale.
À votre disposition pour échanger.
Cordialement,
[Nom] — Frigoriste Cat. I
[Coordonnées]
Clauses CGV spécifiques sous-traitance Mode Rapide
📜 Clauses recommandées dans tes CGV
- Conditions de réalisation MES : mise en service réalisée selon procédure constructeur ou procédure standardisée Mode Rapide. Le frigoriste-opérateur est responsable de l'étanchéité de l'installation à la date de signature du CERFA 15497*04.
- Limitation de responsabilité : la responsabilité du frigoriste-opérateur est limitée à la qualité de la mise en service elle-même (paramétrage, tests effectués, mesures consignées). Les défauts liés à la pose initiale (hydraulique, frigorifique avant MES, électrique) restent de la responsabilité de l'installateur d'origine.
- Refus motivé : en cas de non-conformité critique détectée, le frigoriste-opérateur se réserve le droit de refuser la mise en service. Dans ce cas, seul le déplacement et l'audit sont facturés (forfait selon grille tarifaire).
- Délais d'intervention : intervention sous 7 jours ouvrés en moyenne, planning mensuel à confirmer en début de mois pour les sous-traitants réguliers.
- Tarification : facturation à la MES selon grille tarifaire en vigueur. Possibilité de forfaits négociés pour gros volumes (≥ 20 MES/mois).
- Conditions de paiement : facturation mensuelle groupée. Paiement à 30 jours fin de mois, prélèvement automatique privilégié. Pénalités de retard 3× taux légal au-delà de 45 jours.
- Confidentialité : les informations clients (adresses, n° de série, photos chantier) sont conservées 5 ans selon obligations RGPD et R.543-82, et ne sont pas communiquées à des tiers sauf demande légale.
- Annulation / report : annulation à moins de 24 h ouvrées du créneau prévu : 50 % du forfait facturé. Report à plus de 24 h : sans frais, sous réserve de redonner un créneau sous 7 jours.
- Force majeure : conditions météo extrêmes (neige, verglas), grèves transports, pannes véhicule justifiées : report sans frais ni pénalité.
- Juridiction compétente : tribunal de Chambéry (ou siège social du frigoriste).
Devis type pour une demande ponctuelle (installateur local)
📄 Modèle de devis Mode Rapide
DEVIS — MISE EN SERVICE FRIGORIFIQUE
Devis n° : [...] — Date : [...] — Validité 30 jours
De : [Ton nom] — Frigoriste Cat. I — Attestation n°[XXXX]
[Adresse + SIRET]
À : [Nom installateur ou client final]
[Adresse]
Objet : Mise en service [type d'installation]
Lieu d'intervention : [adresse chantier]
Date prévue : [créneau confirmé par téléphone]
Prestation :
— Vérification visuelle de l'installation posée par [installateur]
— Test d'étanchéité azote 16-20 bar / 15 min
— Tirage au vide 30-45 min vers < 200 µm + test maintien 5 min
— Charge complément si nécessaire (fluide en sus, pesée à la balance)
— Démarrage et paramétrage régulation (mode auto-adaptatif, plafond T° départ, anti-légionellose, etc.)
— Mesures finales : ΔT primaire + secondaire, pressions HP/BP, intensité, terre
— Procès-verbal de mise en service (PV format constructeur)
— Fiche d'intervention F-Gas (CERFA 15497*04), conservation 5 ans
Forfait HT : [montant] €
TVA 20 % : [montant] €
Total TTC : [montant] €
Conditions :
— Paiement à 30 jours fin de mois
— Si refus motivé après audit : forfait audit + déplacement de [montant] € HT facturé
— Documents à fournir avant intervention : photos chantier, plaque signalétique UE, longueur réelle liaison, attestation Cat. I de l'installateur (si applicable)
Pour acceptation, retourner ce devis daté et signé avec mention "Bon pour accord".
Date / signature client :
Outils CRM minimum pour gérer ton volume
🛠 Stack technologique recommandée pour Mode Rapide solo
- Devis / facturation : Tiime (gratuit), Henrri (gratuit), Indy, Pennylane, Sage 50
- Agenda partagé clients : Calendly (gratuit), Cal.com, Doctolib pour BTP
- Gestion contacts CRM : Notion (gratuit jusqu'à 1 000 contacts), Airtable, HubSpot CRM gratuit
- Stockage documents : Google Drive ou OneDrive avec dossier client (PV + CERFA + photos), backup auto
- Comm clients : WhatsApp Business (gratuit), templates de SMS pré-écrits pour confirmation et compte-rendu
- Compta auto : banque pro avec catégorisation auto (Qonto, Shine, Boursorama Pro)
- Tablette MES : Galaxy Tab A9 ou iPad SE 64 Go avec app de ce manuel + impression Bluetooth (Brother PJ-822, Zebra ZQ520)
Budget total stack : 0-50 €/mois en plans gratuits + 600-900 € investissement initial (tablette + imprimante + accessoires).
Un client veut un devis clim ou PAC
📞 Étape 1 — Qualification au téléphone (15 min)
Ne JAMAIS prendre un RDV sans qualifier d'abord. 15 min de questions permettent de filtrer les clients sérieux, dimensionner le temps de visite, et préparer le bon matériel pour la visite.
11 questions à poser au téléphone (dans l'ordre)
- Type de projet : clim air-air ? PAC air-eau ? hybride avec chaudière ? rénovation ou neuf ?
- Surface habitable et nombre de pièces à équiper / chauffer
- Type de maison : ancienne / récente / passive ? Année de construction approximative
- Niveau d'isolation : isolée récemment ? Combles isolés ? Double-vitrage ?
- Mode de chauffage actuel : électrique, fioul, gaz, bois ? Consommation annuelle estimée ?
- Émetteurs existants ou prévus : radiateurs, plancher chauffant, mixte ?
- Production ECS actuelle : ballon électrique, chaudière, autre ? Volume ?
- Budget envisagé ou aides demandées (MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ) ?
- Échéance souhaitée : urgent (panne), saisonnier, planifié ?
- Adresse complète + accès véhicule (camion peut se garer ?) + étage si appartement
- Disponibilité pour la visite (avec présence du décideur de paiement)
Suite du téléphone : poser le cadre
Visite gratuite si chantier signé / 80-150 € HT facturés si pas de suite (à clarifier dès l'appel). Durée visite annoncée : 1 h-1 h 30. Le client doit pouvoir bloquer ce créneau, avec le décideur du couple présent.
Très utile : photos de la chaudière actuelle (si remplacement), de l'extérieur où sera posée l'UE, du tableau électrique, de la pièce où sera le module hydronique. Permet de prévoir le bon matériel et d'éviter les surprises.
Critique pour dimensionner. Facture EDF (puissance souscrite, conso annuelle) + facture gaz / fioul / pellets si chauffage actuel. Le client peut envoyer scan ou photos. Si refus de transmettre : soit méfiance, soit projet non sérieux.
Confirmation écrite = preuve d'engagement réciproque. Réduit fortement les RDV annulés au dernier moment.
🎒 Étape 2 — Avant de partir (10 min)
10 min de préparation = 0 retour en arrière sur place. À faire la veille au soir ou le matin avant de partir.
- Relire les notes téléphone + photos envoyées par le client
- Vérifier itinéraire + temps de trajet (Google Maps)
- Préparer tablette : modèle de devis vierge + calculateur déperditions sur l'app
- Embarquer mètre laser + thermomètre infrarouge + appareil photo (smartphone)
- Embarquer plaquette commerciale (références chantiers, certifs RGE / Cat. I)
- Tenue propre + identifiant visible (badge, polo brodé) — l'image compte
- Avoir 2-3 brochures constructeur sous la main (Mitsubishi, Daikin, Atlantic au choix)
- Carte de visite + carnet pour prendre des notes manuscrites
- Lampe frontale (chaudière dans cellier sombre, combles à inspecter)
- Petit cadeau d'accueil (catalogue marque, stylo, sachet thé / café) — détail mais qui marque
🏠 Étape 3 — Sur place (60 min)
L'objectif n'est pas juste de chiffrer : c'est aussi de gagner la confiance du client. 60 min bien structurées valent mieux que 2 h désorganisées.
Se présenter clairement : nom, entreprise, certifs (RGE QualiPAC, Cat. I). Le client te fait visiter en commentant ses besoins. Tu écoutes plus que tu ne parles. Tu prends des notes mentalement.
Trouver les 2-3 emplacements possibles pour l'UE (distance liaison frigo, accès maintenance, niveau sonore voisinage, exposition vent). Photographier chaque option. Mesurer les distances liaison. Vérifier passage de la liaison (passage mur, passage gaine technique).
Si PAC bibloc : où ira le module hydronique ? Garage, cellier, buanderie ? Espace dispo + ventilation + accès maintenance + alimentation électrique + évacuation condensats. Si clim split : où iront les UI ? Murale, console, gainable ? Esthétique vs efficacité.
Photographier le tableau actuel. Vérifier place pour 2-3 disjoncteurs supplémentaires. Vérifier puissance souscrite (12 kVA mono minimum pour PAC 12 kW). Si triphasé : tant mieux. Disjoncteur différentiel 30 mA dispo ?
Si remplacement chaudière : modèle / puissance / âge / type de raccordement / présence vase d'expansion / pression / type d'émetteurs. Photographier la chaudière + tous les raccords + le départ chauffage. Noter qualité visuelle de l'eau (boueuse = désembouage obligatoire).
Compter les radiateurs ou identifier les zones plancher chauffant. Mesurer chaque radiateur (hauteur × largeur) ou estimer surface plancher. Le calcul de puissance dépend du type d'émetteur (radiateurs basse temp / standard / plancher).
📐 Étape 4 — Données techniques à relever (en continu pendant la visite)
Toutes ces données sont nécessaires pour le dimensionnement et le devis. Faute d'une donnée, tu prends des marges (donc devis plus cher) ou tu fais une erreur (donc problème pose).
Caractéristiques bâtiment
Existant + besoins
Contraintes pose
📝 Étape 5 — Au bureau, rédaction du devis (30 min)
Devis envoyé dans les 48 h maximum après la visite. Au-delà, le client va voir ailleurs et tu perds le chantier. Pas la peine de viser la perfection au détriment du délai.
Calcul des déperditions selon T° base + isolation + surface + volume. Choix de la puissance PAC ou clim. Validation du choix avec les contraintes pose et budget.
Marque + modèle UE + modèle module hydronique (si PAC bibloc) + accessoires (ballon ECS si besoin, désembouage, séparateur d'air, vase externe...). Choix selon budget client + ton positionnement (premium = Mitsubishi Zubadan / standard = Atlantic Alféa / éco = autres).
Fournitures : prix grossiste + coefficient marge (1,3 à 1,5 typique). Main d'œuvre pose : compte 2-3 jours pour PAC bibloc standard, 1-1,5 jour pour clim split. À ton TJM (taux journalier moyen) : 600-900 € HT/jour. Plus déplacements + nettoyage chantier.
Tu n'es pas obligé de les déduire dans le devis (le client touche les aides en direct), mais les mentionner clairement aide à la vente. Vérifier les montants 2025-2026 sur le site service-public.fr (changements fréquents). Pour MaPrimeRénov', le client doit être éligible (revenus + résidence principale > 15 ans).
Pas de "fourniture et pose d'une PAC" sans détail. Lister : matériel (marque, modèle, n° référence, prix unitaire), prestation (descriptif des opérations), garanties, délai de validité, conditions de paiement (acompte 30 %, intermédiaire 40 %, solde 30 % à la réception). Toujours joindre les CGV.
Devis envoyé par mail avec accusé de réception. Relance amicale à J+7 si pas de réponse. Relance plus formelle à J+15. Au-delà : marqué comme "perdu" dans le CRM. Statistiquement, sans relance, 30-40 % des devis sont oubliés par les clients.
Calculer la puissance de la PAC ou clim
📋 Étape 1 — Récapitulatif des données entrantes
Toutes les données collectées en visite (sub-tab Devis chiffrage / Étape 4) sont à disposition. Vérifier qu'il n'y a pas de trou.
- Surface habitable et volume confirmés
- Hauteur sous plafond moyenne (compte si > 2,5 m)
- Type d'isolation murs / combles / sol (épaisseurs ou estimation année construction)
- Type fenêtres (simple, double, triple)
- Type de ventilation
- Climat local : T° base hiver (Savoie vallée : -10 à -12 °C / altitude : -15 à -18 °C)
- Type émetteurs (impact T° départ chauffage)
- Type ECS (si à inclure)
📐 Étape 2 — Calcul des déperditions thermiques
Méthode rapide : ratio W/m² selon isolation. Méthode précise : norme NF EN 12831. Pour un devis, la méthode rapide suffit. Pour une étude RGE, prendre un logiciel dédié (BBS Pleiades, BlueBeam, etc.).
Méthode rapide : ratio W/m²
| Type d'isolation | Ratio W/m² par hiver |
|---|---|
| Maison passive (RT2020, BBC, RE2020) | 15-25 W/m² |
| Maison récente bien isolée (post-2005) | 40-60 W/m² |
| Maison isolée 1980-2005 | 60-90 W/m² |
| Maison ancienne isolée partiellement | 90-130 W/m² |
| Maison ancienne non isolée | 130-180 W/m² |
📊 Exemple de calcul rapide
Maison 130 m² années 1990 avec ITE récente + double vitrage + combles isolés bien : ratio ~50 W/m².
Déperditions = 130 × 50 = 6 500 W = 6,5 kW à T° base -10 °C.
Maison 130 m² années 1970 sans rénovation : ratio ~150 W/m². Déperditions = 130 × 150 = 19,5 kW à T° base. Compliqué de tout passer à la PAC sans rénovation préalable.
Coefficient correctif climat local
| Zone | T° base hiver | Coefficient à appliquer |
|---|---|---|
| Climat doux (côte Méditerranée) | 0 °C | 0,7 |
| Climat tempéré (Lyon, plaine) | -5 °C | 0,85 |
| Savoie / Isère vallée (Chambéry, Grenoble) | -10 à -12 °C | 1,0 (référence) |
| Savoie / Isère altitude (700-1000 m) | -15 °C | 1,15 |
| Haute montagne (> 1000 m) | -18 à -20 °C | 1,25-1,35 |
🚿 Étape 3 — Besoin ECS (si PAC ECS intégrée ou ballon couplé)
Le besoin ECS s'ajoute aux déperditions chauffage. La PAC doit pouvoir gérer les pics ECS (douches matin/soir) sans laisser la maison se refroidir.
| Configuration foyer | Volume ballon recommandé | Besoin journalier ECS à 50 °C |
|---|---|---|
| Couple sans enfant | 180 L | 150-200 L |
| Famille 3 personnes | 200-250 L | 200-280 L |
| Famille 4 personnes | 250-300 L | 280-360 L |
| Famille 5+ personnes | 300-500 L | 360-500 L |
📊 Puissance nécessaire pour produire l'ECS
Formule : puissance ECS (W) = Volume (L) × ΔT (°C) × 1,16 / Temps de chauffe (h)
Exemple : ballon 300 L à monter de 30 à 50 °C en 1 h = 300 × 20 × 1,16 / 1 = 6 960 W ≈ 7 kW de puissance ECS.
Cette puissance n'est généralement pas ajoutée aux déperditions car la PAC bascule en mode ECS prioritaire pendant 30-60 min, puis revient au chauffage. La maison se refroidit légèrement pendant la production ECS, mais reprend ensuite.
⚙ Étape 4 — Choix de la puissance PAC
Règle d'or : la PAC doit couvrir les déperditions à T° base SANS appoint électrique. Si elle est sur-dimensionnée, elle fait des courts-cycles. Si elle est sous-dimensionnée, l'appoint électrique se déclenche en grand froid.
3 stratégies de dimensionnement
| Stratégie | Logique | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| PAC 100 % besoin sans appoint | Puissance PAC ≥ déperditions à T° base | COP optimal, économies max | PAC plus chère, sur-dimensionnée 90% du temps |
| PAC 80 % + appoint électrique | PAC couvre 80 % des besoins, résistance d'appoint sur 20 % | PAC moins chère, COP moyen correct | Appoint élec coûte cher quand il tourne (T° base 5-10 j/an) |
| PAC + chaudière hybride | PAC sur 80-90 %, chaudière en relève grand froid | Confort max, COP optimisé, sécurité panne PAC | Double équipement, double entretien |
Recommandation Savoie / Isère
🏔 Stratégies recommandées par climat
- Savoie / Isère vallée (-10 à -12 °C base) : PAC 100 % besoin recommandé. Zubadan Mitsubishi ou équivalent. T° pivot avec appoint à -7 °C en backup si besoin.
- Savoie / Isère altitude (-15 à -18 °C base) : Hybride PAC + chaudière fortement recommandé. PAC dimensionnée pour 70 % du besoin, chaudière pour les 30 % grand froid + sécurité panne.
- Haute montagne (-20 °C) : Hybride obligatoire. PAC seule = appoint électrique permanent en hiver = facture EDF explosive.
Calculateur puissance PAC
🛒 Étape 5 — Sélection du matériel précis
Une fois la puissance déterminée, choisir le modèle exact. Pour la cohérence avec le devis et la pose, ne pas changer de modèle au dernier moment (impact prix, accessoires, raccords).
Sélection par puissance et configuration
| Puissance nécessaire | Configuration | Recommandations |
|---|---|---|
| 4-6 kW | Petite maison neuve / appartement | Mitsubishi PUZ-WM50, Daikin Altherma 3R 4 kW, Atlantic Extensa 4 |
| 7-9 kW | Maison 100-130 m² bien isolée | Mitsubishi PUZ-WM85 Power Inverter, Daikin Altherma 3R 8, Atlantic Alféa Extensa A.I. 8 |
| 10-12 kW | Maison 130-180 m² ou moyennement isolée | Mitsubishi PUZ-WM112 (PI) ou Zubadan, Daikin Altherma 3R 11, Atlantic Alféa A.I. 11 |
| 14 kW (grand froid) | Maison > 180 m² ou climat rigoureux | Mitsubishi Zubadan PUZ-WM112YAA / PUZ-HWM140VHA (uniquement Zubadan en 14 kW) |
| 16-25 kW | Très grande maison ou bâtiment tertiaire | Mitsubishi Hyper Heating, Daikin Altherma 3 H HT, ou solution duale (2 PAC) |
Accessoires à prévoir dans le devis
- Ballon ECS (taille selon foyer) si pas intégré
- Bouteille de découplage 25-50 L (si débits primaire / secondaire ≠)
- Pot à boue Spirotech ou équivalent (CRITIQUE en rétrofit)
- Séparateur d'air (recommandé toujours, intégré au pot à boue souvent)
- Filtre tamis sur retour PAC
- Vase d'expansion externe (si volume eau > vase intégré ne suffit pas)
- Soupape 3 bar avant vannes coupure (sécurité absolue)
- Disconnecteur sur remplissage (norme sanitaire)
- Mitigeur thermostatique sortie ECS (sécurité brûlures)
- Aquastat plancher si plancher chauffant (sécurité chape)
- Plots anti-vibratiles + support UE renforcé
- Désembouage chimique tracé (rétrofit chaudière obligatoire)
Installer la PAC ou clim de A à Z
📦 Étape 1 — Préparation logistique la veille (J-1)
Une pose ratée à 80 % du temps, c'est une logistique ratée. Préparer la veille = arriver sereinement le matin du chantier.
- Vérifier livraison matériel : UE, UI, ballon ECS, accessoires (avant J-1)
- Charger camion : tubes liaison, raccords, isolant, pot à boue, vannes, vase d'expansion
- Outillage de pose : perceuse à colonne, scie cloche Ø adapté, niveau, plomb
- Outillage frigo : dudgeonnière, coupe-tubes, ébavureur, manifold, pompe à vide, vacuomètre
- Outillage hydro : clés multipan, clé serre-tube, joints, pâte d'étanchéité, téflon
- Outillage élec : pince à dénuder, multimètre, testeur de boucle terre, sertisseuse
- Bouteilles : azote 5L (pour tests + chasses), R32 ou fluide approprié (si recharge en plus du préchargé)
- Protection : bâches de sol, gants, EPI hauteur (si UE en étage)
- Documents : devis signé, attestations Cat. I, CGV, modèles PV / CERFA
- Confirmer présence client (ou clés disponibles) la veille au soir
- Vérifier accès chantier (parking, étage, ascenseur si nécessaire)
- Météo : pas de pose UE sous la pluie battante ou par grand froid < -5 °C (huile compresseur)
🏗 Étape 2 — Support UE + installation UE
L'UE doit être stable, accessible pour maintenance, et bien orientée pour optimiser COP et bruit.
Respecter les distances constructeur (≥ 30 cm derrière, ≥ 50 cm devant, ≥ 30 cm sur les côtés). Hauteur : 10-15 cm minimum du sol (évacuation condensats + neige). Tracer les fixations au crayon.
Console murale renforcée pour PAC ≥ 10 kW (charge importante). Plots Sylomer ou caoutchouc inclus avec l'UE. Niveau parfait à la bulle.
Démaillonner les vis de transport (UE livrée avec). Poser sur les plots. Fixer avec les vis incluses. Vérifier de nouveau le niveau (le serrage final peut décaler).
UE en hauteur : tube PVC avec pente continue 1 % vers caniveau / regard. UE au sol : caniveau ou lit de graviers en dessous pour absorber. Cordon chauffant dans le tube si climat froid.
Mesurer la longueur réelle de la liaison (impacte le complément de charge). Choisir le passage le plus court ET le plus discret (souvent contradictoire). Photographier pour preuve client si modification souhaitée.
❄ Étape 3 — Liaison frigorifique
La partie la plus technique de la pose. Une liaison mal faite = fuites garanties à terme + perte de garantie constructeur. À faire avec soin et méthode.
Coupe-tube à molette (pas scie à métaux : copeaux contaminent le circuit). Coupe perpendiculaire propre. Garder 10-20 cm de marge pour les manipulations.
Tube tenu vers le bas pour que les copeaux tombent à l'extérieur du tube. Ébavureur dédié. Indispensable sinon copeaux dans circuit = panne détendeur.
Mettre l'écrou AVANT de dudgeonner (sinon impossible après). Dudgeonnière à excentrique, calibrée pour fluides HFC (forme 45°). Lubrifier légèrement avec huile fluide approprié.
Tube avec isolant (Armaflex ou équivalent, épaisseur 13-19 mm), collé néoprène, continuité parfaite jusqu'à l'UI / UE. Le calorifuge est INDISPENSABLE des deux côtés (HP et BP), pas seulement BP comme on l'entend parfois.
Clé dynamométrique. Couples typiques R32 :
• 1/4" : 14-18 Nm
• 3/8" : 34-42 Nm
• 1/2" : 49-61 Nm
• 5/8" : 68-82 Nm
Avant tirage au vide. Pressuriser à 16-20 bar (jamais au-dessus de la pression d'épreuve du fluide). Attendre 15 min. ΔP < 0,1 bar compensé = étanche. Si fuite : eau savonneuse sur tous les flares pour identifier le coupable. Réparer puis re-tester.
Cible < 200 µm + test maintien 5 min < 250 µm pour cible standard. Cible < 100 µm + maintien 10-20 min pour positionnement premium. Procédure complète dans la section Référence technique → Tirage au vide.
UE éteinte. Clé Allen pour vannes service. BP en premier (sifflement audible, fluide migre vers UI). Puis HP. Resserrer bouchons au couple constructeur. Étanchéité finale = bouchons des vannes service.
💧 Étape 4 — Hydraulique (PAC bibloc uniquement)
Module hydronique + ballon ECS (si séparé) + raccordement aux émetteurs + accessoires de sécurité.
Hauteur ergonomique (afficheur à hauteur d'yeux). Mur porteur. Niveau parfait. Espace dégagé pour maintenance (60 cm devant minimum).
Soit posé au sol, soit suspendu mural selon modèle. Distance courte avec module hydronique pour minimiser pertes en ligne. Évacuation eau au sol pour soupape sanitaire 7 bar.
Tubes Cu ou PER selon préférence + diamètres (Ø20 typique pour PAC 8-12 kW). Soudures Cu propres ou raccords mécaniques PER (Comap, Henco, etc.). Sortie chauffage du module → bouteille découplage si nécessaire → secondaire vers émetteurs.
Soupape 3 bar AVANT vannes coupure (CRITIQUE — risque explosion si après). Sortie soupape vers entonnoir + évacuation visible. Pot à boue + séparateur d'air côté retour. Filtre tamis sens flèche correct. Vase d'expansion pré-gonflé à 1 bar froid (200 g sous pression service). Disconnecteur sur piquage remplissage.
Sortie ECS du ballon → mitigeur thermo tarage 50 °C (sécurité brûlures, anti-légionellose à 60 °C compatible). Groupe de sécurité sanitaire 7 bar. Évacuation à l'air libre visible.
Si rétrofit chaudière : désembouage chimique tracé OBLIGATOIRE avant remplissage (sinon échangeur PAC mort en 6-12 mois). Pour neuf : remplissage simple à 1,5 bar à froid + purge des points hauts + circulation 30 min.
Mettre le circuit à 3 bar par remplissage. Surveiller pendant 30 min. Si chute de pression : fuite hydro à rechercher (visuel + savon). Souder ou refaire les raccords. Re-tester.
⚡ Étape 5 — Électrique
Section dédiée au tableau, alimentation UE et UI, communication bus, mise à la terre.
PAC 12 kW mono : 12 kVA souscrits minimum. PAC tri 14 kW : 12-15 kVA tri ou raccordement adapté. Tableau : 2-3 places minimum pour disjoncteurs dédiés.
Un disjoncteur dédié PAC, dimensionné selon puissance plaque (16 A, 25 A, 32 A typique). Différentiel 30 mA OBLIGATOIRE et dédié (pas partagé avec d'autres circuits). Bornes de raccordement claires et étiquetées.
Section selon distance et puissance. Typique : 3G2,5 mm² pour PAC mono 16 A jusqu'à 30 m. 3G4 mm² au-delà. Tri : 5G2,5 ou 5G4. Câble HO5VV-F en intérieur, R2V en extérieur (résistant UV).
Interrupteur sectionneur à côté de l'UE, IP54 ou plus. Permet d'isoler l'UE pour maintenance sans aller au tableau. OBLIGATOIRE selon NF C 15-100.
Astuce maintenance : laisser 30 cm de mou en boucle dans le boîtier électrique de l'UE. Permet de sortir une boucle facilement pour pince ampèremétrique lors des entretiens annuels.
Câble 4 fils (ou 5 selon constructeur) entre UE et module hydronique. Bornes X1-X2-X3 typiques. Respecter l'ordre exact selon notice (inversion = panne com immédiate).
Test continuité terre avec testeur de boucle. Tension entre neutre et terre < 5 V (au-delà : problème terre installation, faire venir électricien). Si pas de terre du tout : refus pose. Risque électrocution.
🎨 Étape 6 — Finitions + remise en main
Souvent négligée mais critique pour la perception client. Une pose impeccable visuellement vaut un bouche-à-oreille positif.
- Rebouchage propre passages murs (mousse PU + crépi ou enduit)
- Goulotte décorative ou coffrage liaison frigo si apparent
- Calorifuge tubes parfaitement collé, pas de discontinuité
- Vis et fixations alignées, pas de vis qui dépasse ou tordues
- Nettoyage chantier complet (poussière, copeaux, déchets emballages)
- Évacuation déchets : carton, polystyrène, ferraille (déchèterie pro ou retour fournisseur)
- Étiquetage : nom fluide + charge totale sur UE + date pose + ton n° SIRET / Cat. I
- Photos finitions avant/après (pour rapport client + portfolio)
- Test fonctionnel rapide (la MES sera séparée, mais vérifier que tout démarre)
- Présentation rapide au client (où sont les vannes, le tableau, la régul)
- Remise notice utilisateur (en papier ou QR code vers PDF)
- Programmer la date de MES (peut être le même jour ou planifié séparément)
Préparation MES
Fiche identité — Visite technique préalable
À faire 4 à 8 semaines avant le chantier. Sans visite préalable, pas de devis fiable, pas de chantier propre.
Ce que tu vérifies — checklist visite
- Photos générales du local technique (4 angles minimum)
- Photos de l'existant (chaudière à déposer, ballon, départs hydrauliques)
- Mesures du local technique (L × l × H, accès porte, pas de marche)
- Emplacement UE pressenti — voisinage, distance limite propriété, regard évacuation condensats
- Distance UE ↔ UI ou UE ↔ module hydraulique (pour calcul charge complément)
- Cheminement liaison frigo (passage murs, gaines, calorifuge nécessaire)
- Section câble alim existant + calibre disjoncteur — voir si suffisant
- État du tableau électrique : place dispo, type différentiel
- Réseau hydraulique existant : émetteurs (radiateurs / plancher / mixte), Ø tubes, état général
- Test qualité eau circuit chauffage (pH, couleur, dépôt) — désembouage à prévoir si bordélique
- Production ECS actuelle : ballon, chauffe-eau, intégré chaudière
- Régime de température estimé : haute / moyenne / basse
- Aides / financement : MaPrimeRénov éligibilité, RGE QualiPAC à jour
- Calendrier client : disponibilité, prise de RDV ABF/copro si requis
Frigorifique (le cœur du métier)
Hydraulique (PAC air-eau, couplages)
Électrique
EPI (sécurité)
Documents obligatoires à avoir sous la main
Côté entreprise (toi)
- Attestation de capacité Cat. I (à jour, validité 5 ans). Sans elle, pas le droit de manipuler de fluide. Imprimée + photo dans le téléphone.
- Certificat RGE QualiPAC (si MaPrimeRénov ou CEE en jeu).
- Assurance RC pro + décennale à jour.
- Carte BR ou BC (habilitation électrique) à jour.
- Cahier registre F-Gas de l'entreprise (papier ou numérique synchronisé).
Côté chantier
- Devis signé par le client + acompte versé (vérifie en partant de l'agence).
- Notice constructeur de la PAC ou clim (papier ou téléphone). Indispensable pour paramétrage régul, couples serrage, schéma bornier.
- Schéma hydraulique du chantier (si tu l'as fait à la visite préalable).
- Calcul de charge complément (longueur ligne × g/m du fluide).
- PV de réception vierge avec champs à remplir : mesures consignées, photos.
Documents pour le client (à laisser à la fin)
- PV de réception signé (1 exemplaire client + 1 entreprise).
- Notice utilisateur de la machine.
- Carnet d'entretien (numérique ou papier) avec les rappels d'entretien périodique.
- Étiquette F-Gas apposée sur la machine (collante autocollante, type/charge/charge totale équivalent CO₂).
- Attestation MaPrimeRénov / CEE avec la facture définitive si demande d'aide.
- Coordonnées SAV (entreprise + numéro d'urgence éventuel constructeur).
⚠ L'oubli classique : l'étiquette F-Gas
Tu charges une machine et tu pars. 6 mois plus tard, le client appelle pour un entretien et le frigoriste suivant ne sait pas ce qu'il y a dedans (R32 ? R454B ? combien ?). L'étiquette F-Gas est obligatoire sur l'appareil : type fluide, charge en kg, charge totale en t CO₂ équivalent, date de la charge, nom de l'opérateur. Tu en colles 2 : une sur l'UE, une sur l'UI.
Côté électrique
Mesurer phase-neutre = 230 V ±5 % en mono, ou phase-phase = 400 V ±5 % en tri. Si machine tri et phase manquante : risque grillage compresseur au démarrage.
Lire la plaque signalétique de l'UE : courant nominal, courant max, type différentiel recommandé. Disjoncteur amont = au-dessus du courant max, courbe D ou C selon constructeur.
Sur tout équipement inverter (= 99 % du marché), différentiel Type AC interdit. Le compresseur émet du courant continu résiduel qui « aveugle » un Type AC. Type A minimum, Type F idéal.
Voir la table sections (U-1000 R2V) selon longueur ligne et calibre disjoncteur. Pour clim 9-12 k BTU mono : 3G2,5. Pour PAC tri 14 kW : 5G2,5 ou 5G4.
Multimètre en mode continuité entre la terre du bornier UE et la barre de terre du tableau. Doit sonner. Si pas de continuité : danger de mort.
Avant tout raccord ou intervention bornier : Séparer / Condamner / Identifier / Vérifier (séquence VAT). Cadenas + étiquette « Travaux en cours ».
Côté frigorifique
Tubes propres, pas de pliure, dudgeonnage correct (45° propre, pas de bavure), couple serrage conforme aux specs constructeur. Si tu as un doute : refait le flare.
Pas de tube nu visible. Calorifuge collé au néoprène (pas juste enfilé), surtout en local non chauffé (RGE = obligatoire, non-conformité possible au contrôle).
Le fluide d'usine est dans l'UE. Tu vérifies que les 2 vannes service (HP et BP) sont bien fermées avant de tirer au vide la liaison + UI. Sinon tu vides le fluide d'usine.
Sur la valve de service côté HP, vérifier qu'il y a bien la pression de stockage du fluide (15-25 bar selon fluide et T° ambiante). Si 0 bar : fuite avant ton arrivée, retour fournisseur.
Côté hydraulique (PAC air-eau / chambre à condensation eau)
Aucun air dans le circuit. Tous les purgeurs ouverts au moins 1 fois après remplissage. Pression statique stable à 1,5 bar.
Si rénovation : Coroxyl injecté, circuit bouclé 2-4 semaines, puis rincé. Sinon le pot à boue se charge en 6 mois et débit chute.
: il met le réseau à 16 bar pendant 20 min. ΔP doit être nul (≤ 0,1 bar à cause de la dilatation).
Volume vase ≥ 5-8 % du volume circuit. Pression prégonflage à 1,2 bar (pour pression statique 1,5 bar). Sur cette installation on peut avoir 2 vases : un dans le module hydraulique + un externe complémentaire.
Avant l'entrée PAC, dans cet ordre : pot à boue (avec purge basse) → filtre tamis. Protège l'échangeur de la PAC des débris résiduels.
MES climatisation split
Fiche identité — MES split air-air
Préchargé d'usine pour ligne ≤ 7 m (Mitsubishi, Daikin, Panasonic). Au-delà, complément calculé.
Vérifications avant de tirer au vide
- Liaison frigo raccordée mais vannes service UE encore fermées
- Flares HP et BP couplés au couple constructeur (table couples par Ø)
- Câble com UE↔UI raccordé selon polarité (S1/S2/S3 chez Mitsubishi)
- Évacuation condensats UI faite + testée (verser 1 L d'eau dans le bac, voir évacuer)
- Alim électrique disjoncteur OFF + consigné
- Outil dépose valve Schrader prêt
- Pompe à vide + flexible court (le plus court possible) + vacuomètre digital prêts
- Bouteille azote + détendeur prête à brancher
- Notice constructeur ouverte à la page « mise en service »
Méthode classique (manifold)
Avec l'outil dépose valve, tu retires la pointe Schrader pour brancher en direct. Plus rapide et précis.
Bouteille azote → détendeur → flexible jaune (azote) → vanne service. Vannes du manifold fermées.
Tu montes la pression doucement. Pour clim R32 : 20 bar. Pour PAC R32 : 30 bar. Pour chambre R448A : 40 bar mais à vérifier sur notice. Surtout pas plus que la pression d'épreuve constructeur.
Tu fermes la bouteille. Tu attends 5 min que la pression se stabilise (l'azote chauffe en se comprimant, faut le temps qu'il refroidisse).
: « Il fait très chaud aujourd'hui, donc la pression compensée est relativement importante ». La pression varie avec T°. Pour comparer après 15-20 min, il faut soit que T° n'ait pas bougé, soit corriger.
Le test classique = laisser pressuriser et regarder si la pression chute. Sur clim : 15 min. Sur PAC : 20 min. Sur chambre : 30 min à 1 h selon volume.
ΔP brut = P_init - P_final. ΔP compensé = ΔP brut corrigé de la variation T°. Si ΔP compensé < 0,05 bar : étanche. Si ΔP > 0,1 bar : fuite, on cherche.
Méthode moderne — Fieldpiece sondes sans fil (la pratique pro)
Une sonde HP, une sonde BP. Pas de manifold, pas de flexibles. Connexion Bluetooth à l'appli Job Link (téléphone ou tablette).
: « 20 bar, je coupe l'arrivée principale et je vais laisser se stabiliser les appareils pendant 10 minutes ». La compensation T° est faite automatiquement par l'appli avec une 3ᵉ sonde thermométrique.
L'appli affiche en temps réel le ΔP compensé. obtient typiquement ΔP 0,03 à 0,05 compensé = test validé.
On fait les 2 méthodes en parallèle pour valider : « Comme vous voyez, les deux fonctionnent parfaitement. » Si écart entre les deux : la sonde Fieldpiece est plus précise (pas de longueurs flexibles à compenser).
Pourquoi la méthode Fieldpiece est meilleure
- Pas de fuite sur les flexibles manifold (la source d'erreur n°1 du test classique).
- Compensation T° automatique en temps réel (l'appli soustrait l'effet thermique).
- Lecture continue plutôt que lecture début/fin → tu vois si la pression bouge linéairement (fuite vraie) ou par paliers (effet T°).
- Photo + horodatage automatique du test → preuve devant le client ou pour le contrôle RGE.
Cibles vide selon type de chantier
Procédure méthode ballast
Flexible court entre pompe à vide et vanne service (où tu as déposé la Schrader). Vacuomètre digital branché sur le même tuyau ou en T à proximité.
Le ballast est une vanne sur la pompe à vide qui injecte de l'air dans l'huile pendant l'aspiration. Au début (humidité élevée), il évite que l'huile se sature de vapeur d'eau (sinon tirage moins efficace).
Le vacuomètre démarre à pression atmosphérique (~750 000 µm = 760 mmHg). Il chute rapidement pendant 5-10 min vers 9000 puis 5000 µm.
Bonne pratique : « Dès que j'ai atteint les 3000, je ferme le ballast et je laisse tirer au vide jusqu'à la fin. » Une fois fermé, le bruit de la pompe change (plus aigu, plus puissant), capacité d'aspiration ×30 à ×50.
: « On va faire une ou deux chasses à l'azote, histoire de bien enlever l'humidité. » Tu coupes la pompe, tu mets 2-3 bar d'azote, tu purges, et tu reprends le tirage. Aide à dissoudre l'humidité résiduelle.
Pour clim mono c'est rapide (15-30 min). Pour PAC c'est plus long (1-2 h). Pour chambre frigo (gros volume) : 2-4 h pas exceptionnel.
Tu fermes la vanne entre la pompe et le circuit, tu coupes la pompe. Tu démarres un chrono de 10-20 min. Pendant ce temps, tu surveilles le vacuomètre.
Bonne pratique : « Le niveau de vide est stabilisé à 135 microns. Donc on est carrément en dessous des 150 et ça veut dire que ce test de maintien du vide est réussi. »
- Si la pression remonte mais reste < 500 µm avec « taux de montée 0 » sur le vacuomètre digital après 10 min : vide nickel, tu peux libérer le fluide.
- Si elle remonte rapidement et continue : il reste de l'humidité OU il y a une fuite. Reprendre tirage + chasse azote.
- Si elle remonte et se stabilise haut (au-dessus de 1000 µm) : fuite. On reprend le test étanchéité.
Calculateur durée de tirage minimum
Cas 1 — Préchargé d'usine, ligne ≤ 7 m
Avant d'ouvrir les vannes UE, tu remets les valves Schrader sur les vannes service (côté UI) et tu débranches tout. Tu laisses juste les manifold ou les sondes sans fil pour lire les pressions au démarrage.
Avec une clé Allen, tourne dans le sens anti-horaire. Le fluide se libère doucement. Tu sens un sifflement. Ne pas ouvrir d'un coup.
Même méthode. Le fluide d'usine se répartit dans toute la ligne + UI. Pression typique au repos R32 : 8-12 bar à 25 °C.
Bouchons étanches au-dessus des vannes : tu les revisses au couple constructeur (8-10 Nm typique). Sans bouchon = fuite lente garantie.
Cas 2 — Ligne > 7 m, complément à charger
Le calcul du complément
Au-delà de la longueur factory (7 m souvent, 5 m parfois), tu ajoutes X grammes par mètre supplémentaire selon le diamètre des tubes et le fluide.
| Ø liquide | R32 | R454B | R290 |
|---|---|---|---|
| 1/4" (6,35 mm) | 20 g/m | 20 g/m | 9 g/m |
| 3/8" (9,52 mm) | 50 g/m | 50 g/m | 22 g/m |
| 1/2" (12,7 mm) | 110 g/m | 110 g/m | 50 g/m |
| 5/8" (15,87 mm) | 170 g/m | 170 g/m | 78 g/m |
Capots ouverts, photo prise (avec téléphone), serrage au tournevis dynamométrique 1,2-2,5 Nm. Pas de fil dans le vide.
Si tu oublies les capots et que tu mets sous tension : danger électrique direct. Toujours capot fermé avant alimentation.
Tu retires le cadenas, tu enlèves l'étiquette, tu bascules le disjoncteur en ON. La machine se met en attente.
Sur clim : télécommande infra-rouge, mode froid 16 °C, vitesse auto. Sur PAC : régul filaire, mode chauffage température fixe (par exemple 45 °C eau pour valider).
Toutes les inverter ont une tempo de 2-3 min entre la demande et le démarrage compresseur (anti-courts cycles + équilibrage pression). Bonne pratique : « Le groupe va bientôt démarrer, je dirais 3 minutes après la demande. »
Démarrage doux (inverter), montée en fréquence sur 1-2 min. Tu entends le ventilateur UE puis le compresseur. Sur PAC, parfois un petit « clic » : « Les détendeurs qui se calibrent » ().
Sur clim : 2 sondes T° à l'avant et arrière de l'UI (rouge devant = chaud, bleu derrière = froid en mode froid). ΔT air typique 8-12 K en mode froid établi. Sur PAC : sondes contact départ + retour primaire, ΔT cible 5-7 K (10 K max).
Sécurité condensats clim — un piège classique
⚠ La pompe à condensats peut couper la machine
Bonne pratique : « Voilà, ça a coupé la machine parce qu'on a dépassé le niveau de sécurité. Là, j'ai mis un demi-litre d'un coup. La machine s'arrête pour éviter de continuer à générer du condensat. Quand la pompe va revenir à un niveau normal, elle va redémarrer. Une unité qui tourne en rafraîchissement et qui peut pas évacuer ses condensats, c'est dégâts des eaux assurés. »
Test obligatoire : verse 1 L d'eau dans le bac UI, vérifie que la pompe à condensats évacue, et que le contact niveau sécurité fonctionne (machine doit couper si tu remplis trop vite).
Mesures à consigner sur le PV
Checklist tests à faire avant de partir
- Mode froid 16 °C → soufflage froid < 14 °C en sortie UI
- Mode chaud 26 °C → soufflage chaud > 35 °C en sortie UI
- Mode déshumidification → fonctionne, condensats évacués
- Mode ventilation seule → ventilo tourne, compresseur arrêté
- Vitesses ventilo (mini, max, auto) testées
- Volet (swing) bouge correctement, position figée OK
- Pompe à condensats : verser 1 L, vérifier évacuation
- Contact sécurité niveau condensats : couper machine en surcharge eau
- Pression de service stable (pas de pompage)
- Mesures HP/BP relevées et consignées sur PV
- Mesures ΔT air relevées et consignées sur PV
- Photos UE + UI + plaque signalétique prises
Particularités multi-split
- Charge complément plus importante : chaque UI ajoute des mètres de tube. Calcul cumulé.
- Test priorité maître : sur multi, l'UI maître pilote l'UE en mode chaud/froid. Si une UI demande chaud et une autre froid : conflit. Bien définir le maître.
- Test simultanéité : allumer toutes les UI en même temps, vérifier que l'UE tourne au max et que toutes refroidissent. Pas de défaut « débit insuffisant ».
- Tirage au vide plus long : volume circuit plus grand (4 lignes au lieu d'1). Compter 1 h-1 h 30 vs 30 min.
- Bornier élec UE plus complexe : 1 alim + 1 com par UI = 2 fils par UI (S1/S2 chez Mitsubishi). Sériographie à respecter strictement.
- Adaptateurs Mitsubishi (verbatim, doc 2) : « Chez Mitsubishi, sur le dernier accord, on a un écrou qui est en 1/2 pouce, c'est plus gros que les liaisons qui sont tirées. Pour brancher une unité de forte puissance, il existe un adaptateur 1/2 pouce conique pour tube 3/8. » Pas refaire un dudgeon différent, utiliser l'adaptateur.
⚠ Le piège du tirage au vide multi-split
Si tu tires au vide depuis l'UE seule (vannes service UE), tu tires en série par les 4 UI. Une vanne service mal serrée à la 4ᵉ UI = vide impossible. Méthode pro : tirer le vide en parallèle avec un manifold à 4 voies branché sur chaque UI. Plus rapide et plus sûr.
Contenu obligatoire du PV MES Air-Air
Identification
- Nom et adresse client
- Adresse chantier
- Date d'intervention + heures début/fin
- Identité opérateur(s) + n° attestation Cat. I
- Référence devis
Matériel posé
- UE : marque, modèle, n° série, plaque signalétique (photo)
- UI(s) : marque, modèle, n° série, emplacement
- Fluide : type (R32 / R454B / etc.), charge initiale (g), charge complément (g), charge totale (g) + équivalent t CO₂
- Liaison frigo : longueur, sections, calorifuge
- Alim électrique : section, calibre disjoncteur, type différentiel
Mesures consignées
- Pression test étanchéité + durée + ΔP
- Vide final atteint (µm) + durée tirage
- Test maintien : vide à T+10 min
- Pressions HP/BP régime établi
- ΔT air (mode froid + mode chaud)
- Surchauffe + sous-refroidissement (si manifold digital)
- Tension d'arrivée (V) + intensité absorbée (A) + cos φ
Photos
- UE installée + plaque signalétique
- UI installées + plaques signalétiques
- Tableau électrique + disjoncteur dédié
- Étiquette F-Gas posée sur UE
- Liaison frigo (cheminement)
- Évacuation condensats
Signatures
- Opérateur principal (toi) — date + signature
- Client — date + signature « Bon pour réception » (avec ou sans réserves)
- Si réserves : liste claire avec délai de levée
Le geste pro qui change la donne
la pratique pro : il fait une présentation orale au client à la fin, pendant 15-20 min. Il montre la machine, explique la régul, montre comment lire les paramètres (ΔT, COP, modes). Le client signe le PV ensuite, en toute conscience. Ça évite 90 % des appels SAV des 6 premiers mois (« je sais pas comment ça marche »).
MES PAC bibloc
Fiche identité — MES PAC bibloc air-eau
Mitsubishi Zubadan ou Power Inverter, ballon ECS séparé ou intégré, plancher chauffant ou radiateurs basse temp.
Checklist d'arrivée chantier
- Photos de la situation initiale prises (chaudière à déposer, local, extérieur, tableau élec)
- Visite préalable validée : devis, type d'émetteurs, T° base, isolation, calcul de puissance
- Module hydraulique + groupe extérieur livrés et déballés sur site, sans chocs visibles
- Dalle béton extérieure ou support mural posé, niveau vérifié, plots anti-vibratiles prêts
- Hydraulique tiré la veille : ballon tampon ou bouteille découplage en place, ballon ECS positionné
- Test sous pression hydraulique 3 bar effectué la veille — aucune fuite (sinon repris à chaud)
- Calorifuge des tubes en local non chauffé prêt à coller (manchons coupés et ajustés)
- Alim électrique tirée jusqu'au module (4G2,5 ou 4G6 mm² selon puissance) — disjoncteur OFF + consigné
- Tableau électrique : place dispo, différentiel 30 mA dédié, calibre disjoncteur conforme notice
- Liaison frigo tirée et bouchonnée (côtés UE et UI) — calorifuge prêt à appliquer
- Carotage ou passage mural fait, tube traversant déjà en place
- Désembouage du circuit chauffage existant fait + produit d'entretien (Coroxyl, Sentinel) injecté
- Notice constructeur ouverte à la page « Mise en service » (PDF tablette ou papier)
- Outillage prêt : pompe à vide, vacuomètre digital, sondes Fieldpiece ou manifold, bouteille azote, balance charge, manomètre hydro
Le piège classique du rétrofit chaudière → PAC
⚠ Le réseau radiateurs existant n'est pas vierge
Sur une chaudière qui tourne depuis 15-25 ans, le réseau est plein de boues, de limaille de fer, parfois de bactéries (toiles d'araignée filamenteuses dans les retours plancher). Si tu raccordes ta PAC neuve sur ce réseau sale, tu vas :
- Coller ton filtre à tamis en 2 mois → défaut débit → arrêt PAC
- Boucher l'échangeur à plaques de la PAC (300 € à 1 200 € selon modèle)
- Coincer les vannes 3 voies motorisées (ECS / circuits)
- Perdre la garantie constructeur si le défaut est lié à l'eau
La règle absolue : désembouage chimique + rinçage + dosage inhibiteur (Coroxyl, Sentinel X100, Fernox F1) AVANT d'allumer la PAC pour la première fois. Pas de raccourci.
Schéma type — primaire / secondaire avec bouteille de découplage
Vocabulaire à fixer une fois pour toutes
- Primaire : côté générateur. Va de la PAC à la bouteille de découplage. Le débit est fixé par le circulateur intégré au module hydraulique.
- Secondaire : côté émetteurs (radiateurs, plancher). Va de la bouteille aux émetteurs. Débit géré par un circulateur séparé.
- Bouteille de découplage : casse-pression + stock tampon pour le dégivrage PAC + découplage des débits primaire/secondaire qui ne sont pas forcément identiques.
- Collecteur ≠ bouteille : pas de mélange entre départs et retours, juste plusieurs piquages pour 2-3 circuits secondaires.
Composants obligatoires du primaire (côté PAC)
Procédure de remplissage du circuit (primaire + secondaire)
Avant remplissage, le vase doit être pré-gonflé à 1 bar (typique). Tu vérifies à la valve Schrader avec un manomètre. Si plusieurs vases (ex : un dans la PAC + un déporté), mêmes pressions sur les deux. Sinon le plus mou se fait écraser par le plus dur et tu n'as plus de compensation.
Radiateurs : vannes thermostatiques en position 5 (ouvert max). Plancher : tous les départs/retours collecteur ouverts. Purgeurs auto en place sur les points hauts.
Tu ouvres doucement (jamais à fond) pour laisser l'air s'évacuer. Tu surveilles le manomètre : tu montes jusqu'à 1,2-1,5 bar à froid (selon hauteur d'installation). Si tu vas trop vite, l'air reste piégé et tu auras des bulles dans le circulateur PAC qui va caviter et faire un bruit de roulement.
« J'ai d'abord rempli le circuit primaire. Ensuite j'ai ouvert sur le ballon. Ensuite on l'a laissé au secondaire pour vérifier partie par partie. Comme ça si jamais il y a une fuite, on intervient uniquement sur la partie concernée. » Tu remplis primaire isolé d'abord (vannes secondaire fermées), tu vérifies, puis tu ouvres progressivement vers la bouteille puis vers le secondaire.
Tu pousses jusqu'à 3 bar avec la vanne de remplissage, tu fermes, tu attends 30 min. Si la pression chute → fuite. Tu cherches au papier, à la lumière, à l'écoute. Tu reprends, tu retestes. Le test à 3 bar est le seul moyen sérieux de valider l'hydro avant de poser le calorifuge.
Si tu te branches sur un réseau radiateurs existant : injection produit désembouant (Sentinel X400, Fernox DS40) avant raccordement PAC, circulation 24-48 h, rinçage boucle par boucle via les vannes service en partie basse de la bouteille (« On peut injecter de l'eau claire ici, rincer le circuit boucle par boucle, et récupérer l'eau sale ici »), dosage inhibiteur final (Coroxyl, Sentinel X100).
Une fois purgé et désembouge, tu redescends à la pression cible : 1,2 bar pour install plain-pied, 1,5 bar pour étage. La pression doit remonter quand la PAC chauffe (dilatation), revenir quand ça refroidit. Si elle ne bouge pas du tout → vase claqué. Si elle monte au-dessus de 2,5 bar → vase trop petit ou pré-gonflage trop bas.
Calcul du débit hydraulique cible
La formule magique Q = P / (1,16 × ΔT)
Pour une puissance PAC P en kW et un ΔT visé en kelvin, le débit nécessaire en L/h vaut P × 1000 / (1,16 × ΔT). Le 1,16 c'est la chaleur massique de l'eau (Wh/kg/K). Sur une PAC 14 kW à ΔT 5 K → débit ≈ 2 414 L/h ≈ 40 L/min. Sur ΔT 10 K → 1 207 L/h ≈ 20 L/min (deux fois moins de débit, deux fois plus d'écart de température).
Qualité de l'eau du circuit
| Paramètre | Cible | Si hors cible |
|---|---|---|
| pH | 8,2 à 9,5 (basique) | Ajout inhibiteur alcalinisant |
| Dureté (TH) | < 15 °f | Adoucissement avant remplissage |
| Conductivité | < 600 µS/cm | Eau déminéralisée pour le remplissage |
| Couleur | Limpide | Désembouage chimique obligatoire |
| Inhibiteur dosé | Selon notice produit | Coroxyl, Sentinel X100, Fernox F1 |
Pressions d'épreuve par fluide
| Fluide | Pression test pratique | Pression d'épreuve max constructeur |
|---|---|---|
| R32 (PAC Mitsubishi typique) | 16 à 20 bar | 4,15 MPa = 41 bar (côté HP) |
| R454B (PAC nouvelle génération) | 16 à 20 bar | 4,15 MPa = 41 bar (proche R32) |
| R290 propane (PAC moderne basse GWP) | 15 à 25 bar selon notice | 2,8-3,2 MPa typique côté HP |
| R744 CO₂ transcritique | 50-80 bar selon application | ≥ 12 MPa côté HP (très élevé) |
Méthode classique manifold
Avec l'outil dépose-valve, tu retires la pointe Schrader. Branchement direct = lecture précise sans perte. Sans dépose-valve, la valve fait étranglement et tes mesures sont fausses.
Bouteille azote → détendeur → flexible jaune (azote) → manifold → vanne service. Vannes du manifold fermées avant ouverture azote.
Tu ouvres l'azote doucement. On fait souvent un premier test à 16 bar avant le tirage au vide pour valider l'absence de fuite grossière, puis ensuite le tirage. Ne jamais dépasser la pression d'épreuve constructeur : sur Mitsubishi R32, max 41 bar côté HP.
L'azote chauffe en se comprimant. Pendant 5 min, la pression baisse légèrement même sans fuite. Faut attendre que ça se stabilise avant de noter la pression de référence.
Sur PAC, On fait souvent 20 min minimum (volume circuit plus grand qu'une clim, donc fuite plus lente à se manifester). Note bien T° au début et à la fin : la pression varie avec T°, faut compenser.
ΔP brut = P_init − P_final. Correction T° : pour 1 °C de variation T°, la pression change d'environ 0,03 à 0,05 bar (selon Pinit). ΔP compensé < 0,05 bar : étanche. ΔP compensé > 0,1 bar : fuite à chercher.
Méthode moderne — Sondes Fieldpiece JL3 sans fil (Doc 6)
Une sonde HP, une sonde BP. Pas de manifold ni flexibles. Connexion Bluetooth à l'appli Job Link sur tablette ou smartphone.
L'appli compense la dérive de pression liée à T°, automatiquement. Sans cette sonde T°, la compensation se fait moins bien.
L'appli enregistre la pression initiale et lance le timer 10-15 min en automatique.
L'appli affiche en continu : pression brute, pression compensée, T°, ΔP cumulé. obtient typiquement ΔP 0,03 à 0,05 compensé = test validé.
On fait parfois les 2 méthodes en parallèle pour valider : « Comme vous voyez, les deux fonctionnent parfaitement. » Si écart entre les deux, la sonde Fieldpiece est généralement plus précise (moins de longueur de flexible à compenser).
Si fuite détectée — méthode de recherche
Recherche fuite — du plus simple au plus chiant
- Eau savonneuse sur tous les flares (ou bombe spéciale détection fuite). Bulles = fuite. Test rapide et concluant à 70 %.
- Détecteur électronique (Refco DA-2002, Fieldpiece DR58) sur tous les flares + brasures. Sensibilité 2-5 g/an.
- Traceur UV si fuite extrêmement fine (mais traceur = à éviter, pollue le circuit pour les futures interventions).
- Démontage flare + reprise du dudgeon + remontage avec nouvelle huile sur le filet. Si problème persiste : changement complet du tube ou de l'écrou flare.
Procédure complète avec ballast
Le flexible doit être le plus court possible (50 cm idéal, 1 m max). Plus c'est long, plus tu perds en performance. Vacuomètre digital obligatoire pour lire en µm — l'analogique sous 1000 µm est aveugle.
Le ballast = clapet sur la pompe qui aspire de l'air pour évacuer l'humidité dans l'huile. Sans ballast, l'huile sature en humidité et le tirage final ne descend plus. Bonne pratique : « L'idée d'ouvrir le ballast, ça permet de ne pas envoyer trop d'humidité quand on commence le tirage au vide dans l'huile, parce qu'après elle est saturée et le tirage au vide il se fait moins bien. »
Pendant cette phase, la pompe avale l'humidité du circuit en passant par le ballast. Tu vois la pression descendre rapidement (quelques minutes pour les 9 000 → 2 000 µm).
Bonne pratique : « Dès qu'on sera autour des 2 000 microns, on pourra fermer le ballast et la pompe à vide respirera environ entre 30 et 50 fois plus. » Le bruit de la pompe change immédiatement, capacité d'aspiration multipliée.
Si la liaison est restée bouchonnée mais que tu as fait des brasures à proximité, ou si humidité ambiante forte : tu casses le vide à 16 bar d'azote, tu tires de nouveau. La chasse N₂ déloge l'humidité résiduelle. 1 chasse en standard, 2 si circuit ouvert longtemps.
Sur une PAC propre, tu descends en 30-90 min à 40-100 µm. Si ça stagne à 500 µm sans descendre, c'est qu'il y a soit humidité, soit micro-fuite. Tu refais une chasse N₂.
Tu coupes la pompe. Tu attends 10-20 min en surveillant le vacuomètre. La pression doit rester < 200 µm avec un taux de montée de 0 (ou très faible). Bonne pratique : « Notre niveau de vide est stabilisé à 135 microns. Donc on est carrément en dessous des 150 et ça veut dire que ce test de maintien du vide est réussi. »
Vide tenu, tu peux libérer le fluide d'usine. Si test échoué (pression remonte au-dessus de 200 µm) : retour à la case test étanchéité — cherche fuite ou humidité.
Calculateur durée minimale du tirage
Cas 1 — Préchargé suffisant (longueur ≤ longueur factory)
Avant d'ouvrir les vannes UE, remets les Schrader sur les vannes service côté UI. Tu laisses les sondes Fieldpiece ou un manifold pour lire les pressions au démarrage.
Ouverture progressive — pas d'un coup. Tu sens un sifflement, le fluide se libère doucement et migre vers la liaison + UI. Pression au repos R32 typique : 8-12 bar à 25 °C.
Même méthode. Le fluide d'usine se répartit dans tout le circuit. Pression statique R32 : 8-15 bar selon T° ambiante.
Bouchons étanches au-dessus des vannes : revisser au couple typique 8-10 Nm. Sans bouchon = fuite lente garantie, le bouchon est la dernière étanchéité.
Cas 2 — Liaison > longueur factory : complément à peser
Méthode pesée bouteille — la seule fiable
Tu poses ta bouteille de fluide sur une balance précise au gramme près (Refco, Mastercool, Fieldpiece SRL2). Tu tares à zéro. Tu charges en phase liquide via la vanne service HP (UE encore éteinte). Tu surveilles la balance qui descend en négatif. Quand tu atteins la masse cible, tu fermes. Précision < 10 g obligatoire — sinon ton calcul de tonnage CO₂ est faux et la fiche F-Gas n'a aucune valeur.
Tableau complément g/m par Ø liaison
| Ø liquide | R32 | R454B | R290 |
|---|---|---|---|
| 1/4" (6,35 mm) | 20 g/m | 20 g/m | 9 g/m |
| 3/8" (9,52 mm) | 50 g/m | 50 g/m | 22 g/m |
| 1/2" (12,7 mm) | 110 g/m | 110 g/m | 50 g/m |
| 5/8" (15,87 mm) | 170 g/m | 170 g/m | 78 g/m |
Vérifications finales avant remise sous tension
- Tous capots UI et UE remis en place et serrés
- Borniers UE et UI vérifiés (pas de fil dénudé qui dépasse, polarité S1/S2/S3 conforme)
- Câble de communication UE↔UI raccordé selon notice
- Sondes de température externes (départ/retour primaire et secondaire) en place et serre-câbles
- Aquastat de sécurité plancher chauffant raccordé (si plancher) — tarage 55 °C typique
- Pression hydraulique côté primaire stabilisée 1,2-1,5 bar (à froid)
- Vannes d'isolement primaire ouvertes (pas de circuit fermé sur lui-même)
- Évacuation condensats UE testée (verser 1 L d'eau dans le bac, voir évacuer)
- Régulation de plancher (loi d'eau secondaire) configurée si circuit mixte
- Notice constructeur ouverte à la page « première mise en route »
Séquence de premier démarrage (procédure soignée Doc 2)
L'unité s'auto-initialise (LED, écran, bip). Sur Mitsubishi, l'écodan affiche un code de chargement de carte SD si elle est présente. Patiente 1-2 min jusqu'à l'écran d'accueil.
Tu démarres une demande de chauffage temporaire. Le circulateur démarre. Si tu entends un son de roulement / cavitation : il y a de l'air, tu purges (purgeur auto en haut du module ou purgeur manuel sur la potence). Si tu entends rien d'anormal et que tu vois la pression bouger légèrement : c'est bon.
Bonne pratique : « On l'a forcé en chauffage parce qu'on voulait être sûrs que les paramètres de chauffage étaient corrects. On a bloqué le ECS. On a enlevé le mode auto-adaptatif et bloqué en chauffage. » Tu valides ainsi le chauffage seul, sans interférence ECS qui prendrait la priorité.
Sur PAC moderne, le compresseur ne démarre pas immédiatement (anti-court-cycle, mise en service progressive des organes de régulation). Patience 3-5 min. Tu entends ensuite un bruit de détente régulier — c'est le détendeur qui se calibre. : « Le petit bruit là, c'est les détendeurs qui se calibrent. Ça fait ça un petit moment puis après ça s'arrête. »
La PAC monte progressivement la T° départ. Après 15-30 min, tu dois voir un ΔT primaire commencer à apparaître (départ chaud, retour plus froid). Si départ et retour restent identiques au bout de 30 min, c'est qu'il n'y a pas d'échange — soit débit nul (vanne fermée), soit fluide insuffisant.
Pression HP, pression BP, surchauffe, sous-refroidissement, intensité compresseur. Tout doit être dans la plage notice. Si un paramètre est aberrant : arrêt et diagnostic avant de continuer.
Tu rebascules la régul en mode auto-adaptatif (recommandé Mitsubishi). Tu libères la production ECS. Et tu vérifies que les résistances d'appoint électriques sont bloquées en OFF si la PAC est dimensionnée 100 % du besoin (procédure soignée, voir sub-tab Régulation).
⚠ Si défaut débit immédiat (« P1 » ou équivalent)
Le contrôleur de débit interne PAC détecte une circulation insuffisante côté primaire. Causes typiques :
- Air dans le circuit (le plus fréquent) → purge complète
- Filtre à tamis colmaté dès le départ (résidus brasure, copeaux) → démontage + nettoyage
- Circulateur en panne de communication ou pas en route → vérif borniers
- Vanne d'isolement oubliée fermée → ouvrir
- Vanne 3 voies ECS bloquée en position ECS au démarrage → forcer en chauffage
Les 3 modes de régulation chauffage Mitsubishi
| Mode | Fonctionnement | Quand l'utiliser |
|---|---|---|
| Température fixe | La PAC vise une T° départ fixe (ex : 45 °C). Démarre/arrête au thermostat d'ambiance (-1 °C / +1 °C de la consigne). | Première MES pour valider, ou si client veut un comportement très simple à comprendre. |
| Loi d'eau (courbe) | T° départ varie selon T° ext. Plus il fait froid dehors, plus la T° départ monte. Démarrage/arrêt thermostat d'ambiance. | Bon compromis simplicité / efficacité. Si pas de sonde T° intérieure fiable. |
| Auto-adaptatif | Loi d'eau de base + ajustement permanent selon T° ext + T° int + consigne. Modifie la courbe par pas de 2 ou 5 °C avec temporisations. | Recommandé par Mitsubishi et par. Meilleur compromis confort / économies. |
Plafond T° départ chauffage selon émetteur
| Émetteur | Plafond T° départ | Pourquoi |
|---|---|---|
| Plancher chauffant basse temp | 35 °C (idéal) à 40 °C (max) | Au-delà, risque chape, inconfort, COP en chute |
| Plancher chauffant rafraîchissant | 16-19 °C (rafraî.) / 35 °C (chauff.) | En rafraî., point de rosée → pas en dessous de 17 °C en climat humide |
| Radiateurs basse température | 45 °C | Compromis confort / COP encore acceptable |
| Radiateurs moyenne température | 55 °C | COP dégradé mais acceptable sur PAC bien dimensionnée |
| Radiateurs haute température (vieux) | 60 °C max | COP médiocre. Envisager remplacement émetteurs ou hybride gaz |
Paramétrage ECS — la méthode des 60/30 min
Bonne pratique — la règle des 60 min ECS / 30 min chauffage
« L'eau chaude est toujours prioritaire sur le chauffage. Mais c'est prioritaire que pendant 1 heure. Pendant 1 heure elle est effectivement bridée à 1 heure. Après, si elle n'a pas atteint la consigne de température au chaud sanitaire au bout d'une heure, elle rebascule sur le chauffage pendant une demi-heure pour éviter l'inconfort. »
- Durée max ECS : 60 minutes
- Intervalle chauffage forcé : 30 minutes minimum entre 2 phases ECS
- Consigne T° max ECS : 52 °C typique (jamais 60+ pour préserver COP)
- Hystérésis (baisse autorisée) : 7 °C — la PAC redémarre ECS quand T° ballon descend de 7 °C sous la consigne
- Anti-légionellose : montée à 60 °C 1× par semaine (jour/heure paramétrables)
Blocage des appoints électriques — le geste signature
⚡ Bonne pratique — appoints électriques OFF
« Moi je calcule la pompe à chaleur pour 100 % du besoin thermodynamique. Donc on est sur zéro. Si jamais je fais ça, j'autorise les résistances à fonctionner. Mais comme on a calculé une machine pour 100 % du besoin, on va les laisser en OFF. La machine ne déclenchera jamais les appoints électriques. »
La logique : si la PAC est dimensionnée pour couvrir le besoin par -7 °C ou -10 °C (T° base), elle n'a pas besoin des résistances d'appoint. Les résistances coûtent en électricité directe (COP = 1), alors que la PAC fait du COP 3. Bloquer les appoints = forcer la PAC à finir le boulot, et économies réelles.
Condition : ne fonctionne que si la PAC est correctement dimensionnée. Si tu as bridé la puissance ou si la PAC est sous-dimensionnée, le client aura froid les jours les plus rigoureux et tu vas devoir libérer les appoints en SAV.
Configuration courbe loi d'eau — méthode pratique
Savoie / Isère vallée : -10 à -12 °C. Altitude (Bauges, Belledonne, Chartreuse) : -15 à -18 °C. C'est cette T° qui fixe le bas de ta courbe (le « point froid »).
Exemple radiateurs basse temp : à -10 °C ext, T° départ 50 °C. À +18 °C ext, T° départ 25 °C (chauffage à peine actif). C'est ta courbe de base.
Menu : Réglage chauffage → Loi d'eau ou Auto-adaptatif → 2 points. Saisir : T° ext min / T° dép correspondante, T° ext max / T° dép correspondante. Le système interpole en linéaire entre les deux.
Toujours mettre un plafond cohérent : 35-40 °C plancher, 45 °C radiateurs basse, 55 °C radiateurs std. Évite que la régul s'emballe en cas d'erreur capteur ou de jour anormalement froid.
En auto-adaptatif, la machine ajuste seule par pas de 2 ou 5 °C. Si après 48 h le client a chaud le matin et froid le soir, ou inverse : décale la courbe globale de +2 ou -2 °C. Un seul ajustement à la fois.
Diagnostic régulation en SAV
5 vérifs rapides quand le client appelle
- Mode régul : vérifie qu'il est bien en auto-adaptatif (clients curieux changent parfois en T° fixe, ce qui dégrade le COP).
- Plafond T° départ : si client a froid, vérifie que le plafond n'est pas trop bas.
- Pression circuit : 1,2-1,5 bar à froid. Si chuté à 0,5 bar = vase claqué ou fuite, défaut imminent.
- Filtre à tamis : après 6-12 mois, vérification visuelle + nettoyage.
- ΔT primaire / secondaire : compare avec valeurs MES initiales. Dérive = encrassement ou problème circulateur.
Les 4 mesures clés
Cibles MES PAC bibloc — méthode la pratique pro
Valeurs en régime stabilisé (1 h après démarrage minimum). Sur radiateurs basse temp : ΔT primaire 4 K, secondaire 10 K. Sur plancher chauffant : ΔT primaire et secondaire entre 2 et 7 K selon dimensionnement.
Calcul du débit attendu (vérification)
La règle des 10 %
Bonne pratique : « Le débit du circuit secondaire doit être toujours inférieur au débit du circuit primaire d'environ 10 %. » Pourquoi : la bouteille de découplage doit toujours avoir un peu plus de débit côté primaire que côté secondaire. Sinon, l'eau remonte du secondaire vers le primaire dans la bouteille (recirculation parasite) et ton ΔT primaire devient incohérent.
Calculateur de vérification ΔT
Calcul de la puissance produite (Q × ΔT × 1,16)
Formule — Doc 1 verbatim
« Le calcul de la puissance se fait en faisant 1500 fois 3 fois la chaleur massique de l'eau qui est de 1,16. Ça me donne 5220 watts. » En français : P (W) = débit (L/h) × ΔT (K) × 1,16. Avec ce calcul, tu vérifies que la puissance que tu vois sortir au primaire correspond bien à ce que tu attends de la PAC sur ce point de fonctionnement.
Procédure de relevés MES
Relevés à froid = relevés faux. pratique terrain : « On va le laisser comme ça, on va pas changer la vitesse du circulateur. » Tu attends que tout soit thermiquement stable, puis tu fais tes mesures en moins de 5 min.
Soit sur thermomètres analogiques posés sur tubes (le plus simple, lecture instantanée), soit avec sondes de contact câblées sur les tubes (pratique terrain utilise les sondes du module sur les tubes primaires). Calcule ΔT primaire = T_dép − T_ret.
ΔT secondaire = T_dép_sec − T_ret_sec. Compare aux cibles : 10 K radiateurs, 5-7 K plancher.
Tirette de la vanne TA-CV ou Tacosetter, lecture en L/min. Vérifie la règle des 10 % : Q_prim ≈ Q_sec × 1,10.
Doc 5 : « On voit que l'air rentre à -4,4 et qui ressort à -5,2. On a un ΔT de 0,7. Ce n'est pas un ΔT énorme mais on demande à la machine de faire 35 °C, ça fait plusieurs heures qu'elle tourne, elle est quasiment à l'équilibre. » ΔT élevé = la PAC prélève beaucoup de calories (démarrage). ΔT faible = régime stable.
Puissance utile au primaire = Puissance électrique consommée + Puissance prélevée à l'extérieur. Si ces 3 valeurs ne sont pas cohérentes (à 10-15 % près), c'est qu'une mesure est fausse, ou qu'il y a une fuite de chaleur quelque part. C'est le contrôle ultime.
Toutes les mesures + T° ext + heure + numéro de série + n° intervention vont sur le PV. C'est la trace écrite que tu as fait le boulot proprement.
Tableau de cohérence rapide
| Symptôme mesuré | Cause probable | Action |
|---|---|---|
| ΔT primaire < 2 K | Débit primaire trop élevé OU charge fluide insuffisante | Réduire vitesse circulateur OU vérifier charge |
| ΔT primaire > 8 K (radiateurs) | Débit primaire trop faible OU encrassement filtre | Vérifier vanne d'équilibrage OU démonter filtre |
| ΔT secondaire < 5 K (radiateurs) | Débit secondaire trop élevé | Brider circulateur secondaire |
| ΔT secondaire > 15 K | Débit secondaire insuffisant OU émetteurs sous-dimensionnés | Augmenter vitesse OU revoir équilibrage radiateurs |
| Q_prim < Q_sec | Inversion ou erreur de réglage | Augmenter primaire de +10 % par rapport au secondaire |
| ΔT évaporateur 0 K | Ventilateur HS ou batterie givrée totale | Vérifier ventilo + dégivrage forcé |
Checklist tests fonctionnels
- Test cycle ECS : forcer une demande ECS, voir la vanne 3 voies basculer + montée T° ballon
- Vérification durée max ECS (60 min) et bascule chauffage forcé (30 min) après timeout
- Test anti-légionellose : forcer cycle 60 °C, mesurer T° atteinte au point haut du ballon
- Test dégivrage : provoquer un cycle (ou forcer si paramétrable), vérifier temps de dégivrage < 5-10 min
- Mode silence éco : basculer, mesurer baisse niveau sonore (typique -3 à -5 dB)
- Vérification soupape 3 bar : pression à 3 bar par injection eau temporaire, doit cracher proprement
- Vérification contrôleur de débit : fermer brièvement une vanne, défaut débit doit apparaître
- Test capteur T° intérieure (thermostat ambiance) : provoquer demande / arrêt
- Test pompe de relevage condensats UI/UE : verser 1 L d'eau, observer évacuation
- Test communication wifi / module connecté (si présent) : appli Mitsubishi MELCloud opérationnelle
- Vérification de tous les codes erreurs récents dans l'historique régul (doit être vide ou expliqué)
- Final : laisser tourner 30 min en mode auto-adaptatif, observer comportement nominal
Test ECS détaillé
Menu : ECS → Forcer cycle. La vanne 3 voies (motorisée ou avec relais sur grand débit comme dans Doc 3) bascule en position ECS. Tu entends le moteur ou le relais cliquer.
Le chauffage des émetteurs s'arrête, la PAC envoie 100 % de la puissance vers le serpentin du ballon ECS. Tu vois la T° du ballon monter rapidement (1 à 3 °C/min selon volume + puissance).
Sur ballon 200-300 L et PAC 14 kW : 30 à 45 min pour passer de 40 à 52 °C. Si plus long → vérifier que la PAC est bien en pleine puissance ECS, pas en bridage.
Force une consigne ECS volontairement très haute (60 °C) avec un ballon initialement froid (35 °C). La PAC doit faire ECS pendant exactement 60 min, puis basculer chauffage 30 min avant de reprendre ECS. C'est le « mode 60/30 ».
Test dégivrage
Quand la PAC dégivre toute seule
En hiver, la batterie évaporateur de l'UE givre quand T° ext est entre -5 et +5 °C avec humidité forte. La PAC inverse alors le cycle pendant 3-10 min : du chaud part vers l'extérieur pour faire fondre le givre. Pendant ce temps, le chauffage côté maison est pause. Sur Mitsubishi : c'est automatique, tu n'as rien à faire si le client ne se plaint pas.
Sur certains modèles Mitsubishi, menu maintenance → Forcer dégivrage. Sinon attendre conditions naturelles (-2 à +3 °C ext + humidité).
Le ventilo s'arrête. La vanne 4 voies bascule (clic audible). Le compresseur reprend en mode inversé. Le givre fond visuellement en 2-5 min. Eau qui coule sous l'UE = condensats de fonte.
Vanne 4 voies rebascule. Ventilo redémarre. Compresseur reprend en mode chauffage. La T° départ chauffage avait baissé pendant le dégivrage : elle remonte progressivement.
Le PV de réception PAC bibloc
Contenu minimum d'un PV de réception sérieux
- Identification : client, adresse, date, intervenant (Cat. I + n° attestation capacité)
- Matériel posé : marque, modèle UE + UI, n° série, fluide, charge totale en kg, t.éq.CO₂
- Mesures MES : ΔT primaire, ΔT secondaire, débit primaire, débit secondaire, T° ext lors du test, pression statique circuit
- Tests fonctionnels : cocher tous les tests effectués (ECS, dégivrage, sécurités, communication)
- Paramètres régul : mode (auto-adaptatif, loi d'eau...), plafond T° départ, durée ECS max, anti-légionellose actif, blocage appoints OFF
- Photos : 4 angles minimum (UE extérieure, module hydraulique, ballon ECS, tableau électrique)
- Réserves : aucune, ou liste des points à reprendre dans 15 jours
- Signatures : opérateur + détenteur + date
Fiche d'intervention F-Gas — CERFA 15497*04
Cadres clés à remplir au CERFA 15497*04
| Cadre | Contenu | Mes notes pratiques |
|---|---|---|
| [1] Opérateur | Nom, adresse, SIRET, n° attestation capacité | Modèle préenregistré dans ton modèle de PV |
| [2] Détenteur | Nom, adresse, SIRET (si pro) ou nom particulier | Particulier sans SIRET = autorisé, juste nom + adresse |
| [3] Équipement | Identification (modèle, n° série), fluide (R32 typique), charge en kg, tonnage CO₂ | Calcul tonnage = charge × PRG / 1000 |
| [4] Nature intervention | Cocher : Mise en service ✓ + autres si pertinent (assemblage, contrôle d'étanchéité) | À la MES, presque toujours « Mise en service » + « Assemblage » |
| [5] Détecteur de fuite | Référence + date contrôle (du détecteur) | Refco DA-2002 ou Fieldpiece DR58, contrôle annuel |
| [10] Fuites constatées | OUI / NON + localisation + réparation | À la MES = NON (sinon tu ne signes pas) |
| [11] Manipulation | Quantité chargée totale (vierge + recyclé + régénéré) + récupéré | À la MES sur PAC neuve : chargé = préchargé + complément |
| [12] ADR/RID | UN 1078 (R32, R454B, R410A...) ou UN 3161 (R290 inflammable) | Cocher selon nature inflammable |
| [13] Destination fluide récupéré | Nom + SIRET + adresse | Non applicable à MES neuve sans récupération |
| [14] Observations | Champ libre | Noter ΔT, débits, mode régul si tu veux trace dans le CERFA |
Calcul du tonnage équivalent CO₂ (cadre [3])
Formule : t.éq.CO₂ = charge (kg) × PRG / 1000
- R32 : PRG 675 → 1 kg = 0,675 t.éq.CO₂
- R454B : PRG 466 → 1 kg = 0,466 t.éq.CO₂
- R410A (anciennes machines) : PRG 2088 → 1 kg = 2,088 t.éq.CO₂
- R290 (propane) : PRG 3 → 1 kg = 0,003 t.éq.CO₂ (négligeable, mais inflammable)
- R744 (CO₂) : PRG 1 → 1 kg = 0,001 t.éq.CO₂
Exemple : Zubadan 14 kW chargée 4,5 kg de R32 → 4,5 × 675 / 1000 = 3,04 t.éq.CO₂. Donc < 5 t.éq.CO₂ : pas de contrôle d'étanchéité périodique obligatoire (mais fortement recommandé).
Seuils de contrôle d'étanchéité périodique (CERFA cadre [7])
| Tonnage équivalent CO₂ | Sans détection auto fuite | Avec détection auto fuite |
|---|---|---|
| < 5 t.éq.CO₂ | Aucun contrôle obligatoire | Aucun contrôle obligatoire |
| 5 ≤ T < 50 t.éq.CO₂ | Tous les 12 mois | Tous les 24 mois |
| 50 ≤ T < 500 t.éq.CO₂ | Tous les 6 mois | Tous les 12 mois |
| ≥ 500 t.éq.CO₂ | Tous les 3 mois | Tous les 6 mois |
BSFF Trackdéchets (si récupération de fluide)
Quand le BSFF est-il nécessaire ?
Le bordereau de suivi de fluide frigorigène (BSFF) est obligatoire en cas de récupération de fluide (dépose, démantèlement, intervention sur fuite avec récupération). À la MES sur machine neuve, tu n'as pas de récupération à déclarer — donc pas de BSFF à émettre, juste le CERFA 15497*04.
Si tu déposes une ancienne PAC ou clim avec récupération : passage par la plateforme étatique trackdechets.beta.gouv.fr obligatoire depuis 2023.
Remise client — checklist de fin de chantier
- PV de réception signé (toi + client) en 2 exemplaires
- CERFA 15497*04 rempli, signé, classé (1 exemplaire client + 1 toi, 5 ans)
- Mode d'emploi simplifié de la régulation imprimé et expliqué au client (10 min)
- Comment vérifier la pression circuit (1,2-1,5 bar à froid) et où remettre de l'eau
- Comment lire les défauts à l'écran et qui appeler en cas de souci
- Mode silence éco activable / désactivable (si demandé par voisinage)
- App MELCloud installée et appairée sur smartphone client (si module wifi)
- Carnet sanitaire ECS remis au client (si maison habitée par plus de 5 personnes)
- Notice constructeur version papier ou clé USB remise
- Attestation TVA réduite 5,5 % remplie et signée (si rénovation, sinon TVA 20 %)
- Devis du contrat d'entretien annuel remis et expliqué (300-450 € HT typique)
- Photos avant / après transmises au client par mail (4 angles UE + 4 angles local)
- Coordonnées SAV affichées sur étiquette à côté de la PAC (téléphone + horaires)
Quand un autre a posé l'install
Les 3 niveaux de risque cumulés
⚖ Risque légal (le plus dur à gérer après coup)
L'arrêté du 30 juin 2008 et le R.543-82 sont sans ambiguïté : l'opérateur qui manipule le fluide est responsable de l'étanchéité. Quand tu signes la case [4] « Mise en service » du CERFA, tu valides implicitement la pose. Si fuite avérée dans la liaison frigo posée par un autre : tu peux te retourner contre lui en théorie, mais en pratique il ne sera plus joignable, ou il dira « moi j'ai juste posé les tubes, c'est lui qui a chargé ». Tu paies.
Conservation CERFA 5 ans (R.543-82) : tu portes la responsabilité 5 ans minimum.
🔧 Risque technique (le plus visible côté client)
La PAC tombe en panne dans 24 mois. Le client appelle celui qui est venu en dernier — c'est toi. Tu découvres alors que :
- Le filtre à tamis n'a jamais été nettoyé parce qu'il n'a jamais été monté correctement
- La liaison frigo n'a pas été chassée à l'azote pendant brasure → calamine qui colmate le détendeur
- Le réseau n'a jamais été désembouge → boues dans l'échangeur à plaques (1 200 € à changer)
- La charge fluide a été ajustée « à l'œil » sur les pressions, jamais pesée
Tu n'es pas légalement responsable du défaut, mais le client n'a pas envie d'aller chercher l'installateur d'origine. Tu deviens le SAV gratuit par défaut.
💼 Risque commercial (le plus durable)
En Savoie / Isère, le bouche-à-oreille fait 70 % de l'activité d'un frigoriste solo. Un client mécontent parle à 5-10 voisins. Si tu valides une mauvaise install par complaisance et qu'elle plante, tu paies 5 ans plus tard avec des contrats que tu ne décrocheras jamais.
Inverse : un audit propre + un refus motivé bien expliqué = un client qui te recommande à d'autres parce que « lui au moins, il vérifie tout ».
Les 3 cas typiques où on t'appelle
| Profil installateur | Risque dominant | Approche recommandée |
|---|---|---|
| Plombier ou chauffagiste RGE QualiPAC mais sans Cat. I | Hydraulique propre, frigo bâclé (chasse azote oubliée, brasure non testée, vide approximatif) | Audit FRIGO en priorité. Demander vidéo de la chasse azote. |
| Frigoriste Cat. I qui sous-traite la pose à un plombier | Coordination défaillante (chacun pense que l'autre a fait ses tests) | Demander qui a fait quoi, par écrit. Tester pression hydro et frigo séparément. |
| Particulier qui a « tout fait lui-même » avec un copain | Tout est à vérifier. Aucune trace écrite. Souvent norme pas respectée. | Refus quasi systématique sauf cas exceptionnel. Au minimum tarif 2× MES classique. |
Décision : auditer / refuser / accepter ?
Tu poses 5 questions au client (voir sub-tab Avant le déplacement). Si 1 réponse rouge → refus immédiat. Si toutes vertes → tu te déplaces avec un devis « MES + audit ».
Tu arrives, tu refuses de mettre sous tension tant que tu n'as pas inspecté. Tu remplis le PV d'audit (sub-tab PV). Si score audit ≥ 80 % et 0 red flag → tu enchaînes la MES. Sinon : réserves ou refus.
Tu refais TOI-MÊME les tests critiques même s'ils ont été faits par l'installateur (test 3 bar hydro, test étanchéité azote, tirage au vide complet). Si une étape échoue : tu arrêtes, tu fais signer les réserves au client, tu repars.
Les 5 questions à poser au client par téléphone
Si le client dit « c'est mon plombier habituel, il fait ça depuis 30 ans » → red flag. Le plombier qui pose sans Cat. I commet une infraction (R.543-77). Tu n'as pas à valider une infraction.
Si le client ne sait pas répondre → tu demandes à parler à l'installateur. Si l'installateur tergiverse (« euh, je crois oui... ») → red flag. La chasse N₂ est obligatoire pour éviter la calamine. Sans elle, tu vas pomper de la calamine dans le détendeur dans 6 mois.
Si non → red flag. Tu vas devoir le faire toi-même, ce qui est faisable mais long, et facturable au tarif d'audit.
Réponse négative = installateur non sérieux. Un pro garde toujours des photos pour son SAV. Pas de photos = aucune trace de l'état réel des tubes, des brasures, du carotage.
Si rétrofit chaudière → PAC sans désembouage : tu refuses la MES. Le risque échangeur à plaques colmaté est trop élevé. Si désembouage fait : tu demandes la marque du produit + la date + la durée de circulation.
Documents à exiger AVANT le déplacement (par mail)
- Photo plaque signalétique UE + UI (pour préparer paramètres et pression d'épreuve)
- Photos chantier pendant la pose (liaison frigo avant fermeture, brasures, hydraulique)
- Note de calcul de puissance (déperditions × T° base) — sinon dimensionnement aléatoire
- Plan d'exécution hydraulique (synoptique avec position vannes, bouteille, ECS)
- Certificat d'attestation de capacité de l'installateur (s'il prétend être Cat. I)
- Photo du test pression hydraulique 3 bar (manomètre + horodatage)
- Vidéo ou photo de la chasse azote pendant brasure de la liaison
- Bon de livraison machine (date + n° série) + facture ou bon de commande pièces hydro
- Devis ou facture du désembouage si rétrofit (date + produit utilisé)
⚠ Si l'installateur refuse de fournir ces documents
Réponse type : « Je comprends que vous trouviez ça contraignant, mais je suis légalement responsable de la mise en service que je vais signer. Sans ces éléments je ne peux pas faire l'audit, donc je ne peux pas signer le CERFA. À vous de voir si vous me les transmettez ou si je décline le chantier. »
Ne jamais te justifier au-delà. Tu protèges ton attestation Cat. I, c'est ton outil de travail.
Email type à envoyer au client (ou installateur)
📧 Modèle prêt à copier
Bonjour [Nom client],
Suite à notre échange téléphonique pour la mise en service de votre [PAC/clim] le [date], je vous confirme que cette intervention nécessite préalablement un audit de l'installation puisque je ne l'ai pas posée moi-même.
Cet audit est obligatoire car en signant la fiche d'intervention F-Gas (CERFA 15497*04), je deviens légalement responsable de l'étanchéité de l'installation pendant 5 ans.
Pour préparer cet audit, j'ai besoin avant ma venue des éléments suivants :
— Photos de la liaison frigo avant calorifuge (brasures visibles)
— Photo ou vidéo de la chasse à l'azote pendant la brasure
— Photo du test pression hydraulique à 3 bar (avec horodatage)
— Certificat d'attestation de capacité Cat. I de l'installateur
— Bon de désembouage si rétrofit chaudière
— Plaque signalétique UE et UI
Tarif : MES + audit = [X] € HT (vs [Y] € HT pour une MES classique). Le déplacement est facturé même en cas de refus motivé après audit (clauses dans CGV jointes).
À votre disposition pour toute question.
Cordialement,
[Ton nom]
Frigoriste Cat. I — Attestation [n°]
Inspection visuelle UE (unité extérieure)
Cherche : niveau bulle pour vérifier l'horizontalité. Si UE penche, le compresseur travaille mal et l'huile se concentre d'un côté. Cherche : plots anti-vibratiles entre support et machine. Sans plots, les vibrations se propagent dans le mur ou dalle → bruit chez le client ET les voisins.
Tu cherches : une évacuation au sol (graviers, caniveau) ou un tube qui descend vers un égout. Si l'évacuation se fait directement sur la dalle béton ou la terrasse → gel garanti en hiver, eau qui glace le pied de l'UE et bloque le ventilo. Si l'UE est en vallée Savoie / Isère, c'est même critique en dessous de -5 °C.
Si UE plaquée à 5 cm d'un mur, l'air froid évacué est ré-aspiré, le COP s'effondre. Cherche aussi : couvercle ou auvent qui restreint le flux d'air supérieur. Tout ça = signal d'install non maîtrisée.
Cherche : bouchons des vannes en place (sinon fuite slow leak). Cherche : trace d'huile autour des flares = micro-fuite déjà active. Cherche : signes de carbonisation près des brasures (chauffe trop forte = joint torique des vannes service mort).
Tu connectes ton manifold ou tes sondes Fieldpiece. Pour R32 au repos à 20 °C ambiant : pression statique typique 8-12 bar. Si tu lis 0 bar → l'install fuit ou n'a jamais été chargée. Si tu lis 25 bar à T° basse → surcharge, à compenser.
Inspection visuelle liaison frigo
Idéalement, tu as 2 brasures côté UI + 2 brasures côté UE = 4 joints au total. Si tu as 8-10 brasures, c'est qu'il a fait des raccords intermédiaires (souvent par manque de longueur de tube). Chaque brasure = un risque de fuite. Demande pourquoi.
Sur la notice constructeur, longueur max et Ø sont fixés. Exemple Mitsubishi RR : Ø 1/4 + 3/8 ou Ø 1/4 + 1/2 selon puissance. Si l'installateur a mis du 1/4 + 3/8 sur 25 m alors que la notice impose du 1/4 + 1/2 au-delà de 15 m → COP dégradé + risque sécurité HP. Refus.
Le calorifuge doit être continu, pas de zones nues. Épaisseur 9 mm minimum sur tube liquide, 13 mm sur tube gaz. Joints longitudinaux collés (pas juste serre-câbles). Sur tubes en local non chauffé (cave, garage), épaisseur 13 ou 19 mm conseillée.
Rayon mini = 4× le Ø du tube. Tube 3/8 (9,52 mm) → rayon mini 38 mm. Tube 1/2 (12,7 mm) → rayon mini 51 mm. Si tube écrasé visible (méplat, pli) → l'huile circule mal, le compresseur souffre. Refus.
Le trou doit être bouché côté intérieur ET extérieur (mousse PU + scellement). Sinon : pont thermique, intrusion d'eau, nuisibles. Si tu vois la lumière à travers le trou ou un courant d'air → installateur bâclé.
Inspection visuelle UI (unité intérieure)
Pente minimum 1 % (1 cm/m) en continu vers l'évacuation. Pas de remontée, pas de partie horizontale longue. Si tu vois un tube qui plonge puis remonte → mare d'eau garantie + débordement → dégât des eaux.
UI mural placé au-dessus d'un radiateur, juste au-dessus d'une porte qui s'ouvre, ou dans un coin sans circulation d'air → le capteur T° intérieure intégré lit faux, la régul s'emballe. Hauteur idéale : 2,1-2,3 m du sol, dégagée à 50 cm du plafond et des murs latéraux.
Dépose le capot UI (souvent 2-4 vis). Tu vois les arrivées des 2 tubes + le câble communication. Cherche trace d'huile = micro-fuite. Cherche écrous flares bien serrés (clé dynamométrique au couple constructeur).
Inspection électrique RR
| Point | Cible | Si non conforme |
|---|---|---|
| Section câble alim UE | 3G2,5 jusqu'à 3,5 kW abs / 3G6 au-delà | Échauffement → coupure thermique aléatoire |
| Disjoncteur dédié UE | Calibre selon notice + diff 30 mA dédié | Disjoncteur partagé = nuisances électriques |
| Liaison communication UE-UI | Câble 2× 0,75 mm² blindé séparé de la puissance | Si proche du câble alim : parasites → erreurs com aléatoires |
| Mise à la terre | Continuité testée (testeur de boucle) < 100 Ω | Choc électrique en cas de défaut isolation |
| Borniers UE et UI | Fils sertis ou vissés au couple, pas de brins libres | Faux contact + risque arc électrique |
Checklist audit RR — 18 points
- UE positionnée à niveau, plots anti-vibratiles en place
- UE écartée d'au moins 30 cm de tout obstacle (mur, mobilier, végétation)
- Évacuation condensats UE prévue (caniveau, graviers ou tube)
- Vannes service UE : bouchons en place, pas de trace d'huile
- Lecture pression statique cohérente (R32 : 8-12 bar à 20 °C ambiant)
- Liaison frigo : nombre de brasures cohérent (max 4 par tube)
- Diamètres tubes conformes notice constructeur (longueur × Ø)
- Calorifuge continu, sans déchirure, épaisseur conforme (9 ou 13 mm)
- Coudes : rayon de cintrage ≥ 4× Ø, aucun tube écrasé visible
- Carotage / passage mural étanche des deux côtés
- UI mural : positionnée à 2,1-2,3 m du sol, dégagée des perturbations
- Évacuation condensats UI : pente continue 1 % minimum, pas de point bas
- Pompe relevage UI cassette plafonnière en place et testée
- Flares UI : serrés au couple, pas de coulure d'huile
- Section câble alim UE conforme à puissance absorbée
- Disjoncteur + différentiel 30 mA dédiés à la clim
- Câble communication UE-UI séparé de la puissance, blindé si possible
- Mise à la terre testée et < 100 Ω
Inspection hydraulique — partie la plus importante
La soupape doit être AVANT les vannes coupure du circuit primaire — toujours en amont. Si elle est posée après une vanne coupure et que quelqu'un ferme la vanne (volontairement ou par erreur, en SAV), la PAC monte en pression → 10 bar → joints toriques mort, échangeur fissuré, possible explosion. Critère de refus immédiat si mal positionnée.
Pré-gonflage à mesurer à la valve Schrader (manomètre dédié). Cible 1 bar typique. Si 0 bar = vase déjà claqué (membrane percée), l'installateur n'a pas vérifié. Si plusieurs vases : tous au même pré-gonflage. Purgeur en haut de la potence : obligatoire, sinon la membrane assèche en 2 ans.
Logique : le pot à boue capture les boues qui viennent des émetteurs avant qu'elles n'entrent dans la bouteille de découplage. Si pot monté côté primaire, après la bouteille, ou côté départ : il ne sert à rien. Refus motivé sans hésitation.
C'est la dernière barrière avant l'échangeur à plaques de la PAC. Position obligatoire : retour primaire entre bouteille et PAC. Vérifier : Ø du filtre = 1 diamètre AU-DESSUS du tube (sur tube 28, filtre 1"¼). Avec aimants idéalement.
Demander photos avec horodatage. Si non fait : tu DOIS le faire toi-même avant de mettre sous tension. Procédure : pousser à 3 bar via vanne remplissage, fermer, attendre 30 min. Si chute : fuite. À tracer dans PV.
Réseau radiateurs ancien jamais désembouge = boues garanties dans l'échangeur PAC en 6-12 mois. Demander facture désembouage (Sentinel X400, Fernox DS40, ou similaire) + dosage inhibiteur final (Coroxyl, Sentinel X100). Si pas de trace écrite : refus ou réserves très sévères.
Obligatoire pour conserver le label RGE (et donc l'éligibilité MaPrimeRénov'). Si tubes nus ou calorifuge incomplet en cave / garage / sous-sol : non-conformité RGE. Le client peut perdre sa subvention. À noter dans PV.
Anti-retour eau de chauffage vers réseau d'eau potable. Obligatoire selon NF EN 1717. Si absent : non-conformité norme. Si présent : vérifier qu'il n'est pas en position ouverte forcée (test de fuite chaque 6 mois).
Inspection bouteille de découplage / ballon ECS
Volume : sur PAC moderne in-Inverter, 25-50 L typique. Sur Zubadan tout-ou-rien, plus gros. Piquages : départ haut, retour bas, en stratification correcte (eau chaude monte, eau froide descend). Si départ et retour inversés : mélange chaotique = ΔT impossibles à atteindre.
Pour ECS sur PAC, le serpentin du ballon doit avoir une surface d'échange ≥ 3 m² par kW de puissance ECS. Si serpentin trop petit, la PAC met 2 h à chauffer le ballon → catastrophe COP. Vérifier la fiche technique du ballon.
Bascule entre serpentin ECS et boucle chauffage. Si ressort de rappel : ok pour petits Ø. Sur gros débit (Ø 32 mm), souvent vanne sans ressort qui nécessite alimentation 2 directions + relais (procédure soignée Doc 3). Vérifier le câblage du relais.
Inspection liaison frigo PAC
Spécificités PAC vs clim split
Les liaisons frigo PAC sont généralement plus longues (15-30 m) et avec des Ø plus gros (5/8 + 3/8 sur Zubadan 14 kW, par exemple). Conséquences :
- Plus de chances de coudes serrés mal réalisés
- Plus de chances de brasures intermédiaires (raccords pour rallonge)
- Volume circuit plus grand → tirage au vide plus long (1 h à 2 h)
- Complément de charge fluide quasi systématique au-delà de la longueur factory (30 m typique)
Demande à l'installateur la longueur exacte. Vérifie sur la notice la longueur factory (souvent 30 m sur Zubadan, parfois 50 m sur autres). Si longueur réelle > factory : un complément de charge a-t-il été pesé à la balance ? Demande la photo de la balance pendant la charge. Si non : tu refais la pesée toi-même.
Sans chasse azote, la calamine se forme à l'intérieur du tube pendant la brasure. Cette calamine se promène ensuite dans le circuit et finit dans le détendeur ou l'échangeur. Pas de preuve de chasse N₂ = tu refuses la MES ou tu démontages la liaison pour brasure neuve. Critère majeur.
Sur PAC, calorifuge plus épais que sur clim split à cause des températures plus extrêmes. Collage en colle néoprène (procédure soignée Doc 2 : on applique colle, on laisse sécher 1 min, puis on applique en pressant). Si simple serre-câbles sans collage = refus.
Checklist audit RO — 28 points
- Soupape 3 bar positionnée AVANT les vannes coupure (critique)
- Sortie soupape raccordée à entonnoir + évacuation visible
- Vase d'expansion : pré-gonflage 1 bar mesuré et conforme
- Purgeur en haut de la potence du vase d'expansion en place
- Pot à boue côté retour secondaire AVANT la bouteille
- Filtre à tamis côté retour primaire APRÈS la bouteille, sens flèche correct
- Filtre à tamis Ø 1 diamètre au-dessus du tube
- Disconnecteur (BA ou CA) sur le piquage de remplissage
- Test pression hydraulique 3 bar fait avec photo horodatée
- Désembouage tracé (facture + produit) si rétrofit chaudière
- Inhibiteur (Coroxyl ou équivalent) dosé selon notice
- Calorifuge complet en local non chauffé (cave, garage, sous-sol)
- Bouteille de découplage : départ haut, retour bas, volume cohérent
- Ballon ECS : serpentin de capacité suffisante (3 m² par kW)
- Vanne 3 voies ECS motorisée + relais si grand débit
- Vannes d'équilibrage primaire et secondaire en place + lecture débit
- Thermomètres analogiques sur départ et retour primaire et secondaire
- Aquastat sécurité plancher chauffant (si plancher) tarage 55 °C
- UE : niveau, plots anti-vibratiles, écartement 30 cm
- Évacuation condensats UE adaptée région froide (pas en aveugle)
- Liaison frigo : longueur déclarée + complément de charge pesé si dépassement factory
- Vidéo / photo de la chasse N₂ pendant brasure
- Brasures liaison : nombre cohérent (max 4 par tube), aspect propre
- Calorifuge frigo épaisseur 13-19 mm, collage néoprène
- Coudes liaison frigo : rayon ≥ 4× Ø, aucun écrasement
- Section câble alim PAC conforme (4G2,5 jusqu'à 3,5 kW abs, 4G6 au-delà)
- Disjoncteur + différentiel 30 mA dédiés à la PAC
- Liaison communication UE-UI tirée séparément de la puissance
Test 1 — Pression hydraulique 3 bar (30 min)
Si circuit déjà rempli (cas le plus fréquent) : pression à froid attendue 1,2-1,5 bar. Si tu lis 0,5 bar : circuit pas plein, le client va perdre la pression. Si tu lis 2,5 bar : surpression, vase d'expansion sous-dimensionné ou claqué.
Tu ouvres doucement le piquage post-disconnecteur, tu surveilles la montée. Tu fermes pile à 3 bar (la soupape se déclenche au-dessus). Si la soupape crache à 2,8 bar, elle est tarée trop bas → pièce HS à signaler.
Pendant ce temps tu fais d'autres vérifications visuelles. Tu reviens 30 min plus tard. Si la pression est restée à 3 bar (± 0,1 bar) : circuit étanche. Si elle a chuté en dessous de 2,8 bar : fuite hydraulique → tu cherches.
Tu inspectes : tous les raccords filetés (filasse + pâte), toutes les brasures, le pot à boue, le filtre à tamis (souvent fuyant côté joint plat), les soupapes, le disconnecteur. Pulvérisateur d'eau savonneuse possible mais souvent on voit la goutte directement.
Test 2 — Étanchéité frigo à l'azote (15-20 min)
⚠ Si la PAC est déjà chargée en fluide frigo
Tu ne peux PAS faire un test azote complet à l'installation déjà en fluide. Tu peux juste lire les pressions au repos et chercher trace d'huile. Si tu veux le test azote complet : il faut récupérer le fluide (BSFF Trackdéchets), faire le test, retirer au vide, recharger. Coût + complexité énormes. D'où l'importance d'exiger photo/vidéo du test fait par l'installateur AVANT chargement.
Procédure standard sub-tab Étanchéité de la section RO. Tu vérifies que ΔP compensé < 0,05 bar.
Tu connectes manifold ou sondes Fieldpiece. Pour R32 à 20 °C ambiant : pression statique attendue 8-12 bar (proche pression de saturation à T° ambiante). Si lecture 0 bar : tout le fluide a fui (refus). Si lecture cohérente : recherche externe trace huile autour des flares + brasures + vannes service.
Détecteur Refco DA-2002 ou Fieldpiece DR58 (selon ton équipement). Sensibilité 2-5 g/an. Tu balaies tous les flares, brasures, vannes service. Si bip = fuite → tu localises précisément, tu reprends.
Test 3 — Tirage au vide complet (60-120 min sur PAC)
Ballast ouvert jusqu'à 2-3 000 µm, ballast fermé jusqu'à atteindre < 200 µm. Cible idéale 40-100 µm.
Coupe pompe, ferme vanne vacuomètre, observe. Pression doit rester < 200 µm avec taux montée 0. Si pression remonte rapidement : humidité résiduelle ou micro-fuite. Tu refais une chasse N₂ + nouveau tirage.
Test 4 — Mesures électriques (30 min)
Multimètre sur les bornes UE : 230 V (mono) ou 400 V triphasé (selon machine). Tolérance : ± 10 %. Si 200 V ou 250 V : alimentation faiblarde, la PAC va galérer, à signaler au client (problème EDF, pas le tien).
Testeur de boucle (ou tableur de PE) : impédance < 100 Ω. Si plus haut : protection à la terre défaillante, danger électrique. Refus motivé.
Notice spécifie le calibre disjoncteur (16 A typique pour PAC 14 kW mono, 25 A triphasé). Si disjoncteur sous-dimensionné, il déclenche au démarrage compresseur. Si surdimensionné, perd la protection.
Pas partagé avec autre chose. Test au bouton T : doit déclencher en moins de 30 ms. Si partagé avec une chambre froide ou un VMC, les déclenchements parasites vont t'apporter du SAV gratuit.
Wattmètre ou pince ampèremétrique. Démarrage compresseur : pic 3-5× nominal pendant 1-2 s. Régime stabilisé : intensité conforme plaque signalétique. Si intensité régime > nominal : problème mécanique compresseur ou surcharge fluide.
Test 5 — Mesures hydrauliques (30 min après 1 h fonctionnement)
Voir sub-tab RO Mesures pour les cibles. Radiateurs basse temp : 4 K primaire / 10 K secondaire. Plancher : 2-5 K / 5-7 K. Si hors cible : recherche cause (débit, charge, encrassement).
Lecture sur vannes d'équilibrage TA-CV ou Tacosetter. Q primaire = Q secondaire +10 %. Si inversé ou identiques : recirculation parasite dans la bouteille de découplage.
À 45 °C de T° départ, pression doit monter à 1,5-2 bar (dilatation). À l'arrêt complet, retour vers 1,2-1,5 bar. Si pression varie de plus de 1 bar entre froid et chaud : vase trop petit ou pré-gonflage trop bas.
Red flags hydrauliques (RO)
🚫 Refus immédiat
- Soupape 3 bar montée APRÈS une vanne coupure — risque explosion. Refaire avant tout.
- Aucune trace de désembouage en rétrofit chaudière — échangeur PAC mort en 6-12 mois.
- Vase d'expansion à 0 bar de pré-gonflage — déjà claqué, à remplacer.
- Pas de soupape 3 bar du tout sur le circuit primaire — non conformité norme.
- Pas de disconnecteur sur le piquage de remplissage — non conformité NF EN 1717.
- Filtre à tamis monté à l'envers (sens flèche inversé) — ne filtre rien.
- Pot à boue côté primaire au lieu du retour secondaire — mauvaise position fonctionnelle.
- Aucun calorifuge en local non chauffé — perte du label RGE QualiPAC, le client peut perdre subvention.
Red flags frigorifiques (RR + RO)
🚫 Refus immédiat
- Aucune preuve de chasse à l'azote pendant brasure — calamine garantie, détendeur HS à terme.
- Liaison frigo posée par installateur sans Cat. I — infraction R.543-77, tu ne valides pas.
- Tubes de liaison écrasés ou pliés à 90° visible — refus hors d'œuvre.
- Diamètres tubes non conformes notice constructeur (ex : 3/8 + 5/8 mis en 1/4 + 3/8 sur 25 m).
- Calorifuge frigo absent sur portion de tube — condensation + corrosion.
- Trace d'huile autour d'un flare ou brasure visible à l'œil — fuite déjà active.
- Vannes service UE sans bouchons — slow leak depuis pose.
- Charge fluide ajustée « à l'œil sur les pressions » sans pesée — illégal, charge non traçable pour CERFA.
- Bouteille de fluide pas étiquetée ou périmée — illégal pour la traçabilité.
Red flags électriques
🚫 Refus immédiat
- Section câble alim sous-dimensionnée (3G1,5 sur PAC 14 kW : risque incendie).
- Pas de différentiel 30 mA dédié ou disjoncteur partagé avec autre circuit critique.
- Liaison communication UE-UI dans la même gaine que la puissance — parasites, erreurs régul aléatoires.
- Mise à la terre absente ou impédance > 100 Ω — danger électrique.
- Borniers UE ou UI : brins de cuivre dénudés visibles — risque arc + faux contact.
- Câblage sans gaine technique en local humide — non conformité NFC 15-100.
Red flags documentation et traçabilité
🚫 Refus immédiat
- Aucune photo du chantier pendant la pose — installateur non sérieux.
- Pas de note de calcul de puissance — dimensionnement aléatoire, risque sous-dimensionnement / surdimensionnement.
- Plaque signalétique manquante ou illisible sur UE ou UI — pas de traçabilité fluide.
- Bons de livraison absents — provenance machine inconnue (gris market possible).
- Installateur refuse de signer une attestation de conformité sur sa pose — tu refuses le risque.
- Client demande de bâcler / aller vite « parce que ça presse » — pression suspecte, signal classique de problème caché.
Red flags comportementaux
⚠ Signaux à prendre très au sérieux même sans red flag technique apparent
- « Le précédent frigoriste est venu hier mais on a pas eu le temps de finir » — pourquoi est-il parti ? Demande son nom et appelle-le.
- « On a déjà fait la mise en service mais on a juste besoin que vous signiez le papier » — refus net, c'est du faux en écriture.
- « L'installateur ne pourra pas être là, il est en chantier » — il faut qu'il soit présent ou joignable par téléphone pour répondre à tes questions.
- « On vous paie cash si vous signez sans tout vérifier » — appel à corruption, refus immédiat + signaler ADEME.
- « Vous êtes le 3e frigoriste qu'on appelle » — les 2 précédents ont refusé, c'est qu'il y a un problème évident.
Comment formuler un refus motivé (script type)
📄 Trace écrite obligatoire en cas de refus
Tu remplis le PV d'audit (sub-tab PV) en cochant « Refusé », tu listes les motifs précis, tu fais signer le client. Tu factures ton déplacement (clause CGV). Tu archives le PV signé 5 ans minimum dans ton dossier client. Si le client se retourne contre toi plus tard, ton PV est ta défense.
📝 Comment l'utiliser
- Remplis les champs ci-dessous sur tablette ou PC pendant ton audit
- Coche les vérifications faites (OK / NOK / NA selon ton constat)
- Choisis l'issue : Accepté / Avec réserves / Refusé
- Clique « Imprimer le PV » — la mise en page d'impression masque le reste de l'app et n'imprime que le PV propre sur 1-2 pages A4
- Signature client + signature toi sur la version papier, conservation 5 ans
PROCÈS-VERBAL D'AUDIT D'INSTALLATION
Préalable à la mise en service au sens de l'article R.543-82 du code de l'environnement
1. Identification des parties
2. Identification de l'équipement
3. Documents reçus avant déplacement
| Document | Reçu |
|---|---|
| Photos chantier pendant la pose | |
| Photo / vidéo chasse N₂ pendant brasure | |
| Photo test pression hydro 3 bar (si PAC) | |
| Note de calcul de puissance | |
| Plan d'exécution hydraulique (PAC) | |
| Attestation Cat. I de l'installateur | |
| Facture désembouage si rétrofit |
4. Vérifications visuelles sur place
| Point critique | Constat | Note |
|---|---|---|
| Soupape 3 bar avant vannes coupure (PAC) | ||
| Vase d'expansion pré-gonflage 1 bar mesuré | ||
| Pot à boue côté retour secondaire | ||
| Filtre tamis sens flèche correct | ||
| Disconnecteur en place sur remplissage | ||
| Calorifuge complet (frigo + hydro local non chauffé) | ||
| Brasures liaison frigo : aspect propre | ||
| Coudes liaison : rayons ≥ 4× Ø, pas écrasés | ||
| Vannes service : bouchons, pas trace huile | ||
| Évacuation condensats UE adaptée hiver | ||
| Section câble alim conforme puissance | ||
| Différentiel 30 mA dédié | ||
| Mise à la terre < 100 Ω testée |
5. Tests refaits par l'auditeur
| Test | Valeur / résultat | Conforme ? |
|---|---|---|
| Pression hydraulique 3 bar — maintien 30 min | ||
| Pression statique fluide au repos (R32 : 8-12 bar typique) | ||
| Tirage au vide refait (cible < 200 µm taux montée 0) | ||
| ΔT primaire (1 h après démarrage) | ||
| ΔT secondaire | ||
| Mise à la terre (testeur de boucle) |
6. Verdict de l'audit
7. Liste des réserves ou motifs de refus
8. Signatures
PV établi en deux exemplaires, dont un remis au détenteur. Conservation minimum 5 ans (article R.543-82 du code de l'environnement).
Comparatif tarif MES classique vs MES + audit
| Type d'intervention | Durée typique | Tarif HT estimatif (Savoie / Isère) |
|---|---|---|
| MES clim mono-split (tu as posé) | 2-3 h | 180-280 € HT |
| MES clim mono-split + audit (tu n'as pas posé) | 4-5 h | 350-500 € HT |
| MES clim multi-split + audit | 5-7 h | 500-800 € HT |
| MES PAC bibloc (tu as posé) | 1 j | 450-650 € HT |
| MES PAC bibloc + audit (tu n'as pas posé) | 1,5 j | 750-1 100 € HT |
| MES PAC bibloc + audit + désembouage à refaire | 2-3 j | 1 200-1 800 € HT |
| Audit seul + refus motivé (déplacement) | 2-3 h | 180-280 € HT facturés |
Conditions générales spécifiques à la MES tierce (à insérer dans tes CGV)
📜 Clauses recommandées
- Audit obligatoire avant signature CERFA F-Gas. Pour toute mise en service d'une installation que le frigoriste n'a pas posée, un audit préalable est obligatoire. Cet audit a pour seul objet de vérifier que l'installation peut être mise en service en respectant les obligations légales de l'opérateur.
- Issue de l'audit non garantie. Trois issues sont possibles : audit favorable et MES, audit avec réserves nécessitant reprise par l'installateur d'origine, ou refus motivé de mise en service. Le client en accepte le principe par sa signature du devis.
- Facturation du déplacement en cas de refus. Le déplacement et le temps d'audit sont facturés intégralement même en cas de refus motivé de la mise en service. Le PV d'audit signé par le client engage la facturation.
- Documents préalables obligatoires. Le client s'engage à fournir avant intervention les documents listés dans le devis (photos pose, attestation Cat. I installateur, photo test 3 bar, etc.). En l'absence de ces documents, le frigoriste se réserve le droit de refuser l'intervention sans pénalité.
- Reprises éventuelles. Les reprises liées à des points non conformes relevés à l'audit sont à la charge de l'installateur d'origine (non comprises dans le devis du frigoriste auditeur). Une visite de levée de réserves peut être facturée séparément.
- Limitation de responsabilité. En cas de mise en service signée avec réserves, la responsabilité du frigoriste auditeur est limitée aux opérations qu'il a effectivement effectuées. Les défauts liés à la pose initiale restent de la responsabilité de l'installateur d'origine pendant la durée légale (10 ans pour la garantie décennale).
Modèle email — proposition de devis MES tierce
📧 Modèle prêt à copier
Bonjour [Nom client],
Suite à votre demande de mise en service de votre [PAC / clim] [marque modèle], je vous remercie pour votre confiance. Comme nous en avons discuté, cette installation a été posée par [installateur / vous-même], ce qui implique une démarche d'audit préalable obligatoire avant la signature de la fiche d'intervention F-Gas.
Mon devis comprend :
— Audit visuel de l'installation (1 h sur place)
— Tests à refaire moi-même (pression hydro 3 bar, étanchéité fluide, tirage au vide complet) — selon état initial
— Mise en service complète si audit favorable (paramétrage régulation, mesures, tests fonctionnels)
— Procès-verbal d'audit signé en 2 exemplaires
— Fiche d'intervention CERFA 15497*04 si mise en service signée
Tarif total : [X] € HT, soit [Y] € TTC.
Trois issues possibles à l'audit :
1. AUDIT FAVORABLE → mise en service signée le jour même
2. AUDIT AVEC RÉSERVES → mise en service signée + liste de points à reprendre par l'installateur d'origine dans 15 jours
3. REFUS MOTIVÉ → mise en service non signée si points critiques détectés. Dans ce cas, seuls le déplacement et l'audit sont facturés (180-280 € HT selon temps passé).
Documents à me transmettre avant ma venue :
[liste des documents]
Disponibilités : [3 propositions de créneaux]
Cordialement,
[Ton nom] — Frigoriste Cat. I — Attestation [n°]
Comment expliquer ton refus au client (sans casser la relation)
« Voilà ce que j'ai observé : [liste précise des points non conformes]. Chacun de ces points est documenté dans le PV d'audit que je vous remets. »
« Mon attestation de capacité Cat. I est valable un an et est renouvelable sous condition de respecter la réglementation. Si je signe une mise en service sur une installation non conforme et qu'il y a un incident dans les 5 ans, je perds ma capacité, et donc mon métier. C'est trop de risque pour moi, et c'est trop de risque pour vous aussi parce que vous n'auriez plus de signataire en cas de problème. »
« La solution est que votre installateur d'origine reprenne les points listés. Quand c'est fait, je peux revenir faire la mise en service. Je vous facture une visite de levée de réserves de [120-180] € HT à ce moment-là. Si votre installateur ne peut pas reprendre, on peut chiffrer ensemble pour que je le fasse, mais ça sera un nouveau devis. »
« Je vous laisse le PV signé en 2 exemplaires. Ma facture de l'audit du jour est de [X] € TTC, payable à 30 jours. À votre disposition pour toute question. »
PAC + ECS / chaudière / solaire
Quand auquel cas, et pourquoi
| Configuration | Quand | Avantage principal | Risque MES typique |
|---|---|---|---|
| PAC bibloc avec ECS intégrée | Maison neuve, < 4 personnes, ECS modérée | Compact, pas de ballon séparé, simple à régler | Compromis chauffage/ECS si pic ECS prolongé |
| PAC bibloc + ballon ECS thermo séparé | Famille > 4 personnes, ECS importante, ou rétrofit où ballon existe déjà | Découplage ECS / chauffage, réserve d'eau plus grande | Vanne 3 voies critique, paramétrage priorité ECS délicat |
| PAC + chaudière hybride (gaz / fioul) | Climat rigoureux (vallée Savoie -12 °C, altitude -18 °C), maison ancienne mal isolée | PAC sur 80-90 % de la saison + chaudière sur les jours les plus froids = COP optimisé | Régulation hybride par T° ext de bascule, bonne MES = bon partage |
| PAC + solaire thermique | Maison avec exposition sud + ECS importante | ECS gratuite mai-septembre, appoint PAC l'hiver | Stratification ballon, gestion priorité solaire vs PAC |
| 2 circuits émetteurs | Maison avec radiateurs étage + plancher rez-de-chaussée, ou rénovation partielle | Confort différencié par zone | Vanne mélangeuse 3 voies + sonde dédiée par circuit |
Le piège commun à tous les couplages
⚠ La régulation ne supporte pas l'à-peu-près
Sur une PAC seule, si tu te trompes de paramètre, la consommation augmente de 10-15 %. Sur un système couplé, une erreur de paramétrage peut faire tourner les deux générateurs en même temps (PAC + chaudière en hybride, ou ECS + chauffage en plein cycle ECS), et la consommation explose. Ou un mauvais réglage de priorité ECS fait que ta PAC chauffe le ballon en boucle au lieu de chauffer la maison.
Conséquence : la MES d'un système couplé prend toujours plus de temps. Compte 2-3 h supplémentaires par rapport à une PAC seule pour le paramétrage et la validation.
Caractéristiques typiques
Configuration ECS intégrée — Mitsubishi EHST20D / Daikin Altherma 3 R Compact
Paramètres MES à régler
Bonne pratique : « Température max 52 °C, baisse autorisée 7 °C. Ça veut dire que elle va s'arrêter à 52 et elle va redémarrer à 45. » 52 °C = bon compromis confort / COP / sécurité brûlure.
La PAC redémarre l'ECS quand le ballon descend à 45 °C (52 - 7). Si tu mets une hystérésis trop faible (3-4 °C), tu fais beaucoup de courts cycles. Trop large (10 °C) et le client a parfois de l'eau tiède.
Au-delà, la PAC bascule chauffage 30 min même si la consigne ECS n'est pas atteinte. Évite que les radiateurs refroidissent trop pendant un gros cycle ECS.
Entre 2 cycles ECS, la PAC fait au moins 30 min de chauffage. Évite la sur-priorisation ECS qui laisse la maison froide.
Programmer un cycle hebdomadaire (typiquement dimanche 03 h-04 h) pour monter l'ensemble du ballon à 60 °C. Élimination du risque légionelle. Hors de cette fenêtre, on reste à 52 °C pour préserver le COP.
Si le client part > 7 jours, mode vacances activable depuis l'écran : ECS maintenue à 35-40 °C juste pour anti-gel et redémarrage rapide au retour. Économise 60-70 % de la consommation ECS pendant l'absence.
Schéma type — pratique terrain (Zubadan 14 kW + ECS 300 L)
📐 Composants spécifiques
- Ballon ECS séparé : 200, 300, 400 ou 500 L selon foyer (300 L = standard 5 personnes)
- Serpentin ballon : surface ≥ 3 m² par kW de puissance ECS — vérifier fiche technique ballon
- Vanne 3 voies ECS motorisée : standard avec ressort de rappel sur petits Ø (jusqu'à 1")
- Vanne 3 voies grand débit : sans ressort, nécessite relais commutation (cas typique grosse PAC sur tubes 32 mm)
- Bouteille de découplage chauffage : 25-50 L typique (en plus du ballon ECS)
- Vase d'expansion sanitaire : 12-18 L typique, séparé du vase chauffage
- Groupe de sécurité sanitaire : 7 bar, obligatoire sur réseau eau potable
- Mitigeur thermostatique : tarage 50 °C en sortie ballon (sécurité brûlures)
Procédure MES spécifique ECS séparée
Sur petit débit (Ø ≤ 1"), vanne avec ressort de rappel : 1 fil d'alimentation + commun. Quand alimentée, elle bascule vers ECS. Quand non alimentée, ressort la ramène vers chauffage. Sur grand débit (Ø 32 mm + ; cas typique grosse PAC), vanne sans ressort : elle nécessite alimentation 2 directions via un relais commutation. Erreur classique : monter une vanne grand débit sans le relais → la vanne reste bloquée dans une position.
Sur Mitsubishi : Menu Configuration → Type ballon → ECS séparée → renseigner volume + type ballon. Sur Daikin Altherma : Setup → ECS configuration → Externe.
Sonde au point haut : la PAC s'arrête trop tôt, eau froide en bas. Sonde au point bas : la PAC tourne trop longtemps. Position idéale : 40-50 % de la hauteur du ballon. La plupart des ballons ont un doigt de gant à mi-hauteur prévu pour ça.
Vider partiellement le ballon (ouvrir un robinet pendant 10-15 min) pour faire descendre T° à 30-40 °C. Forcer cycle ECS. Mesurer T° à mi-hauteur toutes les 5 min. Cible : montée 1-3 °C/min. Si plus lent : sonde mal placée OU serpentin trop petit OU débit primaire insuffisant.
Sécurité anti-brûlures (eau ne sort jamais à plus de 50 °C aux robinets). Réglage par vis crantée avec thermomètre de contrôle.
Important sur ECS séparée car les ballons grands volumes (300+ L) ont plus de risque de stratification + zones froides en bas. Programmation hebdomadaire obligatoire.
Calcul du temps de chauffe ballon ECS
📊 Formule pratique
Temps de chauffe (h) = Volume (L) × ΔT (°C) × 1,16 / Puissance ECS (W)
Exemple : ballon 300 L à monter de 30 °C (eau froide) à 52 °C, ΔT = 22 °C. PAC Zubadan 14 kW développe ~10 kW en mode ECS à T° ext 7 °C. Temps = 300 × 22 × 1,16 / 10 000 = 0,77 h ≈ 46 min.
À T° ext -5 °C, la PAC ne développe plus que 8 kW en ECS. Temps = 57 min, juste sous le timeout 60 min. À T° ext -10 °C, possiblement > 60 min, et la PAC devra rebasculer chauffage avant fin du cycle ECS. Le client peut avoir de l'eau pas assez chaude lors des matinées les plus froides — à signaler en MES.
Pourquoi l'hybride est intéressant en Savoie / Isère
📈 Logique COP saisonnier
Une PAC dimensionnée pour T° base -10 °C (vallée) doit avoir une puissance qui couvre le besoin maximum. Mais cette puissance est utilisée 5-10 jours/an seulement. Le reste de la saison, la PAC est sur-dimensionnée, fait des courts-cycles, et son COP moyen est dégradé.
Avec hybride : la PAC est dimensionnée pour 70-80 % du besoin (T° pivot ~-3 °C), elle tourne en plage optimale 95 % du temps. Quand T° ext < T° pivot, la chaudière s'allume en relève. Sur l'année, COP moyen PAC = 3,5 vs 2,8 pour une PAC seule sur-dimensionnée. Économies réelles 15-25 % en facture annuelle.
Composants spécifiques d'un hybride
Modes de fonctionnement d'un hybride
| Mode | Logique | Avantages | Cas d'usage |
|---|---|---|---|
| Bascule par T° ext | PAC tant que T° ext > T° pivot (ex : -3 °C). Chaudière sinon. | Simple, fiable, paramétrable | Cas standard 80 % des installations |
| Bascule par T° départ chauffage demandée | PAC tant que T° dép. demandée ≤ 50 °C. Chaudière au-delà. | Préserve COP PAC, gère pic demande | Maisons avec radiateurs std + plancher mixte |
| Bascule par prix énergie | Compare €/kWh PAC vs €/kWh chaudière en temps réel | Optimisation économique pure | Régul avancée + tarif heures creuses |
| Mode parallèle (additionnel) | PAC + chaudière fonctionnent ensemble en très grand froid | Confort maximal | Maisons mal isolées + grand froid |
Procédure MES hybride
Les deux générateurs (PAC primaire + chaudière) alimentent la bouteille commune. Le secondaire (radiateurs / plancher) puise dedans. Schéma type 4 piquages : PAC départ, PAC retour, chaudière départ, chaudière retour, secondaire départ, secondaire retour. Bouteille assez grande pour mélanger sans turbulences.
Cible : entre -3 et -7 °C selon climat local. Plus la T° pivot est basse, plus la PAC tourne longtemps dans la saison (économies), mais plus elle est sollicitée à basse T° (COP dégradé). Compromis Savoie vallée : -5 °C. Compromis altitude : -3 °C.
Mode exclusif typique : seule l'un des 2 tourne à un instant T. Test : forcer T° ext fictive à -10 °C dans la régul, observer arrêt PAC + démarrage chaudière. Inverser : T° ext +5 °C, voir chaudière s'arrêter et PAC démarrer.
Mode PAC : T° départ doit être atteinte avec ΔT primaire 4-6 K. Mode chaudière : T° départ doit être atteinte avec ΔT plus élevé (10-15 K typique chaudière à condensation). Régul cohérente entre les 2 modes (pas de saut brutal de 5 °C en bascule).
Si T° ext oscille autour de la T° pivot (ex : T° pivot -5 °C, T° ext fluctue entre -5,5 et -4,5 °C), la régul doit avoir un délai d'hystérésis (ex : bascule chaudière à -5 °C, retour PAC à -3 °C) pour éviter d'allumer/éteindre toutes les 5 min.
Important : le client doit savoir que la chaudière fonctionne ENCORE et n'est pas à démonter. Beaucoup de clients pensent qu'avec une PAC, la chaudière ne sert plus. Expliquer la logique pivot, pourquoi c'est rentable, et qu'elle prendra le relais 5-15 jours/an.
Configuration type — ballon bivalent
📐 Schéma simplifié
- Capteurs solaires : 2 à 6 m² typique pour 4-6 personnes, exposition sud (max ±30°), inclinaison 30-45°
- Ballon bivalent : 2 serpentins. Bas = solaire (priorité). Haut = PAC (appoint).
- Régulation solaire : démarre la pompe solaire quand T° capteurs > T° bas ballon + 5-7 °C
- Régulation PAC : déclenche serpentin haut UNIQUEMENT si T° haut ballon < consigne (ex : 50 °C) — laisse le solaire prendre la tête
- Anti-stagnation solaire : si capteurs > 120 °C et ballon plein, vidange préventive
Procédure MES PAC + solaire
Si le solaire est posé en même temps que la PAC, il faut faire 2 MES en parallèle : la PAC + la station solaire. Souvent l'installateur PAC n'est pas qualifié solaire — vérifier qui fait quoi. La station solaire a sa propre régul, son propre groupe de sécurité, son propre vase d'expansion fluide caloporteur.
Sur Mitsubishi Ecodan / Daikin Altherma : Menu ECS → Source externe → Activer entrée solaire. Brancher la sortie "demande chauffage ECS" de la régul solaire sur l'entrée correspondante de la PAC. Quand le solaire envoie le signal, la PAC reste en chauffage maison sans déclencher l'ECS.
Solaire vise 50-60 °C en haut de ballon. PAC démarre seulement si T° haut ballon < 45 °C. Ainsi le solaire a l'opportunité de tout faire ; la PAC ne déclenche que si solaire insuffisant.
Idéalement : faire la MES un jour ensoleillé. Tu peux observer en temps réel le solaire chauffer le bas ballon, voir la T° monter. Si tu fais ça par mauvais temps, force le solaire en marche manuelle (sur la régul solaire) pour valider le câblage.
Le solaire ne fait pas l'anti-légio (T° trop instable). C'est la PAC qui s'en charge, programmation forcée à 60 °C 1×/semaine la nuit (typiquement dimanche 03 h). Confirmer que la PAC sait monter à 60 °C en hiver malgré l'apport partiel solaire.
Le circuit solaire utilise du glycol (anti-gel). Le vase d'expansion solaire doit être pré-gonflé 1,5-2 bar typique. Glycol à remplacer tous les 5-10 ans (perd ses propriétés anti-gel). À noter dans le PV pour l'entretien futur.
Schéma type — bouteille de découplage + vanne mélangeuse plancher
📐 Configuration recommandée
- PAC primaire : tourne en T° "haute" (45-50 °C) pour alimenter radiateurs directement
- Bouteille de découplage : casse-pression entre primaire et secondaires
- Départ secondaire 1 — radiateurs : direct depuis bouteille (pas de mélange), T° 45 °C
- Départ secondaire 2 — plancher chauffant : vanne mélangeuse 3 voies qui mélange départ chaud + retour froid pour obtenir 35 °C
- Sonde T° dédiée plancher : pilote la vanne mélangeuse
- Aquastat sécurité plancher : 55 °C tarage (procédure soignée Doc 1) — coupe si T° dépasse 55 °C en cas de panne vanne mélangeuse
Procédure MES multi-circuits
La PAC produit pour le circuit le plus exigeant. À T° ext -10 °C, T° départ primaire = 50 °C (pour radiateurs). Le plancher recevra du 50 °C qui sera mélangé à 30-35 °C par la vanne mélangeuse.
La vanne mélangeuse a sa propre régulation (intégrée à la PAC ou externe Resol/Honeywell/Theben). Loi d'eau dédiée : à T° ext -10 °C, T° plancher = 35 °C. À T° ext +15 °C, T° plancher = 22 °C (régul à peine active).
Si la vanne mélangeuse tombe en panne et envoie 50 °C dans le plancher, la chape se fissure en 24-48 h. L'aquastat est la sécurité absolue : à 55 °C, il coupe le circulateur secondaire plancher. Test : chauffer artificiellement la sonde (sèche-cheveux), vérifier coupure.
Radiateurs : ΔT 10-12 K (départ 45 / retour 33-35). Plancher : ΔT 5-7 K (départ 35 / retour 28-30). Si ΔT plancher trop faible (< 3 K), débit secondaire trop élevé (à réduire). Si trop fort (> 10 K), débit insuffisant.
Une vanne d'équilibrage (Tacosetter / TA-CV) sur chaque secondaire. Lecture du débit, ajustement par vis. Cible : débit primaire = somme des débits secondaires + 10 % (règle).
Forcer demande chauffage seul radiateurs (vannes plancher fermées) — la PAC monte à 45 °C, vanne mélangeuse plancher fermée, T° plancher se stabilise. Inverser : seulement plancher demandé. La PAC tourne à 35 °C effectif au plancher, mais le primaire reste à 45 °C dans la bouteille.
Erreur classique en multi-circuits
⚠ Le piège du "plancher chaud sec"
Sur certaines installations, l'installateur connecte les 2 circuits en direct depuis la bouteille, SANS vanne mélangeuse plancher. Le plancher reçoit alors les 45-50 °C destinés aux radiateurs. Conséquences :
- Confort dégradé (sol trop chaud, sensation de jambes lourdes)
- Chape qui peut fissurer dans le temps (cycles thermiques excessifs)
- Consommation en hausse (sur-chauffe)
- Perte du label RGE QualiPAC sur cette partie
Si tu détectes ce cas en MES tierce ou en audit : refus motivé. Le client doit faire installer une vanne mélangeuse 3 voies + sonde + régul plancher. Ce n'est pas négociable.
MES chambre frigorifique positive
Cibles de fonctionnement
| Paramètre | Cible | Notes |
|---|---|---|
| T° chambre consigne | +2 à +6 °C selon usage | +2 °C viandes, +4 °C boucherie/fromage, +6 °C fruits/légumes |
| Hystérésis régulation | ± 1 à 2 °C | Marche à T+1, arrêt à T-1 typique |
| ΔT évaporateur (air entrant - sortant) | 4-6 K | Fonction du débit ventilateur évaporateur |
| T° évaporation | -8 à -12 °C | Pour viser T° chambre +2 à +4 °C |
| T° condensation | +45 à +55 °C par air ambiant +25-30 °C | Plus T° amb monte, plus T° cond monte |
| Surchauffe utile | 5-8 K | À mesurer entre sortie évap et bulbe détendeur thermo |
| Sous-refroidissement | 3-7 K | Garantit le 100 % liquide à l'entrée détendeur |
Dimensionnement rapide
📊 Règle pratique : besoin froid ≈ 80 W/m³ + apports
Pour une chambre positive standard +4 °C, isolée 10 cm panneaux sandwich, en local tempéré +25 °C max :
- Volume × 80 W/m³ = besoin déperditions parois
- + 50 % pour les ouvertures fréquentes (commerce, accès quotidien)
- + apport produits entrants (50-100 W par 100 kg/jour de marchandise pénétrante non refroidie)
- + 100 W par éclairage permanent
- + 200-500 W par opérateur travaillant à temps plein (chambre de découpe)
Exemple chambre 20 m³, accès commerce, 200 kg/jour produits : 20×80×1,5 + 200 + 100 = 2 700 W = 2,7 kW. Choisir groupe 3-3,5 kW frigorifique.
Composants par côté
| Côté HP (chaud) | Côté BP (froid) |
|---|---|
| Compresseur (scroll, hermétique semi-hermétique selon puissance) | Évaporateur à air forcé (1-3 ventilateurs selon volume) |
| Condenseur à air ventilé (aileté Cu/Al) | Bulbe détendeur sur tube aspiration sortie évap |
| Bouteille liquide (anti-coups de liquide) | Vanne solénoïde aspiration (sécurité fermeture régul) |
| Filtre déshydrateur cartouche échangeable | Pressostat BP (sécurité) |
| Voyant liquide avec bague hygroscopique (témoin humidité) | Pressostat HP (sécurité 25-30 bar selon fluide) |
| Détendeur thermostatique (TEV) ou électronique (EEV) | Régulateur électronique (Carel, Eliwell, Dixell) |
Particularités par fluide
| Fluide | PRG | Charge typique | Particularités MES |
|---|---|---|---|
| R290 propane | 3 | Très faible (~150-300 g typique chambre 10-20 m³) | ATEX obligatoire, formation R290, ventilation forcée local groupe |
| R134a | 1430 | Standard | Encore légal sur installations existantes, plus en neuf |
| R513A (alt R134a) | 631 | Standard | Drop-in R134a sans changement matériel, transition |
| R744 CO₂ | 1 | Variable | HP très haute (80-120 bar), fluide critique souvent transcritique |
Paramètres dégivrage à régler
| Paramètre | Valeur typique | Notes |
|---|---|---|
| Nombre dégivrages par jour | 4 à 6 | Plus fréquent si ouvertures nombreuses |
| Durée maxi par dégivrage | 20-30 min | Temps de sécurité avant arrêt forcé |
| T° fin de dégivrage | +8 à +12 °C sur sonde dégivrage | Sonde au cœur de l'évaporateur |
| T° démarrage dégivrage forcé | Selon horloge programmable + défrost à la demande | Cycle horaire principal + override sur trop d'écart évap/chambre |
| Égouttage post-dégivrage | 3-5 min | Évacuation eau avant redémarrage ventilateurs |
| Puissance résistances | ~30 % puissance frigo nominale | Ex : groupe 3 kW → résistances 1 kW |
| Alimentation résistances | Tri 400 V ou Mono 230 V | Câblage dédié, disjoncteur dédié |
Diagnostic dégivrage défectueux
| Symptôme | Cause probable |
|---|---|
| Givre persistant sur évap, chambre n'atteint pas consigne | Dégivrages trop espacés, ou résistances HS, ou sonde dégivrage défectueuse |
| Eau au sol sous l'évap | Évacuation condensats bouchée ou cordon chauffant absent côté siphon |
| Dégivrages trop fréquents (chambre remonte en T° souvent) | Réglage trop agressif, ou capteur humidité défectueux, ou porte mal fermée |
| Dégivrage qui ne s'arrête pas (durée maxi) | Sonde fin dégivrage HS, ou résistances très faibles, ou givre énorme |
Étanchéité chambre (joints porte, plinthes, soufflage froid bien dans la chambre), évaporateur fixé correctement, écoulement condensats avec siphon + cordon chauffant, pente eau vers évacuation. Câblage électrique conforme : tri 400 V groupe / mono 230 V régul + ventilateurs UI / dédiée résistances dégivrage.
Si liaison frigo posée par l'installateur (cas standard split chambre), test azote 16-20 bar, ΔP < 0,1 bar compensé sur 15 min. Si groupe monobloc pré-chargé d'usine, pas de test (usine garantit).
Cible 200 µm MES Complète, 50 µm si chambre destinée à conservation longue (viandes affinage, fromages AOC). Test maintien 10 min < 250 µm.
Si pré-chargé : ouverture vannes service standard. Si à recharger : pesée à la balance, charge cible selon plaque ou notice, méthode pesée standard.
Paramètres clés : T° consigne (+2 à +6 °C), hystérésis (± 1 °C), nombre dégivrages/jour (4-6), durée maxi dégivrage, T° fin dégivrage, égouttage. Beaucoup de régul ont un mode "wizard" qui guide l'installation. Sinon menu paramètres avec accès code service.
Mise sous tension. Compresseur démarre, ventilateurs évap démarrent, T° chambre commence à descendre. Compte 2-4 h pour passer de +20 °C ambiant à T° consigne (chambre vide).
T° évap, T° cond, surchauffe, sous-refroidissement, ΔT évap, intensité compresseur, pressions HP/BP. Comparer à cibles (sub-tab Cibles). Ajuster détendeur thermostatique si surchauffe hors plage (5-8 K).
Forcer un cycle dégivrage manuel via la régul. Vérifier : compresseur s'arrête, vanne solénoïde se ferme, ventilateurs évap s'arrêtent, résistances s'allument (T° évap monte vers +8 °C), arrêt sur sonde dégivrage, égouttage 3-5 min, redémarrage ventilateurs + compresseur. Sequence complète 15-20 min.
PV mentionne T° consigne, fluide + masse totale, mesures en régime stabilisé, tests effectués. Joindre CERFA F-Gas si charge totale > 1 t.éq.CO₂ (R290 typiquement non concerné car PRG 3, R134a concerné dès 700 g, R744 jamais concerné).
MES chambre frigorifique négative
Cibles de fonctionnement
| Paramètre | Cible | Notes |
|---|---|---|
| T° chambre consigne | -18 à -25 °C selon usage | -18 °C standard, -22 °C pour glaces, -25 °C pour conservation longue |
| Hystérésis régulation | ± 1,5 à 2,5 °C | Plus large qu'en positive (cycles compresseur plus longs) |
| T° évaporation | -30 à -35 °C | Pour viser T° chambre -22 °C |
| T° condensation | +40 à +50 °C par air ambiant +25 °C | Idem positive |
| Surchauffe utile | 6-10 K | Plus large qu'en positive (anti-coup-liquide compresseur plus critique) |
| Sous-refroidissement | 4-8 K | Liquide bien refroidi avant détendeur |
Dimensionnement
📊 Règle pratique : besoin froid ≈ 110 W/m³ + apports
Plus exigeant que positive (parois épaisses 12-15 cm, ouvertures plus rares, mais T° intérieure très basse) :
- Volume × 110 W/m³ = déperditions parois
- + 30 % pour ouvertures (moins fréquent qu'en positive)
- + apport produits entrants (200-400 W par 100 kg/jour selon T° produit)
- + 50-100 W éclairage
- + apport ventilateurs évap (peut être 10-15 % de la puissance frigo, à compter en charge thermique car la chaleur reste dans la chambre)
Exemple chambre 30 m³ surgelés, 100 kg/jour : 30×110×1,3 + 300 + 100 = 4 700 W = 4,7 kW. Choisir groupe 5-6 kW frigorifique.
Mono-étagé classique
📐 Composants spécifiques négatif mono-étagé
- Compresseur prévu négatif (taux de compression 8-12, plus que positive 4-6)
- Échangeur intermédiaire (sous-refroidissement liquide ↔ surchauffe aspiration) — quasi indispensable
- Bouteille anti-coup-liquide en aspiration côté basse pression
- Détendeur surdimensionné car écart pressions important
- Filtre déshydrateur cartouche, parfois 2 cartouches en série (humidité plus critique en négatif)
Bi-étagé (compound)
📐 Composants bi-étagé
- 2 compresseurs en série : BP (basse pression) puis HP (haute pression)
- Inter-cooler entre les 2 (refroidissement intermédiaire entre les 2 étages)
- Bouteille intermédiaire avec injection partielle de liquide (refroidissement par évaporation partielle)
- Détendeur HP + détendeur intermédiaire
Avantage : meilleur rendement à très basse T° (COP +30-40 % vs mono-étagé). Inconvénient : plus complexe, 2 compresseurs à gérer, MES plus longue (4-6 h).
Schéma simplifié dégivrage gaz chaud
📐 Logique fonctionnelle
- En cycle normal : compresseur → condenseur → détendeur → évaporateur → compresseur
- En dégivrage : compresseur → vanne 4 voies inversion → évaporateur (qui devient temporairement chaud) → détendeur → condenseur → compresseur
- Le gaz chaud refoulé par le compresseur entre directement dans l'évaporateur, fait fondre le givre rapidement
- Une fois la fonte terminée, retour au cycle normal
Paramètres à régler
| Paramètre | Valeur typique |
|---|---|
| Nombre dégivrages par jour | 3 à 4 |
| Durée maxi par dégivrage | 10-20 min |
| T° fin de dégivrage | +5 à +10 °C sur sonde évap |
| Égouttage post-dégivrage | 5-10 min (eau de fonte plus importante qu'en positive) |
| Cordon chauffant siphon évacuation | Obligatoire (sinon eau de fonte gèle dans le siphon) |
Idem positive + : isolation parois 12-15 cm minimum, joints porte renforcés double étanchéité, cordon chauffant porte (anti-givrage joint), cordon chauffant siphon évacuation, soupape équilibrage pression chambre (anti-vide quand on ferme la porte), éclairage spécifique froid négatif (LED basse T°).
Test plus long qu'en positive (volumes circuit plus importants en négatif). 16-20 bar azote, ΔP < 0,1 bar compensé sur 20 min.
Cible 50 µm en MES Complète (humidité critique en négatif → l'eau gèle dans le détendeur dès -10 °C, bloque l'orifice, surchauffe explosée). Test maintien 20-30 min < 100 µm. Faire 2-3 chasses azote si chantier humide.
Charge cible selon notice constructeur, méthode pesée standard. Pour cascade : charger les 2 circuits indépendamment, dans l'ordre HP puis BP.
T° consigne (-18 à -25), hystérésis (± 2 °C), 3-4 dégivrages gaz chaud/jour, durée maxi 15 min, T° fin dégivrage +8 °C, égouttage 8 min. Activer cordons chauffants automatiques (porte + siphon).
Mise sous tension. La descente est très longue : 8-12 h pour passer de +20 °C à -20 °C dans une chambre vide bien isolée 30 m³. 24 h pour 100 m³. Parfois MES sur 2 jours : J1 démarrage et tirage au vide, J2 mesures en régime stabilisé.
Après atteinte consigne (-22 °C par exemple) : T° évap, T° cond, surchauffe (cible 6-10 K), sous-refroidissement, intensité compresseur, pressions HP/BP. Mode mono-étagé : 1 mesure compresseur. Mode bi-étagé : 2 mesures (BP + HP).
Forcer cycle dégivrage manuel. Observer : vanne 4 voies bascule audiblement (clic moteur), T° évap remonte rapidement vers +5/+8 °C en 5-10 min, eau de fonte coule par évacuation, fin sur sonde dégivrage, vanne 4 voies revient en position cycle normal, redémarrage froid après égouttage.
Tester pressostat HP (couper ventilateur condenseur, observer arrêt sécurité HP avant T° dangereuse) et pressostat BP (fermer vanne aspiration manuellement, observer arrêt sécurité BP). Tester thermostat sécurité chambre (si T° remonte au-delà de 0 °C → alarme + commutation backup si présent).
PV mentionne T° consigne, fluide + masse, mesures stabilisées, tests effectués. CERFA F-Gas obligatoire si charge totale > 1 t.éq.CO₂. Calendrier des contrôles d'étanchéité périodiques à expliquer au client (1 contrôle/an pour 5-50 t.éq.CO₂, 2/an pour 50-500, 4/an > 500).
Tirage au vide — référence complète
Cibles selon précision et type d'installation
| Niveau de qualité | Cible vide | Test maintien | Cas d'usage |
|---|---|---|---|
| MES Mode Rapide / station technique | 200 µm | 5 min < 250 µm | Volume installation, tournée |
| MES MES Complète () | 40-100 µm | 10-20 min < 200 µm, taux montée 0 | PAC bibloc soignée |
| Chambre frigorifique négative | < 50 µm | 20-30 min < 100 µm | Humidité critique pour fluide -25 °C |
| Industrie / froid commercial > 100 kW | < 30 µm | 30-60 min stable | Volumes circuits importants |
Comprendre les unités de pression sous vide
📏 Conversions pratiques
Pression atmosphérique normale = 1013 mbar = 1013 hPa = 760 mmHg = 760 000 µm Hg.
1 µm Hg = 1 micron (l'unité standard frigoriste). Donc à 200 µm, tu es à 200/760000 = 0,00026 atmosphère, soit 99,97 % de vide.
De l'eau bout à 100 °C à pression atmosphérique. À 200 µm, l'eau bout à +1 °C. À 40 µm, elle bout à -7 °C. C'est ce qui permet d'évaporer l'humidité résiduelle même à T° ambiante de chantier.
Volume circuit vs durée tirage
| Type d'installation | Volume circuit estimé | Durée tirage cible 200 µm |
|---|---|---|
| Mono-split clim 2,5 kW, liaison 5-10 m | ~1-2 L | 15-25 min |
| Multi-split clim 7 kW, liaison 25 m total | ~3-5 L | 30-45 min |
| PAC bibloc 14 kW, liaison 20 m | ~6-10 L | 45-60 min |
| Chambre frigo positive 30 m³ | ~15-25 L | 60-90 min |
| Chambre frigo négative 50 m³ | ~25-40 L | 90-150 min |
Pompe à vide
Schéma de branchement standard
📐 Configuration optimale
- Pompe à vide connectée à la vanne service basse pression de l'UE (côté gros tube)
- Vacuomètre digital connecté à la vanne service haute pression (côté petit tube)
- OU Vacuomètre en T sur la pompe côté basse pression — moins précis car influence pompe + flexible
- Flexibles courts (50 cm) entre tous les éléments
- Bouteille azote + détendeur en attente pour les chasses
Vérifier niveau d'huile (dans le hublot, à mi-jauge). Si huile trouble, la changer (~25 €/L, à faire tous les 50 h d'usage typique). Faire tourner 1 min à vide pour préchauffer l'huile par temps froid. Vacuomètre allumé et auto-zéro effectué.
Outil dépose-valve sur les 2 vannes service UE (BP et HP), Schrader retirées. Flexible court (50 cm) pompe → BP. Flexible court vacuomètre → HP. Vannes du manifold (si manifold) fermées, sauf celle du flexible pompe ouverte.
Bouton ballast en position ouverte (souvent une vis ou un levier sur le dessus de la pompe). Démarre la pompe. La pression chute rapidement de 760 000 µm (atmosphère) vers 5 000-10 000 µm en 1-2 min, puis vers 2 000-3 000 µm en 5-10 min selon volume.
Tu refermes le ballast. Le bruit de la pompe change (plus aigu, plus rapide). La capacité de tirage est multipliée par 30-50. La pression continue de descendre vers 200 µm en 10-30 min selon volume.
Si le circuit a été ouvert longtemps (ex : remplacement détendeur, intervention SAV), ou si humidité ambiante forte (chantier sous la pluie), faire des chasses azote. Méthode : casser le vide à 2 000 µm en injectant N₂ jusqu'à 16 bar, attendre 5 min (l'azote sec absorbe l'humidité résiduelle), purger, retirer au vide. 1 chasse en standard, 2-3 si humidité importante.
Continuer le tirage jusqu'à atteindre la cible. Si plafonnage à 500-1000 µm sans descendre, voir sub-tab Troubleshoot. Si la pression descend lentement mais sûrement → continuer.
Couper la pompe, fermer la vanne du flexible vacuomètre (pour isoler le circuit). Observer le vacuomètre 5-20 min selon niveau de qualité visé.
- Pression reste < 250 µm et taux de montée 0 → étanche, pas d'humidité résiduelle, validé.
- Pression remonte régulièrement de 50 µm/min → fuite externe, recherche obligatoire.
- Pression remonte une fois (vers 300-500 µm) puis se stabilise → c'était de la dégazation résiduelle (huile, surface tubes), tirer encore 5-10 min et retest.
Si test maintien OK : ouvrir doucement la vanne service BP (clé Allen, anti-horaire). Le fluide migre depuis l'UE pré-chargée vers le circuit. Puis ouvrir HP. Resserrer les bouchons des vannes au couple constructeur. Débrancher pompe + vacuomètre + flexibles, remettre Schrader.
Diagnostic en 5 étapes
L'erreur la plus fréquente. Tu as oublié de fermer le ballast après la phase d'ouverture initiale. Vérifier : bouton/levier en position basse ou rentrée selon modèle. Si tu refermes maintenant, la pression devrait commencer à descendre dans la minute.
Déconnecter le flexible côté circuit. Boucher l'extrémité (bouchon ou écrou plein). Démarrer pompe + vacuomètre directement sur la pompe. Si tu n'arrives pas à descendre sous 100 µm avec la pompe seule, c'est la pompe qui est en cause : huile saturée d'humidité, étanchéité interne dégradée, vidange + vérification à faire.
Si la pompe seule descend bien mais sur le circuit elle plafonne, c'est une fuite. Mettre le circuit sous azote 16-20 bar, lire pression, attendre 20 min, comparer. ΔP > 0,1 bar compensé = fuite. Recherche au détecteur électronique ou eau savonneuse sur tous les flares + brasures.
Le circuit a peut-être été ouvert longtemps (jours), avec humidité ambiante forte (pluie, brouillard). L'eau adsorbée sur les surfaces internes met du temps à se vaporiser. Faire 2-3 chasses azote successives pour absorber l'humidité, puis tirage final. Compte 1-2 h de plus que normal.
Sur installations critiques (chambres négatives, industrie), certains pros installent un piège déshydrateur (filtre alumine activée) en sortie de pompe. Adsorbe l'humidité avant qu'elle revienne dans la pompe. À renouveler annuellement. Investissement 100-200 € HT, économise des heures de tirage en chantier humide.
Tableau diagnostic rapide
| Symptôme | Cause probable | Action |
|---|---|---|
| Plafond à 1000-3000 µm sans descendre | Ballast resté ouvert | Fermer ballast |
| Plafond à 500-1000 µm | Pompe HS ou huile saturée | Test pompe seule, vidange si besoin |
| Descend à 200 µm puis remonte rapidement | Fuite externe | Test azote, recherche fuite |
| Descend à 200 µm puis remonte lentement et stagne à 400-500 | Dégazation huile / humidité interne | Continuer + chasses azote |
| Pompe bruyante, vibrations | Huile à changer ou roulements | Vidange ; si persistant, SAV pompe |
| Vacuomètre saute / lecture erratique | Capteur pollué (huile) | Nettoyer ou remplacer capteur |
Charge & complément de fluide
Matériel requis
Procédure de charge
Tu charges l'UE arrêtée. Pas de compresseur en marche. Sinon le compresseur peut aspirer du liquide (coup de liquide) et exploser.
Bouteille en position tête en bas (sortie liquide en bas). Posée sur balance étanche aux vibrations. Activer balance, attendre stabilisation lecture.
Bouton TARE. La balance affiche 0,000 kg. La masse initiale de la bouteille est mémorisée comme référence. Tu vas voir descendre la balance en négatif au fur et à mesure de la charge.
Flexible jaune ou rouge selon code couleur, propre et étanche. Côté bouteille : visser sur sortie liquide. Côté UE : sur la vanne service HP (gros tube côté liquide).
Ouvrir brièvement (1-2 secondes) le robinet bouteille puis le fermer. Le fluide chasse l'air du flexible. À faire AVANT de connecter sur la vanne service, ou desserrer brièvement l'écrou côté UE pour purger.
Le fluide commence à migrer de la bouteille vers le circuit (sous l'effet du vide ou de la pression). La balance descend en négatif.
Exemple : il faut ajouter 1,200 kg de complément. Tu surveilles la balance, qui descend : -0,100 / -0,500 / -0,900 / -1,100... et tu fermes la vanne service HP exactement à -1,200 kg. Précision < 10 g requis.
Fermer côté bouteille en premier. Le fluide restant dans le flexible se vaporise dans le circuit. Puis dévisser le flexible côté UE. Resserrer les bouchons des vannes service au couple constructeur.
CERFA case [11] "Manipulation du fluide frigorigène" : reporter la masse exacte chargée totale, en distinguant fluide vierge / recyclé / régénéré si applicable. Cohérence avec la charge totale annoncée case [3].
Table de référence — fluides courants
| Ø tube liquide | R32 | R454B | R290 propane | R410A | R134a |
|---|---|---|---|---|---|
| 1/4" (6,35 mm) | 20 g/m | 20 g/m | 9 g/m | 22 g/m | 20 g/m |
| 3/8" (9,52 mm) | 50 g/m | 50 g/m | 22 g/m | 54 g/m | 49 g/m |
| 1/2" (12,7 mm) | 110 g/m | 110 g/m | 50 g/m | 120 g/m | 108 g/m |
| 5/8" (15,87 mm) | 170 g/m | 170 g/m | 78 g/m | 185 g/m | 168 g/m |
| 3/4" (19,05 mm) | 250 g/m | 250 g/m | 115 g/m | 270 g/m | 247 g/m |
| 7/8" (22,22 mm) | 340 g/m | 340 g/m | 156 g/m | 370 g/m | 336 g/m |
Calcul standard
📐 Formule complément
Complément (g) = (Longueur réelle − Longueur factory) × Coefficient g/m du Ø liquide.
Exemple : Mitsubishi Zubadan 14 kW, factory 30 m, liaison réelle 45 m, Ø liquide 5/8" R32. Complément = (45 - 30) × 170 = 2 550 g à peser.
Si liaison ≤ factory : aucun complément, le préchargé d'usine couvre tout.
Cas particuliers
| Cas | Action |
|---|---|
| Multi-split avec collecteur Y | Calcul plus complexe : le constructeur fournit une table dédiée par configuration (longueur tube principal + dérivations). Toujours notice constructeur. |
| Circuit avec rallonge intermédiaire (raccords) | Calcul standard sur la longueur totale. Mais chaque raccord = potentiel point de fuite. |
| Différence de hauteur UE / UI > 10 m | Certains modèles imposent un complément additionnel pour compenser pertes de charge. Notice constructeur. |
| Fluide changé en remplacement (rétrofit) | Recharge totale après tirage au vide complet. Pas de "complément", on repart à zéro avec le nouveau fluide. |
Démarche en 6 étapes
Symptômes : pression BP très basse (proche zéro), surchauffe haute (> 15 K), bulles dans le voyant liquide (si présent), gel sur vannes service ou tube BP. Mesures précises avec sondes Fieldpiece + table P-T fluide.
Détecteur électronique sur tous les flares, brasures, échangeurs accessibles. Eau savonneuse en complément. Si fuite trouvée → réparation (re-flare, re-brasure). Si non trouvée → traceur UV ou changement composant suspect (échangeur, détendeur, vanne).
Si réparation nécessite ouverture du circuit (re-brasure, changement composant) : récupération obligatoire du fluide restant via station de récupération + bouteille déchets dédiée. Pesée avant + après. BSFF Trackdéchets pour la bouteille déchets.
Voir section Tirage au vide. Cible 200 µm, test maintien.
Pesée à la balance, masse cible = charge totale notice constructeur (ou charge initiale du système si liaison n'a pas changé). Méthode pesée standard.
Case [4] cocher "Maintenance" + "Contrôle d'étanchéité non périodique". Case [10] localisation fuite + réparation. Case [11] quantité fluide chargée totale (vierge / recyclé / régénéré) + récupéré. Case [13] destination fluide récupéré.
Matériel requis
Procédure récupération + BSFF
Note la tare exacte. Sera comparée à la masse finale pour quantifier le fluide récupéré.
Entrée station = vannes service UE (BP ou HP). Sortie station = bouteille déchets sur balance. Suivre notice station de récupération.
Cycle automatique typique 30-60 min selon volume circuit. La station aspire fluide liquide puis vapeur, comprime, transfère vers bouteille déchets. Tu surveilles balance qui monte progressivement.
La station s'arrête quand pression circuit = 0 bar (atmosphérique). Le fluide est entièrement transféré. Fermer vannes service.
Masse récupérée = pleine - tare. Exemple : tare 6,5 kg, plein 9,8 kg → 3,3 kg récupérés.
Connexion à trackdechets.beta.gouv.fr. Créer BSFF avec : émetteur (toi), détenteur (client), nature fluide, masse récupérée, code déchet (14 06 01* pour HFC/HCFC/CFC non inflammables, 16 05 04* pour inflammables R290), destination (centre de traitement agréé).
La bouteille déchets pleine doit être transportée vers un centre de traitement (recyclage / régénération / destruction). Liste des centres agréés sur ADEME. Conserver bordereau réception du centre, preuve de bonne fin de traitement.
Le n° BSFF figure dans le CERFA case [11] "numéro du BSFF (Trackdéchets)". Conservation 5 ans minimum.
Régulation & cibles
5 modes de régulation chauffage
| Mode | Logique | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| T° fixe (consigne unique) | Départ chauffage fixé à une valeur (ex : 45 °C) toute la saison | Simplissime, prévisible | Sur-consomme en mi-saison, peut sous-chauffer en grand froid |
| Loi d'eau (T° glissante par T° ext) | T° départ varie selon T° ext : plus il fait froid, plus T° départ monte | Économique, confort stable | Réglage initial délicat, à affiner après quelques semaines |
| Auto-adaptatif | La régul apprend les caractéristiques de la maison + corrige loi d'eau automatiquement | Optimum auto, pas d'expertise client | Phase d'apprentissage 2-4 semaines avant atteinte optimum |
| Régulation par sonde intérieure | Pilotage par T° d'ambiance dans pièce de référence | Confort fort dans la pièce de référence | Risque cycles courts, T° pièce de référence ≠ moyenne maison |
| Modulant (proportionnel) | Compresseur module sa puissance plutôt que cycler ON/OFF | COP optimal, peu de cycles, confort maximal | Ne marche que sur PAC inverter modernes |
Recommandation la pratique pro
🎯 Méthode pédagogique en MES
Verbatim Doc 1/2 : « Pour le client : on force 45 °C fixe d'abord pendant 1-2 semaines, puis on libère en auto-adaptatif. La régul a le temps d'apprendre la maison. »
Logique : démarrer en T° fixe permet au client de valider le confort. Une fois validé, basculer en auto-adaptatif laisse la régul optimiser les économies. Si tu démarres direct en auto-adaptatif sur une maison qui n'a jamais eu PAC, la régul tâtonne 2-4 semaines avec des inconforts qui inquiètent le client.
Pentes typiques par émetteur
| Émetteur | T° ext +15 | T° ext 0 | T° ext -10 | Pente (typique) |
|---|---|---|---|---|
| Plancher chauffant | 22 °C | 30 °C | 35 °C | 0,4-0,5 |
| Plancher chauffant rafraîchissant | 22 °C (chauffage) à 18 °C (rafraî.) | 28 °C | 35 °C | 0,4 (chauffage) |
| Radiateurs basse température | 22 °C | 35 °C | 45 °C | 0,8-1,0 |
| Radiateurs standard | 22 °C | 40 °C | 55 °C | 1,2-1,4 |
| Mixte (rad + plancher) | Adapter selon le plus exigeant | — | — | — |
Procédure réglage loi d'eau
Plancher : 0,5. Radiateurs basse temp : 0,9. Radiateurs std : 1,3. Cible T° ambiance 19-20 °C en heures non programmées, 21 °C en heures confort.
Idéalement attendre 3 journées contrastées : une à T° ext +5 °C, une à 0 °C, une à -5 °C. Noter T° intérieure ressentie chaque jour.
Pente +0,1 à 0,2. Re-tester. Plus la pente est haute, plus la T° départ monte vite quand T° ext baisse.
L'offset (translation verticale) permet de baisser toute la courbe sans changer la pente. -1 °C d'offset = T° départ -1 °C à toutes les T° ext. Économies significatives en mi-saison.
Réglage fin par itérations. Compter une visite de réglage après 2-3 semaines de fonctionnement, où tu ajustes la loi d'eau en fonction du retour client.
Programme type maison familiale
| Plage | T° consigne intérieur | Notes |
|---|---|---|
| 06 h - 08 h | 20 °C | Réveil + petit déj famille |
| 08 h - 17 h | 18 °C (réduit) | Maison vide en journée semaine |
| 17 h - 22 h | 20-21 °C (confort) | Présence soirée |
| 22 h - 06 h | 17 °C (nuit) | Nuit, économies |
| Week-end (sam/dim) | 20 °C en journée | Présence toute la journée |
Programme ECS heures creuses
⏱ Logique HC/HP
Tarif EDF heures creuses : 8 h/jour à tarif réduit (variable selon contrat, typiquement 22 h-06 h ou 12 h-14 h + 22 h-06 h).
Configurer la PAC pour faire l'ECS UNIQUEMENT en HC : ballon plein à 06 h, dépouille toute la journée, puis recharge à 22 h. Économie 30-40 % du coût ECS.
Anti-légio à 60 °C 1×/sem en HC nuit (typiquement dimanche 03 h). Cohérent avec la programmation.
Mode vacances
🏖 Réglage absence prolongée
Si le client part > 3 jours, mode vacances :
- T° intérieure abaissée à 14-15 °C (anti-gel uniquement, pas de confort)
- ECS abaissée à 35-40 °C (anti-gel ballon, redémarrage rapide au retour)
- Anti-légio reste actif (sécurité sanitaire)
- Programmation auto-désactivation à la date retour saisie
Économies : 60-70 % de la consommation pendant l'absence.
Architecture type
📐 Composants multi-zones
- Régul PAC principale : produit la T° d'eau (loi d'eau de la zone la plus exigeante)
- Vanne motorisée par zone (sur le retour, bloque le débit si zone non demandée)
- Sonde T° ambiance par zone (thermostat fil ou sans-fil)
- Module multi-zones (intégré PAC ou externe Honeywell, Theben, Möhlenhoff)
- Circulateur secondaire commun ou un par zone selon architecture
Réglages spécifiques multi-zones
La PAC produit pour la zone qui demande le plus haut. Les autres zones ont leur vanne qui ferme partiellement. Donc T° départ PAC = besoin zone radiateurs basse temp si maison mixte plancher + radiateurs.
Pas en plein soleil, pas au-dessus d'une source de chaleur (ampoule, électroménager), pas dans un courant d'air, pas dans un coin (zone froide). Hauteur 1,5 m typique. Pièce de référence = pièce la plus utilisée de la zone.
Quand une zone est satisfaite (T° atteinte), sa vanne ferme. Si toutes les zones ferment en même temps, la PAC se retrouve sans demande → arrêt → court-cycle (réveil sur baisse T° d'une zone, etc.). Pour éviter : zone "maître" qui ne ferme jamais complètement (ex : 20 % d'ouverture minimum sur la plus grande zone).
Forcer demande zone 1 seule (zone 2 satisfaite). Vérifier vanne zone 1 ouverte + vanne zone 2 fermée. PAC produit, eau circule zone 1 seule. Inverser le test sur zone 2.
Apps par marque
| Marque | App client | Interface technicien |
|---|---|---|
| Mitsubishi | MELCloud | MELCloud Pro (login installateur) |
| Daikin | OneCta (anciennement Daikin Online Controller) | Daikin Cloud Service |
| Atlantic / Thermor | Cozytouch | Cozytouch Pro |
| Fujitsu | FGLair | FGLair Pro |
| Hitachi | airCloud Home / Pro | airCloud Pro |
| Panasonic | Aquarea Smart Cloud | idem |
| LG | ThinQ | LG Pro |
| Samsung | SmartThings | idem |
| Vaillant / Saunier Duval | myVAILLANT / migo Saunier Duval | portail pro Vaillant Group |
Procédure appairage MES
Carte Wifi vendue séparément ou intégrée selon modèle. Vérifier installation correcte sur module hydraulique ou UI selon notice.
Bouton ou séquence menu pour activer mode hotspot / appairage. La PAC apparaît sous forme de Wifi à proximité (ex : "MAC-XXXX").
Le client crée son compte sur l'app (MELCloud, OneCta...). Tu l'aides à le faire si pas à l'aise.
Dans l'app : "Ajouter un appareil", sélectionner le modèle, scanner QR code ou suivre wizard. L'app trouve la PAC, demande le Wifi de la maison, se connecte.
Demander au client de modifier la consigne via l'app, vérifier que la PAC reçoit. Tester arrêt + démarrage. Si OK, app fonctionnelle.
Demander au client de t'inviter en accès installateur. Tu auras alors les données techniques détaillées pour diagnostic à distance, sans se déplacer pour les SAV simples.
Mémo fluides
Vue d'ensemble — qui sert à quoi
| Fluide | GWP | Type | Application | HP @ 35°C | BP @ 7°C | Statut 2026 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| R32 | 675 | HFC pur | Clim, PAC résidentielles | 22-25 bar | 8-10 bar | Sortie progressive 2027+ |
| R290 | 3 | HC propane | Chambres modernes, PAC nouvelle gén. | 13-14 bar | 4-5 bar | Présent et avenir |
| R454B | 466 | HFO+HFC mélange | Remplacement R410A en clim | 23-26 bar | 9-11 bar | Montant |
| R454C | 148 | HFO+HFC mélange | PAC air-eau récentes | 14-16 bar | 5-6 bar | Montant |
| R448A | 1387 | HFC mélange | Froid commercial moderne (remplaçant R404A) | 17-19 bar | 2-4 bar | Transition vers R290 |
| R449A | 1397 | HFC mélange | Froid commercial moderne | 17-19 bar | 2-4 bar | Transition vers R290 |
| R744 (CO₂) | 1 | Naturel | Gros commerciaux transcritiques | 80-95 bar | 30-40 bar | Avenir gros chantiers |
| R134a | 1430 | HFC pur | Froid positif classique, parc existant | 9-11 bar | 2-3 bar | Service uniquement |
| R404A | 3922 | HFC mélange | Froid commercial négatif (parc ancien) | 22-25 bar | 3-5 bar | QUASI INTERDIT — neuf interdit |
| R410A | 2088 | HFC mélange | Clim et PAC du parc existant | 32-36 bar | 9-11 bar | Neuf interdit 2025+, service OK |
Identité R32
Pressions typiques (à connaître par cœur)
Précautions A2L (faiblement inflammable)
- Aucune flamme nue à proximité du fluide en charge ou récupération.
- Soudure interdite sur tube avec R32. Récupérer le fluide d'abord, charger à l'azote, puis souder.
- Charge max par local selon volume (formule constructeur). Pour pièce de 12 m² : ~1,84 kg max.
- Étiquette obligatoire sur l'appareil mentionnant A2L.
- Récupération : bouteille spécifique R32 avec couleur et marquage. Pas de mélange avec R410A.
Identité R290
Pressions typiques R290
⚠ ATEX — Manipulation R290
- Aucune flamme dans un rayon de 5 m pendant manipulation.
- Ventilation forcée obligatoire en local fermé.
- Outils anti-étincelle recommandés (cuivre/laiton plutôt que acier).
- Détecteur portable propane en service avant intervention.
- Charge limitée : 150 g résidentiel hermétique, 1 kg ouvert avec ventilation.
- Bouteille de stockage : à l'extérieur, jamais dans le camion fermé.
| Caractéristique | R454B | R454C |
|---|---|---|
| GWP | 466 | 148 |
| Composition | R32 (68,9%) + R1234yf (31,1%) | R32 (21,5%) + R1234yf (78,5%) |
| Glide | ~1,5 K | ~6,5 K |
| Classe sécurité | A2L | A2L |
| Application typique | Clim et PAC remplaçant R410A | PAC air-eau spécifiques |
| HP @ 35°C ext | 23-26 bar | 14-16 bar |
| BP @ 7°C ext | 9-11 bar | 5-6 bar |
| Lubrifiant | POE | POE |
Dates clés à connaître
Interdiction des HFC à GWP > 2500 dans la plupart des applications neuves. R404A pratiquement interdit en neuf. Réduction du quota HFC global de 60% vs 2015.
Interdiction des splits monoblocs < 12 kW chargés en HFC à GWP > 750 (donc R32 OK, R410A interdit en neuf). Marché s'oriente vers R454B (clim) et R32 maintenu.
Quota HFC réduit à 40% du niveau 2015. R32 commencera à être plus cher et difficile à trouver. Pression sur les prix.
Interdiction des splits monoblocs < 12 kW chargés en HFC à GWP > 150 (donc R32 interdit, seuls R290, R454C, R1234yf restent). Le marché bascule sur les fluides naturels.
Quota HFC réduit à 15% du niveau 2015. Service uniquement, neuf interdit pour la majorité des applications.
PV, F-Gas, BSFF
Cases du CERFA — détail
| Case | Contenu | Remarque |
|---|---|---|
| [1] Détenteur (utilisateur final) | Nom, adresse, contact | Le client final pour qui tu interviens |
| [2] Identification de l'équipement | Marque, modèle, n° série, lieu | Plaque signalétique |
| [3] Type et charge nominale fluide | R32, charge totale en kg, tonnage CO₂ | Calcul auto via PRG. Le tonnage CO₂ détermine la fréquence des contrôles d'étanchéité périodiques |
| [4] Type d'intervention | Cocher : pose, MES, contrôle d'étanchéité, maintenance, recharge, récupération, dépose | Plusieurs cases possibles selon intervention |
| [5] Date de l'intervention | Date | |
| [6] Opérateur | Nom, raison sociale, n° d'attestation Cat. I, signature | Toi en tant que frigoriste |
| [7] Méthode de contrôle d'étanchéité | Détecteur électronique / fluorescence UV / eau savonneuse | Pour intervention de contrôle |
| [8] Résultat du contrôle | Étanche / fuite détectée + localisation | |
| [9] Date prochain contrôle | Selon t.éq.CO₂ : 1×/an pour 5-50, 2×/an pour 50-500, 4×/an pour > 500 | Si système < 5 t.éq.CO₂ : pas de contrôle obligatoire |
| [10] Réparation effectuée | Description + composant remplacé | Si fuite réparée |
| [11] Manipulation du fluide | Quantité chargée (vierge / recyclé / régénéré) + récupéré + n° BSFF | CRITIQUE : doit correspondre exactement à la charge mesurée |
| [12] Bouteille fluide | N° de lot bouteille utilisée pour charge | Traçabilité fluide |
| [13] Destination fluide récupéré | Centre de traitement agréé (nom + n° agrément) | Lié au BSFF Trackdéchets |
| [14] Visa du détenteur | Signature client final | Atteste que le client a reçu un exemplaire |
Comment créer un compte Trackdéchets
Aller sur trackdechets.beta.gouv.fr → "Créer un compte" → "Producteur de déchets" pour le frigoriste. Renseigner SIRET, attestation Cat. I, coordonnées. Validation par l'admin Trackdéchets sous 24-48 h.
Lister les centres agréés où tu envoies tes bouteilles déchets. Chaque centre a un n° SIRET + n° d'agrément. La plateforme valide la compatibilité émetteur ↔ destinataire.
Modèle de BSFF pré-rempli avec tes coordonnées. Tu n'auras qu'à compléter par chantier : nom détenteur, fluide, quantité, date.
Procédure création BSFF chantier
Bouteille déchets pesée, masse totale notée. Tu connectes Trackdéchets sur ton smartphone ou tablette.
Émetteur : toi (auto-rempli depuis ton compte). Destinataire : centre de traitement agréé. Détenteur : client final (nom, adresse, SIRET si pro). Code déchet : 14 06 01* (HFC/HCFC/CFC) ou 16 05 04* (gaz inflammable R290).
Type fluide (R32, R454B, R134a, R290...), masse exacte récupérée (en kg, précision < 10 g), date intervention.
Le client final signe sur la tablette (signature numérique tactile). Confirmation envoi au centre de traitement.
Un numéro unique BSFF (ex : BSFF-2026-0042) est généré par la plateforme. À reporter dans la case [11] du CERFA F-Gas pour traçabilité croisée.
Tu transportes la bouteille déchets vers le centre de traitement (ou un transporteur agréé si tu n'as pas l'agrément ADR). À l'arrivée, le centre valide réception sur Trackdéchets, BSFF clos. Tu reçois confirmation.
Documents à conserver
| Document | Durée | Format |
|---|---|---|
| CERFA F-Gas (15497*04) signé | 5 ans minimum | Papier + numérique (scan) |
| Bons de livraison fluides bouteilles neuves | 5 ans | Papier + numérique |
| BSFF Trackdéchets | 5 ans (auto-conservé sur plateforme) | Numérique (export PDF possible) |
| PV de mise en service signé client | 5 ans (et au-delà pour décennale 10 ans) | Papier + numérique |
| Photos chantier (avant/pendant/après) | 5 ans | Numérique avec dossier client |
| Mesures de contrôle d'étanchéité périodique | 5 ans | Sur CERFA dédié |
| Attestation Cat. I (validité) | Toujours, renouvelée annuellement | Papier (à présenter en chantier) |
| Factures clients | 10 ans (obligation comptable) | Papier + numérique |
Organisation pratique
📁 Système de classement recommandé
Sur Google Drive ou OneDrive (sauvegardé automatiquement) :
- Dossier par client : 2026-Dupont-Chambery/
- Sous-dossiers : MES (CERFA + PV signés) / Photos / Devis-Factures / Correspondance
- Tableau Excel maître avec liste de tous les chantiers, n° CERFA, n° BSFF, dates, statuts
- Backup mensuel sur disque dur externe + cloud (sécurité double)
Tableau récap mis à jour à chaque MES (5 min de saisie). Permet de retrouver un dossier 5 ans après en 30 secondes.
Ce qu'on te demande en audit
| Demande | Document à présenter |
|---|---|
| Liste de tes interventions F-Gas des 12 derniers mois | Tableau Excel maître + CERFA correspondants (échantillon de 5-10) |
| Vérification cohérence charges déclarées vs achats fluides | Bons de livraison + factures bouteilles fluides |
| Vérification BSFF Trackdéchets sur récupérations | Export PDF Trackdéchets pour les bouteilles déchets envoyées |
| Tu manipules quoi comme fluides ? Tu as la formation R290 ? | Attestation R290 si applicable, attestation Cat. I valide |
| Outillage utilisé (balance, pompe, vacuomètre, détecteur) | Factures + certificats d'étalonnage si applicable |
| Procédure interne en cas d'urgence (fuite massive R290) | Plan d'urgence écrit (1 page suffit) |
Erreurs qui font tomber l'attestation
⚠ Top 5 raisons de retrait Cat. I
- CERFA manquants ou faux (charge déclarée incohérente avec mesures, dates incorrectes)
- Recharge sans réparation de fuite détectable (R.543-78 strict)
- Récupération sans BSFF Trackdéchets (depuis 2023 obligatoire)
- Manipulation R290 sans formation R290 spécifique (au-delà de l'attestation Cat. I de base)
- Outillage non conforme (balance non précise, pompe en panne, détecteur non étalonné)
50 erreurs MES classiques
Hydraulique (12 erreurs)
| # | Erreur | Symptôme | Solution |
|---|---|---|---|
| 1 | Soupape 3 bar montée APRÈS vannes coupure | Risque explosion sous montée pression | REFUS net. Repose obligatoire AVANT vannes. |
| 2 | Vase d'expansion non pré-gonflé ou claqué | Pression hydro fluctue fortement | Pré-gonfler à 1 bar froid. Si membrane percée : remplacer. |
| 3 | Pas de pot à boue côté retour PAC | Boues du circuit existant migrent vers échangeur | Ajouter pot à boue Spirotech ou équivalent. Critique en rétrofit. |
| 4 | Filtre tamis monté à l'envers (sens flèche) | Pas de filtration effective | Démonter, remettre dans le bon sens. |
| 5 | Pas de désembouage en rétrofit chaudière | Échangeur PAC bouché en 6-12 mois | Désembouage tracé avant MES. Pas négociable. |
| 6 | Pression hydro < 1 bar à froid | Cavitation circulateur, bruit | Compléter à 1,2-1,5 bar. Vérifier pas de fuite cachée. |
| 7 | Pression hydro > 2,5 bar à froid | Vase saturé, fuite par soupape | Purger excès. Vérifier vase d'expansion. |
| 8 | Bouteille de découplage trop petite | Mélange turbulent, instabilités hydrauliques | Volume bouteille = 2-3× débit horaire pour bon mélange. |
| 9 | Calorifuge absent en local non chauffé | Pertes thermiques, condensation | Calorifuger 100 % des tubes en grenier, garage, vide sanitaire. |
| 10 | Aquastat plancher chauffant absent ou mal tarré | Risque chape fissurée si surchauffe | Aquastat 55 °C tarage, test au sèche-cheveux. |
| 11 | Disconnecteur absent sur piquage remplissage | Risque retour eau circuit dans potable | Installer disconnecteur. Obligation sanitaire. |
| 12 | Mitigeur thermo sortie ECS absent | Risque brûlure (ECS à 60 °C anti-légio) | Mitigeur tarage 50 °C en sortie ballon. |
Frigorifique (12 erreurs)
| # | Erreur | Symptôme | Solution |
|---|---|---|---|
| 13 | Tirage au vide bâclé (> 500 µm) | Humidité résiduelle, gel détendeur, acides | Refaire tirage propre, < 200 µm + maintien. |
| 14 | Test étanchéité non fait ou bâclé | Fuite passe inaperçue, recharge en 6 mois | Test 16-20 bar 15-20 min, ΔP < 0,1 bar compensé. |
| 15 | Charge fluide pas pesée à la balance | CERFA F-Gas non conforme | Pesée précise < 10 g obligatoire. Pas négociable. |
| 16 | Bouteille fluide périmée ou sans étiquette | Illégale | Refuser. Bouteille traçable obligatoire. |
| 17 | Récupération sans BSFF Trackdéchets | Délit grave depuis 2023 | BSFF systématique. Pas d'exception. |
| 18 | Brasures grossières / coulures excessives | Faiblesses mécaniques, futures fuites | Brasures propres uniquement. Refus si mauvaises. |
| 19 | Tube écrasé, plié à 90° brutal | Restriction débit, surchauffe compresseur | Refus. Retubage obligatoire. |
| 20 | Liaison non calorifugée ou calorifuge dégradé | Pertes thermiques, condensation, COP dégradé | Calorifuge 13-19 mm collé néoprène 100 %. |
| 21 | Vannes service sans bouchons + trace huile | Fuite déjà active | Refuser ou recharge immédiate après réparation. |
| 22 | Diamètres tubes incorrects (sous-dimensionnés) | Pertes de charge excessives, COP dégradé | Vérifier conformité notice constructeur. |
| 23 | Plus de 4 brasures par tube de liaison | Multiplication des points de fuite potentiels | Recommander tubage continu si possible. |
| 24 | Charge fluide sans connaître longueur réelle | Sur ou sous-charge | Mesurer la liaison avant de charger. |
Électrique (8 erreurs)
| # | Erreur | Symptôme | Solution |
|---|---|---|---|
| 25 | Pas de différentiel 30 mA dédié | Sécurité absente | Installer différentiel dédié sur ligne PAC. |
| 26 | Mise à la terre absente ou défaut | Danger électrocution | REFUS. Reprise électricien obligatoire. |
| 27 | Section câble sous-dimensionnée | Échauffement, risque incendie | Vérifier conformité plaque PAC. Reprise si insuffisant. |
| 28 | Disjoncteur partagé avec autres équipements | Pas dédié, risques sur PAC | Disjoncteur dédié obligatoire. |
| 29 | Alim mono sur PAC tri ou inverse | Refus démarrage, défaut alim | Vérifier conformité notice (mono 230 V ou tri 400 V). |
| 30 | Câblage UE-UI inversé (com BUS) | Défaut com, codes erreur | Vérifier ordre fils selon notice (X1-X2 etc.). |
| 31 | Sondes mal positionnées (T° ext au soleil) | Mesures faussées, régul aberrante | Sonde T° ext au nord, ombragée, à distance UE. |
| 32 | Tropicalisation câbles absente en local humide | Corrosion à long terme | Gaine + presse-étoupe IP65 minimum. |
Paramétrage régulation (8 erreurs)
| # | Erreur | Symptôme | Solution |
|---|---|---|---|
| 33 | Mode auto-adaptatif activé dès J1 sans pédagogie | Inconforts client pendant 2-4 sem. | Démarrer en T° fixe 45 °C, libérer auto après 2 sem. |
| 34 | Loi d'eau pente trop raide | Sur-consommation grand froid | Réduire pente. Plancher 0,5, rad. basse 0,9, rad std 1,3. |
| 35 | Loi d'eau pente trop douce | Sous-chauffage grand froid | Augmenter pente +0,1 par 0,1. |
| 36 | Anti-légio non programmée | Risque sanitaire ECS < 60 °C | Cycle hebdo 60 °C dimanche 03 h. |
| 37 | Priorité ECS trop longue (no timeout) | Maison froide pendant cycle ECS long | Timeout 60 min + pause chauffage 30 min entre cycles. |
| 38 | Appoints élec activés alors PAC dimensionnée 100% | Sur-consommation | Bloquer appoints OFF tant que PAC suffit. |
| 39 | Plafond T° dépt mal réglé pour émetteur | Plancher trop chaud OU radiateurs trop froids | Plafond 35 plancher / 50 rad basse / 60 rad std. |
| 40 | Programmation horaire absente | Pas d'économies nuit/absence | Programmer cycles confort/réduit/nuit. |
Sécurités + documents (10 erreurs)
| # | Erreur | Symptôme | Solution |
|---|---|---|---|
| 41 | Pas de CERFA F-Gas signé | Non conforme R.543-78 | CERFA systématique. Conservation 5 ans. |
| 42 | CERFA charge déclarée incohérente avec mesure | Non conforme inspection | Pesée précise reportée fidèlement. |
| 43 | Pas de pressostat HP | Risque éclatement compresseur | Installation conforme notice. |
| 44 | Pas de pressostat BP | Risque coup de liquide compresseur | Installation conforme notice. |
| 45 | Pas de soupape thermique sur ECS | Risque éclatement ballon ECS | Soupape thermique 7 bar groupe sécurité ECS. |
| 46 | Pas d'évacuation condensats UE en hiver Savoie | Glaciation sous l'UE, risques | Caniveau ou tube d'évac vers grille. |
| 47 | Pas de manuel utilisateur remis au client | Client perdu sur la régul | Manuel papier + démo des fonctions. |
| 48 | Pas de PV remis au client | Pas de traçabilité MES | PV signé en 2 exemplaires. |
| 49 | Pas d'inscription auto-app pilotage | Client ne peut pas piloter à distance | Appairage MELCloud / OneCta / etc. en MES. |
| 50 | Pas de date prochain contrôle d'étanchéité | Échéance oubliée par client | Date dans CERFA case [9] + rappel client. |
Choix de l'équipement
Arbre de décision rapide
Chauffer maison entière (cas dominant Savoie) → PAC air/eau bibloc sur émetteurs basse température. 11 000–18 000 € TTC posé. Éligible MPR + CEE.
Climatiser 1 pièce (chambre exposée sud, combles) → split mono inverter réversible 9 000 ou 12 000 BTU. 1 500–3 200 € TTC posé.
Climatiser 2–3 pièces → bi/tri-split sur 1 UE. Vérifier contraintes multi-split. 2 800–7 500 € TTC.
ECS seule → CET en local non chauffé volume ≥ 20 m³ (cellier, garage). Couplage avec PAC chauffage si même chantier.
Remplacer chaudière fioul / gaz vieillissante → PAC A/E avec ou sans relève chaudière (système hybride). C'est le marché en or 2026 grâce aux aides.
Air/air vs Air/eau
| Critère | Air/Air | Air/Eau |
|---|---|---|
| Fonction | Clim + chaud (réversible) | Chauffage central + ECS option |
| Distribution | Air soufflé direct pièce | Eau via radiateurs / PC BT |
| ECS | Non | Oui (modèle ECS) |
| MaPrimeRénov' | NON | OUI (Bleu 5 000 €) |
| Pertinence Savoie | Appoint clim été en altitude basse / vallée | Système principal |
| Pose | 1–2 j | 2–4 j (avec hydro) |
| Prix moyen | 1 500–7 500 € TTC | 11 000–18 000 € TTC |
⚠ Piège vendeur
« PAC air/air aussi éligible aux aides. » FAUX en 2026. Air/air = 0 € MPR, 0 € CEE chauffage. Si client veut aides → orienter air/eau.
Spécificité climat continental montagnard
Chambéry-vallée (270 m) : T° base hiver ≈ −10 °C (zone H1c). Aix-les-Bains, Annecy : ~−9 °C. Grenoble : −10 °C. Plateau du Vercors, Bauges, Tarentaise : −15 à −20 °C. Le matériel doit tenir le coup à ces températures, pas une PAC tropicale rebadgée.
Étapes choix client (avant devis)
- Qualifier le besoin réel (chauffage ? clim ? ECS ? combiné ?)
- Vérifier altitude / zone climatique (vallée 270 m vs plateau 1000 m vs station 1500 m+)
- Vérifier électrique dispo (mono 16/20/32 A, ou tri ?)
- Demander factures EDF + factures combustible (gaz / fioul / bois) 12 mois
- Vérifier orientation logement et apports solaires (versant, ombrage relief)
- Vérifier nombre d'occupants + usage ECS
- Vérifier contraintes copro / voisinage (UE bruit, façade visible)
- Vérifier ABF / PLU si secteur sauvegardé (centre Chambéry, Annecy, Grenoble)
- Programmer visite technique AVANT devis
Règle d'or visite
Pas de devis sans visite. Toujours. Un devis sans visite = recotation x2 sur place + client mécontent + perte de temps. 30 min sur site ≈ 2 h évitées en SAV.
Dimensionner
Clim air/air — règles terrain Savoie / vallée
Règle de base : 70 W/m² en exposition standard, hauteur 2,50 m (climat continental, été chaud mais saison courte).
- Exposition ouest / fin journée chaude (canicule été) : 100 W/m²
- Sous toiture, dernier étage non isolé : 110 W/m²
- Combles aménagés mansardés (Savoie classique) : 110–130 W/m²
- Logement bien isolé RT2012 / BBC : 50 W/m²
- +100 W par occupant supplémentaire au-delà de 1
- +150 W par poste informatique permanent
Note : la clim Savoie sert ~2-3 mois/an (juin-août). Dimensionner pour la canicule, pas la moyenne.
Conversion BTU ↔ kW
| BTU/h | kW (approx) | Surface vallée (W/m²=70) |
|---|---|---|
| 9 000 | 2,6 kW | 30–35 m² |
| 12 000 | 3,5 kW | 40–50 m² |
| 18 000 | 5,3 kW | 60–75 m² |
| 24 000 | 7,0 kW | 85–100 m² |
| 30 000 | 8,8 kW | 110–130 m² |
⚠ Piège du surdimensionnement
Surdimensionner = cycles courts ON/OFF, mauvaise déshumidification, conso élevée, panne précoce compresseur. Mieux : juste un peu sous-dimensionner avec inverter qui module.
PAC air/eau — chauffage Savoie (cœur du marché)
À adapter selon altitude et isolation. Bilan thermique simplifié :
- Vallée 250–500 m, isolation correcte (post-1990) : 60–75 W/m²
- Vallée, isolation faible (avant-1980, non rénovée) : 100–130 W/m²
- Plateau / coteau 500–1000 m : 75–100 W/m² selon iso
- Altitude > 1000 m (stations, Tarentaise, Maurienne) : 100–140 W/m²
- Maison BBC / RT2012 / RE2020 : 30–50 W/m²
T° base à respecter
Pour Chambéry, Aix, Albertville : prendre Tbase = −10 °C. Pour Bourg-Saint-Maurice, La Plagne, Val-d'Isère : −15 à −20 °C. Vérifier que la PAC choisie maintient sa puissance nominale à cette T° (courbes constructeur). À −15 °C une PAC standard perd 30–50 % de puissance → relève appoint quasi obligatoire.
Liaisons frigorifiques — limites
| Type | Long. max liaison | Dénivelé max | Charge complémentaire |
|---|---|---|---|
| Clim mono 9–12k | 15–25 m | 10–15 m | 15–20 g/m au-delà 5–7 m |
| Clim 18–24k | 20–30 m | 15 m | 20–30 g/m au-delà 7,5 m |
| Multi-split | cumulée 30–80 m | 15 m | selon abaque constructeur |
| PAC A/E bibloc | 15–30 m | 10–30 m | 50 g/m typique |
Ces valeurs sont indicatives. Toujours vérifier la fiche technique du modèle exact installé.
ECS — Eau Chaude Sanitaire
Règle Savoie
Trois options dominantes : 1) PAC A/E avec ECS intégrée (logique combiné chauffage), 2) CET seul en local non chauffé (cellier, garage attenant ≥ 20 m³), 3) cumulus élec en remplacement express si gros budget pas dispo. Le CESI existe mais marché de niche en Savoie (couvert nuageux fréquent, gel hivernal, perte rendement).
Comparatif ECS
| Solution | Coût pose TTC | Conso annuelle 4 pers | Pertinence Savoie |
|---|---|---|---|
| Cumulus élec direct | 800–1 500 € | ~3 200 kWh | Solution dégradée |
| CET 200 L (Atlantic Calypso, Thermor Aéromax) | 2 800–4 200 € | ~1 000 kWh | Référence solo |
| PAC A/E avec ECS intégrée | +1 500–3 000 € sur PAC chauffage | variable, mutualisé | Référence combiné |
| CESI 200 L | 3 500–5 500 € | ~1 200–1 800 kWh appoint | Niche (sud-Isère ensoleillé) |
Aides ECS 2026 (métropole)
- CET : MPR Bleu 1 200 € / Jaune 800 € / Violet 400 € + CEE ~150–400 €
- CESI : MPR Bleu 4 000 € / Jaune 3 000 € / Violet 2 000 €
- PAC A/E avec ECS intégrée : aides PAC + bonus ECS selon barème
Dimensionnement ballon
| Foyer | Volume ECS |
|---|---|
| 1–2 pers | 100–150 L |
| 3–4 pers | 200–250 L |
| 5+ pers | 300 L+ |
Ces valeurs supposent douches + cuisine. Augmenter si baignoire usage régulier.
CET — local technique
Volume mini 20 m³ non chauffé sinon le CET pompe la chaleur de ta pièce chauffée = aberrant. Cellier ou garage attenant idéal. Prévoir évacuation condensats (l'air refroidi condense). Bruit modéré (~45–55 dB) : pas dans une chambre.
Émetteurs (chauffage)
Cœur du marché Savoie. La majorité de tes chantiers PAC seront sur du parc existant avec radiateurs en place.
Comparatif émetteurs avec PAC air/eau
| Émetteur | T° eau | Compatibilité PAC | Confort |
|---|---|---|---|
| Plancher chauffant BT | 30–35 °C | Idéale | Excellent (homogène) |
| Radiateurs basse T° (alu/acier surdim.) | 40–50 °C | Bonne | Bon |
| Ventilo-convecteurs | 35–45 °C | Bonne | Réactif (chaud + froid possible) |
| Radiateurs fonte anciens HT | 55–65 °C | Limite | OK si bien dimensionnés (PAC HT) |
| Plinthes hydrauliques | 40–50 °C | Bonne | Confort murs sains |
Loi d'eau et COP
Plus la T° de départ demandée est haute, plus le COP s'effondre. Passer de 35 °C à 55 °C peut diviser le COP par 1,5–2. Privilégier toujours les émetteurs basse T°. Sur radia HT existants : soit PAC haute température (Atlantic Excellia HT, Daikin Altherma HT), soit changer/surdimensionner les émetteurs.
Sur ancien réseau radiateurs (cas typique Savoie)
- Diagnostic émetteurs : type, puissance, état, état des purgeurs
- Recalculer puissance émise à T° basse (35–45 °C) avec abaques constructeur
- Vérifier débits par émetteur (dimensionnement tubes — souvent cuivre 14/16 sur l'ancien)
- Désembouage chimique + rinçage complet (CRITIQUE sur réseau > 15 ans)
- Contrôle vase d'expansion + soupape
- Pose pot à boue avec cartouche magnétique
- Surdimensionner émetteurs si insuffisants (souvent salon, chambres exposées nord)
- Régulation par sonde extérieure obligatoire (loi d'eau)
- Si radiateurs fonte fissurés (gel ancien) : remplacer car risque fuite
Hydraulique (PAC air/eau)
Bloc traité séparément. Pour la pose et la mise en service du circuit frigo, voir l'onglet Pose A/E.
Schéma type bibloc PAC + ECS séparée
- UE PAC dehors (sur plot béton ou consoles murales) → liaison frigo isolée → module hydraulique intérieur
- Module hydraulique : circulateur, vase, soupape, manomètre, débitmètre
- Filtre/pot à boue avec aimant en amont du module (RETOUR PAC)
- Vannes d'isolement de chaque côté du module (entretien)
- Sonde T° départ + retour + extérieure
- Bouteille de découplage si plusieurs circuits hétérogènes
- Collecteur PCBT / nourrices avec débitmètres réglables
- Régulation centralisée (loi d'eau + programmation jour/nuit)
Désembouage
Non négociable sur ancien réseau
Le désembouage AVANT raccordement PAC. Sinon : encrassement échangeur PAC, perte 30–50 % perfo, blocage circulateur, garantie invalide.
- Inhibiteur + désembouant chimique (Sentinel X400 ou équivalent Fernox F3)
- Circulation 2–7 jours selon état (boues visibles sortie purgeur)
- Rinçage complet à l'eau claire (jusqu'à eau limpide)
- Mise en eau avec inhibiteur final (Sentinel X100 ou Fernox F1)
- Pose pot à boue magnétique au retour PAC
- Documenter (photos avant/après) — utile garantie
Vase d'expansion — calcul rapide
Pré-pression (Pgonflage) : hauteur d'eau au-dessus du vase (1 bar = 10 mH₂O), arrondie au demi-bar supérieur.
Exemple maison plain-pied + module en sous-sol : 4 m d'eau = 0,4 bar → arrondi à 0,5 bar. Maison R+1 + module RDC : ~7 m = 0,7 bar → 1 bar.
Volume : ≈ 8–10 % du volume circuit minimum. Pour 200 L circuit, vase 18–25 L.
Antigel propylène glycol — quand ?
- PAC monobloc en zone sujette au gel : oui, glycol 25–30 %
- PAC bibloc classique : non, l'eau reste à l'intérieur (module abrité)
- PAC monobloc en altitude (> 1000 m, station) : 30–35 % glycol → contrôler avec réfractomètre
- Toujours monoéthylène glycol (food grade) ou propylène glycol, jamais antigel auto
Volume tampon — quand ?
Bouteille de découplage / ballon tampon nécessaire si :
- Circuit avec robinets thermostatiques sur tous radiateurs (débit minimal pas garanti)
- Plusieurs circuits avec températures différentes
- Constructeur recommande (souvent 20–50 L pour PAC < 12 kW)
- Cycles courts compresseur observés à la mise en service
- Cas Savoie : tampon utile pour absorber les dégivrages fréquents en hiver (-5 à -10 °C ext)
Appoint
Pourquoi un appoint ?
L'appoint couvre les pointes (extérieur très froid, ECS en cas de demande pic, dégivrage hiver) sans surdimensionner la PAC. En Savoie, un appoint électrique 6 ou 9 kW est quasi systématique car les PAC perdent de la puissance entre -7 et -15 °C.
Appoint chauffage PAC A/E
- Résistance électrique intégrée (3, 6, 9 kW). Standard. Réglable, économe en cuivre. Conso ponctuelle. Cas dominant Savoie
- Chaudière gaz/fioul existante en relève (système hybride bivalent) : possible si bivalent géré par régulation PAC. Plus complexe mais intéressant si chaudière encore neuve. Bascule typique à -7 °C.
- Poêle à granulés / bois en relève manuelle : courant Savoie en altitude. La PAC fait le gros, le poêle prend les pointes très froides.
- Aucun appoint : possible uniquement avec PAC très bien dimensionnée + maison BBC + climat doux. Rare en Savoie hors fond de vallée bien isolé.
Appoint ECS
- CET : résistance intégrée standard 1500 W ou 2400 W
- PAC A/E avec ECS : résistance élec ballon + appoint PAC
- CESI : résistance élec dans ballon (1 500–3 000 W)
Réglage appoint
Régler la T° de bascule appoint au plus bas raisonnable : pour Chambéry, -7 à -10 °C ext. Au-dessus, l'appoint démarre dès qu'il fait un peu frais et la conso explose. Vérifier consommations première saison et ajuster. Sur PAC bien dimensionnée, l'appoint ne doit représenter que 5–15 % de l'énergie chauffage annuelle.
Climat Savoie / Isère — spécificités
Zones climatiques (RT2012 / RE2020)
- H1c : vallées (Chambéry 270 m, Aix, Annecy, Albertville, Grenoble). Tbase = -10 °C. Saison chauffe oct → mai.
- H1c altitude : Bauges, Vercors, Chartreuse, plateaux 800-1200 m. Tbase = -12 à -15 °C. Saison chauffe sept → mai.
- H1c haute montagne : Tarentaise (Bourg-Saint-Maurice, Val-d'Isère, Tignes), Maurienne haute (Modane, Lanslebourg). Tbase = -15 à -20 °C. Chauffage 8 mois sur 12.
Contraintes terrain
| Risque | Saison | Mesure |
|---|---|---|
| Gel sévère (-15 à -25 °C) | Déc-fév | PAC adaptée basse T°, antigel circuit monobloc |
| Neige (charge sur UE) | Nov-mars | Auvent UE, support surélevé 30-50 cm sol, dégagement chasse-neige |
| Verglas / dégivrage UE | Tout l'hiver | Évacuation condensats hors trottoir/passage, sinon plaque de glace = chute |
| Stations / 2nde résidence | Hors-saison | Hors-gel maintenu, antigel circuit, télégestion |
| ABF / PLU centre historique | Permanent | UE invisible rue (cour intérieure, toiture, jardin) — Chambéry, Annecy, Grenoble centres protégés |
Pose UE en climat alpin — points clés
- Surélever UE de 30–50 cm minimum (consoles murales OU plot béton + pieds) — éviter accumulation neige au sol
- Auvent ou casquette protection neige + branchages (toitures 3 m au-dessus interdit : risque chute neige)
- Évacuation condensats canalisée vers exutoire NON gélif (puits perdu, regard) — pas en surface = plaque verglas
- Pour zone très froide : siphon condensats avec résistance antigel (ou suppression siphon avec évacuation directe)
- Liaison frigo gainée + isolation 19 mm + protection UV (gaine alu ou plastique alu)
- Visserie A2 standard suffisante (pas de salinité). Sauf bord lac avec sels de déneigement intensif → A4.
- Accès SAV facile : ne pas mettre l'UE à l'arrière d'un tas de bois ou caché par une construction non démontable
- Distance voisinage : 2 m mini fenêtre/porte voisin pour bruit (NF S 31-010)
Marché 2026 Savoie / Isère — prix indicatifs TTC posés
MO solo référence : 380 €/jour métropole. Matos sans surcoût (logistique standard). Coûts adaptés au marché 73/74/38.
Aides 2026 (métropole)
MaPrimeRénov' parcours par geste — PAC A/E :
- Bleu (très modestes) : 5 000 €
- Jaune (modestes) : 4 000 €
- Violet (intermédiaires) : 3 000 €
- Rose (supérieurs) : 0 € (depuis 2024 sur PAC A/E parcours geste)
CEE Coup de pouce chauffage : 2 500–4 000 € pour PAC A/E remplaçant chaudière fossile, selon revenus.
MPR Parcours Accompagné (rénovation globale plusieurs gestes) : jusqu'à 63 000 € avec MAR (Mon Accompagnateur Rénov') — gros levier pour rénovations lourdes.
PAC air/air NON éligible MPR. Possible petit CEE air/air si remplace chauffage électrique direct (souvent insignifiant, pas un argument).
Bonus territoriaux à connaître
Région AURA, Département Savoie, certaines communautés de communes proposent des aides additionnelles ponctuelles (rénovation énergétique). Vérifier au cas par cas sur france-renov.gouv.fr ou auprès de l'EIE local (Espace Info Énergie : ASDER pour la Savoie, AGEDEN pour l'Isère).
Calculateurs terrain
1. Dimensionnement clim (BTU)
2. Dimensionnement PAC chauffage Savoie
Méthode du calcul ECS
La puissance ECS est calculée par : PECS = (Vjour × 4,18 × ΔT) / (3600 × Trecharge)
- Vjour = nombre d'occupants × volume unitaire (par défaut 50 L/pers à 60 °C — base AICVF / RAGE)
- ΔT = 50 K (eau froide 10 °C → 60 °C, écart standard)
- 4,18 = capacité thermique de l'eau (kJ/kg·K)
- Trecharge = durée pendant laquelle on veut recharger le ballon (4 h en heures creuses typique)
La PAC fonctionne en priorité ECS : quand le ballon demande, elle bascule en mode ECS et interrompt le chauffage. La puissance utile en mode ECS est typiquement inférieure de 30 à 40 % à la nominale chauffage. Le dimensionnement doit donc couvrir le maximum des deux besoins, pas leur somme.
Les hypothèses (50 L/pers, 4 h heures creuses, ΔT 50 K) sont des conventions métier admises, à ajuster selon les habitudes du foyer.
3. Charge complémentaire frigorigène
4. Estimation devis rapide
Climatisation air/air
📋 Fiche identité — visite technique split A/A
- Durée visite : 30 à 60 min selon complexité
- Tarif visite : gratuite si chantier signé, 60–80 € HT si déplacement seul
- Outils nécessaires : mètre laser, niveau, appareil photo, lampe, échelle pliante, plan vierge, carnet
- Délai entre visite et chantier : 2–4 semaines (commande matos + RDV)
- Délivrable client : devis détaillé + plan d'implantation + délai
1. Avant le rendez-vous — préparation
- Confirmer J-1 par SMS ou téléphone : heure, durée prévue, accès
- Demander si le client a son plan (architecte ou promoteur), facture EDF récente, attestation copro si applicable
- Vérifier la disponibilité de toutes les pièces concernées (déplacement de meubles si besoin)
- Préparer dossier visite : bloc-notes A4, plan vierge à compléter, formulaire de relevé
2. Sur place — visite type
A. Étape 1 — Discussion client (10 min)
- Quelle utilisation prévue ? Climatisation seule (été), réversible (hiver d'appoint), pour qui (chambre, séjour, télétravail) ?
- Pourquoi maintenant ? (vague de chaleur 2024, retour de vacances, télétravail, crémaillère)
- Budget client envisagé (transparent ou silencieux, à toi de jauger) ?
- Délai souhaité (urgent / saisonnier / souple) ?
- Préférence de marque ou retour d'expérience d'amis ?
- Niveau d'exigence sur le bruit (chambre = silence priorité, cuisine = ventilo accepté) ?
- Sensibilité décoration (UE non visible depuis rue ?, UI invisible ?, goulotte couleur enduit ?) ?
B. Étape 2 — Relevé des pièces à climatiser (10 min)
- Mètre laser → surface de chaque pièce (longueur × largeur)
- Hauteur sous plafond (standard 2,50 m, mansardé 2,20 m, cathédrale > 3 m)
- Volume = surface × hauteur
- Orientation des fenêtres (Sud/Ouest = surchauffe été)
- Surface vitrée (= principale source d'apport solaire)
- Stores ou volets présents ?
- Exposition du toit (combles isolés ?, toit terrasse en surchauffe ?)
- Type de murs (parpaing, brique, ossature bois — voir Perçage / Carottage)
- Isolation (récente RT2012/RE2020 ?, ITE ?, pas isolé du tout ?)
- Nombre d'occupants typique de la pièce
- Équipements producteurs de chaleur (TV, four, ordinateur en télétravail)
C. Étape 3 — Repérage emplacement UI (10 min)
- Mur préférentiel : extérieur de préférence (raccourcit la liaison frigo)
- À 2,10 m du sol minimum (souffle d'air ne tombe pas sur les occupants)
- Pas au-dessus du lit (souffle nocturne désagréable, condensats si fuite)
- Pas en vis-à-vis direct du canapé / bureau (souffle constant)
- Pas au-dessus d'une source de chaleur (TV, radia électrique, éclairage halogène)
- Espace dégagé devant : 3 m minimum pour la diffusion
- Sortie de tube et évacuation des condensats accessibles (pas dans une cloison creuse impossible à percer)
D. Étape 4 — Repérage emplacement UE (10 min)
- À l'extérieur, accessible pour entretien (pas derrière un buisson)
- 30 cm minimum à l'arrière (admission d'air)
- 1,5 m dégagé devant (souffle d'air rejeté)
- 30 cm de chaque côté
- 1 m dégagé au-dessus, ou 3 m si toiture qui décharge la neige (Savoie !)
- 2 m minimum d'une fenêtre / porte voisine (NF S 31-010 — bruit)
- Évacuation des condensats vers regard ou puits perdu, jamais sur trottoir
- Soulevé du sol 30–50 cm (Savoie : neige) — console murale ou plot béton + pieds antivibration
- Si copro : zone votée OK ? Pas de balcon commun ?
- Si zone ABF (centre Chambéry, Annecy, Megève...) : démarche client pour avis ABF
E. Étape 5 — Repérage parcours liaison + tableau élec (10 min)
- Parcours de la liaison frigo entre UI et UE : longueur estimée + nombre d'angles
- Liaison passe-t-elle dans goulotte intérieure et/ou extérieure ?
- Mur à carotter : identifier nature + zones à risque (cf. Perçage)
- Tableau élec : ouvrir, photographier :
- Nombre de modules libres
- Présence d'un différentiel 30 mA Type A ou F
- Norme NF C 15-100 respectée ?
- Puissance souscrite (lire le compteur Linky → écran)
- Distance tableau ↔ UE (pour dimensionner section de câble)
3. Photos systématiques pendant la visite
Photos = trace + dossier client + outil de devis. Compter 15–20 photos minimum :
- Vue extérieure générale (façade complète)
- Zone UE prévue (avec mètre dans le cadre pour échelle)
- Mur à carotter (intérieur ET extérieur)
- Pièces concernées (pour tracer le plan)
- Tableau électrique ouvert
- Compteur Linky avec puissance souscrite affichée
- État des lieux général (sol, peinture, mobilier proche)
4. Matos chantier — checklist livraison J-1
📦 Pack matos pour mono-split standard 9–18k
- UE + UI (modèle confirmé sur devis)
- Liaison frigo pré-isolée 1/4" + 3/8" (longueur calculée + 1 m de marge)
- Câble bus de communication (souvent 2 × 0,75 ou 4 × 0,75 selon modèle)
- Câble alim UE en 3G2,5 (longueur tableau → UE + 2 m marge)
- Goulotte PVC blanc 60×45 (intérieur + extérieur), avec angles, embouts, joints, jonctions
- Tube PVC évacuation condensats Ø 16 (intérieur) + Ø 25 (raccord exutoire)
- Fil de tirage (câble électrique 1,5 mm² souple)
- Console UE (murale ou plot) avec visserie A2 inox
- Tampons antivibration sous UE
- Disjoncteur dédié 16 ou 20 A courbe C (si pas en place)
- Différentiel 30 mA Type A ou F (si tableau pas conforme)
- Inscription data-list "aa-matos-livraison" sur la facture
- UE + UI livrés en bon état (cartons non écrasés)
- Liaison frigo bonne longueur
- Bus + alim aux bonnes sections
- Goulottes + accessoires complets
- Évacuation condensats prévue
- Visserie + chevilles adaptées au support
- Disjoncteur + différentiel si tableau à compléter
- Stickers / notice constructeur à jour
- Bonbonne d'azote + manomètre pression test
- Bouteille R32 + manifold + pompe à vide + vacuomètre
- Détecteur de fuite calibré
- Dudgeonneuse + clés dyna 14/33/50 N·m + jeu six pans
- EPI complets (cf. Hauteur & sécu)
- Dossier client (devis signé, état des lieux signé, plan)
5. La veille du chantier (J-1)
- Re-confirmer client par SMS : heure d'arrivée, durée, accès, déplacement de meubles
- Vérifier matos complet (cf. checklist livraison)
- Charger pompe à vide (huile niveau OK)
- Vérifier détecteur fuite (calibration en cours de validité)
- Imprimer plan d'implantation + bon d'intervention vierge
- Prévoir bâche au sol intérieur, aspirateur chantier, nettoyant ECO
- Plein de carburant si déplacement éloigné
- Météo : vent < 50 km/h, pas de pluie battante (chantier extérieur)
⚠ Marges de sécurité dans le devis
Toujours prévoir 1 jour de marge dans ton planning. Un chantier qui se passe bien fini en avance, un chantier qui galère prend 2× le temps prévu. Si tu enchaînes 2 chantiers le même jour : c'est la garantie de finir à 22 h chez le second.
📋 Fiche identité — travail en hauteur
- Cadre légal : Code du travail art. R4323-58 à R4323-106
- Norme échelles : NF EN 131-1 / 131-2 / 131-3
- Norme nacelles : NF EN 280 + CACES R486
- Recommandation INRS : R408 (échafaudages roulants)
- EPI obligatoires : casque, chaussures de sécurité S3, harnais antichute si > 3 m sans protection collective
- Règle d'or : protection collective AVANT individuelle (échafaudage avant harnais)
1. La règle des 3 m
Règle d'or chute de hauteur
Au-delà de 3 m de hauteur, le travail sans protection collective (garde-corps, échafaudage) ou individuelle (harnais sur point d'ancrage) est interdit par le Code du travail. Sous 3 m, prudence quand même : une chute de 2 m sur du béton fait des dégâts.
Échelle des moyens d'accès — du plus sûr au moins sûr
| Niveau de sécurité | Moyen | Quand l'utiliser |
|---|---|---|
| ★★★★★ | Nacelle élévatrice (PEMP) | Idéal pour UE en façade haute, gros chantier, plusieurs heures de travail |
| ★★★★ | Échafaudage roulant MDS | UE accessible mur droit, plusieurs jours de chantier |
| ★★★ | Échafaudage de pied fixe | Travaux longs, façades complexes |
| ★★ | Plate-forme individuelle roulante (PIRL) | Hauteur faible (1,5–3 m), poste fixe court |
| ★ | Échelle / escabeau | UNIQUEMENT pour accès et travaux brefs (< 30 min) |
⚠ L'échelle n'est PAS un poste de travail
L'échelle sert à accéder à un niveau, pas à travailler dessus. Le Code du travail interdit l'usage d'une échelle comme poste de travail sauf « si l'évaluation des risques montre que ce poste est de courte durée et que le risque est faible » (R4323-63). En clim/PAC, percer une façade depuis une échelle = problème en cas d'inspection ou d'accident.
2. Échelle — savoir l'utiliser correctement
Choisir la bonne échelle
- Échelle simple : accès rapide à 3–5 m. Fixée en haut obligatoirement.
- Échelle à coulisse : 2 ou 3 plans, jusqu'à 10 m. Plus polyvalente.
- Échelle articulée multipositions : utile mais plus instable. À éviter en travail soutenu.
- Échelle pliante / escabeau : travaux courts à 1–2 m de hauteur seulement.
- Marque conforme : certifiée NF EN 131 (plaque obligatoire). Bannir les échelles « maison » ou achetées à l'étranger sans marquage.
La règle des 4:1
Pour 1 m de sortie au sol, l'échelle monte de 4 m de hauteur. Angle environ 75° par rapport au sol. Plus vertical = risque de chute en arrière. Plus couché = l'échelle glisse.
Sécurisation systématique — checklist avant de monter
- Sol stable, plat, non glissant (pas de gravillons mouillés)
- Pieds antidérapants en bon état (caoutchoucs non lisses)
- Échelle inclinée à 75° (règle des 4:1)
- Échelle dépasse de 1 m au-dessus du point d'arrivée (pour avoir une prise en haut)
- Échelle arrimée en haut avec une sangle, ou tenue par une 2e personne au pied
- Vent < 50 km/h (au-dessus, descendre)
- Tu montes/descends face à l'échelle, 3 points d'appui sur 4 toujours en contact
- Pas d'outils ni de matos lourd dans les mains : utiliser une corde de service pour monter le matériel
- Casque sur la tête, chaussures S3 anti-perforation
3. Échafaudage roulant — l'option pro pour la pose split
Pourquoi privilégier l'échafaudage
- Plate-forme stable = tu travailles avec les deux mains
- Garde-corps = protection collective (pas besoin de harnais en plus)
- Tu peux poser tes outils et le matériel sur la plate-forme
- Tu peux passer le carottage propre, prendre du recul
- Location 1–3 j = 80 à 200 € HT chez Loxam, Kiloutou, Locamat (Annecy, Chambéry, Grenoble)
- Achat MDS (Mobile De Stabilité) Tubesca-Comabi 4–6 m = 800–1 500 € (rentabilisé en 5 chantiers)
CACES R408 (échafaudages)
- Pour MONTER un échafaudage : une formation R408 est recommandée mais pas strictement obligatoire pour les solo qui montent le leur (cadre artisan)
- Pour utiliser un échafaudage déjà monté : pas de CACES requis
- Cadre formation R408 : 1 jour, 250–350 €, en présentiel local
Montage rapide d'un échafaudage roulant MDS
- Vérifier le sol : plat, stable, non boueux
- Verrouiller les 4 freins de roulettes
- Élargir l'embase si dispo (stabilisateurs)
- Monter étage par étage, jamais sauter de niveau
- Garde-corps obligatoires sur 3 côtés à la plate-forme de travail
- Plinthes (planche de pied) pour empêcher la chute d'objets
- Échelle d'accès intérieure (jamais grimper sur les barreaux extérieurs)
- Charge maxi par plateforme indiquée sur la notice (souvent 200 kg)
- Avant utilisation : rapport de vérification journalière (registre)
Règle absolue — déplacement
On ne déplace JAMAIS un échafaudage roulant avec quelqu'un dessus. On descend, on déplace, on remonte. C'est l'erreur classique qui tue le plus chaque année. Quand tu déplaces : dégager le matos lourd de la plate-forme et libérer les freins.
4. Nacelle élévatrice (PEMP)
CACES R486 obligatoire
Pour conduire une nacelle, il faut un CACES R486 catégorie A (verticale, ciseaux) ou B (multidirectionnelle, bras articulé). Sans ça, c'est une infraction lourde + risque assurance.
- Formation 2–3 jours, 600–900 € chez AFTRAL, ECF, etc.
- Validité 5 ans
- Recyclage 1 jour, 300 € avant échéance
Quel type de nacelle ?
| Catégorie CACES | Type | Usage type clim |
|---|---|---|
| 1A | Ciseaux | Façade plate, accès direct, jusqu'à 8 m |
| 3A | Ciseaux automotrice | Idem, déplacement avec opérateur |
| 1B | Bras articulé / télescopique | Façade complexe, obstacles, toits 12+ m |
| 3B | Bras articulé automotrice | Tertiaire, immeubles, copros hautes |
Location nacelle — où, combien
- Loxam, Kiloutou, Locapal, Locamat (Savoie/Isère) : gros parc
- Tarif location ciseaux 8 m : 120–180 € HT/jour
- Tarif location bras 16 m : 200–350 € HT/jour
- Forfait livraison ~80–150 € selon distance
- Vérifier : assurance incluse, état général, certif annuel à jour
- Avant utilisation : vérifier toutes commandes au sol et en hauteur, harnais ANTI-CHUTE accroché à la nacelle (pas anti-rappel)
5. Toit — quand et comment intervenir
NE JAMAIS monter sur un toit fragile sans :
- Une ligne de vie horizontale ou des points d'ancrage existants
- Un harnais antichute accroché à la ligne de vie
- Des chaussures spécifiques toit (semelle souple, antidérapante)
- Une évaluation de la pente et de la résistance des matériaux (tuiles fragiles, ardoises glissantes)
Si pas de ligne de vie en place, il faut faire installer un dispositif temporaire ou refuser le chantier. Une chute de 6 m = mort dans 80 % des cas.
Cas pratiques solo
- UE sur toit-terrasse plat : garde-corps obligatoire à 1 m du bord, ou ligne de vie + harnais
- UE en pignon haut maison 2 étages : nacelle bras articulé louée à la journée
- Évacuation toiture pour clim cassette : sous-traiter à un couvreur si pas de ligne de vie. Refacturer au client.
- Chalet en altitude avec gros débord et toiture en lauze : NE PAS S'ENGAGER seul. Faire venir un tiers spécialisé.
6. Harnais antichute — le minimum vital
Composition d'un système antichute complet
- Harnais Petzl Newton (~120 €) ou équivalent EN 361 — point dorsal D + sangles cuissardes + plastron
- Longe avec absorbeur d'énergie EN 355 (~80 €) — limite la force du choc à 6 kN max
- Connecteur (mousqueton) EN 362 — verrouillable obligatoire (à vis ou à 2 mouvements)
- Point d'ancrage structurel résistant à 12 kN minimum (anneau de toiture, point fixe, ligne de vie)
Total budget kit : 250–400 € HT. Vérification annuelle obligatoire (par toi en visuel + tous les ans par organisme externe pour usage pro).
Calcul du tirant d'air
Avant de monter, vérifie que sous tes pieds tu as au moins 6 m libres : en cas de chute, la longe (1,5 m) + déploiement absorbeur (1,75 m) + ta taille (~2 m) + marge sécurité (1 m) = 6,25 m. Si tu as 4 m sous toi, le harnais ne te sauvera pas.
7. Erreurs fatales à connaître
8. EPI permanents en chantier extérieur
- Casque EN 397 (résistance choc 5 kg de 1 m)
- Chaussures de sécurité S3 (anti-perforation + embout coqué + semelle anti-glisse)
- Gants adaptés à la tâche (cuir manutention, frigo gants spéciaux pour brasage)
- Lunettes de sécurité en perçage / brasage
- Veste haute visibilité en bord de voirie ou parking
- Harnais antichute + longe + mousqueton dans le coffre, prêt à servir
Stratégie solo
Achète un kit d'EPI complet à ton démarrage : budget 400–600 € HT pour casque + chaussures + harnais kit + gants + lunettes. C'est l'investissement le plus rentable de ta vie pro : ça te garde en vie. Tu peux financer ces achats via le crédit d'impôt formation ou les fonds de la branche BTP. Renseigne-toi auprès de ton OPCO Constructys.
📋 Fiche identité — carottage Ø 80 mm liaison frigo
- Diamètre standard : 70–80 mm (selon liaison + isolant + bus + condensats)
- Inclinaison obligatoire : 5° vers l'extérieur (évacuation eau condensation)
- Outils essentiels : détecteur multi-matières, perforateur SDS-MAX, carotteuse diamantée, EPI complets
- Durée carottage : 5–25 min selon matériau (parpaing : 10 min, béton armé : 25–40 min)
- Bruit : carotteuse à eau ~ 90 dB → casque anti-bruit obligatoire, prévenir voisinage
- Cadre : NF DTU 21 (béton armé), Eurocode 2 (calcul béton armé), DTU 20.1 (maçonnerie)
1. Connaître la structure d'un mur — la base
Les 4 grands types de murs en résidentiel
1. Mur en parpaing (agglo creux)
- Le plus courant en maisons des années 60-2010
- Épaisseur typique : 200 mm + isolation extérieure ou intérieure
- Carottage facile à la carotteuse à sec ou à eau
- Attention aux parpaings creux : la carotte se brise en plusieurs morceaux
- Chevillage : chevilles à frapper Spit Frame ou chevilles longues Fischer
2. Mur en brique pleine ou creuse
- Maisons anciennes (avant 1960) ou rénovées
- Épaisseur 150–250 mm
- Carottage moyen : la brique creuse génère de la poussière et des éclats
- Risque de fissure si trop rapide ou sans inertie
- Chevillage spécial brique creuse type Fischer DuoPower
3. Mur en béton armé
- Maisons récentes, immeubles, fondations, dalles
- Épaisseur 180–300 mm
- Carottage difficile : carotteuse diamantée à eau obligatoire
- Présence d'armatures (fer à béton) : critique à détecter avant
- Si tu coupes une armature : tu fragilises la structure (interdit sur mur porteur)
- Chevillage : chevilles à expansion lourde type Hilti HUS-3
4. Mur en ossature bois (chalet, maison BBC bois)
- Composition typique : bardage extérieur + lame d'air + pare-pluie + isolant + ossature montants 45×145 + frein-vapeur + plaque OSB ou Fermacell intérieure
- Carottage simple à la scie cloche bois
- Risque : percer un montant porteur (poteau bois 45×145 tous les 60 cm)
- Risque : rompre le pare-vapeur intérieur (étanchéité à l'air ruinée)
- Étanchéité après pose : manchon spécifique bardage + collage joint pare-vapeur
Mur porteur vs cloison — la question vitale
Comment savoir si un mur est porteur ?
- Mur extérieur = systématiquement porteur (sauf bardage léger).
- Mur de refend intérieur : souvent porteur (relie 2 murs extérieurs), peut soutenir une dalle ou une charpente.
- Cloison de distribution : jamais porteuse (Placo BA13, briques creuses fines).
- Test du son : tape dessus avec ton poing.
- Son sourd, plein, sans résonance = porteur (béton, agglo plein)
- Son creux qui résonne = cloison creuse
- Test du mètre : épaisseur > 15 cm = très probablement porteur (sauf double cloison Placo)
- Plans architecte : le client doit les avoir s'il a fait construire ou rénover récemment
Carotter un mur porteur Ø 80 mm est autorisé SI tu ne touches pas une armature critique. Carotter à 5 cm d'un angle, ou couper un fer à béton longitudinal : interdit. En cas de doute : étude par un bureau d'études structure (200–500 €), refacturable au client.
2. Détecter ce qui est dans le mur — outil indispensable
Le détecteur multi-matières
Tu n'as pas le droit de percer aveuglément. Le détecteur te dit ce qui se cache derrière. C'est ton meilleur ami.
| Modèle | Détecte | Profondeur | Budget HT |
|---|---|---|---|
| Bosch GMS 120 | Métal magnétique + non magnétique + câbles sous tension + bois | Métal : 120 mm. Bois : 38 mm | 120 € |
| Bosch D-tect 150 | Tout + plastique sous tension + tubes plastique avec eau | 150 mm | 500 € |
| Hilti PS 38 | Pro : tout, écran couleur, mémo | 120 mm | 300 € |
| Stanley FMHT0-77407 | Métal + AC + bois | 76 mm | 50 € |
| Hilti PS 200 S Ferroscan | Pro béton armé : cartographie complète des armatures | 180 mm | 5 000 € (location 100 €/jour) |
Mon conseil pour démarrer : Bosch GMS 120 (120 € HT). Suffisant pour 95 % des cas en résidentiel. Détecte le métal (fer à béton, gaines acier), les câbles sous tension 230 V, les structures bois, et donne la profondeur. Pour le tertiaire ou le béton armé épais, monte gamme ou loue un Hilti.
Procédure de détection avant carottage
- Calibrer le détecteur sur la zone (poser à plat, attendre stabilisation 5 sec)
- Balayer un carré de 50×50 cm autour du point de carottage prévu
- Marquer au crayon de chantier toutes les détections : armatures, câbles élec, gaines
- Si la zone est « truffée » : déplacer le carottage de 10–20 cm
- Vérifier également côté intérieur du mur (radiateur ?, prise élec ?, gaine ?)
- Photographier le mur avec les marquages avant carottage (preuve de précaution prise)
- Demander confirmation au client : « Avez-vous une gaine élec ou un câble passant par cette zone ? » (souvent il sait)
Schéma — zones à risque dans un mur intérieur
Règles d'éviction systématique
- Verticale au-dessus d'une prise élec : jamais (gaine alim qui descend du tableau)
- Horizontale au niveau d'un interrupteur : jamais (ligne d'alim horizontale)
- 30 cm autour d'un radiateur : tubes alim chauffage
- Verticale sous un point d'eau salle de bain : alim eau froide/chaude
- Sur un joint de dilatation : jamais (dégradation structure)
- À moins de 30 cm d'un angle de mur : zone d'armatures renforcée en béton armé
- Sous une fenêtre : linteau béton + ferraillage important
3. Choisir l'outil de carottage
Carotteuse à eau vs à sec
| Type | Pour | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Carotteuse à eau | Béton armé, dalle dure | Pas de poussière, mèche refroidie, propre | Eau qui coule (bâche au sol), électricité+eau = différentiel obligatoire |
| Carotteuse à sec | Parpaing, brique, ossature bois | Léger, rapide, sans eau | Beaucoup de poussière (aspirateur connecté), mèche chauffe |
| Perforateur SDS-MAX + scie cloche | Carottage occasionnel petits Ø | Polyvalent | Précision moyenne, plus lent |
Outils pro recommandés
- Carotteuse à sec Bosch GBM 32-4 : 700 €, idéal solo en démarrage, parpaing/brique/bois
- Carotteuse à eau Hilti DD 150-U : 2 500 € ou location 80 €/jour, béton armé
- Mèche diamantée Ø 80 mm (ce qu'il te faut pour carotter une liaison clim/PAC) : 80–250 €
- Aspirateur connecté à carotteuse : Bosch GAS 35 ou Festool CT 26 (300–600 €)
- Bâches de protection sol + scotch chantier
Stratégie démarrage
Pour tes premiers chantiers : louer la carotteuse (60–100 €/jour chez Loxam/Kiloutou). Tu te fais la main sans engager 700–2 500 € d'achat. Quand tu vois que tu fais 2-3 carottages par semaine : rachat amorti en 8 mois.
4. Procédure carottage Ø 80 mm — pas à pas
Préparation
- Détection complète (cf. section 2)
- Identifier l'inclinaison : 5° vers l'extérieur, jamais à plat (eau de condensats doit s'évacuer dehors)
- Mesurer la hauteur du carottage : à 80 cm + de la position UI minimum (prévoir longueur liaison)
- Bâcher le sol intérieur (eau ou poussière)
- Prévenir le client du bruit (15–25 min de carotteuse à 90 dB)
- EPI : casque anti-bruit (≥ 30 dB d'atténuation), lunettes, gants chantier, masque P3
- Différentiel 30 mA si carotteuse à eau (électricité + eau)
Marquage du point exact
- Marquer au crayon le centre du futur trou
- Tracer un cercle de Ø 80 mm centré (pour visualiser l'emprise)
- Vérifier que le cercle ne mord pas sur une zone à risque
- Si carotteuse à colonne : poser le socle, fixer au mur via cheville (ou ventouse vide pour béton lisse)
- Si carotteuse à main : prendre repère stable, niveau bulle pour vérifier l'inclinaison 5°
Schéma — inclinaison 5° vers l'extérieur
Le trou descend de l'intérieur vers l'extérieur. La pente est faible (5°) mais critique. Sans cette pente, l'eau de condensation et la pluie battante remontent par capillarité dans le trou et finissent dans la maison.
Carottage — geste correct
- Démarrer la mèche sur le repère, à vitesse réduite jusqu'à amorce du trou (1–2 cm)
- Vérifier l'inclinaison au niveau bulle après amorce — corriger si nécessaire
- Augmenter la vitesse progressivement
- Maintenir une pression constante, pas de coups, pas de saccades
- Si carotteuse à eau : vérifier que l'eau coule en continu autour de la mèche (refroidissement)
- Tous les 30 secondes : retirer la mèche de quelques cm pour évacuer la carotte (matière + chips métalliques)
- Si tu sens une résistance brusque : tu touches du fer à béton. STOP. Re-détecter, déplacer si possible. Si pas possible et armature non critique, ralentir et passer (mèche diamantée coupe le fer, mais risque structure)
- À la sortie du mur côté extérieur : ralentir, sinon éclats du parement extérieur (crépi, bardage)
- Récupérer la carotte : insérer un cale-béton ou faire un effet de levier, attention à la masse de la carotte (Ø 80 × 250 mm = 1,5–3 kg)
5. Étanchéité après carottage
Le trou est fait — maintenant il faut l'étancher
- Nettoyer le trou (aspirateur ou chiffon humide selon technique)
- Passer la liaison frigorifique + bus + condensats + alim, le tout pré-isolé en goulotte ou gaine
- Appliquer un manchon d'étanchéité côté extérieur : mousse polyuréthane PU expansive (Sika Bond ou Soudal Soudafoam) ou manchon préformé caoutchouc
- Côté intérieur : mastic acrylique blanc pour finition esthétique
- Si mur en ossature bois : réparation impérative du pare-vapeur avec scotch d'étanchéité spécifique (Pro Clima Tescon Vana)
- Test d'étanchéité : après 24 h, vérifier qu'il n'y a pas d'infiltration d'eau ni de courant d'air visible
Erreurs étanchéité fréquentes
- Mousse PU appliquée sans support : dégouline, finition pourrie. Utiliser une chambre fermée (manchon préformé)
- Pas de pare-vapeur réparé en ossature bois : humidité dans isolant, condensation = pourriture en 2-3 ans
- Silicone à la place de mortier : tient 2 ans puis se décolle
- Trou trop grand par rapport aux liaisons : courant d'air permanent, perte thermique. Calibrer le trou au plus juste
6. Cas particuliers
Mur en pierre apparente (chalet, bâtisse ancienne)
- Pierre dure (granit, gneiss savoyard) = carottage à l'eau impératif
- Risque d'éclats du parement = ralentir à la sortie
- Esthétique : privilégier le mortier à la chaux pour reboucher (vs ciment trop blanc)
- Refacturer +30 % pour ce type de mur (durée +50 %, mèche s'use vite)
Façade ABF (zone Architecte des Bâtiments de France)
- Centres historiques Chambéry, Annecy, Grenoble, Megève, Beaufort
- Avis ABF obligatoire pour tout perçage façade visible
- Démarche client : dépose dossier en mairie, 2-3 mois d'instruction
- Souvent imposé : UE non visible depuis voie publique, goulotte couleur enduit
- Refus possible : prévoir alternative monobloc ou autre emplacement
Copropriété (article 25 loi 1965)
- Modification de l'aspect extérieur (UE en façade) = vote AG copro
- Démarche client : déposer demande à la prochaine AG, attendre vote (peut prendre 6-12 mois)
- Ne PAS commencer sans accord écrit copro : démolition possible aux frais du client
- Pose UE balcon non visible depuis cour ou rue : souvent passe sans vote AG, mais à confirmer par syndic
7. Erreurs fatales perçage / carottage
Mantra du carotteur prudent
« Un trou propre, c'est : détecté, marqué, photographié, percé droit, étanché correctement, photographié à nouveau. »
Si tu prends 5 min pour détecter, tu en gagnes 5 jours en SAV évité.
📋 Fiche identité — pose goulotte
- Cadre : esthétique + protection mécanique de la liaison frigo
- Norme matériaux : NF EN 13501 (réaction au feu : B-s2,d0 minimum en intérieur)
- Outils essentiels : niveau laser, scie à métaux fine, boîte à onglets, perceuse, chevilles adaptées au mur
- Durée pose 5 m goulotte droite extérieure : 1 h–1 h 30
- Règle d'or : tout commence par un tracé propre. Pas de tracé droit = pas de goulotte droite. Jamais.
1. Choisir la bonne section
Tableau des sections courantes
| Section goulotte | Capacité utile | Usage type |
|---|---|---|
| 60 × 45 mm | 1 mono-split standard 9–12k | Liaison 1/4" + 3/8" + bus + condensats + alim |
| 75 × 65 mm | 1 mono-split 18k ou bi-split | Liaisons jusqu'à 1/2" |
| 110 × 75 mm | Bi/tri-split, PAC A/E petite | Liaisons jusqu'à 5/8" |
| 140 × 95 mm | PAC A/E moyenne, multi 4 UI | Grosses liaisons, multi-circuit |
| 180 × 110 mm | PAC A/E grosse puissance | Très volumineuse, peu esthétique |
Règle pratique : prendre une section au-dessus du strict nécessaire. Une goulotte trop juste où tu galères à passer les liaisons + isolant + bus = tu vas l'abîmer en forçant. Et tu ne pourras pas y ajouter quoi que ce soit plus tard (sonde, câble).
2. Choisir le bon matériau
| Matériau | Couleur | Pour | Inconvénient |
|---|---|---|---|
| PVC blanc | Blanc/crème | Façade claire standard | Jaunit aux UV après 5–8 ans |
| PVC anthracite | Gris foncé | Façade moderne, chalets bois | Plus cher, moins de stock |
| PVC peignable | Blanc à peindre | Mimer la couleur du crépi | Préparation de surface obligatoire |
| Aluminium | Naturel/anodisé | Tertiaire, haut de gamme | 3–5× plus cher |
| ABS choc renforcé | Diverses | Lieux passage / accès public | Cher, peu de stock |
Conseil pro
Pour Savoie/Isère où on a beaucoup de chalets et maisons en bois : stock 2 couleurs de référence : blanc (90 % des cas) et brun foncé / anthracite (chalets). Pour les couleurs spéciales, c'est sur commande, prévoir 2 semaines.
3. Tracé — la base d'une pose propre
⚠ Personne ne tracé à l'œil. Personne.
Même un pro avec 20 ans de métier trace sa goulotte avec un niveau ou un laser. À l'œil, dès qu'on a 50 cm, on dévie de 2 cm sans s'en rendre compte. Avec un laser, on est droit sur 5 mètres. Investis 80–150 € dans un niveau laser auto-nivelant (Bosch GLL 3-80 ou Stanley Cubix), tu vas le rentabiliser en 3 chantiers.
Méthode tracé pas à pas
- Décider du parcours : depuis la sortie de mur (perçage) jusqu'à l'UE. Privilégier des trajets droits + angles 90°. Éviter les courbes
- Repérer les obstacles : gouttières, descentes EP, fenêtres, prises extérieures, lampes, joints de dilatation
- Poser le niveau laser sur trépied à environ 1 m du mur, projeter une ligne horizontale et/ou verticale
- Tracer au crayon de chantier (ou marqueur peinture effaçable) tous les 30 cm le long du faisceau laser
- Pour les angles : prévoir 2 cm de marge de chaque côté pour les pièces de raccordement
- Vérifier les longueurs avant de couper (mesure 2 fois, coupe 1 fois)
- Marquer les points de fixation : tous les 50 cm sur portion droite, 10 cm de chaque côté d'un angle
Schéma trajet type
Privilégier 1 ligne horizontale haute + 1 descente verticale + court tronçon vers l'UE. Plus simple, plus propre, plus facile à dépanner plus tard.
4. Outils essentiels — set complet de pose goulotte
| Outil | Modèle / spec | Budget HT |
|---|---|---|
| Niveau laser auto-nivelant | Bosch GLL 3-80, Stanley Cubix, Hilti PM 30-MG | 80–250 € |
| Trépied photo / laser | Bosch BT 150 ou similaire | 30–60 € |
| Niveau bulle 60 cm | Stabila type 96 ou équivalent | 40–60 € |
| Mètre-ruban 5 m | Stanley Powerlock | 15 € |
| Crayon de chantier + craie | Pica Dry, marqueur peinture | 10 € |
| Scie à métaux fine | Lame 24 dents/pouce | 15 € |
| Boîte à onglets | Pour coupes 45° et 90° propres | 30 € |
| Perceuse-visseuse 18 V | Bosch GSR ou Makita DDF | 150–250 € |
| Perforateur SDS+ | Bosch GBH 2-26 ou équiv. (béton) | 200–350 € |
| Mèches béton + bois | Set 5–10 mm | 40 € |
| Chevilles adaptées au mur | Fischer SX (béton/brique), Molly (creux) | 20 €/boîte |
| Mastic acrylique blanc | Tube 310 ml + pistolet | 10 € |
| Silicone neutre | Pour étanchéité goulotte/mur en façade | 10 € |
| Cutter | Lame neuve impérative | 5 € |
5. Pose pas à pas
Préparation de la goulotte
- Mesurer la longueur exacte de chaque tronçon en tenant compte des pièces de raccordement (angles, joints)
- Couper la partie socle (la base à fixer au mur) à la longueur exacte avec scie à métaux fine + boîte à onglets
- Couper le couvercle à 5 mm plus court que le socle (laisse les angles raccorder proprement)
- Ébavurer les coupes au cutter
- Préparer les pièces de raccord d'angle : angle plat extérieur (90° vers l'extérieur du mur), angle plat intérieur (90° vers l'intérieur), variateur, joint plat, embout
Fixation du socle au mur
- Présenter le socle au mur le long du tracé laser
- Pré-percer un trou tous les 50 cm sur partie droite, plus rapprochés près des angles
- Adapter la mèche au support : béton/brique = mèche béton SDS+, plâtre/Placo = mèche bois ou perceuse classique
- Insérer les chevilles avant de visser : Fischer SX 6 (béton/brique creuse), Molly (cloison creuse Placo)
- Visser sans serrer trop fort : tu déformes le socle si tu écrases. Sentir la résistance et arrêter quand le socle plaque sans se voiler
- Vérifier au niveau bulle après chaque mètre que c'est bien droit
Passage des liaisons
- Fil de tirage : passer une cordelette ou un câble électrique de tirage dans toute la longueur du socle
- Solidariser les liaisons (frigo + bus + condensats + alim) avec des colliers tous les 30 cm — pas trop serrés
- Tirer en douceur, sans forcer aux angles
- Vérifier que tout entre : si ça force = goulotte sous-dimensionnée, recommencer avec une section au-dessus
- L'évacuation des condensats doit avoir une pente continue de 1 cm/m vers l'extérieur
Fermeture du couvercle
- Clipsage du couvercle sur le socle, dans le sens montrant les agrafes vers le bas (eau ne rentre pas par capillarité)
- Pose des angles, embouts, et pièces de raccordement
- Joint silicone neutre uniquement aux entrées dans le mur (perçage UE et perçage UI)
- Pas de silicone sur les joints de couvercle : il faut pouvoir rouvrir pour SAV
6. Finitions qui font la différence pro
- Bord de goulotte aligné sur l'huisserie quand possible (porte, fenêtre, châssis volet)
- Angles 45° aux changements de direction longue distance plutôt que 90° secs (visuellement plus doux)
- Entrée dans la goulotte côté mur : percer le socle, faire entrer la liaison par-dessous, la pièce de finition cache la jonction
- Pas de vis apparentes sur le couvercle (que sur le socle, caché)
- Mastic acrylique blanc entre le bord de goulotte et le mur si écart visible (mur pas droit)
- Photo finale propre systématique pour ton portfolio
7. Erreurs classiques à éviter
Conseil de mentor
Sur ton premier chantier, demande à un confrère de regarder ta goulotte juste après pose. Critique constructive entre pros = progression rapide. Et si tu veux gagner du temps : regarde 2-3 vidéos YouTube de poseurs Mitsubishi ou Daikin certifiés, tu verras les gestes.
📋 Fiche identité — sorties UI murale split
- Sorties possibles : 5 (arrière directe, gauche, droite, gauche-bas, droite-bas)
- Sortie standard à la livraison : arrière droite (la plus fréquente)
- Modification : couper l'amorce plastique avec un cutter robuste, puis cintrer la liaison interne UI
- Risque principal : écraser le tube cuivre interne en le cintrant (perte d'étanchéité)
1. Schéma — les 5 sorties
2. Choisir la bonne sortie selon le chantier
| Configuration | Sortie recommandée | Pourquoi |
|---|---|---|
| UI sur mur extérieur direct | A (arrière) | Pas de goulotte, traversée mur direct |
| UI sur mur intérieur, traversée à droite | D (droite) | Goulotte horizontale courte vers fenêtre / mur ext |
| UI sur mur intérieur, traversée à gauche | G (gauche) | Idem en miroir |
| UI haute, sortie en plinthe | DB ou GB (droite-bas / gauche-bas) | Descente goulotte verticale puis horizontale |
| Bi-split symétrique mur intérieur | 1 G + 1 D | Croisement des goulottes évité |
3. Modifier la sortie d'une UI livrée standard
Quand le faire
L'UI arrive avec la sortie A (arrière). Si ton parcours nécessite G, D, GB ou DB, tu dois modifier l'UI avant la pose, sur le sol, posée à plat. Plus facile.
Étapes de modification
- Poser l'UI à plat, dos vers le haut, sur une surface molle (carton)
- Identifier la zone à découper : une amorce préformée plastique sur le côté concerné
- Avec un cutter à lame robuste (pas un cutter de bricolage), couper le long du tracé en plastique. Faire 2-3 passages, ne pas forcer
- Casser proprement le morceau de plastique en pliant doucement
- Ébavurer les bords avec une lime fine ou du papier de verre 120 (pour ne pas couper la liaison ou ses isolants)
- Localiser le tube cuivre interne UI (visible dans la cavité dorsale)
- Cintrer le tube avec délicatesse : à la main, par petits mouvements, jamais d'angle vif. Rayon de courbure mini = 30 mm
- Si le tube est rigide : utiliser un cintreur à ressort (extérieur, qu'on glisse sur le tube) — JAMAIS un cintreur à pince (écrase)
- Vérifier qu'aucun pli ni aplatissement n'est présent (test visuel + pression doigt)
- Repositionner les écrous flares ou les capuchons protection sur les nouvelles extrémités
Erreur fatale
Cintrer trop sec → tube écrasé → pertes de charge → perfo ruinée → en SAV plus tard, fluide va passer mais COP nul. Si le tube fait un pli, l'UI est bonne pour SAV constructeur (et tu paies le remplacement). Donc : doucement, à la main, sans forcer.
4. Pose de l'évacuation des condensats selon la sortie
Le bac de condensats UI a 2 sorties : gauche et droite. Tu adaptes selon ta configuration.
- Identifier les 2 sorties du bac (deux bouchons amovibles)
- Choisir celle qui correspond à ton parcours de descente d'évacuation
- Boucher l'autre sortie avec son bouchon caoutchouc ou colle PVC
- Raccorder le tube PVC souple Ø 16 mm avec collier de serrage
- Veiller à une pente continue de 1 cm/m sur tout le trajet
- Pas de col de cygne ascendant (l'eau remonterait, refoulerait dans l'UI)
- Évacuation finale : extérieur (avec passage en goulotte) ou siphon évier (avec garde d'eau)
⚠ Si évacuation impossible en pente continue
Cas : UI haute, exutoire bas, mais besoin de remonter avant de descendre (passage de poutre, contournement de placard). Solution : pompe de relevage (Aspen Mini Aqua, Sauermann SI-1820 — 80–150 € HT). Petite pompe silencieuse intégrée à l'UI, soulève l'eau de 5–8 m. Indispensable dans certaines configs.
5. Erreurs classiques sortie UI
⚠ Ce qui te fait peur en arrivant ce matin-là
- « Si je casse le mur, c'est combien de remise en état ? »
- « Mes premiers dudgeons vont-ils tenir 30 bar d'azote ? »
- « Si la pression remonte au test, je trouve la fuite comment ? »
- « Le client va voir que je suis débutant ? »
- « Et si la clim ne démarre pas à 18 h 30, je fais quoi ? »
✓ Ce qui va bien se passer
- Tu détectes avant de carotter. Le détecteur multi-matières fait 95 % du boulot — tu suis ses indications, pas ton intuition.
- Tu serres au couple. Clé dyna réglée sur la valeur constructeur (16, 38 ou 55 N·m selon Ø) → tes flares tiendront.
- Tu testes 1 h sous azote. Si fuite, l'eau savonneuse te la montre. Tu resserres, tu retestes. Personne ne lance le tirage au vide sans un test étanche.
- Tu as un plan B. Si MES impossible J1 (livraison incomplète, panne pompe à vide, fluide manquant), tu fermes les vannes en cale avant, capuchons en place, et tu reviens J2. Le client comprend.
- Tu n'es pas seul. Hotline constructeur (Daikin, Mitsubishi, Atlantic) répond à des techniciens — c'est leur métier, pas une faveur.
📋 Fiche identité — Jour 1 mono-split
- Durée totale : 6–8 h pour mono-split standard, 8–10 h pour bi-split
- Équipe : 1 personne suffit (UI + UE jusqu'à 18k = transport solo possible)
- Au-delà de 24k : 2 personnes pour soulever l'UE (50–80 kg)
- Cadre : NF EN 378-2 (sécurité circuits frigo), NF C 15-100 (élec), DTU 65.16 si applicable
1. Arrivée chez le client (8 h–8 h 30)
- Saluer client + tour rapide rappel emplacement UI/UE/parcours
- Présenter le déroulement de la journée (durée, bruit, coupure élec)
- Demander où couper l'eau (si proche du chantier)
- Demander accès tableau électrique + permission de couper le circuit concerné
- Bâcher zones de passage (intérieur ET extérieur)
- Sortir le matos depuis le camion, organiser sur la bâche
- Faire signer le bon d'intervention si pas déjà fait (état des lieux confirmé)
2. Pose UI (8 h 30–10 h)
- Présenter le gabarit (carton fourni avec l'UI) au mur, à l'emplacement validé
- Vérifier au niveau bulle que c'est parfaitement horizontal + à la bonne hauteur (2,10 m mini sol-bas UI)
- Marquer les points de fixation
- Déplacer le gabarit, percer les trous (mèche selon support)
- Cheviller (chevilles adaptées au mur — voir Goulottes)
- Fixer la patte de support UI au mur
- Modifier la sortie de l'UI (G/D/GB/DB) si nécessaire — voir Sortie liaison
- Préparer la liaison frigo + bus + condensats côté UI :
- Couper aux longueurs nécessaires
- Ébavurer intérieur+extérieur
- Engager les écrous flares avant dudgeon
- Dudgeonner les 2 extrémités côté UI
- Lubrifier portée (1 goutte huile POE)
- Raccorder à l'UI : serrer les écrous flares au couple (clé dynamométrique)
- Raccorder le tube condensats au bac UI
- Raccorder le bus de communication (vérifier polarité, généralement repérée par couleurs)
- Soulever l'UI sur sa patte de support : l'UI s'accroche en haut puis se rabat en bas
- Vérifier qu'elle est bien clipsée et stable
3. Carottage du mur extérieur (10 h–10 h 45)
Voir le sous-onglet dédié Perçage / Carottage pour les détails. Rappels rapides :
- Détection préalable obligatoire
- Inclinaison 5° vers extérieur
- EPI (casque anti-bruit, masque, lunettes, gants)
- Bâche au sol
- Aspirateur connecté ou eau (selon carotteuse)
4. Pose UE (10 h 45–12 h)
- Si console murale : présenter au mur, vérifier hauteur (30–50 cm sol Savoie), niveau bulle
- Marquer + percer + cheviller (chevilles A2 inox extérieur — résistance corrosion)
- Fixer la console
- Tampons antivibration en place sur la console (souvent 4 patins caoutchouc)
- Soulever l'UE sur la console (1 personne < 30 kg, 2 personnes au-delà — voir Hauteur & sécu si en hauteur)
- Vérifier qu'elle est centrée et bien posée sur les tampons
- Si plot béton au sol : poser l'UE dessus, vérifier la stabilité, ajouter cale antivibration
Pause déjeuner (12 h–13 h)
5. Liaison frigo entre UI et UE (13 h–14 h 30)
- Tirer la liaison déjà raccordée à l'UI à travers le mur (carottage)
- Côté extérieur : poser la goulotte (voir Goulottes)
- Faire passer dans la goulotte : liaison frigo + bus + condensats + alim UE
- Cintrer délicatement la liaison frigo si nécessaire (rayon ≥ 10× Ø tube)
Le dudgeon — geste détaillé
C'est le geste qui te fait peur. Bonne nouvelle : c'est mécanique, donc reproductible. Tu suis 8 micro-étapes, et tu obtiens un flare étanche à tous les coups.
Jamais à la scie (limaille de cuivre = mort du compresseur). Mini-coupe-tube Stanley 0-70-447 (~12 €) pour Ø 1/4 et 3/8", Rothenberger Pipeslice (~25 €) plus rapide. Faire tourner le coupe-tube autour du tube en serrant doucement à chaque tour. Le tube se sectionne net.
Ébavureur Imperial 175C (~25 €) ou Rothenberger 11006. Tu mets l'outil tube vers le bas (les copeaux tombent à l'extérieur, jamais dans le tube). Tu tournes 2-3 fois. Touche au doigt : la lèvre intérieure doit être lisse.
L'erreur n°1 du débutant : dudgeonner, puis vouloir glisser l'écrou (impossible, il faut tout recouper). L'écrou se glisse en premier, sens vissage vers la coupe. Vérifie 2 fois avant de mettre le tube dans la dudgeonneuse.
Outil de référence solo : bloc à dudgeonner Imperial 275-FS (~95 €) ou Rothenberger Roflare (~120 €) — flare 45° à came excentrique. Le tube doit dépasser de l'orifice de environ 1 mm (épaisseur d'un ongle). Trop court = portée tronquée. Trop long = excès qui fissure.
Une goutte d'huile compatible R32 (POE — POlyolEster — type Mobil EAL Arctic 22 ou ANEST IWATA) sur la portée intérieure du tube. Jamais d'huile minérale (incompatible R32, fait gélifier le compresseur).
Tu visses la poignée à la main en continu, sans à-coups. Tu sens la matière qui se forme. Quand l'outil cliquète (limiteur de couple) → c'est fini. Pour les modèles sans cliquet : arrête quand tu sens la résistance forte mais avant l'effort violent.
Tu dévisses, tu sors le tube, tu regardes à la lumière : (1) portée brillante uniforme (pas de strie), (2) évasement régulier sur les 360° (pas un côté plus bombé), (3) pas de fissure radiale (souvent due à un cuivre trop dur), (4) diamètre conforme (Ø 9,1 ± 0,1 mm pour 1/4", Ø 16,6 ± 0,2 mm pour 3/8").
Clé dyna obligatoire (Bahco 7455, ~120 €, ou Wera Click-Torque). Tu visses d'abord à la main jusqu'à contact. Puis avec la dyna, en maintenant le corps de vanne avec une clé plate (pour ne pas tordre). Couples de référence : 1/4" → 16 N·m 3/8" → 38 N·m 1/2" → 55 N·m 5/8" → 75 N·m
- Raccorder à l'UE (vannes liquide + gaz, écrous flares au couple)
- Raccorder le bus de communication (selon notice constructeur, polarité)
⚠ Tes peurs du dudgeon
- « Et si mon évasement n'est pas assez grand ? »
- « Si je serre trop, ça fissure ? »
- « Si je rate, je dois racheter du tube ? »
✓ Tes garde-fous
- L'inspection visuelle te sauve. Tu dévisses, tu regardes, tu refais si moche. Pas de honte à rater 2 fois — c'est fait pour ça.
- La clé dyna t'empêche de surserrer. Elle clique à la valeur, tu t'arrêtes. C'est l'outil qui décide.
- Une couronne de cuivre 1/4" coûte 35 €/15 m. Rater 30 cm = 70 cents. Tu as droit à plein d'essais.
6. Élec — alim UE (14 h 30–15 h 30)
- Couper le tableau (général ou différentiel concerné)
- Tirer le câble alim UE (3G2,5 standard, 3G4 si UE > 24k)
- Au tableau :
- Disjoncteur dédié 16 ou 20 A courbe C ou D (vérifier plaque UE)
- Différentiel 30 mA Type A ou F (jamais AC sur inverter)
- Côté UE : connecter dans le bornier alim (L, N, terre)
- Serrer au couple constructeur (souvent 1,2–1,5 N·m sur borniers)
- Refermer le capot UE
- Côté tableau : étiqueter le disjoncteur « Clim UE séjour » (par exemple)
- Remettre l'alim, vérifier que le différentiel ne saute pas (test bouton de test)
7. Test étanchéité azote (15 h 30–16 h 30)
Tu as raccordé tes 4 flares (2 côté UI, 2 côté UE). Maintenant tu prouves qu'ils tiennent. Tu mets le circuit sous azote sec (jamais d'oxygène — risque d'explosion avec l'huile compresseur), tu attends 1 h, tu vérifies que la pression ne bouge pas.
Bouteille B11 (1 m³ comprimé à 200 bar) achetée ou louée chez Air Liquide / Linde / Westfalen — typique 80–120 € caution + 25–40 €/recharge. Toujours azote SEC (qualité 4.0 mini), jamais oxygène.
Flexible jaune (charge) du manifold sur le port Schrader de la grosse vanne (gaz) UE. Détendeur d'azote (Refco 4675, ~120 €) sur la sortie bouteille. Sortie détendeur reliée par tuyau HP au flexible bleu (BP) du manifold via raccord d'azote.
Robinet bouteille en position ouverte progressivement (un quart de tour, attendre, encore un quart). Le manomètre HP du détendeur monte à la pression bouteille (200 bar plein, 50–100 bar à moitié). Le manomètre BP reste à 0 tant que le détendeur n'est pas ouvert.
Tourne la molette du détendeur dans le sens horaire pour faire monter la pression aval. Limite absolue : 41 bar (PS du circuit basse pression sur R32). Au-delà, tu risques de déformer un composant interne UE/UI.
Vanne BP du manifold en position ouverte (sens anti-horaire). L'azote entre dans le circuit côté UE → liaison → UI. La pression au manifold monte en quelques secondes jusqu'à équivalence avec la pression détendeur.
Quand la pression cible est atteinte : ferme la vanne du manifold, ferme la vanne bouteille, ferme le détendeur. Le circuit reste sous 30–40 bar. Note la pression exacte au manomètre + l'heure de départ.
Pulvérisateur (eau du robinet + 1 dose de liquide vaisselle) ou bombe spécifique Refco LD-200 (~7 €). Pulvérise sur chaque flare : les 2 raccords UI + les 2 raccords UE + le port Schrader UE. Bulles qui montent = fuite. Attends 30 secondes, certaines fuites lentes ne se voient qu'avec un peu de patience.
Si fuite détectée à un flare : tu décharges l'azote (vanne manifold ouverte côté pompe vide, jamais via les vannes service), tu re-serres le flare au couple (un peu plus fort, max +10 %), tu re-pressurises. Si la fuite persiste : tu démontes, tu inspectes le flare, tu recoupes/redudgeonnes si abîmé.
Tu laisses sous pression. Tu reviens à T+15 min, T+30 min, T+60 min, et tu notes la pression à chaque relevé. Tolérance : -0,5 bar maximum sur 1 h (et compte la variation de température ambiante : -1 bar par -10 °C est normal). Si chute supérieure → fuite, retour à l'eau savonneuse.
Connecter la pompe à vide sur le manifold à la place du tuyau azote. Ouvrir les vannes manifold côté pompe, l'azote se purge dans le pot d'aspiration. JAMAIS de purge directe à l'atmosphère par les vannes service (tu vidanges aussi l'huile du compresseur, désastre).
⚠ « La pression descend, je fais quoi ? »
- « Elle baisse de 0,2 bar en 30 min, c'est grave ? »
- « Je ne vois pas de bulles, mais ça baisse »
- « Le client commence à s'impatienter… »
✓ Méthode de diagnostic
- 0,2 bar / 30 min sur 30 bar = 0,7 %. Souvent du ΔT ambiant (le soleil sur le tuyau de manifold). Note la T° et compare avec PV = nRT.
- Re-pulvérise patiemment chaque flare 1 minute pleine. Les fuites lentes sont parfois visibles seulement après 60-90 sec de pulvérisation.
- Détecteur électronique R32 (Inficon Tek-Mate ~250 €) en complément : 10× plus sensible que l'eau savonneuse.
- Le client comprend. Tu lui expliques que tu fais une étanchéité dans les règles. Mieux vaut +30 min ici que 3 retours SAV plus tard.
8. Tirage au vide (16 h 30–17 h 30)
- Raccorder pompe à vide sur flexible jaune du manifold
- Mettre vacuomètre digital sur l'autre Schrader (ou en T sur même flexible)
- Démarrer pompe à vide
- Ouvrir manifold côté vide
- Pression descend rapidement les premières minutes
- Plateau autour de 1000 µm Hg → casse souvent ici si humidité dans le circuit
- Continuer jusqu'à < 250 µm Hg (objectif : 100–200 µm)
- Quand atteint : fermer manifold
- Couper la pompe
- Test de remontée : attendre 10 min sans toucher, le vide ne doit pas remonter au-dessus de 500 µm Hg. Si remontée : fuite ou humidité, recommencer le test étanchéité
9. Mise en service (17 h 30–18 h 30)
- Ouvrir les vannes UE : petite d'abord, grosse ensuite (sauf instruction constructeur contraire — voir Vannes)
- Vérifier que la pression remonte au manifold (saturation)
- Visser les capuchons des Schrader au couple
- Remettre l'alim générale + alim UE
- Démarrer la clim avec la télécommande
- Mode froid en été, mode chaud en hiver
- Vérifier :
- Compresseur démarre (entendre le bruit caractéristique)
- Ventilo UI souffle
- Ventilo UE tourne
- Pas de bruit anormal
- Mesurer les pressions BP/HP au manifold (port en mid-seat)
- Mesurer ΔT air UI : souffle vs reprise — froid 8–12 K, chaud 18–24 K
- Surveiller 15 min (cycle stabilisé)
- Démonter manifold, capuchons en place
10. Démo client + remise dossier (18 h 30–19 h)
- Démonstration télécommande : marche / arrêt, mode froid / chaud / déshumi, températures, vitesse ventilo, programmation
- Connexion appli mobile (Daikin Onecta, Mitsubishi MELCloud, etc.) — wifi du client
- Notice simplifiée à laisser
- Carnet d'entretien rempli (pose, n° série, charge, fluide, date)
- Conseils : nettoyage filtre tous les 2 mois, entretien annuel
- PV de réception signé sans réserve (idéalement)
- Facturation finale : solde du devis
- Photos finales (UI en place, UE en place, goulotte propre)
- Saluer + remercier
1. Cas typiques où le J2 est nécessaire
- Bi-split ou tri-split : 2-3 UI à poser + autant de liaisons. Pose en J1, mise en service en J2.
- Carottage difficile : béton armé épais, demi-journée perdue → tirage vide reporté.
- Vide impossible : humidité dans le circuit, pompe en bout de course → reprendre le lendemain.
- Météo : pluie battante en J1, pose UE reportée.
- Test fuite échoué : une fuite à serrer, retest le lendemain.
- Modification chantier en cours : client demande de déplacer l'UI au dernier moment.
2. J2 — Reprise mise en service
- Vérifier la pression du circuit (encore sous azote ou sous vide depuis J1 ?)
- Si sous vide depuis J1 : remontée acceptable ? < 500 µm Hg = OK. Au-delà = refaire un cycle vide
- Si pression chute brutalement entre J1 et J2 : fuite, recommencer le test azote
- Reprendre la procédure mise en service standard (étape 9 du J1)
3. J2 — Mise en service bi/tri-split
- Vérifier que toutes les UI sont raccordées et fixées
- Vérifier toutes les liaisons frigo (test azote sur l'ensemble en parallèle)
- Tirage au vide global de l'ensemble (toutes UI + liaisons + UE)
- Selon constructeur : certains demandent de tirer le vide circuit par circuit (notice à vérifier)
- Ouverture vannes UE après vide complet
- Vérifier la circulation dans chaque UI individuellement : démarrer une UI seule, sentir le souffle, vérifier T° de soufflage
- Démarrer toutes les UI ensemble : vérifier équilibrage des charges (UE doit gérer)
- Mesures pressions BP/HP en charge nominale (toutes UI ON)
- Démo client de chaque UI individuellement
4. J2 — Charge complémentaire si liaison longue
Pour les chantiers où la liaison cumulée > 5 m (ou ce que dit la notice constructeur), il faut compléter la charge fluide.
- Calculer la charge complémentaire : souvent 20 g/m au-delà de 5 m pour mono-split, 50 g/m pour PAC A/E (vérifier plaque UE)
- Démarrer la clim mode froid (saison) ou chaud, selon constructeur
- Brancher manifold sur Schrader UE
- Brancher bouteille R32 sur flexible jaune
- Bouteille R32 sur balance précision 0,1 kg
- Tare la balance bouteille en place (avant ouverture)
- Ouvrir bouteille, ouvrir manifold côté charge
- Le compresseur aspire le fluide, la balance se vide progressivement
- Quand la masse complémentaire est atteinte : fermer le manifold côté charge immédiatement, fermer la bouteille
- Mettre à jour le carnet F-Gas : charge totale = charge plaque + complément
- Vérifier les pressions BP/HP après charge : doivent être nominales
⚠ Charge en phase liquide ou phase gaz ?
R32 en split : bouteille à l'envers (phase liquide) ou à l'endroit (phase gaz). La phase liquide charge plus vite mais peut surcharger l'UE si trop rapide. Standard : phase liquide à compresseur arrêté, ou phase gaz compresseur en marche. Lire la notice du modèle exact.
5. J2 — Diagnostic d'un problème détecté en J1
Cas typique : tu as fini la pose, mais à la mise en service : code erreur, pression anormale, bruit suspect. Tu reprends le lendemain pour diagnostiquer à tête reposée.
- Lire le code erreur affiché (UI ou télécommande)
- Consulter la notice constructeur (codes Daikin, Mitsubishi, Atlantic = voir Entretien → Diag & codes)
- Tester chaque cause possible dans l'ordre du diag arborescent
- Si fuite frigo : récup gaz + réparation + test azote + vide + recharge
- Si défaut élec : vérifier serrages borniers, tester continuité
- Si défaut comm UI/UE : vérifier câble bus + polarité + isolation
- Si carte HS : appel SAV constructeur (sous garantie) ou commande pièce de rechange
📋 Fiche identité — multi-split
- UI possibles par UE : 2 à 5 (parfois 8 sur certaines gammes)
- Limite longueur cumulée liaisons : typiquement 30–80 m (selon UE)
- Limite dénivelé entre UE et UI la plus haute : 10–15 m
- Charge fluide UE : précharge usine + complément calculé
- Mode opératoire : toutes les UI doivent être en chaud OU en froid (sauf VRV/VRF tertiaire à récupération)
1. Multi vs plusieurs mono — comment choisir
| Multi-split | Plusieurs mono-splits | |
|---|---|---|
| Esthétique extérieure | ★★★★ 1 seule UE | ★★ 2-3 UE en façade |
| Coût matos | Souvent +20-40 % vs 2 mono | Moins cher unitairement |
| Coût pose | 1 carottage / 1 alim / 1 UE = vite vu | Multiplier les chantiers |
| Régulation | Toutes UI mêmes mode chaud/froid | Indépendantes |
| SAV | 1 panne UE = toutes UI HS | Indépendantes |
| Fiabilité long terme | Plus de pièces, plus complexe | Simple, robuste |
Conseil pratique débutant
Sur tes 6 premiers mois : privilégie 2 mono-splits à 1 bi-split. Tu fais 2 chantiers simples plutôt qu'un seul compliqué. Tu rentabilises mieux ton apprentissage. Le multi-split, c'est quand tu maîtrises le mono parfaitement.
2. Étapes spécifiques multi-split
Avant la pose
- Calculer la longueur cumulée des liaisons (longueur la plus longue UE-UI #1 + UE-UI #2 + ... ≤ limite constructeur)
- Calculer le dénivelé maximal entre UE et UI la plus haute
- Vérifier que les puissances UI cumulées ne dépassent pas la capacité de l'UE (souvent ratio 130-150 % toléré, vérifier notice)
- Acheter le distributeur de liaisons (refnet) si modèle > 2 UI : pièce qui répartit le fluide entre les UI
Pose
- Pose UE comme un mono
- Pose chaque UI une par une, comme un mono
- Tirage des liaisons : chaque UI a sa propre liaison, raccordée à un distributeur ou directement aux ports UE
- Câble bus : une polarité commune, plusieurs UI en parallèle (vérifier le câble adapté)
- Test étanchéité : tout le circuit ensemble, pas UI par UI (rigueur sur les flares de chaque UI)
- Tirage au vide : tout l'ensemble (compter +20 % de temps vs un mono)
- Charge complémentaire : calculée selon longueur cumulée, peut être conséquente (200–500 g)
3. Pièges spécifiques multi-split
4. Marques multi-split courantes
- Daikin Multi MXM : gamme 2 à 5 UI, toutes UI réversibles, refnet inclus
- Mitsubishi MXZ : 2 à 4 UI, R32, fiabilité reconnue
- Toshiba RAS-Multi : bon rapport qualité/prix
- LG Multi V : jusqu'à 8 UI sur version pro, mais incursion dans le tertiaire (= proche VRV)
- Atlantic Maradja : 2-3 UI, distribution Atlantic Pro
1. Daikin — le leader incontesté
Daikin (Japon)
Position : n°1 marché France, n°1 mondial PAC + clim. Fiabilité légendaire.
Gammes courantes split résidentiel :
- Perfera (FTXM-N) : gamme premium silencieuse (19 dB(A)), filtres haute qualité, capteur de présence
- Comfora (FTXP) : gamme milieu de gamme, bon rapport qualité/prix
- Sensira (FTXF) : entrée de gamme, fiable
- Stylish (FTXA-AT) : design plat, finitions blanc / argent / bois / noir
- Emura (FTXJ) : design haut de gamme, touches métal
Multi-split : gamme MXM (2RXM, 3MXM, 4MXM, 5MXM)
Connexion appli : Daikin Onecta + Madoka (régulation pro)
SAV : Daikin Pro, plateforme installateurs, pièces dispo en 24-48 h
Prix indicatif Savoie 2026 : 1 300–1 800 € HT pour un mono-split 9–12k
Avantages : robuste, technologie éprouvée, formation Daikin Academy, gamme large
Inconvénients : prix premium
2. Mitsubishi Electric — la fiabilité japonaise
Mitsubishi Electric (Japon)
Position : challenger principal de Daikin. Réputation de fiabilité sur 15+ ans.
Gammes :
- MSZ-LN : gamme premium design, technologie i-see (capteur thermique 8 zones)
- MSZ-AP : milieu de gamme, le best-seller
- MSZ-EF Diamond : design ultra-plat avec finition couleur
- MSZ-FT : gamme haute performance climat froid (Hyper Heating, jusqu'à -25 °C)
Multi-split : MXZ jusqu'à 8 UI
Connexion appli : MELCloud (gratuit avec adapter Wifi MAC-887IF)
SAV : Mitsubishi Electric Pro (plateforme), excellente disponibilité pièces
Prix indicatif Savoie 2026 : 1 200–1 700 € HT pour un mono-split 9–12k
Avantages : fiabilité éprouvée, MSZ-FT excellent climat froid (Tarentaise/Maurienne)
Inconvénients : design moins moderne que Daikin Stylish/Emura
3. Mitsubishi Heavy Industries (MHI) — la branche industrielle
Mitsubishi Heavy Industries (Japon, ≠ Mitsubishi Electric)
Note importante : MHI est une autre entreprise que Mitsubishi Electric malgré le nom. Branche industrielle. Souvent confondue. Qualité ≠.
Gammes : SRK (mono), SCM (multi)
Position : bon rapport qualité/prix, moins répandu en France
Avantage : coût matos plus bas que Daikin/Mitsu Electric
Inconvénient : SAV plus compliqué (moins de distributeurs en France)
4. Atlantic — le français bien distribué
Atlantic (France)
Position : marque française historique, grosse présence chez les chauffagistes, distribution Atlantic Pro très étendue.
Gammes split A/A :
- Maradja : gamme principale, mono et bi-split
- Fujitsu Atlantic : distribué via partenariat, qualité Fujitsu
Note : Atlantic est plus connu en PAC A/E qu'en clim A/A. Pour la clim A/A pure, c'est souvent du rebrandé Fujitsu ou autre.
Connexion appli : Cozytouch+ (intégration Tahoma Somfy native)
SAV : très bon SAV national, formation Atlantic Pro accessible
Prix indicatif : 1 100–1 500 € HT mono 9–12k
Avantages : SAV français, distribution facile, intégration Cozytouch pour client domotique
Inconvénients : moins de gammes premium pure clim
5. LG Electronics — le coréen technologique
LG Electronics (Corée du Sud)
Position : bon design, technologie embarquée moderne, prix attractif
Gammes :
- Standard Plus : gamme entrée/milieu
- Artcool Mirror : design miroir, original
- Artcool Gallery : décor changeable (cadre photo)
- Dual Cool : technologie haut de gamme
Multi-split : Multi V (de Multi V S résidentiel à Multi V tertiaire)
Connexion : ThinQ (appli LG)
SAV : via LG France, distribution moins dense
Avantages : rapport qualité/prix, design
Inconvénients : SAV moins étoffé que Daikin/Mitsu
6. Samsung — le polyvalent design
Samsung (Corée du Sud)
Position : bonne qualité, design soigné, prix milieu
Gammes split :
- Wind-Free : technologie sans courant d'air direct (microperforations)
- AR9500M : gamme premium classique
- AR Performance : standard milieu de gamme
Connexion : SmartThings (intégration domotique Samsung)
SAV : via Samsung Climatisation France
Avantages : design Wind-Free unique, intégration domotique forte
Inconvénients : SAV moins développé que Daikin/Mitsubishi en province
7. Panasonic — bon en climat alpin
Panasonic (Japon)
Position : bonne qualité, particulièrement performant en climat froid
Gammes : Etherea, TZ, Z (pour climat froid)
Avantages : excellent COP, technologie Aquarea pour les PAC A/E (cf. Pose A/E → Marques)
SAV : distribution Panasonic Pro, pièces dispo
8. Toshiba — sérieux et fiable
Toshiba (Japon)
Position : qualité japonaise, gamme spécifique climat froid (Hokkaido)
Gammes : Shorai, Shorai Edge, Mirai, RAS (multi)
Avantages : très bon SAV, fiabilité long terme
9. Marques à éviter / surveiller
⚠ Marques moins fiables ou peu distribuées
- Marques chinoises sans SAV France (Hisense, TCL, Midea, Gree dans certaines configurations) : prix bas mais SAV difficile, pièces compliquées
- Marques génériques de grande surface : fabricant chinois rebrandé, qualité variable, garantie sur le papier seulement
- Modèles très anciens en stock vendu au rabais : souvent au R410A en phase-down, à éviter en pose neuve
10. Recommandation pratique débutant
Stratégie démarrage solo
Choisis 1 ou 2 marques principales sur lesquelles tu te formes à fond : tu deviens spécialiste, tu connais les codes erreur, tu as les contacts SAV directs. Mes recommandations pour démarrer :
- Daikin + Mitsubishi Electric : les 2 leaders, formation accessible, SAV impeccable, parc installé énorme = SAV récurrent garanti
- Tu peux ajouter Atlantic si tu veux toucher la clientèle PAC + clim (ils ont les 2 gammes)
Tu peux toujours poser d'autres marques en chantier, mais tes formations / outils / habitudes seront ancrées sur tes marques principales.
Pièges classiques pose A/A
Synthèse à relire avant chaque chantier de tes 6 premiers mois. Ces erreurs coûtent cher en SAV ou en réputation.
PAC air/eau
📋 Fiche identité — visite technique PAC A/E
- Durée visite : 1 h–1 h 30
- Tarif visite : gratuite si chantier signé, sinon 100–150 € HT (déplacement + analyse)
- Outils : mètre laser, niveau, appareil photo, lampe, échelle, kit test eau (pH + couleur), thermomètre IR, formulaire relevé
- Délai entre visite et chantier : 4–8 semaines (commande PAC + désembouage + RDV ABF/copro)
- Cadre : NF DTU 65.16 (PAC), NF EN 12831 (déperditions), NF C 15-100 (élec), NF EN 14336 (eau)
1. Avant le rendez-vous — préparation
- Confirmer J-1 par SMS ou téléphone
- Demander les factures combustible 12 mois (gaz, fioul, granulés, bois) : base pour estimer la conso
- Demander la facture EDF 12 mois : vérifier puissance souscrite
- Demander le DPE ou audit énergétique si récents
- Demander les plans de la maison (cadastre + plan architecte)
- Imprimer formulaire de relevé PAC + plan vierge
2. Sur place — discussion client (15 min)
- Pourquoi remplacer le système actuel ? (chaudière fioul vétuste, gaz cher, écolo)
- Système actuel : type (chaudière fioul, gaz, élec), âge, puissance
- Conso annuelle : en litres fioul / m³ gaz / kWh / stères bois
- Confort actuel : bien chauffé / froid en hiver / inégal selon pièces
- ECS : combinée chaudière, ballon élec, ballon gaz indépendant, CET ?
- Budget client envisagé (transparent ou silencieux)
- MaPrimeRénov' visée : estimer le profil (Bleu / Jaune / Violet / Rose) selon revenus
- Délai souhaité (urgent fin chaudière / saisonnier / souple)
- Présence prévue à la maison : 4 jours de chantier (vacances scolaires ?)
3. Sur place — relevé technique (45 min)
A. Bâti et déperditions
- Surface chauffée totale : m² (mètre laser pièce par pièce)
- Volume total : m³ (surface × hauteur)
- Année de construction (détermine RT applicable)
- Année des dernières rénovations (isolation, fenêtres)
- Type isolation : ITE, ITI, combles, sous-rampants, planchers bas (épaisseur typique connue ?)
- Fenêtres : simple/double/triple vitrage, état joints
- Orientation maison + surface vitrée par orientation
- Altitude (T° base zone : vallée Chambéry -10 / plateau -15 / Tarentaise -18 à -20)
- Estimation déperditions : en kW selon NF EN 12831 simplifiée (= m² × Wm² selon iso)
B. Émetteurs existants
- Type d'émetteurs : radia fonte / radia acier / plancher chauffant / ventilo-convecteurs
- Compter le nombre d'éléments par radia (estimation puissance)
- Photographier chaque plaque signalétique radia (puissance nominale)
- État : dimensions, propres, fuite visible, vannes thermostatiques OK ?
- Tester un radia chauffant : T° de surface au thermomètre IR (50 °C, 60 °C, 70 °C ?)
- Évaluer si compatible PAC :
- Plancher chauffant 28-35 °C → idéal PAC standard
- Radia basse T° (acier moderne) 45-50 °C → OK PAC standard
- Radia fonte ancien à 65-75 °C → PAC haute T° requise (Atlantic Excellia, Daikin H HT)
- Calculer la puissance émetteur cumulée vs déperditions estimées (sous-dimensionné ?)
C. Hydraulique existant
- Localiser tuyauterie chauffage : cuivre, multicouche, acier galvanisé ?
- État visible : traces oxydation, fuites, vétusté
- Vase d'expansion existant : mesure, taper dessus (creux en haut / plein en bas = OK ; plein partout = dégonflé / HS)
- Soupape 3 bar : présente, fonctionnelle (lever la molette, eau sort)
- Filtre/pot à boue : présent ?
- Manomètre : pression à froid (1,5–1,8 bar souhaité)
- Test eau circuit :
- Soutirer un échantillon par un purgeur
- Couleur : claire / jaunâtre / brune / noire
- Test pH (kit Sentinel ou bandelettes) : 8-9 OK, < 7 acide → corrosion
- Aimant dans le verre : si particules métalliques attirées = circuit boueux → désembouage obligatoire
- Conclusion : désembouage requis ? Inhibiteur à ajouter ? Vase à remplacer ?
D. ECS existante
- Production ECS actuelle : chaudière mixte, ballon élec dédié, CET, accumulateur
- Volume ballon (litres) et état (corrosion visible, anode contrôlée ?)
- Localisation (souvent en chaufferie ou cellier)
- TH de l'eau (test bandelettes Sentinel) :
- < 15 °f (douce) → entretien tous les 5 ans
- 15-25 °f (moyenne) → tous les 3-4 ans
- 25-35 °f (dure) → tous les 2-3 ans
- > 35 °f (très dure) → tous les 12-18 mois
- Eau Chambéry / Aix : 28-32 °f. Annecy : 22-28 °f. Grenoble : 25-32 °f selon secteur.
- Présence d'un détartreur en place ?
E. Emplacement UE
- Identification de la zone d'implantation prévue (cf. sous-onglet Emplacement UE)
- Hauteur sol → 30–50 cm minimum surélevé (Savoie)
- Dégagements respectés (1,5 m avant, 30 cm autres)
- Distance fenêtre voisin (≥ 2 m, NF S 31-010)
- Évacuation condensats UE prévue (vers regard ou massif drainant)
- Liaison UE → chaufferie : longueur estimée + nombre d'angles + dénivelé
- Mur à carotter pour faire passer la liaison frigo
F. Emplacement module hydraulique + ballon ECS
- Surface chaufferie / local technique disponible (m²)
- Hauteur sous plafond (ballon 200 L = 1,60 m hauteur typique)
- Accès pour livraison (porte assez large ? escalier ?)
- Distance entre arrivée d'eau et emplacement ballon
- Évacuation soupapes (siphon, regard) accessible
- Si chaudière fioul à déposer : pro fioul à mandater (cuve + dépose)
G. Électricité
- Tableau élec ouvert + photographié
- Puissance souscrite (compteur Linky écran)
- Norme NF C 15-100 respectée ? (différentiel 30 mA Type A ou F présent ?)
- Modules disponibles dans le tableau (souvent il faut un sous-tableau dédié PAC)
- Mono ou tri ? (PAC ≥ 11 kW souvent en mono possible mais limite)
- Distance tableau → UE pour calcul section câble
4. Photos systématiques (15 min de prise de vues)
- Vue extérieure générale (façade, entrée, rue) — 5 photos
- Zone UE prévue — 3 photos sous angles différents
- Mur à carotter (intérieur + extérieur) — 2 photos
- Chaufferie (vue d'ensemble + détails chaudière, ballon, vase, manomètre) — 8 photos
- Tableau élec ouvert + compteur Linky — 3 photos
- Quelques radiateurs (état + plaque signalétique) — 4 photos
- État général intérieur (sol chaufferie, accès) — 2 photos
5. Calcul rapide en sortie de visite
Sur le canapé du client ou en voiture juste après, pendant que c'est frais :
- Déperditions estimées : m² × W/m² selon iso (BBC 40, bon 70, moyen 90, mauvais 120)
- ×Facteur altitude : 1 + (alt − 300) / 2000 (plafonné à 1,5)
- Puissance PAC : max(chauffage, ECS) × 1,1 marge sécurité
- ECS : (occupants × 50 L × 4,18 × 50 K) / (3600 × 4 h) × 1000 → en W
Astuce : le calculateur Choix → Calculs te fait ce travail. Saisis les données pendant la visite.
6. La veille du J1
- Confirmer client : heure, accès, voiture déplacée si chaufferie au garage
- Vérifier matos complet livré (PAC, ballon, accessoires hydro, élec, désembouant)
- Vérifier outils : pompe vide, manifold, balance, détecteur fuite, bouteille azote, R32
- Vérifier pompe à vide chargée en huile
- Calculer charge complémentaire si liaison > 5 m (selon notice modèle)
- Vérifier météo (chantier UE par temps sec préférable)
- Préparer dossier chantier : bon d'intervention, plan d'implantation, devis signé
- Anticiper démarches client si pas faites (DP, copro, ABF)
Emplacement UE — climat alpin
Critères de choix
- Hauteur sol : 30–50 cm minimum surélevé (neige + condensats hiver)
- Dégagement avant : 1,5–2 m (souffle d'air UE) — pas vers une fenêtre voisin
- Dégagement arrière : 30 cm minimum (admission d'air)
- Dégagement latéraux : 30 cm chacun (entretien + air)
- Au-dessus : 1 m libre, pas de toiture qui décharge neige sur UE (3 m sinon)
- Bruit voisinage : 2 m mini fenêtre/porte voisin (NF S 31-010)
- Visibilité : cacher si centre historique / ABF
- Accès SAV : ne pas placer derrière un mur démontable difficilement
- Évacuation condensats : pente vers regard/puits perdu, JAMAIS trottoir
Dimensions matériel à prévoir
| Type matos | Surface au sol | Poids | Hauteur |
|---|---|---|---|
| UE PAC 6–8 kW bibloc | 900 × 350 mm | 55–80 kg | 700–900 mm |
| UE PAC 11–14 kW bibloc | 1 100 × 450 mm | 90–120 kg | 900–1 200 mm |
| Module hydraulique | 500 × 400 mm | 40–60 kg | 800 mm (mural) |
| Ballon ECS 200 L | Ø 600 mm sol | ~80 kg vide / ~280 plein | 1 600 mm |
⚠ Hivers Savoie — pièges UE
- UE au sol sans surélévation → bloqué par 30 cm de neige début janvier
- UE sous toiture qui décharge la neige → carter défoncé, ailettes pliées
- Évacuation condensats sur passage → plaque de verglas → chute → responsabilité civile
- Liaison frigo en façade nord exposée gel sans isolant épais → perte de perfo
- Chasse-neige communal qui projette sur UE → poser à 2 m de bordure si rue déneigée
Implantation type — schéma
Ordre des opérations — chantier PAC A/E (3 j)
Phase 1 — Hydraulique (J1 matin)
- Couper eau + élec circuit chauffage
- Vidanger circuit existant si désembouage requis
- Désembouage chimique si réseau ancien (peut prendre 2-7 j en passif si grave) — voir Choix → Hydraulique → Désembouage
- Dépose ancienne chaudière si remplacement (pro fioul si cuve à enlever)
- Pose vannes d'isolement + filtre/pot à boue + manomètre côté retour
- Préparer emplacements module hydraulique (mural) + ballon ECS
Phase 2 — Pose UE + traversée mur (J1 après-midi)
- Carottage mur Ø 80 mm (pente 5° vers ext)
- Pose console murale UE ou plot béton + visserie A2
- Hisser UE (souvent 2 personnes pour modèles 100+ kg)
- Niveau bulle UE (±1°) sur plan horizontal
- Préparer évacuation condensats UE (canalisation vers exutoire non gélif)
Phase 3 — Module hydraulique + raccordements (J2 matin)
- Fixer module hydraulique mural (gabarit fourni)
- Raccorder départ/retour chauffage avec vannes d'isolement
- Pose ballon ECS si combiné (raccordements eau froide, ECS, recyclage)
- Groupe sécurité ECS sur entrée eau froide ballon (avec siphon évacuation)
- Soupape 3 bar circuit chauffage avec évacuation visible (bac témoin)
- Vase d'expansion (vérifier ou remplacer, pré-pression selon hauteur)
- Sondes T° en place (départ, retour, ECS, extérieure)
Phase 4 — Liaison frigo (J2 après-midi)
- Préparer longueurs liaison cuivre (Ø selon modèle)
- Cintrer en évitant pliures / pincements (rayon ≥ 10× Ø)
- Dudgeonner les 4 extrémités (UE + module)
- Serrer les flares à la clé dyna (couples constructeur)
- Isoler liaison + protéger UV (goulotte ext)
- Test étanchéité azote 30–40 bar / 1 h minimum
- Eau savonneuse tous les flares
Phase 5 — Élec + bus (J3 matin)
- Tirer ligne alim UE (5G2,5 ou 5G4 selon puissance) depuis tableau
- Disjoncteur dédié + différentiel 30 mA Type A ou F
- Câble bus UE↔module (souvent paire torsadée 2× 0,75 ou 1,5 mm²)
- Sondes T° câblées au module
- Vérifier puissance souscrite client suffisante (mono 9–12 kVA souvent juste)
Phase 6 — Tirage vide + précharge (J3 après-midi)
- Tirage au vide < 250 µm (30+ min sur PAC)
- Test remontée 10 min
- Ouvrir vannes UE (petite vanne d'abord, grosse en dernier)
- Compléter charge si liaison > 5 m (typique 50 g/m sur PAC A/E)
- Remplissage circuit chauffage avec inhibiteur (Sentinel X100)
- Purges complètes radiateurs + module + ballon ECS
- Pression circuit 1,5–1,8 bar à froid
Phase 7 — Mise en service + paramétrage (J3 fin)
- Démarrage en mode chauffage (loi d'eau par défaut)
- Réglage loi d'eau selon T° base zone (Chambéry -10 °C, plateaux -15°C)
- Test mode ECS (priorité ECS)
- Programmer plages horaires (jour/nuit, heures creuses ECS)
- Détection fuite tous flares + raccords hydro
- Vérifier débit circuit (débitmètre module)
- Lecture pressions BP/HP (typique R32 PAC : 8–12 BP / 28–35 HP)
- Notes : T° départ, T° retour, ΔT (5–7 K typique), pressions, charge totale
- Remplir registre F-Gas (charge, n° série, modèle)
- Démo client : régulation, mode absence, mode ECS forcé, code service
- Photos finales + dossier client (notice + carnet entretien)
Interfaces critiques
Sur PAC A/E les 3 interfaces qui foirent le plus souvent : (1) raccord hydraulique fuyant (joint plat oublié, raccord pas serré), (2) sonde extérieure mal positionnée (en plein soleil = lecture faussée → loi d'eau ratée), (3) flare HP qui fuit après 1ère mise en pression (couple insuffisant). Test exhaustif obligatoire.
Jour 1 — pose mécanique & hydraulique
Détail journée par journée. Pour la vue chronologique complète à 7 phases, voir l'onglet Ordre des opérations.
Matin — préparation et dépose
- Bâcher zones de passage (chaufferie + cheminement intérieur)
- Couper élec circuit chauffage et eau au tableau
- Démonter ancienne chaudière si remplacement (gaz coupé, ramonage si fioul)
- Vidanger l'ancien circuit chauffage si désembouage chimique nécessaire
- Remplir avec produit de désembouage Sentinel X400 ou Fernox F3
- Faire circuler 4-8 h selon état du réseau (peut nécessiter retour J2)
Après-midi — supports + carottage
- Carottage mur extérieur Ø 80 mm pour liaison frigo + bus
- Pose console murale UE OU plot béton + visserie A2
- Hisser UE sur son support (à 2 personnes pour modèles > 100 kg)
- Niveau à bulle ±1° sur plan horizontal
- Pose chevilles murales pour le module hydraulique intérieur
- Mise en place du ballon ECS (vérifier hauteur sous plafond + accès anode)
- Évacuation condensats UE prête (canalisation hors gel)
Fin de journée — récap client
- État : UE + supports + traversée mur en place, désembouage actif
- Sécurité : élec/eau circuit chauffage coupés (chaufferie HS pour la nuit, vérifier que le client a un autre moyen de chauffe ou qu'on est en saison clémente)
- Consigne client : ne rien toucher au matériel, pas de réenclenchement disjoncteur
- RDV J2 confirmé
Jour 2 — frigo & raccordements
Matin — rinçage + module hydraulique
- Rinçage final du circuit après désembouage (eau claire jusqu'à limpide)
- Pose du module hydraulique sur ses chevilles
- Raccord départ chauffage + retour chauffage avec vannes d'isolement de chaque côté
- Raccord ballon ECS au module hydraulique (eau froide entrante, ECS sortante, recyclage)
- Groupe sécurité ECS sur eau froide entrée + soupape 3 bar circuit chauffage avec siphon visible
- Vase d'expansion (vérifier ou remplacer, pré-pression hauteur d'eau)
- Filtre/pot à boue magnétique sur retour PAC, accessible
- Sondes T° en place (départ, retour, ECS, extérieure)
Après-midi — liaison frigo
- Préparation longueurs liaison cuivre (selon Ø du modèle : souvent 1/4" + 5/8")
- Cintrage en évitant pliures et pincements (rayon ≥ 10× Ø tube)
- Dudgeon des 4 extrémités, écrous flare en place avant dudgeon
- Serrage flares à la clé dyna selon couples constructeur
- Isolation liaison + protection UV (goulotte ext)
- Test étanchéité azote 30–40 bar pendant 1 h minimum, eau savonneuse tous flares
- Décharge azote avant tirage au vide
Fin de journée
- État : liaison frigo testée OK, circuit hydraulique raccordé mais pas encore en eau
- RDV J3 confirmé pour mise en service complète
📋 Fiche identité — mise en service PAC A/E
- Durée : 2 à 4 h
- Outils essentiels : manifold, vacuomètre, balance, détecteur fuite, multimètre, pince ampèremétrique, thermomètre IR, manomètre eau
- Documents à remplir : registre F-Gas, attestation entretien, PV de réception
- Cadre : NF DTU 65.16 (PAC), NF EN 14276-1 (composants frigo)
1. Sécurité avant remise sous tension
- Vérifier toutes les connexions élec serrées (sans tension)
- Vérifier polarité phase / neutre + terre
- Vérifier différentiel 30 mA Type A ou F en place sur ligne PAC
- Vérifier disjoncteur dédié au calibre correct (32 A pour PAC 8 kW, 40 A pour 11 kW, etc.)
- Vérifier tous les flares serrés au couple (clé dyna)
- Vérifier remplissage circuit chauffage (1,5–1,8 bar à froid)
- Vérifier remplissage ballon ECS (purges OK, pas d'air)
- Vannes d'isolement OUVERTES partout (oubli classique → débit nul → sécurité PAC)
- Inhibiteur ajouté au circuit (Sentinel X100 ou Fernox F1)
- Antigel propylène glycol si monobloc altitude (25-30 % > 1000 m)
2. Démarrage
- Remettre le disjoncteur PAC, attendre temporisation (souvent 3 min de délai antichoc)
- La régulation détecte la PAC, lit les sondes, vérifie T° ext OK
- Demande chauffage (température consigne au-dessus de la T° intérieure)
- Le compresseur démarre (entendre le bruit caractéristique)
- La pompe de circulation démarre
- Le ventilo UE tourne
- Surveiller les pressions BP/HP au manifold
- Vérifier le sens de rotation de la pompe (bruit anormal sinon = inversion phase)
- ΔT départ/retour eau visible sur module : 5–7 K typique en régime stable
3. Mesures de mise en service à noter
| Mesure | Valeur typique R32 PAC | Mon mesure |
|---|---|---|
| Pression BP (mode chaud) | 5–8 bar | ______ bar |
| Pression HP (mode chaud) | 28–35 bar | ______ bar |
| T° aspiration | 5–10 °C | ______ °C |
| T° refoulement | 60–85 °C | ______ °C |
| Surchauffe | 5–8 K | ______ K |
| Sous-refroidissement | 3–7 K | ______ K |
| T° départ eau | selon loi d'eau (ex. 35-50 °C) | ______ °C |
| T° retour eau | 5-7 K en dessous départ | ______ °C |
| ΔT eau (départ - retour) | 5–7 K | ______ K |
| Débit eau | selon module (ex. 18 L/min pour 8 kW) | ______ L/min |
| Ampérage compresseur | vs plaque UE | ______ A |
| Pression circuit chauffage | 1,5–1,8 bar | ______ bar |
Cette grille de mesures est à inclure dans ton dossier client (preuve audit RGE + traçabilité SAV ultérieur).
4. Réglages loi d'eau Savoie
Loi d'eau type plancher chauffant Chambéry vallée
- T° ext −10 °C → T° départ 35 °C
- T° ext +5 °C → T° départ 28 °C
- T° ext +15 °C → arrêt chauffage
Loi d'eau type radiateurs basse T° Chambéry
- T° ext −10 °C → T° départ 50 °C
- T° ext +5 °C → T° départ 38 °C
- T° ext +15 °C → arrêt chauffage
Loi d'eau type radiateurs haute T° (PAC HT)
- T° ext −15 °C → T° départ 65 °C
- T° ext +5 °C → T° départ 50 °C
- T° ext +15 °C → arrêt chauffage
À adapter selon altitude et isolation. Au démarrage, mettre une loi d'eau « généreuse » quitte à la baisser dans 1 mois quand tu as les retours du client. Trop basse = client qui se plaint d'avoir froid. Trop haute = conso explose.
Paramétrage régulation — points à régler
- Loi d'eau : cf. tableaux ci-dessus, à adapter zone client
- Points de consigne T° intérieur : 19 °C jour, 17 °C nuit (ADEME standard)
- Plages horaires : jour / nuit / absent (week-end)
- ECS : 55 °C consigne (anti-légionellose), heures creuses pour produire si tarification HC/HP
- Mode anti-légionellose : 1× par semaine, montée à 65 °C pendant 30 min (réglage standard)
- Mode hors-gel (absence longue) : T° pièces 8–12 °C
- Sondes T° : vérification ohmmètre (CTN 10 K à 25 °C → ~10 kΩ)
- Délais antichoc / temporisation compresseur (souvent réglés usine, ne pas toucher)
5. Test mode ECS
- Demander production ECS via régulation (forcer charge ECS)
- Vanne 3 voies bascule (entendre clic, ou voir LED régulation)
- L'eau du circuit est dirigée vers serpentin ballon ECS
- T° ballon monte progressivement (compter 1–2 h pour passer de 30 à 55 °C sur 200 L)
- Pendant la charge ECS, le chauffage est en pause (priorité ECS standard)
- À la fin, la vanne 3 voies retourne en mode chauffage
- Vérifier qu'il y a bien de l'eau chaude au robinet (laisser couler 2 min)
6. Détection de fuite frigo finale
- Détecteur électronique calibré, en mode haute sensibilité
- Balayer tous les flares, raccords, soudures (UE + module + liaisons)
- Eau savonneuse en complément si bruit ambiant (chaufferie bruyante)
- Aucune fuite tolérée. Si bip → resserrer ou refaire le flare
- Note la conformité dans le dossier : « Détection fuite NF EN 14624, négatif. Date, signature. »
7. Documentation à remettre au client
- Notice utilisation simplifiée (régulation maison, modes principaux)
- Carnet d'entretien rempli (date pose, n° série, charge fluide, type fluide)
- Attestation F-Gas (capacité ≥ 1 kg)
- Procès-verbal de réception signé (PV chantier)
- Garanties constructeur (à activer en ligne, prévenir client)
- Conseils saison :
- Pas couper l'hiver (PAC veille auto)
- Mode absence pour vacances
- Contrôle pression eau mensuel (1,5 bar)
- Pas pelleter la neige sur l'UE
- Contact SAV + planning entretien annuel proposé
- Photos finales (UE en place, module, ballon, mises en service mesurées)
1. Atlantic — le français le plus distribué
Atlantic (France)
Position : très grosse présence en France, distribution Atlantic Pro étendue, formation accessible.
Gammes :
- Alféa Excellia AI Tri : PAC haute T° (jusqu'à 65 °C départ), idéale rénovation radia fonte. Prix ~6 500–9 000 € HT matos selon puissance.
- Alféa Extensa AI Tri : standard performant, R32, jusqu'à 16 kW. Prix ~5 500–7 500 € HT matos.
- Alféa Hybrid Duo : PAC + appoint chaudière gaz intégré (pour rénovation conserve)
- Calypso Connecté : ballon thermodynamique CET
Régulation : Cozytouch+ (intégration Tahoma Somfy native, appli mobile)
SAV : Atlantic Pro, pièces dispo via Atlantic, formations gratuites pour partenaires
Avantages : SAV français, distribution facile, gamme HT solide pour rénovation, intégration Cozytouch
Inconvénients : moins « premium » que Daikin / Viessmann en image, certains clients préfèrent
2. Daikin — le japonais leader mondial
Daikin (Japon)
Position : n°1 mondial PAC, gamme la plus présente Savoie en haut de gamme.
Gammes :
- Altherma 3 H HT (EHVH/EHBH) : 70 °C départ, R32, climat froid OK jusqu'à -28 °C. Prix ~7 500–10 500 € HT matos.
- Altherma 3 R (ERLA) : bibloc avec ECS intégrée option. Standard performant.
- Altherma 3 M Monobloc (EBLA) : monobloc, pas de manipulation fluide à la pose. Idéal monobloc altitude avec antigel.
- Altherma 3 Géothermique : pour ceux qui ont du foncier
Régulation : Madoka (régulation pro avec écran), Daikin Cloud Service / Daikin Onecta (appli)
SAV : Daikin Pro, pièces 24-48 h, formations Daikin Academy à Lyon ou en ligne
Avantages : qualité japonaise, gamme HT excellente pour rénovation, modèle climat froid robuste
Inconvénients : prix premium
3. Mitsubishi Electric — la spécialité climat froid
Mitsubishi Electric (Japon)
Position : star des stations savoyardes (Tarentaise, Maurienne) grâce à Zubadan
Gammes :
- Ecodan Zubadan : maintient 100 % puissance jusqu'à -25 °C. Indispensable en haute altitude. Prix ~8 000–12 000 € HT matos.
- Ecodan Hyper Heating : gamme plus standard, performant climat tempéré
- Hydrobox : module ECS intégré ou séparé, accompagne Ecodan
Régulation : MELCloud (gratuit avec adapter MAC-887IF, fonctionne très bien)
SAV : excellent SAV pro, plateforme Mitsubishi Electric Pro très complète
Avantages : performance climat froid la meilleure du marché, fiabilité
Inconvénients : prix élevé, gamme moins large qu'Atlantic ou Daikin
4. Panasonic — bon rapport qualité/prix performance climat froid
Panasonic Aquarea (Japon)
Position : bonne alternative Mitsubishi pour le climat froid
Gammes :
- Aquarea T-Cap : maintient 100 % puissance jusqu'à -15 °C. Performance solide en climat froid moyen (vallée alpine, plateaux). Prix ~6 500–9 500 € HT matos.
- Aquarea High Performance : gamme standard, climat tempéré
- Aquarea L Generation : dernière gamme R290 (PRG 3, écolo)
Régulation : Aquarea Smart Cloud (appli)
Avantages : rapport qualité/prix, gamme R290 disponible (anticipation phase-down R32)
Inconvénients : SAV moins étoffé que Daikin / Mitsubishi en province
5. Viessmann — l'allemand premium
Viessmann (Allemagne)
Position : haut de gamme, robustesse allemande, prix élevé
Gammes :
- Vitocal 200-S : bibloc R32, gamme moyenne. Prix ~7 500–10 000 € HT matos.
- Vitocal 250-A : monobloc + module hydraulique séparé
- Vitocal 350-A : gamme haut de gamme
- Vitocal 222-A : avec ballon ECS intégré
Régulation : Vitotronic, app ViCare
Avantages : qualité allemande, durée de vie longue (15-20 ans courant)
Inconvénients : prix élevé, distribution moins répandue que Atlantic ou Daikin
6. Bosch / Buderus — l'autre allemand
Bosch / Buderus (Allemagne)
Position : qualité solide, prix milieu de gamme
Gammes :
- Bosch Compress 7400i : PAC R290 nouvelle gen
- Buderus Logatherm : gamme bibloc et monobloc
Avantages : robustesse, gamme R290
7. De Dietrich — le français concurrent d'Atlantic
De Dietrich (France/Allemagne, groupe BDR Thermea)
Position : bonne qualité, prix milieu de gamme, distribution chauffagistes
Gammes :
- Alézio : PAC A/E classique
- Strateo : avec ECS intégré
- Kaliko : CET
8. Stiebel Eltron — le spécialiste allemand
Stiebel Eltron (Allemagne)
Position : spécialiste PAC depuis 50 ans, qualité industrielle
Avantages : COP record, gamme géothermique très complète
Inconvénients : peu distribué en France, formation spécifique requise
9. Réflexes choix marque selon situation
📌 Recommandations selon zone et besoin client
- Vallée Chambéry / Annecy / Grenoble (T° base -10 °C) : tout marche. Choisir selon SAV régional, budget client, image marque.
- Plateaux Bauges / Chartreuse / Vercors (T° base -15 °C) : privilégier Daikin H HT, Atlantic Excellia, Mitsubishi Ecodan.
- Tarentaise / Maurienne (T° base -18 à -20 °C) : Mitsubishi Zubadan obligatoire, ou Panasonic T-Cap, Daikin H HT en deuxième choix.
- Rénovation radia fonte ancien : PAC haute T° → Atlantic Excellia, Daikin H HT, ou Stiebel WPL.
- Construction neuve PCBT BBC : tout marche, choisir selon budget. Daikin Altherma 3 R ou Atlantic Extensa AI très bons.
- Client domotique Tahoma Somfy : Atlantic ou Saunier Duval (intégration native).
- Client souhait écolo R290 : Vaillant, Bosch Compress, Panasonic L Gen, Viessmann 250-A R290.
10. Stratégie marque solo
Stratégie pratique pour démarrer
Un solo qui démarre devrait choisir 2 marques principales : 1 française qui couvre bien le marché courant + 1 japonaise pour le haut de gamme et climat froid.
- Combinaison fréquente : Atlantic + Daikin (couvre 80 % des chantiers Savoie)
- Combinaison alpine pure : Mitsubishi Ecodan + Atlantic Excellia (climat froid + rénovation)
- Tu peux toujours poser d'autres marques en chantier ponctuel, mais tes formations / outils / habitudes seront ancrées sur ces 2 marques principales
Pour la formation : Atlantic Pro et Daikin Academy sont gratuites pour les partenaires. Profites-en dès que tu as ton activité ouverte.
Pièges classiques pose PAC A/E
Dépannage & SAV
📋 Fiche identité — appel SAV
- Durée appel : 5–15 min
- Objectif : identifier le problème, estimer le tarif, planifier l'intervention
- Outils : bloc-notes, accès historique client (logiciel ou papier), liste des codes erreur courants
- Délivrable : RDV planifié, devis estimatif oral, attentes client cadrées
1. Script type d'appel SAV
Phase 1 — accueil + identification (1 min)
- « Bonjour, [Nom de ton entreprise], [ton prénom] à l'appareil. Que se passe-t-il ? »
- Laisser le client s'exprimer pendant 30 sec, ne pas interrompre
- Demander : « Vous êtes déjà client chez nous ? J'aimerais retrouver votre dossier. »
- Si déjà client : chercher fiche dans logiciel ou papier (date pose, modèle, dernière intervention)
- Si nouveau : noter nom, adresse, téléphone, demander où il a eu ton numéro
Phase 2 — questions techniques (5–10 min)
- Marque + modèle (lire sticker UE) + année de pose
- Code erreur affiché ? (sur télécommande ou écran module)
- Symptôme exact :
- Ne démarre pas du tout
- Démarre puis s'arrête
- Ne chauffe plus / ne refroidit plus
- Fuit (eau / fluide)
- Fait du bruit anormal
- Pression eau qui chute (PAC)
- Disjoncte au tableau
- Depuis quand ? Brutal ou progressif ?
- Conditions au moment de la panne (T° ext, demande de chauffage forte, redémarrage après coupure ?)
- Tableau : disjoncteur sauté ? différentiel sauté ? Demander de réenclencher 1 fois
- Si PAC : vérifier pression circuit chauffage (manomètre module) :
- 1,5–1,8 bar = OK
- < 1 bar = manque d'eau, faire compléter
- > 3 bar = surpression, soupape ouverte
- 0 bar = fuite ou vase HS
- L'installation a-t-elle son entretien annuel à jour ? Dernière visite quand ?
- Avez-vous fait quelque chose de particulier récemment ? (déménagement, travaux, coupure élec EDF)
Phase 3 — pré-diag + estimation (2 min)
- Tu poses ton diagnostic au tel (cf. tableau ci-dessous)
- Tu donnes un ordre de prix : « Si c'est [X], comptez environ [Y] € HT en intervention. Si c'est [Z], plus complexe, prévoir [W] €. »
- Tu accordes le déplacement avec le client : « Je vous propose de passer [date]. Mon déplacement est de [X] € HT pour ce secteur, ma main d'œuvre [Y] € HT/h. »
- Tu confirmes : « Vous acceptez ces conditions ? »
Phase 4 — confirmation (1 min)
- SMS récap immédiat : date / heure / adresse / motif intervention / tarif convenu
- Demander disponibilité (1 plage de 2 h, pas « de 9 h à 18 h »)
- Confirmer 24 h à l'avance
2. Diag téléphonique fréquents
| Symptôme client | Cause probable (70 % des cas) | Action |
|---|---|---|
| « Disjoncte » | Différentiel HS ou défaut isolement compresseur | Déplacement, multimètre, remplacement diff ou expertise compresseur |
| « Plus de chaleur » PAC + code « pression eau basse » | Fuite circuit ou vase d'expansion HS | Faire compléter à 1,5 bar au tel, déplacer si refait |
| « Pas froid » clim | Filtres bouchés ou charge insuffisante | Faire vérifier filtres au tel, déplacement si toujours pas |
| « Bruit nouveau » | Ventilo UE (corps étranger) ou compresseur (fatigué) | Déplacement obligatoire |
| « Goutte au plafond » (UI) | Bouchage évacuation condensats | Déplacement, déboucher |
| « Code erreur U2 / E1 » | Souvent comm UI/UE ou alim | Déplacement, multimètre + détection |
| « Plus rien » | Coupure alim, fusible UE, transfo | Demander tableau, déplacement |
3. Quand refuser l'intervention
⚠ Cas de refus légitimes
- Hors zone géographique habituelle (proposer collègue local)
- Marque rare que tu ne connais pas (orienter vers SAV constructeur)
- Installation auto-construite ou bricolée par un précédent installateur (refuser de prendre la garantie)
- Client agressif au tel (signal d'alerte fort, anticiper litige)
- Demande de SAV sur installation que tu n'as pas posée + sous garantie constructeur (l'envoyer chez son installateur d'origine)
- Astreinte nuit / weekend si tu n'as pas de système d'astreinte (pas obligatoire, à décider)
1. Avant de sortir du camion (1 min)
- Relire la fiche d'intervention (sympôme, code erreur, modèle)
- Vérifier que tu as les outils essentiels dans ta caisse main : multimètre, manifold, détecteur fuite, lampe
- Carte pro / carte d'identité accessible
- Sourire (oui, c'est sérieux : ça change le contact)
2. À l'arrivée (5 min)
- Saluer + se présenter, présenter carte pro
- Faire valider verbalement le tarif horaire / forfait avant intervention
- Demander à voir où se trouve l'installation + le tableau élec
- Demander historique pannes / interventions précédentes (souvent le client a oublié de te le dire au tel)
- Lire le code erreur sur l'écran (photo systématique pour ton dossier)
- Test simple immédiat : redémarrer 1 fois après coupure complète 2 min (souvent ça résout)
- Si pas résolu : passer en diag complet (cf. Diag clim ou Diag PAC)
- Pour PAC : vérifier pression circuit + voir compteur EDF (en panne ou délestage ?)
3. Outils à sortir systématiquement à l'arrivée
- Multimètre TRMS (Fluke 117 ou équivalent)
- Pince ampèremétrique TRMS
- Manifold + flexibles
- Détecteur fuite calibré
- Lampe frontale (chaufferies sombres)
- Téléphone avec PDF notice modèle (si pas mémorisé)
- Bloc-notes + stylo (toujours noter les mesures)
- Bâche de protection (chaufferies parfois sales)
4. Communication client pendant l'intervention
- Annoncer ce que tu fais à voix haute : « Je vais d'abord vérifier la pression circuit, puis lire l'historique alarmes. Comptez 30 min pour le diag. »
- Tenir au courant des étapes : « OK, j'ai trouvé l'origine : c'est [X]. Je peux réparer maintenant en 1 h, ça vous fera environ [Y] € HT. »
- Demander accord avant chaque dépense : « Pour réparer, j'ai besoin de [pièce] qui coûte [prix]. Je peux y aller ? »
- Pas de jargon : parler en termes compréhensibles. Pas « la sonde NTC10K est HS, j'ai besoin d'un thermistor » mais « un capteur de température est mort, j'ai la pièce dans le camion »
- Ne pas critiquer le précédent installateur même si tu vois un travail bâclé : tu te grandiras pas en rabaissant un confrère. « C'est une vieille installation, on va l'améliorer » suffit.
Diag clim air/air
Arbre de décision
- Aucun signe de vie → vérifier alim (multim aux bornes UI), fusible UI, télécommande (piles)
- Démarre puis disjoncte → courant pic compresseur, ampéremètre au démarrage, vérifier différentiel Type A/F
- Souffle tiède en froid → mesurer ΔT air UI, mesurer BP/HP, soupçonner sous-charge ou échangeur encrassé
- Souffle froid en chaud → vanne 4 voies bloquée OU mode mal sélectionné
- UE ne démarre pas mais UI souffle → bus comm, sondes UE, carte UE
- Bruit anormal compresseur → vibrations supports (resserrer) ou compresseur fatigué
- Goutte au plafond depuis UI → évacuation condensats bouchée, déboucher
- Givre sur tube UE en froid → sous-charge / restriction filtre / détendeur
Tests systématiques
- Mesures pressions BP/HP (compresseur en marche stabilisé 5 min)
- ΔT air UI mode froid (8–12 K) et chaud (18–24 K)
- Surchauffe (5–8 K cible)
- Sous-refroidissement (3–7 K cible)
- Ampérage compresseur vs plaque
- Test étanchéité (détecteur élec)
- Vérifier état échangeurs (poussière / boue ailettes UE)
- Vérifier filtres UI (encrassement)
Diag PAC air/eau
Arbre de décision
- Plus de chaud / radia froids → vérifier pression circuit chauffage en premier (1,5 bar mini)
- Pression chute toute seule → fuite circuit (radia, vanne, soupape), trouver et réparer
- Erreur communication → câble bus UE↔module, polarité, isolation
- UE démarre 30 s puis arrête → sécurité HP/BP, manque de gaz, échangeur sale, débit eau insuffisant
- Disjoncte au démarrage → courant pic compresseur, vérifier différentiel Type A/F présent
- Fonctionne mais pas chaud → loi d'eau réglée trop bas, mode ECS bloqué actif, vanne 3 voies HS
- ECS pas chaude → résistance appoint HS, sonde ballon, vanne 3 voies, anode
- Conso explose → appoint élec qui tourne en permanence (vérifier programmation)
Tests systématiques PAC
- Pression circuit chauffage (1,5–1,8 bar à froid)
- T° départ et retour eau (ΔT 5–7 K en régime stable)
- Débit (débitmètre module si présent)
- Pressions frigo BP/HP en mode chauffage
- Surchauffe / sous-refroidissement
- Sondes T° (ohmmètre vs courbe)
- Test étanchéité fluide (détecteur)
- Lecture historique alarmes régulation
- Vérifier état du filtre/pot à boue (ouvrir, observer)
1. Méthodologie d'analyse
- Photographier l'écran avec le code visible (UI ou télécommande ou module)
- Noter le contexte :
- T° extérieure au moment de la panne
- Mode (chauffage / froid / ECS)
- Combien de temps depuis l'erreur
- L'erreur revient-elle après reset ?
- Couper alim 2 min et redémarrer 1 fois (parfois résout transitoire)
- Si erreur revient : consulter notice constructeur ou table ci-dessous
- Aller dans le menu service / installateur (souvent code accès 0000, 1234 ou code constructeur)
- Lire l'historique alarmes :
- Combien de fois cette erreur est-elle apparue ?
- À quelle fréquence (1× par mois, 1× par semaine, 1× par jour) ?
- D'autres erreurs concomitantes ?
- Identifier la cause probable selon table constructeur
- Test ciblé (sonde, alim, débit, pression, charge selon orientation)
2. Daikin — codes courants
| Code | Signification | Direction diagnostic |
|---|---|---|
| U0 | Pression basse / charge insuffisante | Détection fuite, mesures BP/HP |
| U2 | Tension d'alim incorrecte | Multimètre tableau, sections câble, puissance souscrite |
| U4 / UF | Erreur communication UE↔UI | Câble bus, polarité, isolation, parasitage |
| U7 | Erreur transmission UI / UE | Bus comm, câble blindé, distance excessive |
| UH | Erreur identification UI multi-split | Adressage UI, dipswitch |
| A1 | Erreur PCB UI | Carte UI à remplacer (après vérif sondes) |
| A3 | Système condensats UI | Pompe condensats (cassettes), évacuation |
| A5 | Sonde T° UI défectueuse | Test ohmmètre vs courbe |
| A6 | Moteur ventilo UI | Test ventilo, alimentation, palier |
| C4 / C5 | Sonde T° tube UI | Test ohmmètre, refixer si décollée |
| C9 | Sonde T° aspiration UI | Idem |
| E1 | Erreur PCB UE | Diagnostic carte, tests préliminaires |
| E5 | Surcharge compresseur | Charge frigo, échangeur encrassé, blocage mécanique |
| E6 | Démarrage compresseur défaillant | Démarreur, condensateur, isolement bobinage |
| F3 | T° refoulement compresseur trop haute | Charge insuffisante, surchauffe, ventilation UE |
| L4 | Surchauffe carte UE / radiateur | Ventilation UE, carte, ambiance |
| L5 | Surcharge inverter compresseur | Sur-charge gaz, échangeur encrassé, étape variateur |
| P4 | Sonde radiateur évaporateur | Test ohmmètre |
| R6 | Sonde antigel | Test ohmmètre, accès |
3. Mitsubishi Electric — codes courants
| Code | Signification | Direction diagnostic |
|---|---|---|
| P1 | Sonde air UI | Test ohmmètre |
| P2 | Sonde tube UI | Test ohmmètre |
| P4 | Drain switch / bac plein | Évacuation condensats, pompe relevage |
| P5 | Pompe à condensats | Tester pompe, niveau eau, flotteur |
| P6 | Antigel évaporateur | Sonde, débit air, charge |
| P8 | T° tube UE | Sonde, pression |
| E0 / E1 / E2 | Communication télécommande | Câble télécommande, adressage |
| E6 / E7 | Communication UI / UE | Câble bus, polarité |
| U2 | Surchauffe sortie compresseur | Charge, ventilation, refoulement |
| U3 | Sonde refoulement | Test ohmmètre |
| U6 | Surchauffe compresseur (interne) | Démarrage difficile, mécanique compresseur |
| U8 | Erreur ventilo UE | Moteur, palier, capteur |
| UF | Compresseur bloqué au démarrage | Charge, mécanique, condensateur |
| FA | Circuit basse tension | Alim, transfo carte UE |
4. Atlantic Alféa — codes courants
| Code | Signification |
|---|---|
| E001 | Défaut sonde extérieure |
| E002 | Défaut sonde départ chauffage |
| E003 | Défaut sonde retour |
| E040 | Défaut communication module ↔ UE |
| E061 | Défaut sonde ECS |
| E102 | Pression eau circuit chauffage trop basse |
| E110 | Sécurité chauffage (anti-court-cycle) |
| E150 | Délestage (puissance souscrite atteinte) |
| E200 | Défaut compresseur UE |
| E209 | Manque de débit eau |
5. Panasonic Aquarea — codes courants
| Code | Signification |
|---|---|
| H12 | Capacité UE incompatible UI |
| H15 | Sonde refoulement compresseur |
| H21 | Capteur eau extérieur |
| H62 | Capteur débit eau |
| H75 | Protection compresseur basse T° |
| F15 | Verrouillage moteur ventilo UE |
| F23 | Anomalie circuit DC |
| F25 | Cycle inverse |
| F27 | Pressostat HP |
| F95 | Surchauffe condenseur |
📌 Conseil pratique
Les codes erreur évoluent avec les modèles. Tiens à jour ton propre tableur de codes erreur rencontrés sur le terrain (modèle / code / cause confirmée / solution). Au bout de 2 ans, tu auras une base de données SAV unique qui te permettra de diagnostiquer au tel en 30 secondes.
1. Fuite frigo — le grand classique
📋 Fiche identité — réparation fuite
- Fréquence : 25–40 % des SAV au-delà de 5 ans d'âge installation
- Localisations habituelles : flares (60 %), Schraders (15 %), soudures (15 %), corps de vannes (10 %)
- Durée intervention : 2–4 h selon ampleur
- Tarif HT : 220–450 € forfait fuite + recharge, ou détaillé MO + pièces + fluide
Procédure
- Localiser précisément avec détecteur élec + eau savonneuse
- Photographier la fuite (dossier client + facture)
- Estimer la quantité de fluide perdue (différence entre charge nominale et charge restante mesurable au manifold)
- Récupérer le fluide restant avec station de récup (interdit purge atmosphérique)
- Réparer :
- Si flare : re-flare (refaire le dudgeon proprement, écrou neuf, huile POE)
- Si Schrader : remplacer la valve (kit valves Schrader 5–10 €)
- Si soudure : brasage à l'argent + balayage azote
- Si corps de vanne percé : remplacer le tronçon (intervention lourde)
- Test étanchéité azote 30–40 bar pendant 1 h, vérification eau savonneuse
- Tirage vide complet (< 250 µm Hg)
- Test remontée 10 min
- Recharge selon plaque + complément longueur
- Test étanchéité final avec détecteur élec
- Mise à jour registre F-Gas (kg récupérés, kg ajoutés, total)
- Photos finales
2. Pression circuit chauffage qui chute (PAC)
📋 Fiche identité — réparation fuite eau circuit
- Fréquence : 30 % des SAV PAC, surtout sur installations > 7 ans
- Localisations : radia (40 %), vases d'expansion (25 %), purgeurs auto (15 %), raccords module (15 %), enrobé chape PCBT (5 %)
- Durée : 1–4 h selon localisation
- Tarif HT : 150–500 € selon ampleur
Procédure de diagnostic
- Vérifier vase d'expansion (pré-pression OK ? membrane percée ?)
- Vérifier soupape 3 bar (ouvre toute seule = pression trop haute = vase HS)
- Vérifier purgeurs auto (parfois ferment mal et fuient)
- Vérifier raccords radia + vannes manuelles + thermostatiques
- Inspection visuelle complète de tout le circuit (taches d'humidité au sol, peinture qui cloque)
- Si rien visible : tester avec colorant fluo + lampe UV (kit Sentinel ~50 €)
- Si vraiment introuvable : caméra thermique sur murs (chape PCBT) — requiert FLIR ou loueur
Réparation selon localisation
- Vase d'expansion HS : remplacement (50–150 € pièce + 1 h MO). Vidanger circuit, dévisser vase, remettre vase neuf, re-pressuriser.
- Soupape qui s'ouvre : remplacement (20–40 € pièce + 30 min MO).
- Purgeur qui fuit : remplacement (10–20 € pièce + 30 min MO).
- Raccord radia qui suinte : resserrer ou refaire le joint (filasse + pâte ou téflon).
- Fuite chape PCBT : grosse opération, devis spécialisé (bureau d'études + plombier carreleur). Plusieurs k€.
3. Sonde HS
📋 Fiche identité — remplacement sonde T°
- Fréquence : 15 % des SAV (souvent à partir de 5-7 ans)
- Sondes courantes : T° ambiance, T° tube UI, T° refoulement compresseur, T° extérieure, T° départ eau, T° retour eau, T° ECS
- Coût pièce : 30–80 € selon sonde
- Durée intervention : 30 min–1 h
- Tarif HT : 120–200 € total
Procédure
- Identifier la sonde concernée (code erreur le dit en général)
- Tester à l'ohmmètre vs courbe constructeur :
- Sonde CTN (NTC) 10K à 25 °C → 10 kΩ ± 5 %
- À 0 °C → ~33 kΩ
- À 50 °C → ~3,9 kΩ
- Si valeur HS (court-circuit / circuit ouvert / valeur farfelue) : remplacer
- Couper alim machine
- Démonter sonde :
- Capteur ambiance UI : souvent dans le bornier UI
- Capteur tube : clipsé sur tube cuivre (collier)
- Capteur extérieur : visse sur le boîtier mural
- Pose sonde neuve (référence constructeur ou compatible)
- Refaire la connexion bornier propre (cosses serrées)
- Reset alarmes machine
- Test fonctionnement (mode chauffage ou ECS, vérifier que la régulation lit la bonne T°)
4. Carte électronique HS (rare mais coûteux)
📋 Fiche identité — remplacement carte UE/UI/module
- Fréquence : 5–8 % des SAV (souvent foudre, surtension, vétusté)
- Coût pièce neuve : 400–1 200 € selon modèle
- Durée intervention : 1–2 h
- Tarif HT total : 600–1 800 €
⚠ Avant de remplacer une carte, vérifier 3 fois
90 % des « cartes HS » annoncées par les clients ou par d'autres pros sont en réalité : charge frigo (sous/sur), encrassement échangeur, sondes HS, mauvaise alimentation élec, paramètres régulation foireux. Diagnostiquer méthodiquement avant de remplacer une pièce coûteuse.
Tester la carte avant remplacement : alimentation 230 V présente, fusibles intacts, LEDs qui s'allument, communication entrante/sortante (oscilloscope si pro).
Procédure
- Confirmer le diagnostic : tests poussés sur carte avant remplacement
- Commander la pièce avec n° série exact (souvent 5-10 j de délai)
- Devis client signé avant commande
- Le jour J :
- Couper alim générale
- Photographier les connexions de l'ancienne carte (toutes)
- Démonter (vis du capot + dévissage carte)
- Mettre la nouvelle carte (souvent même fixation)
- Refaire chaque connexion en suivant les photos
- Vérifier microswitch / DIP switch souvent à recopier de l'ancienne (configuration)
- Remettre alim, vérifier démarrage
- Reset alarmes
- Test fonctionnement complet (cycle chauffage + ECS)
- Garantie : 1 an constructeur sur la pièce
- Renvoyer l'ancienne carte au constructeur si demandé (souvent le cas pour analyse)
5. Compresseur HS — la grosse opération
📋 Fiche identité — remplacement compresseur
- Fréquence : 1–3 % des SAV (souvent > 10 ans, manque entretien)
- Coût pièce neuve : 600–2 000 € selon puissance
- Durée intervention : 4–8 h
- Tarif HT total : 1 500–3 500 €
Décision : réparer ou remplacer la machine ?
Sur une PAC de 8-10 ans, un compresseur HS peut signifier : 1 800 € de réparation pour repartir 2-5 ans, contre 8 000 € de PAC neuve pour 15 ans. Calcul à faire avec le client. Si la PAC a déjà eu plusieurs SAV : souvent plus rentable de remplacer.
Procédure (résumé — opération lourde, cf. formation continue pour détails)
- Confirmer diagnostic (test isolement bobinage, test démarrage, mesure ampérage)
- Devis client + commande pièce
- Récupérer fluide (station récup)
- Couper liaisons (brasage à dessouder côté UE)
- Dépose compresseur (à 2 personnes, lourd)
- Pose compresseur neuf (carcasse, fixations, supports antivibration)
- Brasage des nouvelles liaisons internes UE (sous balayage azote)
- Remplacement filtre déshydrateur (mandatory, sinon humidité résiduelle = compresseur HS rapide)
- Test étanchéité azote
- Tirage vide profond et long (compter 1-2 h)
- Recharge fluide neuf (récupéré + complément, ou totalement neuf si ancien fluide pollué)
- Mise en service et tests
- Garantie pièce 1 an constructeur
Finir l'intervention SAV
Avant de quitter le client
- Vérifier que la panne est vraiment résolue (test cycle complet 15-20 min)
- Reset alarmes + vérifier qu'aucune ne revient pendant le test
- Faire le tour avec le client : expliquer la cause + le geste fait, en mots simples
- Mettre à jour le registre F-Gas si intervention sur frigo (charge ajoutée, fluide récupéré)
- Photographier l'installation après réparation (état final)
- Édition bon d'intervention papier : cause identifiée, geste réalisé, pièces remplacées, fluide ajouté, durée, recommandations
- Signature client + paraphe sur chaque page
- Encaisser ou indiquer modalité paiement (chèque, virement, échéance)
- Conseiller un contrat d'entretien si pertinent (et que ça n'existe pas)
- Programmer un contrôle 1 mois plus tard si intervention majeure (compresseur changé, fuite réparée)
Cas particulier : intervention sous garantie constructeur
- Vérifier la date de pose et la date de mise en service au carnet
- Si toujours sous garantie : appel au SAV constructeur pour pré-accord pièce avant remplacement
- Procédure d'envoi de la pièce HS au constructeur (souvent contre échange)
- Facturation au client : déplacement + main-d'œuvre seulement (pas la pièce, prise en charge)
- Remplir le formulaire de garantie en ligne ou papier
Si la panne n'est pas résolue
Avant de partir, lever toute ambiguïté
- Expliquer clairement : « Je n'ai pas pu finir, voici ce qui me manque pour la prochaine fois » (pièce à commander, expertise complémentaire, équipement spécial)
- Donner un délai : « Je reviens [date], avec [pièce X] »
- Facturer le déplacement + diag du jour (ou bien : décaler tout sur le retour, à toi de décider — selon la complexité et l'effort fourni)
- Si le client est mécontent : proposer un geste commercial (-15 % sur la facturation finale par exemple)
- Email récap dans la foulée : ce qui a été fait, ce qui reste, le délai, le coût
Tarifs SAV Savoie 2026 (HT, indicatif)
Penser à la rentabilité solo
Cible CA solo
Un solo qui veut rentabiliser doit viser 380 €/jour facturable minimum en MO (équivalent ~50 € HT/h sur 7 h facturables). Le SAV est facturé plus haut que la pose (45–60 € net heure pose vs 55–75 € net heure SAV) pour compenser le déplacement court et la complexité diag.
Stratégies de tarification SAV
- Forfait diag : vendre une heure forfaitaire de diagnostic à 80–120 € HT, qui couvre déplacement + diag + 1 réparation simple. Au-delà, devis détaillé sur place.
- Tarif horaire au-delà : 60–75 € HT par heure complète au-delà du forfait.
- Pièces : facturer prix achat + 30–50 % de marge (sondes, joints, vannes). Justifier le délai d'approvisionnement.
- Fluides : facturer prix achat × 2 (gestion, transport, stockage, perte).
- Frais déplacement : au km au-delà de 30 km (0,50–0,80 € HT/km), forfait dans la zone proche.
Geste commercial
- Client de longue date avec contrat d'entretien : -10 à -15 % sur le déplacement
- Client qui a un chantier en cours chez toi : regrouper les interventions (un seul déplacement)
- Réparation chez un client qui a recommandé d'autres clients : déplacement offert, MO standard
Astreinte — vraie organisation
L'astreinte solo est dure
Faire de l'astreinte 7j/7 en solo = burnout assuré en 2 ans. Solutions :
- Limiter l'astreinte à tes clients sous contrat d'entretien (filtre)
- Tarifs astreinte clairement majorés (×1,5 weekend, ×2 nuit) et acceptés à la signature du contrat
- Constituer un réseau de 2-3 confrères pour se relayer (permanence tournante)
- Renvoyer aux SAV constructeurs sous garantie (Daikin, Atlantic ont leur propre astreinte)
Électricité
Habilitations électriques — qu'est-ce qui t'autorise quoi ?
Le code du travail (art R4544-9 et R4544-10) impose une habilitation pour intervenir sur ou à proximité d'installations électriques. Pour un frigoriste, voici la grille de lecture :
| Titre | Ce que ça autorise | Pour ton métier ? |
|---|---|---|
| B0 / H0 | Travailler à proximité d'une installation BT (bâtisseur, peintre…). Aucune intervention électrique. | Insuffisant |
| BS | Remplacement à l'identique : prise, interrupteur, ampoule. Pas de raccordement neuf, pas de tableau. | Limite (ne couvre pas la pose d'une ligne) |
| BR | Chargé d'intervention BT générale : dépannage, raccordement, mesurage. Tu peux faire la VAT et consigner pour ton propre compte. | Standard frigoriste |
| B1V / B2V | Exécutant (B1V) ou chargé de travaux (B2V) au voisinage de pièces nues sous tension. Pour chantiers neufs lourds. | Utile si tu fais des travaux en aval d'un tableau ouvert vivant |
| BC | Chargé de consignation : tu poses ta condamnation, ton macaron, tu signes. Tu peux consigner pour un autre. | Recommandé si tu interviens souvent en collectif ou tertiaire |
| BE manœuvre | Manœuvres sur tableau (réarmement, essai). Souvent inclus dans BR. | OK si tu n'as que BS, mais BR est mieux |
Dans la pratique pour toi
La combinaison standard d'un frigoriste solo est B1V – BR – BC. Formation initiale 3 jours (~700 € HT), recyclage tous les 3 ans (~350 € HT). Ton patron (ou toi en EI) signe ton titre d'habilitation. Sans titre signé, tu n'es pas habilité, point.
Tension et systèmes que tu vas rencontrer
- Mono 230 V (Phase + Neutre + Terre) — la quasi-totalité du résidentiel français. Plafond pratique : ~12 kVA souscrit, parfois 18 kVA en zone rurale. Couleurs : marron ou rouge = phase, bleu clair = neutre, vert/jaune = terre.
- Tri 400 V (3 phases + N + T) — gros résidentiel, PAC ≥ 12 kW, gîtes ruraux, tertiaire. 5 fils. Couleurs phases : marron/noir/gris (ou rouge/marron/noir sur câbles plus anciens).
- Tri 400 V sans neutre (3P + T) — rare en résidentiel mais possible en tertiaire ou ancien. Tu vérifies à la pince ampèremétrique avant de raccorder.
- TBTS 12/24 V DC — bus de communication entre UE et UI sur certaines marques (Mitsubishi MN bus, Daikin), thermostat filaire. Pas dangereux mais sensible aux parasites.
⚠ Le piège du conducteur bleu
En mono, le bleu = neutre. En tri, le bleu peut être une phase (rare mais possible sur câbles anciens U-1000 RO2V avant la norme actuelle). Toujours contrôler à la pince ampèremétrique ou multimètre avant de raccorder. Tu prends le câble pour ce qu'il dit, pas pour ce qu'il devrait dire.
Le minimum vital à comprendre
Ce que tu dois savoir lire en regardant un tableau
- Le disjoncteur d'abonné (souvent en haut, dit aussi disjoncteur de branchement, marqué Enedis) — tu n'y touches pas, tu peux juste l'ouvrir pour couper l'arrivée Enedis.
- Le différentiel de tête ou les inter-différentiels par rangée — calibre 30 mA en résidentiel, type AC / A / F selon ce qui est protégé en aval.
- Les disjoncteurs divisionnaires (1 par circuit) — calibre adapté à la section de câble derrière.
- La barrette de terre — verte/jaune, où tous les conducteurs de protection se rejoignent.
- Les bornes du peigne (horizontal pour la phase, ou vertical pour le neutre) — la barre cuivre qui relie les disjoncteurs entre eux.
Fiche identité — Consignation pour ton intervention
Procédure standard pour un frigoriste qui pose ou répare une ligne dédiée. Niveau d'habilitation requis : BR (BC si tu te consignes formellement à toi-même).
Tes outils de consignation
Tes EPI électriques (équipements de protection)
- Gants isolants classe 00 (500 V) ou 0 (1000 V) — Honeywell ou Sibille. Sous-gants coton dessous. Vérification visuelle avant chaque usage. Test périodique 6 mois en boîte d'essai.
- Lunettes de protection EN 166 — contre l'arc électrique éventuel. Bollé, Uvex, 3M.
- Tapis isolant 1 m × 1 m, classe 0 — utile si sol humide / cave / chaufferie. Catu MP-30.
- Chaussures de sécurité S3 SRC isolantes — semelle composite, pas de coque acier conductrice.
- Vêtements 100 % coton sous une polaire ou softshell — le synthétique fond sur la peau en cas d'arc.
La séquence VAT en 4 temps — à mémoriser
Tu identifies le disjoncteur qui alimente le circuit (souvent étiqueté ; sinon tu te repères par la position et tu vérifies au pas suivant). Tu le bascules en position O / OFF. Si tu travailles sur le tableau lui-même, tu coupes au disjoncteur d'abonné (en haut du tableau) — sauf que tu n'y as pas le droit en clientèle sans accord de l'usager.
Tu poses ta barrette de condamnation dans la fente du disjoncteur basculé, tu mets ton cadenas dessus. Tu accroches ton étiquette avec ton nom et la date. Personne ne peut réenclencher tant que ton cadenas est là. C'est ton mécanisme contre la blague du client qui veut « juste tester un truc » pendant que tu raccordes la borne.
Tu vas au point d'intervention (la boîte de raccord, la borne UE, le sous-tableau). Tu identifies les conducteurs sur lesquels tu vas travailler : phase(s), neutre, terre. Le but est d'isoler exactement ce que tu vas toucher, pas le voisinage.
Tu sors ta VAT bipolaire. Tu fais l'autotest (toujours en premier, sur une source connue sous tension : prise standard à proximité). Tu reviens à ton point d'intervention. Tu mesures phase / neutre, phase / terre, neutre / terre. La LED ou le bip ne doit s'allumer sur aucune mesure. Tu refais l'autotest pour valider que ta VAT n'est pas tombée en panne pendant la mesure.
⚠ Ce qui t'inquiète
- « Je vais croire que c'est éteint et toucher du 230 V »
- « Le disjoncteur n'est pas étiqueté, je vais couper la mauvaise ligne »
- « Je vais oublier ma condamnation et laisser un risque »
- « La VAT pourrait tomber en panne pile au moment du test »
✓ Comment tu te rassures
- Tu testes ta VAT sur une source connue avant ET après chaque mesure
- Si l'étiquetage est douteux : tu coupes au général, et tu rétabliras circuit par circuit avec accord du client
- Tu poses ton cadenas physiquement, étiquette avec ton nom — impossible d'oublier
- Une VAT bipolaire avec autotest LED règle ce problème : si elle est HS, l'autotest le dit
Tu n'as pas la VAT sur toi
Tu ne travailles pas. Point. Pas de bricolage avec un tournevis testeur (interdit, dangereux, faux positifs). Pas de vague souvenir « j'ai bien éteint le disjoncteur ». Tu rentres chercher ta VAT, ou tu fais venir un confrère. Le code du travail (R4544-9) ne souffre pas d'exception sur ce point.
Cas spécial : tester une UE déjà raccordée
Avant d'ouvrir le capot bornier d'une UE pour, par exemple, mesurer une tension d'alimentation ou raccorder un câble bus, tu dois :
- Couper le disjoncteur dédié au tableau, condamner.
- Ouvrir le capot bornier UE (souvent 2-4 vis Phillips PH2 ou Torx T20).
- Identifier les bornes L / N / ⏚ (terre) sur le bornier de raccordement.
- VAT : phase/neutre, phase/terre, neutre/terre. Tu cherches du 0 V.
- Attention au condensateur sur les compresseurs ON/OFF : il peut rester chargé plusieurs minutes. Décharger via résistance 10 kΩ avant manipulation. Sur inverter, le bus DC reste sous tension 5 à 10 minutes après coupure secteur — vérifier au multimètre sur les bornes condensateur ou attendre que la LED rouge de la carte s'éteigne.
Anatomie d'un tableau résidentiel typique (post-2015)
Étapes pour comprendre un tableau en 5 minutes
En haut, plus large que les autres, marqué Enedis (ou EDF sur les anciens). Calibre 15/45 A, 30/60 A ou 60/90 A — c'est ce qui détermine la puissance souscrite (ex. 30/60 A en mono = 12 kVA pour le seuil sup).
Modules 2 pôles ou 4 pôles, marqués 30 mA, calibre 25/40/63 A. Type indiqué : AC (vieux), A (standard moderne), F (renforcé pour HF/inverter), B (variateurs DC industriels).
Modules 1 pôle (mono) ou 2/4 pôles (tri). Si toutes les places sont occupées : il faut un tableau d'extension ou un sous-tableau dédié (cf. cas concrets).
Verte/jaune, généralement en bas ou sur le côté. Tous les conducteurs PE des circuits y arrivent. Tu y connecteras le PE de ta nouvelle ligne dédiée.
Chaque disjoncteur devrait porter une étiquette : « éclairage cuis », « PC séjour », « cumulus », etc. Étiquetage absent ou farfelu = tableau probablement non conforme = vérifier ce que chaque disjoncteur alimente avant manœuvre.
Tableau type Hager / Schneider / Legrand — repères marques
| Marque | Disjoncteur d'abonné | Différentiels | Divisionnaires |
|---|---|---|---|
| Schneider | DT40 / Resi9 DB60 | iID Resi9 | iC60N (Resi9 XE) |
| Hager | HD60 / HDB | CDA, CDH, CDC | MFN, MCN |
| Legrand | DPN / DRX | DX³ ID | DX³ 6000 |
| ABB / Eaton | moins fréquent en résidentiel | — | — |
Vérifications rapides à l'arrivée
- Le tableau ferme-t-il proprement ? Sinon : indice de tableau modifié non aux normes.
- Y a-t-il une barre obturatrice sur les modules vides ? Sinon : non conforme, doigt accessible vers le rail = danger.
- Les dominos ou Wago sont-ils en surplus dans le tableau ? Indice d'ajouts sauvages successifs.
- Couleurs des conducteurs respectées ? (marron/rouge phase, bleu neutre, vert/jaune terre)
- Date du tableau visible ? Souvent étiquette à l'intérieur ou millésime sur le coffret. Pré-2003 = méfiance, pré-1991 = mise à niveau quasi-obligatoire avant raccord PAC.
Le sous-tableau dédié — souvent ta meilleure parade
Quand le tableau d'origine est limite (places saturées, pas de Type A, ancien), tu poses un sous-tableau modulaire dédié à la clim/PAC en aval, alimenté par un disjoncteur 40 A C dans le tableau principal. À l'intérieur : différentiel 30 mA Type A ou F + disjoncteur(s) divisionnaire(s). Coffret Hager Vector VS108 (8 modules) ~30 € HT, ou Schneider Resi9 ~40 € HT. Comptes 350–600 € HT main d'œuvre + matériel pour un sous-tableau bien fait, à intégrer au devis.
Fiche identité — Tirer une ligne d'alimentation
Câble U-1000 R2V (rigide cuivre, gaine PVC) ou U-1000 RO2V (souple multibrin). Cheminement en gaine ICTA encastrée, en goulotte apparente PVC, ou directement sous chemin de câbles.
Choisir et préparer le câble
Câbles que tu utilises selon le besoin
- U-1000 R2V (3G2,5 / 3G4 / 3G6) — câble rigide d'alimentation, posé en goulotte ou ICTA. Le standard pour ligne UE clim/PAC. Couleur isolant : noir (ou parfois gris).
- U-1000 RO2V (5G2,5 / 5G4) — multibrin souple, 5 conducteurs pour tri. Plus facile à passer dans une gaine étroite avec courbes.
- H07 V-K — fil souple multibrin, à l'unité (rouge, bleu, vert/jaune) — pour les passages courts dans le tableau ou en goulotte sous tube IRL.
- Câble bus 2×0,75 mm² blindé — communication UE/UI sur certaines marques. Belden 8723 ou équivalent. Chemin séparé du 230 V.
- U-1000 R2V 5G1,5 — pour le bus 230 V (4 conducteurs sur Daikin S21 par ex.) si la marque l'exige. Voir notice constructeur.
3G ou 5G : qu'est-ce que ça veut dire ?
« 3G2,5 » = 3 conducteurs de 2,5 mm² dont un vert/jaune (le G = Grün/jaune-vert, c'est-à-dire la terre comprise dans le compte). Mono = 3G (P+N+T). Tri = 5G (3P+N+T). « 3×2,5 mm² » sans G veut dire sans conducteur de protection — pas pour toi.
Cheminement : 4 façons de faire passer ton câble
Goulotte Legrand DLP ou Iboco TM, fixée vis + cheville Fischer SX. Couvercle clipsable, séparation possible bus/alim. Dimensions usuelles : 60×40, 80×40, 105×35. Esthétique correct si tracé droit. Tu colles la goulotte le long de plinthes ou angles, jamais en travers d'un mur.
Gaine Iboco ICTA Ø20 ou Ø25, posée dans la saignée du mur, rebouchée plâtre/MAP. Tu ne saignes pas un mur porteur sans accord et jamais en horizontal au-delà de quelques cm. Hauteur saignée mini 30 cm sous plafond ou au-dessus du sol. Cheminement à éviter dans les zones de fixation (cadres, tableaux).
Câble agrafé sur solive ou tiré dans gaine ICTA fixée par colliers Atlas. Distance entre fixations : 30 cm en horizontal, 40 cm en vertical. Ne pas poser à plat sur la laine de verre (tassement = échauffement). Si comble habitable : cheminement protégé en goulotte ou ICTA.
Goulotte PVC IP44 (ou mieux IP55) en extérieur, ou gaine ICTA + tube IRL si exposé UV/intempéries. Tu protèges spécifiquement les zones basses (50 cm du sol) contre choc avec tube IRL acier. Sortie de mur via boîte de dérivation IP55.
Mode opératoire — séquence type pour tirer 20 m
Préparer
- Mesurer la distance tableau → UE au mètre laser (Bosch GLM 50-27 C ~110 € HT) ou décamètre. Ajouter 1 à 2 m de marge pour les courbes et raccordements.
- Calculer la chute de tension (cf. sous-onglet « Sections »). Choisir la section.
- Acheter le câble à la couronne : 25 m, 50 m ou 100 m selon stocks (Rexel, Sonepar, Bricoman). Couronne 50 m de 3G2,5 ~28 € HT, de 3G6 ~75 € HT.
- Préparer le tracé sur place : repérage à la craie ou marqueur effaçable.
Poser le cheminement vide
- Goulotte : fixer tous les 30–50 cm, perçage Ø6 chevilles SX6, vis 4×40. Découpe goulotte à la scie à métaux ou pince à goulotte (Knipex 95 02 165). Angles intérieurs et extérieurs en accessoires (pas à la mitre).
- ICTA : agrafer ou colliers, ne pas écraser, courbes mini 6× le diamètre (Ø20 → rayon 12 cm).
- Boîtes de dérivation tous les 15 m max ou à chaque changement de direction important — IP44 mini en intérieur, IP55 en extérieur.
Tirer le câble
Aiguille tire-fil nylon Ø3 ou 4 mm (Ridgid, Catu) — 20 m ~25 € HT. Tu enfiles d'abord l'aiguille dans la gaine ou la goulotte (par l'extrémité la plus difficile vers la plus accessible). Tu fixes le câble en bout d'aiguille avec scotch toilé ou tête de tirage.
Tu tires en continu, sans à-coups. Si ça résiste : tu pousses doucement de l'autre côté avec un aide, ou tu utilises du lubrifiant à câble (Megger LubriCab, ~12 € HT le tube).
30 à 50 cm de mou à chaque bout : tu auras besoin de cette marge pour repositionner la borne, refaire un sertissage, ou rallonger légèrement si la position UE bouge de 10 cm.
Connectique — préparer les bouts
- Dénudage gaine : couteau d'électricien Knipex ErgoStrip 16 95 01 SB (~75 € HT) ou pince à dénuder Knipex MultiStrip 10 (~80 € HT). Tu dégaines 8 à 12 cm pour avoir de quoi raccorder propre.
- Dénudage conducteurs : 8 à 10 mm, voire 12 mm pour borne à vis. Tu vises le repère sur la pince.
- Embouts de câblage sur multibrin (RO2V, H07 V-K) : obligatoire. Embout cuivre étamé + pince à sertir Knipex 97 49 67 (~85 € HT). Couleurs normalisées : 0,5 mm² blanc, 0,75 mm² gris, 1 mm² rouge, 1,5 mm² noir, 2,5 mm² bleu, 4 mm² gris (foncé), 6 mm² jaune, 10 mm² rouge.
- Cosses sur conducteurs ≥ 6 mm² : pour borne lyre ou bornier vis dans certaines UE (Mitsubishi MXZ par ex.). Cosses fourche ou rondes selon borne.
Outils dédiés à cette étape
⚠ Ce qui peut t'arrêter
- Le mur est plein d'obstacles (poutre IPN, gaine VMC, ancienne canalisation)
- Le tracé prévu coupe une cloison porteuse
- L'ICTA bloque dans une courbe et tu ne sais plus où ça coince
- Le client refuse la goulotte apparente, veut tout encastré
✓ Comment tu te débrouilles
- Détecteur multifonction Bosch GMS 120 (~75 € HT) — repère métaux + bois + 230 V dans mur
- Si porteur : passer en façade ou en faux-plafond, jamais saigner sans avis structure
- Pose une boîte de dérivation à mi-chemin pour sectionner le tirage en 2 portions
- Devis explicite saignée + plâtre + reprise peinture (350–500 € HT supp.) ou propose moulure plinthe
Ce que tu ne fais jamais
Table de référence — usages frigo/PAC
| Usage | Section type | Disjoncteur | Diff Type |
|---|---|---|---|
| Alim UI clim mono 9 à 12k BTU | 3G1,5 | 10 A C | 30 mA A ou F |
| Alim UE clim mono 9 à 12k BTU | 3G2,5 | 16 A C | 30 mA A ou F |
| Alim UE clim mono 18 à 24k BTU | 3G2,5 ou 3G4 | 20 A C | 30 mA A ou F |
| PAC A/E mono 6 à 8 kW | 3G4 ou 3G6 | 32 A C | 30 mA A ou F |
| PAC A/E mono 11 à 14 kW | 3G6 ou 3G10 | 40 A C | 30 mA A ou F |
| PAC A/E tri 11 à 16 kW | 5G2,5 ou 5G4 | 3P 20–25 A C | 30 mA A ou F (4P) |
| CET (chauffe-eau thermo) | 3G1,5 ou 3G2,5 | 16 A C | 30 mA A |
| Bus comm UE/UI | 2×0,75 ou 1,5 mm² blindé (sauf S21 Daikin) | — | — |
⚠ Section selon longueur — règle empirique
Au-delà de 20 m entre tableau et UE, monter d'un cran. Au-delà de 40 m, calculer la chute de tension précisément. Limite admissible : 3 % en éclairage, 5 % autres usages (NF C 15-100). En pratique, vise < 3 % pour ne pas pénaliser le COP de la PAC en pic.
Calcul détaillé de la chute de tension
Formule mono : ΔU (V) = 2 × ρ × L × I / S avec ρ = 0,022 Ω·mm²/m (cuivre à 20 °C), L = longueur en m, I = intensité en A, S = section en mm².
Formule tri équilibré : ΔU (V) = √3 × ρ × L × I / S
Exemple 1 — PAC 11 kW mono à 25 m
Donnée constructeur : Atlantic Alféa Excellia A.I. 11 kW, In max ≈ 18 A en pic démarrage compresseur (étiquette plaque).
Calcul en 6 mm² : ΔU = 2 × 0,022 × 25 × 18 / 6 = 3,3 V soit 1,4 % de 230 V → OK largement
Section retenue : 3G6, disjoncteur 40 A C, ID 30 mA Type F.
Exemple 2 — PAC 14 kW mono à 35 m
Donnée : Daikin Altherma 3 H HT 14 kW, In max ≈ 30 A.
Calcul en 6 mm² : ΔU = 2 × 0,022 × 35 × 30 / 6 = 7,7 V soit 3,3 % → Limite, monter en 10 mm²
En 10 mm² : ΔU = 4,6 V soit 2,0 % → OK
Section retenue : 3G10, disjoncteur 40 A C, ID 30 mA Type F.
Exemple 3 — PAC tri 12 kW à 50 m
Donnée : Atlantic Loria Duo 12 kW tri, In max ≈ 12 A par phase (équilibré).
Calcul en 4 mm² : ΔU = √3 × 0,022 × 50 × 12 / 4 = 5,7 V soit 1,4 % de 400 V → OK largement
Section retenue : 5G4, disjoncteur 3P 20 A C, ID 30 mA Type A 4P.
Ajustement selon mode de pose
Une section nominale s'évalue à 30 °C ambiant en pose moyenne. Plus chaud, plus regroupé, plus enrobé d'isolant : tu déclasses la capacité (NF C 15-100, tableau 52H).
| Mode pose | Coefficient correctif |
|---|---|
| Câble apparent en goulotte ventilée | 1,0 (nominal) |
| Câble en gaine ICTA encastrée | 0,87 |
| Câble noyé dans isolant (laine de verre, ouate) | 0,77 |
| Plusieurs câbles regroupés (3+) dans un même conduit | 0,70 |
| Câble enterré sous fourreau TPC | 0,80 |
En pratique pour PAC : si tu poses ton câble seul en ICTA encastrée, ne te casse pas la tête, le coefficient 0,87 est déjà absorbé par les marges des tables ci-dessus. Cas critique : câble noyé dans laine ET sur 30 m → vérifier au calcul.
Connectique — comment tu joins 2 longueurs
Si ta couronne fait 25 m et qu'il te faut 30 m : tu n'épisses pas dans une gaine. Tu poses une boîte de dérivation IP44 à mi-chemin, et tu raccordes proprement.
✓ Raccord propre
- Boîte de dérivation Schneider Mureva ou Legrand Plexo, 80×80×40 mm, IP55
- Bornes Wago 221 (transparentes, à levier) ou Wago 2273 (compactes, push-in)
- Embouts de câblage sur multibrin obligatoires
- Boîte fermée, vissée, étanche
✗ À éviter
- Domino « sucre » nu dans une gaine ou laine de verre
- Soudure sauvage à l'étain sur conducteurs en place
- Connecteurs auto-perforants pour câbles téléphone détournés en 230 V
- Boîte de dérivation murée derrière placo (interdit, doit rester accessible)
Wago 221 vs 2273 — comment choisir
Les deux sont homologués 32 A. Le 221 a un levier qu'on ouvre/ferme : tu peux retirer le fil, le rebrancher, le contrôler. Idéal en chantier avec ajustements. Le 2273 est push-in pur : enfoncer = bloquer définitivement. Plus compact, parfait en boîte exiguë. Pour toi en pose clim : 221 en boîte de dérivation, 2273 en boîte d'encastrement DCL plafond ou raccord court UE/UI vers fil pilote.
Lire un disjoncteur — anatomie
Marquages que tu trouves sur un disjoncteur Schneider, Hager, Legrand
- Calibre (In) : 6, 10, 16, 20, 25, 32, 40, 63 A — c'est l'intensité nominale qu'il laisse passer en continu.
- Courbe : B, C, ou D — comportement face à un pic d'intensité.
- Tension : 230/400 V~ pour les courants alternatifs domestiques.
- Pouvoir de coupure (Icn ou Icu) : 4500 A, 6000 A, 10 kA — capacité à couper un court-circuit. Mini 4500 A en résidentiel (NF EN 60898).
- Nb de pôles : 1P (1 phase coupée seule, hyper rare en CGM), 1P+N (phase et neutre coupés ensemble — standard mono moderne), 2P (2 phases en tri-N), 3P ou 3P+N (4P) en tri.
- Norme : NF EN 60898-1 (résidentiel) ou NF EN 60947-2 (industriel/tertiaire). Pour toi, EN 60898 partout.
Courbes B / C / D — laquelle pour clim/PAC ?
| Courbe | Seuil magnétique | Usage | Pour toi |
|---|---|---|---|
| B | 3 à 5× In | Éclairage, prises classiques, faibles pics | Pas adapté clim/PAC |
| C | 5 à 10× In | Mixte standard, prises, électroménager | Standard inverter moderne |
| D | 10 à 20× In | Forts appels (transfos, gros moteurs) | PAC anciennes ON/OFF, compresseur usé |
En pratique : une PAC inverter moderne est compatible C (le variateur lisse le démarrage, pas de gros pic). Une vieille clim ON/OFF ou un compresseur fatigué : tu peux passer en D si tu as des déclenchements intempestifs au redémarrage. Toujours vérifier la plaque signalétique de l'UE qui indique le calibre et parfois la courbe recommandée.
Calibre selon puissance — référence
| Équipement | Disjoncteur | Section min |
|---|---|---|
| Mono-split 9k mono | 16 A C | 3G2,5 |
| Mono-split 12k à 18k mono | 16 à 20 A C | 3G2,5 |
| Mono-split 24k mono | 20 à 25 A C | 3G2,5 (court) ou 3G4 |
| Multi-split 2× UI mono | 20 à 25 A C | 3G4 |
| PAC A/E 4-6 kW mono | 25 A C | 3G4 |
| PAC A/E 6-8 kW mono | 32 A C | 3G4 ou 3G6 |
| PAC A/E 11-14 kW mono | 40 A C ou D | 3G6 ou 3G10 |
| PAC A/E 11-16 kW tri | 3P 20-25 A C | 5G2,5 ou 5G4 |
Poser un disjoncteur sur rail DIN — geste
Tu coupes le disjoncteur d'abonné (avec accord client), tu condamnes, tu fais ta VAT. Si tu n'as pas accès au DJ d'abonné (ex. en copro où il est en gaine technique fermée), tu coupes tous les inter-différentiels et ton disjoncteur de tête de tableau si présent, puis VAT au niveau du peigne.
Le disjoncteur a une griffe arrière qui se clipse sur le rail DIN 35 mm. Tu inclines à 30°, tu poses la griffe haute, tu fais pivoter vers le bas — clic. Les modules à clic-clac sont indéréglables : si tu insistes en force, tu casses la griffe.
Le peigne horizontal en cuivre (Schneider iDPN, Hager KD) distribue la phase à tous les disjoncteurs. Tu coupes le peigne à la longueur exacte avec une pince coupante. Tu serres la borne du peigne au couple constructeur (typiquement 1,2 à 2,5 Nm, vérifier notice).
Tu dénudes 10–12 mm de phase et de neutre. Tu poses des embouts si multibrin. Tu insères dans la borne aval du disjoncteur (la borne basse), tu serres au couple 2,5 à 3 Nm (Schneider iC60) ou selon notice. La terre va à la barrette PE en bas du tableau.
Étiquette claire sur la porte du tableau : « UE clim Daikin chambre — 20 A — couleur câble noir 2,5 ». Mention obligatoire en NF C 15-100 §771.4.
Le schéma unifilaire collé à l'intérieur du tableau (ou dans la pochette du Consuel) : tu ajoutes ta ligne avec disjoncteur, différentiel, section, longueur, calibre.
Marques recommandées
| Marque / Référence | Type | Prix HT pièce | Avis |
|---|---|---|---|
| Schneider iC60N C20 | 1P+N 20 A C | 22 – 28 € | Standard sûr, large gamme |
| Schneider Resi9 XE C25 | 1P+N 25 A C | 15 – 20 € | Gamme résidentielle, plus économique |
| Hager MFN720 | 1P+N 20 A C | 20 – 26 € | Standard très répandu |
| Legrand DX³ 6000 C20 | 1P+N 20 A C | 22 – 28 € | Compatible peignes universel |
| ABB SH200 C25 | 1P+N 25 A C | 18 – 24 € | Bonne qualité, moins répandu en distrib FR |
⚠ No-name à éviter
Évite les disjoncteurs sans marque connue trouvés à l'unité sur Amazon ou Wish : pouvoir de coupure parfois faux, pas conformes EN 60898. En cas de litige ou Consuel : disjoncteur non identifiable = installation refusée. Reste sur Schneider/Hager/Legrand/ABB.
Type AC interdit sur clim/PAC inverter
Une PAC inverter (toutes les modernes : Daikin, Mitsubishi, LG, Atlantic, Samsung) génère du courant de fuite à composante DC. Un différentiel Type AC n'est sensible qu'au sinusoïdal pur — il est aveugle aux composantes DC. Donc en cas de défaut : il ne déclenche pas. Risque d'électrocution. Type A ou F obligatoire (NF C 15-100).
Les 4 types de différentiels résidentiels
| Type | Détecte | Symbole | Usage frigo/PAC |
|---|---|---|---|
| AC | Sinus AC pur uniquement | ~ | Interdit inverter |
| A | AC + courants pulsés DC unidirectionnels | ~ + ⌒ | Standard inverter |
| F | A + composantes haute fréquence (jusqu'à 1 kHz) | ~ + ⌒ + HF | Idéal inverter récents |
| B | F + DC pur lisse (variateurs industriels) | ~ + ⌒ + HF + ⎯ | Surdimensionné en résidentiel |
En pratique pour toi : Type A est le minimum, Type F est mieux, surtout sur PAC haute puissance ou monophasée 11+ kW. Type B uniquement si la notice constructeur l'exige (rarissime résidentiel, courant en process industriel).
Calibre et sensibilité
- 30 mA — sensibilité standard résidentielle, protection des personnes.
- 300 mA ou 500 mA — protection incendie, en tête de tableau, sélectif (laisse les 30 mA déclencher avant).
- 10 mA — usage très sensible (salle de bain spécifique, médical), pas pour ton métier.
Calibre intensité (l'In) : 25, 40 ou 63 A. Tu prends au moins le calibre du disjoncteur amont, ou plus. Pour un sous-tableau dédié PAC 11 kW : ID 30 mA Type A 40 A.
Test du bouton « T » — geste mensuel
Tout différentiel a un bouton de test (souvent T ou « test »). Une pression simule une fuite. Si le différentiel est sain : il déclenche immédiatement. Sinon : il est mort, à remplacer.
Marques recommandées
| Référence | Type | Prix HT pièce |
|---|---|---|
| Schneider Resi9 R9PR40 (40 A 30 mA Type A) | 2P | 40 – 55 € |
| Schneider iID K60 40 A 30 mA Type F | 2P | 120 – 150 € |
| Hager CDC740F (40 A 30 mA Type F) | 2P | 110 – 140 € |
| Legrand DX³ 411651 40 A 30 mA Type A | 2P | 50 – 65 € |
| Hager CDS440D (40 A 30 mA Type A 4P tri) | 4P | 140 – 180 € |
Sélectivité — quand 2 différentiels en cascade
Si tu poses un sous-tableau PAC en aval d'un tableau principal qui a déjà un ID de tête : tu veux que ton ID PAC déclenche avant celui du tableau principal (sinon toute la maison disjoncte).
Solution : ton ID PAC en standard 30 mA Type A/F « instantané ». L'ID amont en type S retardé 300 mA (Schneider Resi9 R9PRS, Hager CDS763D). Le « S » signale le retard d'environ 40 ms qui laisse le temps au 30 mA aval de déclencher d'abord.
En réno simple : pas obligatoire de cascader
Pour une simple ligne PAC raccordée au tableau existant qui a déjà un ID 30 mA Type A : tu raccordes ton disjoncteur PAC en aval de ce différentiel, point. La cascade ne s'impose qu'avec un sous-tableau dédié PAC en aval d'un tableau qui n'a pas Type A en tête.
Fiche identité — Raccord électrique UE
Avant ce geste : VAT validée, câble dénudé, embouts sertis si multibrin, capot bornier ouvert, notice constructeur en main.
Schéma type d'une UE clim mono-split
Procédure raccord UE — pas à pas
Disjoncteur amont coupé et condamné. Tu ouvres le capot bornier UE (vis Phillips ou Torx). Tu fais ta VAT entre L-N, L-⏚, N-⏚. Si l'UE est neuve, tu fais la VAT par habitude — c'est de la rigueur, pas de la paranoïa.
Tu fais entrer le câble 3G2,5 par le presse-étoupe en bas de l'UE (généralement Ø13 à 16). Tu visses le presse-étoupe pour serrer la gaine — c'est lui qui assure l'étanchéité IP24. Tu laisses 15 à 20 cm de mou à l'intérieur du capot.
Dégaine 8 à 10 cm. Dénude chaque conducteur sur 8 mm pour borne à vis classique, 10 mm pour borne à ressort. Embouts sertis si multibrin (ce qui est rare en R2V mais standard si tu rallonges en boîte avec H07 V-K).
Sur la quasi-totalité des UE clim mono-split : L (phase) - N (neutre) - ⏚ ou GND (terre) - 1 et 2 (bus). Sur certaines marques : S1, S2, S3 (S1=L, S2=N, S3=bus).
L'ordre n'est pas neutre : terre en premier (sécurité si quelqu'un fait une bourde), neutre ensuite, phase en dernier. Au démontage, ordre inverse : phase en premier, terre en dernier.
Câble bus séparé (ou dans la même nappe selon marque) : tu raccordes 1↔1, 2↔2 entre UE et UI. Polarité respectée même si certaines marques disent « non polarisé ». Côté UI, même séquence : ouvrir capot, repérer bornier, raccorder.
Serrage final du PE pour étanchéité, vérification visuelle (aucun brin qui dépasse, aucune borne approximative). Capot remis, vis serrées au couple. Photo du bornier avant fermeture (preuve raccord propre).
Bornes les plus courantes — comment elles se manipulent
| Type borne | Marques typiques | Comment |
|---|---|---|
| Borne à vis traditionnelle (caisson métallique + vis) | Daikin RXM, Mitsubishi MUZ | Insérer fil dénudé 8 mm, serrer 1,5–2 Nm |
| Borne à cage à ressort (push-in) | Mitsubishi récents, Panasonic | Appuyer levier ou enfoncer directement |
| Borne lyre (cosse plate) | Atlantic, Hitachi (UE PAC A/E) | Sertir cosse fourche sur fil, glisser sous vis, serrer |
| Borne combinée + Wago intégré | Daikin Altherma (module hydro) | Levier vers le haut, insérer, levier vers le bas |
UI murale — particularités
- Le bornier est généralement à droite, derrière une trappe de service.
- Le câble bus arrive par le passage liaison frigorifique (le plus discret).
- Sur certaines UI, le bus est aussi aliment 230 V (Daikin S21 par ex.) : un seul câble 4G1,5 ou 5G1,5 fait alim + bus.
- Si UI et UE sont alimentées séparément (ancien standard) : 2 disjoncteurs distincts, 2 lignes.
⚠ Tes peurs au moment de raccorder
- « Je vais inverser phase et neutre »
- « Le bus va me cramer la carte mère »
- « J'ai oublié l'embout sur un brin et il va lâcher dans 3 mois »
- « Le câble est trop court, je galère pour serrer »
✓ Tes parades
- Inversion P/N : pas dramatique pour la machine, mais à éviter pour la cohérence. Vérifier au multimètre. La terre, elle, est cruciale.
- Le bus est en TBTS (12-24 V). Câble séparé, blindé idéalement. Ne jamais croiser bus et 230 V dans une borne.
- Serrage embout = visible, on entend le clic de la pince à sertir. Tu vérifies en tirant légèrement, pas plus.
- Si trop court : boîte de dérivation IP55 + Wago 221, jamais de raboutage à l'arrache
Avant de remonter le disjoncteur — dernier check
Checklist 60 secondes avant l'enclenchement
- Tous les capots fermés — UE, UI, sous-tableau si présent, boîtes de dérivation. Aucune borne nue accessible.
- Cadenas de consignation retiré — tu peux maintenant. Tu dégages la barrette.
- Personne ne touche la machine — UE en hauteur dégagée, UI sans manipulation en cours.
- Multimètre prêt — calibre 750 V AC, sondes branchées V/Ω et COM.
- Notice constructeur ouverte à la page mise en service.
Procédure d'enclenchement et essais
Si tu as cascadé : ID amont d'abord (ne déclenche pas, tant qu'aucune charge n'est connectée à l'aval), puis ton ID PAC dédié, puis enfin le disjoncteur divisionnaire. Cette séquence te permet de localiser un défaut éventuel.
Multimètre en V AC, calibre 750 V :
- L–N : doit lire 230 V ± 10 % (entre 207 et 253 V acceptable). Si < 200 V : chute de tension excessive ou problème amont. Si 0 V : pas d'alim (vérifier disjoncteur, câble).
- L–⏚ : 230 V ± 10 % aussi.
- N–⏚ : doit lire 0 à 5 V max. Si > 10 V : neutre flottant ou terre douteuse.
Tu allumes l'UI. Carte mère booster, voyant LED. Tu mets en mode FROID si extérieur > 18 °C, en CHAUD sinon. Consigne 5 °C en dessous (froid) ou 5 °C au-dessus (chaud) de la température ambiante pour forcer le compresseur.
5 à 30 secondes après l'ordre marche, le ventilo UI s'éveille, puis l'UE démarre. Compresseur démarre progressivement (inverter), tu entends le bruit s'installer.
Compresseur en marche, multimètre L–N : tu dois rester > 207 V. Si tu chutes à 195 V en charge : ta ligne est sous-dimensionnée, tu dois revoir la section.
Pendant que la machine tourne, tu appuies sur le bouton T du différentiel. Tout doit couper instantanément. Tu réenclenche. Si ça ne déclenche pas : différentiel défaillant, à remplacer immédiatement.
Sur la télécommande, fais varier la consigne, change de mode (chaud → froid → ventilation). Le ventilo UI répond, le compresseur s'arrête/redémarre selon la demande. Si la machine reste figée ou affiche un code U2/U4/E5/F1 : problème de bus comm.
Mesures finales à consigner sur PV
| Mesure | Valeur | Tolérance |
|---|---|---|
| Tension hors charge L-N | ___ V | 230 V ± 10 % |
| Tension N-PE | ___ V | < 5 V |
| Intensité pic démarrage | ___ A | Selon plaque |
| Intensité régime nominal | ___ A | ≈ In/2 inverter |
| Tension en charge L-N | ___ V | > 207 V |
| Test bouton T différentiel | OK / KO | Déclenche < 30 ms |
| Communication UE/UI | OK / KO | Réponse instantanée |
Tu as fini — la machine tourne, tu as les mesures
Tu range les outils, tu refermes le tableau, tu signes le PV avec le client. Ne jamais partir sans avoir vu un cycle complet (compresseur démarre, atteint sa consigne, s'arrête, redémarre). Sur PAC A/E : laisser monter en température 30 à 60 min, vérifier débit hydro, ΔT départ/retour cohérent.
Cas 1 — Mono-split 12k dans pavillon récent
Configuration : Daikin Stylish 12k, distance tableau ↔ UE 18 m, mono 230 V, tableau Schneider Resi9 récent (ID Type A présents), 2 places libres.
Solution : ligne 3G2,5 en goulotte 60×40 le long de plinthe et descente garage. Disjoncteur Schneider iC60 16 A C en place libre, en aval de l'ID Type A 30 mA existant. Étiquette « clim chambre — 16 A ». Bus 2×0,75 mm² blindé en parallèle, séparé par cloison goulotte.
Temps total élec : 1 h 30. Matériel : ~45 € HT (câble + disj + connectique).
Cas 2 — PAC A/E 11 kW mono dans maison années 2000
Configuration : Atlantic Alféa Excellia A.I. 11 kW mono, distance tableau ↔ UE 22 m, mono 230 V, puissance souscrite 12 kVA, tableau Hager Vector 2010 (ID Type AC en place — pas Type A).
Solution : impossible de raccorder en aval du Type AC existant (interdit pour inverter). Pose d'un sous-tableau dédié PAC : coffret Hager VS108 8 modules, ID 30 mA Type F 40 A en tête, disjoncteur 40 A C en aval pour l'UE, disjoncteur 16 A C pour le module hydraulique. Alimentation du sous-tableau depuis tableau principal en 3G10 (coffret en parallèle, pas en aval d'un divisionnaire). Câble UE 3G6, longueur 22 m → ΔU = 2,9 % OK.
Temps total élec : 4 h. Matériel : ~280 € HT (sous-tableau + câbles + protections).
Cas 3 — Maison ancienne, tableau Hager 13 modules des années 80
Configuration : tableau original 13 modules, fusibles à cartouche encore présents, pas de différentiel, terre douteuse (résistance non vérifiable).
Décision : tu refuses la pose en l'état. Tu proposes au client soit (1) faire intervenir un électricien pour mise aux normes du tableau principal avant ta pose (devis 1500–3000 €), soit (2) intégrer dans ton devis la pose d'un sous-tableau PAC complet et autonome, alimenté par un câble dédié direct du compteur Linky en attente jusqu'à un nouveau tableau modulaire avec ID 30 mA Type F. Cette deuxième option reste limite — il vaut mieux que la maison soit aux normes en globalité avant pose PAC.
Devis sous-tableau dédié si retenu : 350–600 € HT main d'œuvre + 200–400 € HT matos.
Mention dans ton devis
« Le tableau électrique principal du logement n'est pas conforme NF C 15-100 actuelle. La pose d'un sous-tableau dédié à la PAC permet de sécuriser le circuit thermodynamique. La conformité globale du tableau principal reste à charge du client. » Cette clause te dégage si un litige naît plus tard sur le reste de l'installation.
Cas 4 — PAC tri 14 kW gîte rural
Configuration : PAC Atlantic Loria Duo 14 kW tri, tableau récent avec arrivée tri 3P+N, distance UE 18 m.
Solution : ligne 5G2,5 (PAC 14 kW tri, In = 12 A par phase ≈ équilibrée). Disjoncteur tétrapolaire Schneider iC60 3P+N 20 A C, en aval d'un ID 4P 30 mA Type A 40 A. Vérification équilibrage entre phases au pince ampèremétrique en marche : si une phase tire bien plus que les autres, contrôler câblage interne UE.
Temps total élec : 2 h. Matériel : ~110 € HT.
Le bon réflexe quand tu hésites
Tu n'es pas électricien de bâtiment, tu es frigoriste habilité élec. Si une situation dépasse ton cadre (tableau pourri, terre absente, copro avec branchement collectif douteux) : tu fais venir un électricien partenaire. Tu n'es pas en échec, tu es pro. Garde le numéro d'un électricien de confiance pour les cas que tu ne dois pas prendre seul.
Erreurs élec — les 12 plus chères pour un débutant
Lecture rapide avant chaque chantier. Ces erreurs-là te coûtent en SAV, en sécurité, en réputation. Apprends-les, n'en fais aucune.
Entretien & contrats
📋 Fiche identité — entretien annuel PAC / clim
- Cadre légal : Décret 2020-912 (entretien obligatoire PAC ≥ 4 kW), Règlement F-Gas UE 517/2014, Arrêté 24 juillet 2020
- Durée : 1 h–1 h 30 pour clim mono-split, 1 h 30–2 h 30 pour PAC A/E complète
- Tarif : 120–280 € HT selon type d'installation
- Périodicité : tous les 2 ans minimum (PAC en service avant 2020), tous les ans recommandé / obligatoire pour les nouveaux
- Délivrable : attestation d'entretien + fiche d'intervention + mise à jour registre F-Gas
1. Avant la visite
- Confirmer RDV J-2 (SMS ou tel)
- Demander historique pannes / interventions sur l'installation
- Imprimer fiche d'entretien type (signature client à la fin)
- Vérifier matos :
- Filtres rechange (si modèle stock)
- Produit nettoyant échangeur (mousse type Coil Cleaner Sentinel ou équivalent)
- Désinfectant antifongique
- Papiers absorbants, bâches, sacs poubelle
- Charge frigo (R32 + balance) + manifold + détecteur fuite + multimètre dans camion
- Carnet F-Gas + tampon à jour (papier ou logiciel Frigobook)
- Vérifier dernière facture entretien :
- Précédent contrôle (date)
- Charge mesurée à la dernière intervention
- Anomalies notées
- Sondes ou pièces remplacées
- Outils additionnels : kit test eau (pH + couleur + dureté), thermomètre IR, pince ampèremétrique
2. Cadre légal résumé
Décret 2020-912 — entretien PAC obligatoire
- Concerne : PAC dont la puissance nominale est ≥ 4 kW et ≤ 70 kW
- Champs d'application : chauffage et/ou production ECS
- Logements : résidentiels + tertiaires
- Premier entretien : dans les 2 ans suivant la mise en service
- Renouvellement : tous les 2 ans pour PAC en service avant 2020, tous les ans pour les nouveaux
- Réalisé par : professionnel qualifié (attestation Cat. I)
Règlement F-Gas UE 517/2014
- Concerne : tout équipement contenant un fluide frigorigène HFC
- Périodicité contrôle d'étanchéité :
- 5 → 50 t éq. CO₂ : tous les 12 mois
- 50 → 500 t éq. CO₂ : tous les 6 mois
- ≥ 500 t éq. CO₂ : tous les 3 mois
- Pour la majorité du parc résidentiel : contrôle annuel suffit
3. Outils essentiels visite entretien
| Outil | Usage |
|---|---|
| Manifold 4 voies + flexibles | Mesure pressions BP/HP |
| Détecteur fuite NF EN 14624 calibré | F-Gas obligatoire |
| Vacuomètre digital | Si tirage vide en SAV |
| Balance précision 0,1 kg + R32 | Recharge si fuite détectée |
| Pompe vide | Si intervention frigo |
| Bouteille azote | Test étanchéité après réparation |
| Multimètre TRMS | Contrôle élec, sondes |
| Pince ampèremétrique TRMS | Mesure courants compresseur |
| Thermomètre infrarouge | T° tubes, T° air, T° eau |
| Kit test eau | pH, dureté, couleur du circuit |
| Mousse nettoyante échangeur | UI + UE |
| Désinfectant antifongique | Bac UI |
| Aspirateur sec | Filtres, ailettes |
| Pinceau souple | Turbine UI |
| EPI (gants, lunettes, masque P3) | Tâche poussiéreuse |
1. UI — unité intérieure
Démontage et nettoyage
- Couper l'alim de la clim au tableau (sécurité)
- Démonter façade UI (clips ou vis cachées selon modèle : Daikin clipsée latérale, Mitsubishi vis bas, Atlantic clipsée frontale)
- Sortir filtres, dépoussiérer + laver eau tiède savonneuse + sécher complètement (pas de filtre humide en remontage)
- Filtres « wasabi » / argent / charbon : aspirer, ne pas mouiller (durée de vie 1-2 ans, à remplacer)
- Nettoyer turbine au pinceau souple ou aspirateur (poussière + traces noires sur les pales)
- Pulvériser nettoyant échangeur sur ailettes UI (mousse Coil Cleaner) → laisser agir 10 min → rincer eau claire (bac de rétention en place sous l'UI)
- Vérifier bac à condensats + évacuation (passer eau, voir si écoule rapidement)
- Désinfecter bac avec produit antibactérien / antimoisissures (vapo, laisser agir 5 min)
- Vérifier tous les capteurs (thermistance ambiance, thermistance échangeur, capteur présence si présent)
- Remonter filtres + façade
- Tester télécommande : tous les modes (froid, chaud, déshumi, ventilation), toutes les vitesses ventilo, programmation, mode timer
Petits gestes pro qui font la différence
- Aspirer le tube d'évacuation avec un aspirateur (extérieur côté goulotte), élimine les blocages partiels
- Test débit condensats : verser 250 ml d'eau dans le bac UI, l'eau doit s'écouler complètement en moins de 30 sec
- Régler le déflecteur : souvent le client a tordu / bloqué le volet, repositionner
- Vérifier les piles télécommande : les remplacer même si elles fonctionnent (durée de vie 1 an)
2. UE — unité extérieure
- Vérifier que l'alim est bien coupée
- Démonter capot supérieur si nécessaire (accès interne au compresseur, sondes, vannes)
- Souffler / laver ailettes échangeur :
- Jet d'eau doux (douchette) — JAMAIS Karcher haute pression direct → ailettes pliées
- Sens du jet : de l'intérieur vers l'extérieur (sortir la poussière, pas l'enfoncer)
- Redresser ailettes pliées au peigne échangeur (outil dédié, 15 € chez Climalife)
- Vérifier hélice ventilo :
- Équilibrage (tourner à la main, pas de point dur)
- Vibrations (à l'arrêt, faire osciller, doit revenir à sa position)
- État des pales (pas de fissure, pas de saleté collée)
- Nettoyer évacuation condensats UE (siphon, canalisation, en général sortie sous l'UE)
- Contrôler serrage borniers compresseur + alim au couple (souvent 1,2–1,5 N·m sur borniers UE)
- Vérifier état isolant des liaisons frigorifiques (UV dégradé, perçages rongeurs, enroulements défaits)
- Mesurer pressions BP/HP en mode chaud + froid (cf. tableau valeurs)
- Mesurer courant compresseur (pince ampèremétrique sur la phase) → comparer à plaque UE
- Test étanchéité (détecteur élec) sur tous les flares + raccords
- Vérifier vannes service : capuchons en place, pas de fuite Schrader
3. Mesures terrain à noter
| Mesure | Valeur typique R32 |
|---|---|
| BP mode froid | 8–11 bar |
| HP mode froid | 22–28 bar |
| BP mode chaud | 5–8 bar |
| HP mode chaud | 28–35 bar |
| ΔT air UI froid | 8–12 K |
| ΔT air UI chaud | 18–24 K |
| Surchauffe | 5–8 K |
| Sous-refroidissement | 3–7 K |
| Ampérage compresseur | vs plaque UE |
4. Délivrable client à la fin
- Attestation d'entretien (papier ou numérique)
- Fiche d'intervention détaillée (gestes, mesures, recommandations)
- Registre F-Gas mis à jour si charge ≥ 5 t éq. CO₂
- Photos avant/après nettoyage (preuve de la prestation)
- Conseils utilisateur (filtres tous les 2 mois en saison)
- Proposition contrat d'entretien si pas existant
- Facturation
1. Module hydraulique
- Vérifier pression circuit chauffage à froid : 1,5–1,8 bar au manomètre. Recompléter si bas (eau de remplissage + inhibiteur si besoin)
- Purger les radiateurs (air en haut, on entend le sifflement, puis l'eau coule)
- Démonter filtre / pot à boue, nettoyer aimant :
- Aspect des résidus = état circuit
- Beaucoup de boues noires = désembouage à proposer
- Particules ferreuses = corrosion en cours, vérifier inhibiteur
- Tester pH du circuit : 8–9 OK, < 7 acide → corrosion
- Vérifier état inhibiteur (kit test couleur Sentinel ou Fernox), recompléter si nécessaire
- Vérifier vase d'expansion :
- Tape sur le vase : doit sonner creux en haut, plein en bas
- Si plein partout = membrane percée ou pré-pression nulle, à remplacer
- Re-pressuriser à la pré-pression nominale (= hauteur d'eau au-dessus du vase)
- Tester soupape 3 bar (lever la molette, eau doit couler)
- Vérifier sondes T° (départ, retour, ECS, extérieure) à l'ohmmètre vs courbe constructeur (souvent CTN 10K à 25 °C → 10 kΩ)
- Vérifier circulateur : bruit normal, pas de vibrations, débit OK
- Vérifier groupe sécurité ECS (manœuvrer la molette mensuelle, l'eau doit couler)
- Décrasser les filtres ballon ECS si présents
2. UE PAC
- Souffler / laver ailettes échangeur (jet doux, jamais Karcher haute pression)
- Vérifier état hélice + vibrations
- Vérifier évacuation condensats UE (gélif ? canalisation OK ?)
- Vérifier isolation liaisons frigo (UV, rongeurs)
- Mesures BP/HP en chauffage
- Surchauffe + sous-refroidissement
- ΔT départ / retour eau (5–7 K en régime stable)
- Détection fuite avec détecteur élec calibré (obligatoire selon charge en CO₂eq)
- Vérifier vannes service : capuchons en place
3. Régulation
- Vérifier loi d'eau (cohérence avec saison + isolation maison)
- Lecture historique alarmes / défauts (menu service, code installateur)
- Compteur d'heures compresseur (cycles fréquents = problème)
- Régler horaires jour / nuit + heures creuses ECS si applicable
- Mode absence + hors-gel paramétrés
- Tester chaque mode : chauffage, ECS, anti-légio
- Vérifier connexion appli mobile (wifi OK, mise à jour firmware ?)
4. Détartrage ballon ECS — selon TH eau
Eau Chambéry / Aix : ~28-32 °f (assez dure). Annecy : ~22-28 °f. Grenoble : variable selon source 18-32 °f.
| TH eau | Périodicité détartrage |
|---|---|
| < 15 °f (douce) | Tous les 5 ans |
| 15–25 °f (moyenne) | Tous les 3-4 ans |
| 25–35 °f (dure) | Tous les 2-3 ans |
| > 35 °f (très dure) | Tous les 12-18 mois |
Procédure détartrage ballon ECS
- Couper ECS depuis régulation (mode hors-saison)
- Couper arrivée eau froide (vanne d'isolement)
- Vidanger le ballon par la sortie groupe sécurité (compter 30-45 min sur 200 L)
- Démonter la trappe de visite du ballon (si présente)
- Retirer le tartre et boue accumulée à la main + aspirateur
- Vérifier état de l'anode magnésium → remplacer si < 1/3 de sa taille initiale
- Si pas de trappe de visite : chimique seulement : produit détartrant ballon + circulation 2-3 h, puis rinçage
- Remontage trappe avec joint neuf
- Remplissage ballon : ouvrir eau froide, purger l'air par robinet eau chaude
- Test étanchéité au niveau de la trappe (pression eau)
- Réactiver ECS depuis régulation
- Surveiller la première montée en T° (pas de fuite, pas de bruit anormal)
Anode magnésium
- Anode sacrificielle : protège la cuve par effet électrochimique
- À remplacer tous les 5 ans environ (si eau dure, plus souvent)
- Coût : 30–50 € la pièce
- Refacturer 80–150 € HT pose et fourniture
- Si oubliée plusieurs années : cuve corrodée → ballon HS → 800–1500 € de remplacement
📋 Fiche identité — contrôle F-Gas
- Cadre : Règlement (UE) 517/2014
- Périodicité : 12 mois (5–50 t éq. CO₂), 6 mois (50–500), 3 mois (≥ 500)
- Outil : détecteur de fuite NF EN 14624 calibré (calibration annuelle obligatoire)
- Délivrable : mise à jour du registre F-Gas + étiquette équipement
- Sanctions manquement : jusqu'à 75 000 € (art. L541-46 Code env.) + perte attestation
1. Procédure standard de contrôle
- Vérifier registre F-Gas du client à jour : date dernière intervention, charge actuelle
- Vérifier la calibration du détecteur (date d'étalonnage < 1 an)
- Activer le détecteur en mode haute sensibilité, attendre stabilisation 30 sec
- Tester en condition : passer le détecteur dans une zone neutre, doit rester silencieux
- Inspection visuelle complète :
- Flares (UI + UE)
- Raccords, soudures
- Vannes service + leurs Schraders
- Joints des passages parois
- Détection à l'aide du détecteur : passer la sonde lentement (5 cm/s) tout autour de chaque joint, à 1-2 cm de distance
- Si bip → confirmer avec eau savonneuse
- Si fuite confirmée : localiser précisément, photographier, noter
2. Si fuite détectée — que faire
- Estimer l'ampleur : bulle qui sort lentement (microfuite) vs bulles continues (fuite franche)
- Si microfuite sur flare : souvent le serrage a glissé → resserrer au couple, retester
- Si fuite sur soudure ou raccord : réparation lourde requise (récup gaz + brasage + retest + recharge)
- Récupérer le fluide restant avec station de récup (bouteille de récup étiquetée)
- Réparer (re-flare, brasage cuivre/laiton, remplacement raccord)
- Test étanchéité azote 30–40 bar pendant 1 h après réparation
- Si OK → tirage au vide complet (< 250 µm Hg)
- Recharge selon plaque + complément éventuel
- Test étanchéité final avec détecteur élec
- Mise à jour registre F-Gas : charge récupérée, charge ajoutée, charge totale finale
- BSFF (Bordereau de Suivi Fluides Frigorigènes) si récup et cession à un récupérateur agréé
3. Mise à jour du registre F-Gas après contrôle
À chaque intervention, le registre doit être mis à jour. Le registre suit l'équipement, pas l'opérateur.
Informations à consigner
- Date du contrôle
- Type d'intervention (contrôle d'étanchéité, recharge, récupération)
- Quantité de fluide ajoutée ou retirée (kg)
- Charge totale après intervention (kg)
- Identité de l'opérateur + n° certificat Cat. I
- Résultat du contrôle (négatif / fuite trouvée / fuite réparée)
- Signature opérateur et client
Étiquetage équipement
Apposer (ou vérifier la présence) d'une étiquette sur l'équipement :
- « Cet équipement contient des gaz à effet de serre fluorés »
- Type de fluide (R32, R410A...)
- Charge en kg
- PRG du fluide
- Tonnes équivalent CO₂
- Date du dernier contrôle d'étanchéité
- Identité opérateur
4. Calculateur tonnes éq. CO₂
⚠ Sanctions F-Gas
- Manquement F-Gas (registre absent, calibration détecteur expirée) : amende administrative jusqu'à 75 000 €
- Émission délibérée fluide : 2 ans prison + 75 000 € amende (art. L541-46 Code env.)
- Intervention sans certif Cat. I : équivaut à exercice illégal
- Falsification registre : faux et usage de faux (jusqu'à 3 ans + 45 000 €)
Diag & codes erreur
Liste non exhaustive — vérifier toujours la notice constructeur du modèle exact.
Daikin (codes courants)
| Code | Signification | Direction diag |
|---|---|---|
| U0 | Pression basse / charge insuffisante | Détection fuite, mesures BP/HP |
| U2 | Tension d'alim incorrecte | Multimètre tableau, sections câble |
| U4 / UF | Erreur communication UE↔UI | Câble bus, polarité, isolation |
| A1 | Erreur PCB UI | Carte UI à remplacer |
| A5 | Sonde T° UI défectueuse | Test ohmmètre vs courbe |
| F3 | T° refoulement compresseur trop haute | Charge, surchauffe, ventilation UE |
| L5 | Surcharge compresseur | Sur-charge gaz, échangeur encrassé |
| P4 | Sonde radiateur évaporateur | Test ohmmètre |
Mitsubishi Electric (codes courants)
| Code | Signification | Direction diag |
|---|---|---|
| P1 | Sonde air UI | Test ohmmètre |
| P2 | Sonde tube UI | Test ohmmètre |
| P4 | Drain switch / bac plein | Évacuation condensats |
| P5 | Pompe à condensats | Tester pompe, niveau |
| E0 / E1 / E2 | Communication télécommande | Câble télécommande, adressage |
| U2 | Surchauffe sortie compresseur | Charge, ventilation |
Atlantic Alféa (codes hexa)
| Code | Signification |
|---|---|
| E001 | Défaut sonde extérieure |
| E040 | Défaut communication module-UE |
| E102 | Pression eau circuit chauffage trop basse |
| E110 | Sécurité chauffage (anti-court-cycle) |
| E150 | Délestage (puissance souscrite atteinte) |
Avant remplacer une carte ou un compresseur
90 % des « pannes » sur PAC sont dues à : charge frigo (sous/sur), encrassement échangeur, sondes défectueuses, mauvaise alimentation élec, paramètres régulation foireux. Diagnostiquer méthodiquement avant de remplacer une pièce coûteuse. Une carte de PAC = 400–800 €.
Mesures terrain — points clés
Points de mesure circuit frigo
Indicateurs clés
- Surchauffe (point 3) = T° aspiration mesurée − T° saturation BP. Cible 5–8 K. Trop bas : liquide à l'aspi (compresseur en danger). Trop haut : charge insuffisante.
- Sous-refroidissement (point 2) = T° saturation HP − T° liquide mesurée. Cible 3–7 K. Trop bas : charge insuffisante. Trop haut : charge excessive.
- BP / HP : comparer à plaque + saison. Régime froid R32 : BP 8–11, HP 22–28 bar.
- Ampérage compresseur : comparer à plaque. Sur-courant = bobinage qui claque ou sur-charge frigo.
📋 Fiche identité — vannes de service split
- Présence : sur l'UE uniquement (les UI n'ont pas de vannes de service)
- Nombre : 2 vannes par UE — petite (côté liquide), grosse (côté gaz)
- Position au repos : tige dévissée à fond (cale arrière) = circuit ouvert, port Schrader fermé
- Type courant : à 2 voies + port Schrader auxiliaire, tige six pans
- Couples de serrage : capuchons protection 14–16 N·m, écrous flares cf. tableau couples
- Norme produit : NF EN 14276-1 (composants de circuits frigorifiques)
1. Anatomie d'une vanne de service
Les 3 ports d'une vanne
Toute vanne de service a 3 connexions :
- Port 1 — Côté circuit (UI) : c'est l'entrée/sortie qui va vers le tube de la liaison frigo (UI).
- Port 2 — Côté UE : c'est l'entrée/sortie qui va dans l'UE (compresseur, échangeur).
- Port 3 — Port Schrader (de service) : c'est le port avec la valve type pneu de voiture. Sert à brancher le manifold pour mesurer pression / tirer le vide / charger le fluide.
La tige (6 pans) qui change tout
Au cœur de la vanne, il y a une tige six pans qu'on visse ou dévisse. Selon sa position, elle ouvre ou ferme certaines connexions entre les 3 ports.
2. Les 3 positions — l'explication ultime
Schéma des 3 positions
3. Procédures pratiques pas à pas
A. Mise en service après tirage au vide (sortie de pose)
À ce stade, tu viens de tirer le vide via le port Schrader d'une des vannes (souvent la grosse / gaz). Les vannes sont en cale avant (le fluide est dans l'UE seulement). Tu vas « ouvrir » pour que le fluide passe dans la liaison + UI.
- Vérifier la fin du tirage au vide (vacuomètre < 250 µm Hg, test remontée 10 min OK)
- Fermer la vanne BP du manifold (côté Schrader UE), garder le tube en place
- Ouvrir la PETITE vanne (côté liquide) en premier : dévisser la tige avec une clé six pans dans le sens anti-horaire (1 tour suffit pour position intermédiaire, jusqu'au stop pour cale arrière complète)
- Attendre quelques secondes pendant que le fluide passe dans la liaison + UI
- Ouvrir la GROSSE vanne (côté gaz) ensuite : même geste
- Visualiser la pression sur le manifold (toujours connecté côté Schrader) : doit monter à la pression de saturation
- Démarrer la clim/PAC, vérifier la circulation : BP et HP montent à leurs valeurs nominales
- Déconnecter le manifold (en utilisant la fonction d'auto-fermeture, ou en pinçant le flexible côté Schrader)
- Visser le capuchon de protection sur le port Schrader (couple 14–16 N·m)
- Visser les capuchons de protection des tiges six pans
⚠ Ordre PETITE puis GROSSE — sauf exception constructeur
Sur la majorité des constructeurs (Daikin, Mitsubishi Electric, Atlantic, LG) : petite vanne en premier. Toujours vérifier le sticker UE et la notice de pose. Sur certains modèles spécifiques, l'ordre peut être inversé : dans le doute, lis avant de te tromper.
B. Pump-down (avant intervention sur UI)
Tu veux démonter une UI sans perdre le fluide. Le pump-down consiste à aspirer le fluide vers l'UE en le piégeant : la vanne liquide bloque le retour, le compresseur tourne, le fluide se concentre en UE.
- Démarrer la clim en mode FROID (compresseur + ventilo UE en marche)
- Brancher le manifold sur le port Schrader de la GROSSE vanne (gaz / aspiration). Tu surveilles la BP.
- Fermer la PETITE vanne : visser la tige six pans à fond dans le sens horaire (cale avant)
- Le compresseur va aspirer tout le fluide depuis la liaison + UI vers l'UE
- Surveiller la BP : elle descend progressivement (8 → 5 → 2 → 0 → léger vide négatif)
- Quand la BP atteint 0 ou très légèrement négatif : fermer immédiatement la GROSSE vanne (visser à fond)
- Couper l'alim de la clim tout de suite (compresseur ne doit pas tourner sous vide plus de 30 sec sinon il chauffe)
- Le fluide est maintenant piégé entre les 2 vannes fermées dans l'UE
- Tu peux maintenant démonter la liaison côté UI sans perdre de fluide
Sécurité pump-down
- NE JAMAIS faire un pump-down en mode CHAUD (le fluide se piégerait côté UI = inverse)
- NE JAMAIS faire tourner le compresseur plus de 30 sec après que la BP atteigne 0 (compresseur surchauffe sans gaz refroidissant)
- Si tu as oublié et que le compresseur a tourné 5 min en vide : laisser refroidir 30 min avant tout redémarrage
C. Mesure de pressions sans intervention
- Dévisser le capuchon protection du port Schrader (côté grosse vanne pour BP, côté petite pour HP en théorie)
- Brancher le manifold sur le Schrader (auto-percutant)
- Mettre la vanne en position intermédiaire : visser la tige d'1 tour depuis la position cale arrière
- Lire les pressions BP / HP
- Pour finir : remettre la tige en cale arrière (dévisser à fond), déconnecter le manifold, visser le capuchon
Sur split résidentiel, beaucoup de modèles n'ont qu'un seul port Schrader (sur la grosse vanne, côté gaz). On lit BP en froid, HP en chaud. Pour les deux pressions simultanément, certains constructeurs ajoutent un Schrader sur la petite vanne, mais ce n'est pas la norme.
4. Couples de serrage — capuchons et écrous
| Élément | Couple recommandé |
|---|---|
| Capuchon tige six pans | 14–16 N·m |
| Capuchon port Schrader | 11–14 N·m |
| Écrou flare 1/4" (6,35 mm) | 14–18 N·m |
| Écrou flare 3/8" (9,52 mm) | 33–42 N·m |
| Écrou flare 1/2" (12,70 mm) | 50–62 N·m |
| Écrou flare 5/8" (15,87 mm) | 63–77 N·m |
| Écrou flare 3/4" (19,05 mm) | 97–117 N·m |
Toujours utiliser une clé dynamométrique. À l'œil, on serre soit pas assez (fuite garantie) soit trop (le flare se déforme et fuit aussi).
5. Mémo terrain — phrases-règles à retenir
📌 Les 6 règles d'or des vannes
- Au repos en fonctionnement : les 2 vannes en cale arrière (tiges dévissées à fond). Toujours.
- Pour mesurer : position intermédiaire (1 tour depuis cale arrière), jamais en cale avant.
- Pour pump-down : petite vanne en cale avant, on attend, puis grosse vanne en cale avant, puis on coupe.
- Mise en service après vide : petite d'abord, grosse ensuite (sauf instruction constructeur contraire).
- Compresseur sous vide : 30 secondes max ou il claque.
- Tous les capuchons revissés au couple en fin d'intervention. Sinon fuite Schrader.
6. Différences entre constructeurs
| Constructeur | Particularité vannes |
|---|---|
| Daikin | 2 vannes service tige six pans 4 mm. Schrader sur grosse vanne. Ordre : petite → grosse à la mise en service. |
| Mitsubishi Electric | Idem Daikin. Vérifier sticker (gamme MSZ-LN très différente de gamme MSZ-AP). |
| Atlantic | Souvent sur PAC A/E, vannes spécifiques module hydraulique. Notice à étudier modèle par modèle. |
| LG | Tige six pans 5 mm souvent. Schrader sur les 2 vannes sur certains modèles haut de gamme. |
| Samsung | Idem LG. |
| Toshiba | Tige six pans 4 mm. Couples spécifiques notés sur sticker UE (lire avant). |
Conseil pratique
Sur ton premier chantier d'une marque que tu ne connais pas : lis la notice de mise en service du modèle exact avant de toucher aux vannes. 5 min de lecture évitent une heure de galère et un appel SAV constructeur.
Manifold & pump down
Brancher un manifold (rappels)
- Vannes manifold FERMÉES avant connexion
- Flexible BLEU sur port BP (basse pression — vanne de service grosse)
- Flexible ROUGE sur port HP (haute pression — vanne de service petite)
- Flexible JAUNE sur pompe à vide ou bouteille fluide
- Purger l'air des flexibles (ouvrir 2 sec à la bouteille fluide pour chasser air)
- Lecture pressions à l'arrêt + en marche + en cycles
- Pour charger : balance précision + ouverture lente côté BP
- Pour récupérer : station récup obligatoire (interdit purge atmosphérique)
Pump-down (récupération frigo dans UE pour intervention sur UI)
- Démarrer la clim en mode FROID (compresseur + ventilo UE en marche)
- Brancher manifold sur port BP (vanne service grosse — gaz aspiration)
- Fermer la vanne de service du liquide (petite vanne UE, six pans)
- Le compresseur va aspirer le fluide encore dans la liaison + UI vers UE
- Surveiller la BP : descendre vers 0 bar voire légèrement négatif
- Quand BP atteint 0 / vide léger : fermer la vanne de service du gaz (grosse)
- Couper l'alim de la clim immédiatement (compresseur ne pas faire tourner sous vide trop long)
- Le fluide est maintenant emprisonné dans l'UE → tu peux démonter UI / refaire flares / etc.
- Remontage : faire flares + tirage vide + ouverture vannes (cf. pose A/A J2)
Pump-down — sécurité
Ne JAMAIS faire tourner le compresseur plus de 30 secondes une fois la BP atteinte. Sinon le compresseur surchauffe (pas de gaz pour le refroidir). Couper rapidement.
Ne JAMAIS faire un pump-down en mode chaud (le fluide se retrouverait piégé côté UI = inverse).
Pompe à vide — bonnes pratiques
- Vérifier huile pompe avant chaque chantier : niveau + couleur (claire = OK, marron = à changer)
- Changer l'huile tous les 20–30 chantiers ou si saturation visible
- Préchauffer la pompe 1 min avant de tirer (si stockée au froid)
- Ne JAMAIS aspirer du fluide via la pompe (la détruit) : toujours après vidange/récup
- Stocker la pompe propre, sec, à l'horizontale
Contrats d'entretien — modèle
Tarifs Savoie 2026 (HT, indicatif)
Modèle de contrat (extrait clauses utiles)
Prestations incluses au forfait annuel :
- 1 visite annuelle programmée (8 mois après mise en service, puis chaque année à date)
- Contrôle visuel complet UI + UE
- Nettoyage filtres, échangeurs, désinfection bac UI
- Mesures pressions BP/HP, ΔT, ampérage compresseur
- Détection de fuite F-Gas conforme NF EN 14624
- Mise à jour du registre F-Gas client
- Édition d'une attestation d'entretien annuelle (obligatoire décret 2020-912)
Prestations EN SUS (sur devis) :
- Détartrage ballon ECS
- Désembouage circuit chauffage
- Recharge fluide (kg facturé)
- Réparation toute fuite identifiée
- Remplacement pièce défectueuse
Engagements client : accès libre à l'installation au RDV programmé. Coupure d'eau et d'électricité possibles. Tarif révisable annuellement (indice ICC).
Stratégie business solo
Proposer le contrat dès la signature du devis pose (1ère année offerte par exemple), avec reconduction tacite. Sinon le client oublie et tu perds le suivi. Un parc d'entretien stabilise le CA solo en hiver creux.
Camion / outils — équipement standard
Outils frigo
- Manifold 4 voies (BP, HP, vide, charge) + flexibles 1/4" SAE
- Pompe à vide ≥ 100 L/min, vide < 100 µm Hg, dual-stage
- Vacuomètre digital (impératif vs « jauge à vide » imprécise)
- Balance précision 0,1 kg (charge gaz)
- Détecteur fuite électronique NF EN 14624 (calibrer annuel)
- Bouteille azote + détendeur 0–60 bar + flexible
- Bouteille R32 + flexible
- Coupe-tube cuivre + ébavureur + dudgeonneuse excentrique
- Cintreuse à ressort 6, 9, 12, 15 mm + outil cintreuse à pignon
- Clé dynamométrique flare (3–80 N·m typique)
- Jeu de clés à six pans (vannes service)
- Station de récupération frigo (obligatoire si tu fais du SAV régulier)
Outils élec / hydro
- Multimètre TRMS (Fluke 117 ou équivalent)
- Pince ampèremétrique TRMS
- Testeur diff 30 mA
- Pince à sertir multicouche + outil sertissage cuivre si besoin
- Coffret tournevis isolés 1000 V
- Perforateur SDS+ + scies cloche Ø 65, 80, 100
- Niveau bulle 60 cm + niveau laser portatif
- Inhibiteur Sentinel X100 + désembouant X400 + kit test couleur eau
Camion — organisation
Idée d'organisation :
- Caisson outils frigo (manifold, pompe, balance, détecteur) — accès rapide
- Caisson outils élec (multim, sertis, jeu tournevis isolés)
- Caisson outils mécaniques (perforateur, scies cloche, niveau)
- Casier consommables (flexibles, joints, écrous flare neufs, fluxant, soudure argent)
- Bouteilles fluide arrimées verticales (R32 + azote, bouchons en place)
- Bidons inhibiteur / désembouant / glycol (étanches, étiquetés)
- Trousse premier secours + extincteur + EPI (gants frigo, lunettes, casque)
Préparation matériel (à charger au camion la veille)
- Caisse à outils complète (tournevis, clés Allen, clé dynamométrique)
- Visseuse à débrayage réglé sur couple faible (sinon vis foirées au bout de 5-7 ans)
- Chiffons propres + pulvérisateur + bac souple récupération
- Brosse à poil doux (pour ailettes batterie) + brosse rigide (pour corps de chauffe)
- Produit dégraissant batterie (laisse agir 10 min) + savon type Mir
- Détecteur de fuite frigo électronique (sensibilité 3-5 g/an idéal)
- Détecteur de fuite gaz (norme NF, étalonné < 2 ans)
- Kit nettoyage corps de chauffe (brosse rigide + lame fine + brosse polissage)
- Joints gaz neufs (à changer systématiquement)
- Inhibiteur chauffage + testeur colorimétrique inhibiteur
- Analyseur de combustion + sondes
- Détecteur CO ambiant (capteur séparé OU module additionnel) — obligatoire juillet 2025
- Bouteille azote + détendeur (pour regonfler vase si besoin)
- Pince ampèremétrique + multimètre + testeur boucle de terre
Partie 1 — UE extérieure (cible 30 min)
Sécurité avant tout. La coupure de proximité (interrupteur sectionneur à côté de l'UE) isole électriquement. Si pas installée à la pose : c'est une faute professionnelle de l'installateur d'origine, à noter en réserves pour la prochaine intervention.
Visseuse à débrayage couple faible. Pas de serrage à fond sinon vis foirées au bout de 5-7 ans d'entretiens annuels.
Critique : on contrôle l'étanchéité avant d'humidifier l'unité, sinon l'eau peut générer de fausses détections ou polluer le détecteur. Allumer le détecteur, attendre l'étalonnage (signal sonore typique), couper le son et travailler en visuel sur les LEDs.
Carte électronique, sondes, capteurs, fiches : ne doivent JAMAIS recevoir d'eau. Refermer les capots qui les protègent dès le contrôle frigo terminé. Mieux : prévoir un chiffon ou cache supplémentaire sur les aérations de cartes électroniques.
Pulvérisateur eau d'abord pour faire tomber le plus gros. Puis savon sur les parties carcasse. Pendant que ça mousse, on applique le produit dégraissant sur la batterie (à l'arrière). Il met 10 min à agir, on profite de ce temps pour nettoyer le reste.
Du haut vers le bas. Sens inverse des ailettes pour ne pas les écraser (ailettes en aluminium très fragiles). Couvrir d'un chiffon les aérations électroniques pour pas de projection. Rinçage à l'eau claire jusqu'à évacuation totale du produit.
Tout ce qui est tombé pendant le nettoyage s'accumule là. Démonter le cache, vider à la main, brosser, pulvériser. Un embout coudé à 90° permet d'aller au fond sans démonter la sonde dégivrage. Le bac contient aussi le cordon chauffant : à manipuler avec soin.
Le cordon chauffant traverse le siphon ou tube d'évacuation pour empêcher le gel des condensats l'hiver. À l'enfiler complètement dans le tube avant de refermer le bac. Sans lui, les condensats gèlent par -5 °C et l'eau remonte dans l'UE.
Vignette adhésive obligatoire : date du contrôle effectué, date du prochain contrôle (1 an, 2 ans, 4 ans selon t.éq.CO₂), n° de capacité de l'entreprise (attestation Cat. I), n° d'aptitude de l'opérateur. Si une autre personne intervient ensuite, elle voit immédiatement quand le contrôle a été fait.
Partie 2 — Hydraulique intérieur (cible 45 min)
Sécurité avant manipulation. Disjoncteurs au tableau ET coupure de proximité UE.
Même détecteur. Mêmes précautions. Si vannes service intérieures présentes (cas modules hydroniques type Vaillant), contrôler les Schrader et bouchons.
Fermer la vanne d'isolement. Démonter la cartouche tamis. Inspection des impuretés (boues, limaille, dépôts). Rincer au pulvérisateur. Remonter dans l'autre sens.
Si une vanne de chasse a été installée en partie basse du ballon tampon (cas idéal), faire une chasse rapide dans un seau. Évacue la décantation des fines particules accumulées au fond. Sans cette vanne : on ne peut pas chasser → noter en réserves pour l'installer si possible.
Enlever d'abord le barreau magnétique (sinon il retient les particules pendant la chasse, inutile). Ouvrir la vanne vidange, faire chasse dans seau, refermer. Remettre le barreau. Dater l'entretien sur l'étiquette du pot à boue.
Vanne d'isolement obligatoire avec accès vidange. Procédure : fermer la vanne d'isolement (clé Allen typique sur petit modèle), ouvrir la vidange dédiée du vase pour faire chuter la pression, attendre écoulement complet, contrôler à la valve la pression du gonflage azote. Cible : pression vase = pression installation finale − 200 g. Installation rez-de-chaussée + petit étage : 1 bar typique.
Sur la plupart des UI hybrides, un purgeur de mise en service existe à l'intérieur du module hydronique. À ouvrir 30 sec pour évacuer l'air qui est entré pendant la manipulation du filtre tamis.
Prélèvement d'eau sur vanne vidange chaudière (ou purgeur). Verser dans le testeur colorimétrique. Comparer la couleur obtenue avec la palette de référence. Si dosage faible : ajouter 200-500 ml d'inhibiteur dans l'installation + recirculation 30 min minimum avant de recontrôler.
Partie 3 — Chaudière gaz (cible 45 min)
Retirer le capot. Démonter la tubulure d'aspiration. Débrancher les 3 fiches (alimentation, ionisation, masse, ventilateur, bloc gaz selon modèle). Couper le gaz à la vanne sous la chaudière. Desserrer le raccord gaz. Démonter les vis du brûleur. Sortir l'ensemble brûleur + corps de chauffe bien droit.
Joint brûleur : à changer systématiquement. Plaque réfractaire : doit être intacte. Sonde ionisation : vérifier alignement parallèle au brûleur, pas pliée, pas érodée (référence : cotes constructeur dans la notice). Électrodes : nettoyage léger à la lime fine ou tampon à récurer doux.
Chiffon au-dessus pour protéger l'électronique pendant l'aspersion. Plaque ou cache sur la brique réfractaire pour la protéger des projections (très fragile). Procédure 3 étapes avec kit dédié : brosse rigide pour racler le gros, lame fine pour vérifier que les interstices ne sont pas bouchés (la fumée doit pouvoir traverser partout), brosse polissage pour finition.
Démonter le siphon en bas de chaudière. Vidanger. Rincer. Remonter. CRITIQUE : remplir le siphon d'eau avant remontage du corps de chauffe. Sinon, à la première mise en route, les produits de combustion sortent par le tube d'évacuation condensats dans la pièce (dégagement CO direct dans le local technique). Cause d'intoxications déjà constatées.
Joint gaz à changer systématiquement (ne JAMAIS réutiliser l'ancien). Coût négligeable, sécurité majeure. Visser progressivement en suivant les axes des vis (pas taper la brique réfractaire ni les électrodes pendant la manipulation).
Si on ouvre la vanne gaz d'un coup, le détendeur de sécurité dans le bloc gaz peut se déclencher (purge à zéro nécessaire avant réessai). Ouvrir tout doucement, attendre la stabilisation de pression.
Détecteur électronique sur : vanne gaz, raccord gaz chaudière, tous les points démontés. Aucune détection tolérée. Si fuite : reprendre l'assemblage immédiatement.
Partie 4 — Contrôles finaux + remise en route (cible 30 min)
D'abord coupure proximité UE (envoie signal bus). Ensuite disjoncteurs au tableau (PAC + chaudière + ballon ECS) en même temps. Les équipements se resynchronisent automatiquement. Si défaut de communication : visible immédiatement sur l'afficheur.
Forcer la chaudière pour atteindre 100 % de sa puissance. Attendre 2-3 min de stabilisation avant analyse de combustion.
Détecteur CO ambiant séparé ou module additionnel sur la valise. Plus possible de tester le CO ambiant avec la sonde de combustion à partir de juillet 2025. Procédure : ventiler la pièce, refermer, lancer la chaudière, se positionner à 50 cm de la chaudière en périphérie, capot ouvert, mesure 30 sec minimum. Cible : 0 ppm dans l'ambiance. Si non zéro : recirculation des fumées (problème ventouse, joint, ou siphon vide).
Vérifier que la pipette analyseur est bien sur le canal "fumées" (et non aspiration d'air). Insérer la sonde dans la prise dédiée du conduit fumées. Attendre stabilisation 2-3 min (auto-ajustement du bloc gaz). Comparer T° fumées + CO ppm + CO₂ % + λ avec les valeurs constructeur (notice technique de la chaudière). Enregistrer les valeurs dans le rapport.
Multimètre :
— Phase / neutre : 230 V mono ou ≈ 230 V par phase tri
— Phase / phase (si triphasé) : 400 V
— Neutre / terre : doit être < 5 V. Si plus : problème terre installation, faire venir un électricien (responsabilité installation client, hors prestation frigoriste).
Pince ampèremétrique sur chaque phase. Astuce pose : à la pose initiale, prévoir des boucles de câbles dans le tableau électrique de l'UE. Permet de sortir facilement une boucle pour mesure ampérage sans dévisser. Sinon : démontage complet du tableau à chaque entretien.
Sur les régul modernes : menu service ou menu technicien → test capteurs et relais → affichage en direct :
— Vitesse ventilateur (%)
— Position détendeur
— Vanne 4 voies (état marche/inversion)
— Résistance compresseur (état activée/désactivée)
— Pressions HP/BP (typique R32 PAC : HP 25-35 bar, BP 8-15 bar selon T° ext)
— T° dép. + retour primaire/secondaire + ΔT
Documents à produire et remettre
📋 Livrables obligatoires
- CERFA 15497*04 contrôle d'étanchéité : obligatoire même sans manipulation de fluide. Le simple fait de contrôler l'étanchéité génère un CERFA. Conservation 5 ans (R.543-82).
- Vignette adhésive de contrôle : collée sur l'UE avec date du contrôle + date prochain + n° capacité + n° aptitude
- Rapport d'intervention complet avec photos avant/après nettoyage + valeurs mesurées (combustion, tensions, pressions, températures, taux inhibiteur)
- Signature du client en fin d'intervention (numérique sur tablette OK)
- Devis intervention ou facture si paiement immédiat
Tarification entretien hybride
💰 Cohérence tarifaire
Compte tenu de la durée (2 h - 2 h 30 sur place minimum) et de la double compétence requise (frigo Cat. I + gaz), l'entretien hybride se facture sensiblement plus cher qu'un entretien chaudière seule :
- Entretien chaudière gaz seule : 80-150 € HT
- Entretien PAC seule : 130-200 € HT
- Entretien hybride PAC + chaudière gaz : 200-320 € HT
+ déplacement selon distance + contrat ou intervention ponctuelle. Annoncer le tarif au client AVANT la prise de RDV, surtout pour les clients qui passent d'une chaudière seule à un hybride et qui s'attendent au même tarif annuel.
Anti-litige & protection
Principe directeur
- Tout par écrit. Devis, accords, plaintes, modifications, abandons.
- Tout en photos. Avant, pendant, après. Daté/horodaté par EXIF (smartphone moderne fait ça automatiquement).
- Présomption à l'envers. Si tu ne peux pas prouver, c'est comme si tu n'avais pas fait.
- Documents signés à chaque étape. Le client qui signe un PV de réception ne peut pas, 6 mois plus tard, prétendre que la chape était déjà fissurée.
- Le litige se gagne avant qu'il commence. Un client qui signe un état des lieux avec photos ne fera pas de procès facilement.
Risques métier classiques
- Casse non couverte par assurance (pénétration involontaire d'un câble lors du carottage)
- Sinistre dégât des eaux (raccord hydraulique fuyant 6 mois plus tard)
- Reproche de non-conformité (« vous m'aviez dit que ça chaufferait avec -15 °C, ça n'y arrive pas »)
- Reproche d'absence d'autorisation (UE en copro non votée par AG)
- Dénonciation F-Gas (intervention sans certif officielle, ou registre falsifié)
- Litige paiement (devis modifié verbalement, factures contestées)
État des lieux avant chantier — modèle
À faire signer dès la visite technique, et au plus tard avant de commencer le chantier.
État des lieux du chantier — modèle
Date / Heure : ___
Lieu : ___
Client : ___
Installateur : ___
Zones d'intervention prévues : ___
Constatations état initial :
- Façade extérieure : fissurée à droite de la fenêtre du salon (photo 1), traces d'humidité en pied de mur (photo 2)
- Mur intérieur côté UI : papier peint en mauvais état, déjà décollé en partie haute
- Sol chaufferie : chape correcte, pas de fissures
- Tableau électrique : années 80, marque Hager, 4 disjoncteurs libres, pas de différentiel Type A
- Émetteurs existants : radia fonte 4 éléments salon (état moyen), 3 éléments cuisine (état correct)…
Photos jointes : 12 photos numérotées datées (envoyées par email au client le ___)
Particularités du chantier identifiées et acceptées :
- L'enduit de façade est fragile, des microfissures peuvent apparaître autour du carottage. Reprise enduit non incluse au devis.
- Le mur intérieur étant déjà dégradé, l'installateur n'est pas tenu à la finition décorative autour de l'UI.
- Le tableau actuel ne respecte pas la NF C 15-100. Sous-tableau dédié PAC inclus au devis.
Fait à ___, le ___
Signature client + signature installateur + paraphe sur chaque page
L'astuce email récap
Après la visite, envoyer un email avec photos numérotées + résumé écrit. Le client répond ou ne répond pas. Dans les 2 cas, tu as une trace écrite. « Je vous confirme par cet email les points évoqués lors de notre rendez-vous du ___. »
Pièges spécifiques entretien
- Charge perdue : client va t'accuser de ne pas avoir mis assez à la pose. Dossier : registre F-Gas signé à la pose + photo balance + certif charge.
- Encrassement échangeur : client va dire que ça date de la pose. Dossier : photos prise à chaque entretien (avant/après nettoyage) + facture entretien antérieur.
- Désembouage non fait : client va dire que tu aurais dû le faire « gratuit ». Dossier : devis initial qui mentionne explicitement « désembouage non inclus » ou « inclus » selon le cas.
- Anode magnésium pas remplacée : ballon corrode après 6 ans. Dossier : contrat d'entretien qui précise les éléments inclus / non inclus + recommandation écrite chaque année.
- Usure normale invoquée comme défaut : compresseur à 10 ans = fin de vie. Dossier : registre des heures de fonctionnement + comparaison avec espérance constructeur.
Cadrer un dépannage
Avant l'intervention
- Confirmer le tarif au tel (déplacement + heure MO + estimation pièce). « Je passe à 80 € HT déplacement + 65 € HT/h sur place. Pour un diag complet, comptez 1 à 2 h. Pièce et fluide en sus si nécessaire. »
- Limiter l'engagement : proposer un forfait diag de 1 h. Au-delà, devis si réparation lourde.
- Décliner par écrit le périmètre : « Cette intervention couvre uniquement le diagnostic de la panne décrite. Toute réparation supplémentaire fera l'objet d'un devis. »
Bon d'intervention type
Bon d'intervention n° ___
- Date / Heure : ___
- Client / Adresse : ___
- Matériel : marque ___, modèle ___, n° série ___, année ___
- Symptôme déclaré : ___
- Code erreur affiché : ___
- Diagnostic effectué : ___
- Cause identifiée : ___
- Geste réalisé : ___
- Pièces remplacées : ___
- Fluide ajouté (kg) : ___
- Test final : ___ (mesures, fonctionnement OK)
- Recommandations : ___
- Durée : ___ h
- Signature client + paraphe
1. Signaux d'alerte dès la visite
Signaux côté client
- « On va voir, j'attends d'autres devis » annoncé sans détails sur les autres pros consultés → souvent client qui veut juste une mercuriale gratuite. Tu fais ton devis détaillé pour rien.
- Client qui critique tous les pros venus avant toi (« l'autre a fait n'importe quoi, le précédent était nul ») → tu seras le suivant à être critiqué.
- Demande de prix par téléphone ou SMS sans visite → impossible de chiffrer sérieusement, refuser et proposer visite.
- Délais déraisonnables (« il me faut ça posé pour vendredi ») sans flexibilité → tu vas bâcler.
- Marchandage immédiat avant même d'avoir vu le devis détaillé (« je vous donne 5 000 € en liquide »).
- « Pas de papier, pas de TVA, juste de la main à la main » → fuir, c'est du travail dissimulé qui retombe sur toi.
- Demande de matériel précis irréaliste (« je veux la PAC X qu'on m'a dit, pas une autre ») sans écouter ton diag → conflit assuré sur le résultat.
- Demande répétée de remise progressive à chaque échange (le pinailleur).
Signaux côté chantier / installation
- Tableau électrique non aux normes refusé d'être mis à niveau par le client → garantie décennale impossible à honorer.
- Mur fissuré ou en mauvais état dans la zone de pose, refus de réparation préalable → tu es responsable de la pose, pas de la maison.
- Configuration impossible demandée (UE en cour intérieure copro sans accord AG, DP refusée) → refus officiel par écrit.
- Désembouage refusé sur réseau ancien → la PAC va se boucher en 6 mois, ton SAV est perdu.
- Sous-dimensionnement imposé par le client pour économiser (« non, prenez 6 kW pas 8 ») → la PAC va galérer, le client va se plaindre du résultat.
- Maison auto-construite sans plans → risques structurels imprévisibles, surcoûts garantis.
Signaux administratifs
- Client qui ne veut pas signer le devis mais veut commencer les travaux → fuite, juridiquement tu n'as rien.
- Client qui refuse l'acompte en argumentant « on paiera à la fin, c'est plus simple » → tu finances le chantier sur tes fonds, et il peut disparaître.
- Adresse à risque : si tu vois une commune isolée, vérifier solvabilité (voisinage, voiture, état général) → option avancement « à étapes ».
- Pas de propriétaire identifié → ne pas commencer (locataire qui veut bricoler chez son bailleur sans accord).
2. Comment refuser proprement
Email-type de refus poli
« Bonjour,
Suite à notre échange / votre demande, je suis dans l'impossibilité de prendre en charge votre projet. [Choisir motif : agenda complet pour la période demandée / configuration technique nécessitant une équipe spécialisée / projet hors périmètre de mes compétences habituelles].
Je vous souhaite une bonne suite et reste à votre disposition pour d'autres projets futurs.
Cordialement,
[Signature] »
Refuser n'est pas grossier
Tu n'es pas obligé de te justifier longuement. « Désolé, je ne peux pas prendre en charge votre projet » suffit. Pas la peine d'inventer des excuses ou d'entrer dans un débat. Le client peut chercher ailleurs.
Quand orienter vers un confrère
Si le chantier est légitime mais hors de ta compétence (gros tertiaire, froid commercial, géothermie), recommander un confrère vaut tout l'or du monde :
- Le client te respecte (tu es honnête)
- Le confrère te renverra l'ascenseur sur ses chantiers résidentiels
- Tu protèges ta réputation locale (pas de chantier raté)
Construire un petit réseau de 3-4 pros locaux complémentaires en démarrage est une stratégie gagnante.
3. Acomptes — gestion serrée
Pourquoi l'acompte n'est PAS optionnel
- L'acompte sécurise la commande matériel : ta trésorerie ne supporte pas une PAC achetée pour un client qui se rétracte.
- Il engage juridiquement les deux parties (article 1583 Code civil : la vente est parfaite dès accord prix + chose).
- Il filtre les clients sérieux des touristes : celui qui refuse l'acompte est souvent celui qui annule en cours.
- C'est l'usage métier en BTP : le client qui s'étonne montre qu'il n'a jamais fait de travaux.
Échéancier type pour PAC A/E
| Étape | Pourcentage | Quand |
|---|---|---|
| Acompte signature devis | 30 % | À la commande matériel |
| Acompte démarrage chantier | 30 % | Premier jour de pose, à l'arrivée |
| Solde | 40 % | Réception (PV signé sans réserve) |
Échéancier type pour clim mono-split (chantier court)
| Étape | Pourcentage | Quand |
|---|---|---|
| Acompte signature devis | 30 % | À la commande matériel |
| Solde | 70 % | Fin de pose (PV signé) |
⚠ Pas d'acompte = pas de commande
Tant que l'acompte n'est pas encaissé (virement reçu ou chèque crédité), ne pas commander le matériel chez le grossiste. Le client qui dit « commence, je vous paierai » a déjà mis un pied dans le retard de paiement.
Modes de paiement à privilégier / éviter
- Virement bancaire : idéal, traçable, immédiat (instantané possible)
- Chèque : accepté, mais attendre l'encaissement effectif (3-7 j) avant de commander matériel
- Espèces : limité à 1 000 € par opération entre pro et particulier (loi 2014). À déclarer en compta. À éviter.
- Crédit MaPrimeRénov' : le client touche l'aide au final, mais ne peut pas être l'acompte. Tu factures l'intégralité TTC, le client se fait rembourser après.
- « Pas de TVA » / au noir : REFUS catégorique. Travail dissimulé = sanctions pénales (art. L8221-3 Code travail).
Si le client retarde un paiement
- Premier rappel à 8 jours par email (poli, factuel)
- Deuxième rappel à 15 jours par lettre recommandée AR (réf. facture, montant, mention pénalités)
- Mise en demeure à 30 jours par LRAR avec menace de procédure judiciaire
- Procédure injonction de payer auprès du tribunal : simple, peu coûteuse (35 €), efficace contre un particulier solvable
- Mention pénalités sur facture : « En cas de retard de paiement, intérêts au taux légal en vigueur + indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement (art. L441-10 Code de commerce). »
Stratégie solo
Ne pas accumuler les impayés. Si tu vois le client qui traîne sur l'acompte démarrage, arrêter le chantier immédiatement jusqu'à régularisation. C'est dur la première fois, mais ça change tout sur la solidité de ton activité.
Clauses devis blindé
Clauses à intégrer systématiquement
1. Validité du devis
« Le présent devis est valable 30 jours. Au-delà, l'installateur se réserve le droit de réviser les prix en fonction des variations matériaux et de la disponibilité du matériel. »
2. Acompte
« Acompte de 30 % à la signature du devis. Le solde est exigible à la fin des travaux, après signature du procès-verbal de réception. »
3. Démarches administratives
« Les démarches administratives préalables (déclaration préalable de travaux en mairie, accord d'assemblée générale de copropriété, avis ABF si applicable) sont à la charge du client. La pose ne sera réalisée qu'après réception des accords écrits. »
4. Conditions de pose
« Le client met à disposition de l'installateur l'accès au logement, l'électricité et l'eau. Le mobilier doit être déplacé par le client. L'installateur n'est pas responsable des dégâts sur mobilier non déplacé. »
5. Limites de prestation
« Le présent devis n'inclut pas : la reprise d'enduit de façade, les réparations de plâtre intérieur, les retouches peinture, le réagencement décoratif. Ces prestations peuvent faire l'objet d'un devis complémentaire. »
6. Spécificités terrain
« Le carottage du mur peut entraîner des microfissures de l'enduit aux abords immédiats du trou. Cet aléa technique normal n'engage pas la responsabilité de l'installateur. »
7. Aléas techniques
« Si lors de l'intervention, des éléments imprévus sont mis en évidence (vétusté de l'installation, désembouage nécessaire, mise aux normes électrique), un devis complémentaire sera proposé avant toute prestation supplémentaire. »
8. Garanties
« L'installation est couverte par : la garantie biennale (2 ans, équipements amovibles), la garantie décennale (10 ans, gros œuvre/installation principale), la garantie constructeur du matériel selon ses propres conditions. »
9. Conditions de paiement
« En cas de retard de paiement, des intérêts de retard au taux légal en vigueur seront appliqués, ainsi qu'une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement (art. L441-10 Code de commerce). »
10. Litige
« En cas de litige, le client peut faire appel au médiateur de la consommation [coordonnées]. À défaut, le tribunal compétent est celui du lieu de l'exécution des travaux. »
Photos — protocole
- Lors de la visite : 10–20 photos de l'existant (façade, intérieur, tableau, chaufferie, murs traversés)
- À l'arrivée chantier : 5–10 photos « état zéro » (avant tout démontage)
- Pendant chantier : photos étapes critiques (carottage, raccordements hydro, raccordements élec, charge gaz)
- Photos balance lors charge fluide (montre clairement la valeur)
- Photos vacuomètre lors du tirage au vide (montre la valeur atteinte)
- Photos pressions BP/HP lors mise en service
- Photos plaques signalétiques UE/UI (n° série, charge, modèle)
- Photos installation finale : vues d'ensemble + détails raccordements
- Photos signature PV de réception (PV avec signature visible)
- Stocker dans dossier client (cloud ou disque externe), gardé 10 ans (durée garantie décennale)
Smartphone pro
Un smartphone récent + appli de prise de notes (Evernote, Notion, Google Keep) suffit. Crée un dossier par client, classe les photos par étape. Les EXIF (date/heure/GPS) servent de preuve datée.
Procès-verbal de réception
PV de réception de chantier — modèle
Référence chantier : ___
Date de réception : ___
Lieu : ___
Maître d'ouvrage (client) : ___
Entreprise : ___
Travaux exécutés :
« Pose et mise en service d'une pompe à chaleur air/eau ___ marque ___, modèle ___, n° série UE ___, n° série module ___, n° série ballon ECS ___. Charge fluide R32 = ___ kg. »
Vérifications effectuées :
- Mise en service en mode chauffage : OK
- Mise en service en mode ECS : OK
- Pressions BP/HP conformes
- Test étanchéité : négatif
- Régulation paramétrée selon zone climatique
- Démonstration au client : faite
Réserves émises par le client :
(à remplir, ou « Aucune »)
Documents remis au client :
- Notice d'utilisation simplifiée
- Carnet d'entretien
- Attestation F-Gas
- Facture finale
Signature du client (avec mention « bon pour réception sans réserve » ou « avec réserves ») : ___
Signature de l'installateur : ___
⚠ Réception « sans réserve » = couverture
Si le client signe « bon pour réception sans réserve », il ne peut plus contester un défaut apparent (ex. trace de plâtre sur sol). Les défauts cachés (ex. fuite hydraulique ultérieure) restent couverts par la garantie.
Si le client refuse de signer : lui adresser une mise en demeure de réception par lettre recommandée. Sans réponse sous 8 jours, la réception est tacite (jurisprudence).
Gestion d'un litige
Étapes
- Première plainte client — ne jamais réagir à chaud. Reformuler par écrit ce que tu as compris. « Je prends note de votre demande et reviens vers vous sous 48 h. »
- Diagnostic — déplacement de constatation. Photos. Mesures. Comparer avec PV de réception et état des lieux.
- Analyse — la plainte est-elle fondée ? Si oui, dans quelle proportion ? Garantie biennale ? Décennale ? Constructeur ?
- Proposition écrite — réparation gratuite, partielle, refus motivé. Toujours par écrit (email + recommandé si tendu).
- Négociation — privilégier la médiation à l'avocat. Le médiateur de la consommation est obligatoire (loi).
- Si recours judiciaire — passer par un huissier pour LRAR de mise en demeure. Faire le constat technique avec un expert assermenté. Saisir le tribunal compétent.
Médiateur de la consommation
Obligation légale d'inscrire un médiateur dans tes CGV / devis. Pour le bâtiment, plusieurs médiateurs disponibles (Médiateur du e-commerce, Médiateur de la consommation Paris, etc.). Choisis-en un et inscris-le dans tes documents commerciaux.
L'escalier du recouvrement — vue d'ensemble
| Étape | Quand | Coût | Effet typique |
|---|---|---|---|
| 1. Relance amiable email | J+8 après échéance | 0 € | 40 % paient sous 7 j |
| 2. Relance téléphonique | J+15 | 0 € | 20 % paient |
| 3. Mise en demeure LRAR | J+30 | ~6 € (LRAR) | 30 % paient |
| 4. Injonction de payer | J+45 à J+60 | 35,21 € + huissier | Procédure judiciaire |
| 5. Exécution forcée (saisie) | Après ordonnance | Frais huissier | Récupération réelle |
L'effet psychologique de l'escalier
Chaque étape filtre les vrais mauvais payeurs des distraits / de bonne foi. 90 % des dossiers se règlent avant l'injonction de payer. Mais c'est parce que tu signales très tôt que tu iras jusqu'au bout, que les distraits paient à la 1ère relance.
Étape 1 — Relance amiable par email (J+8)
Email simple, factuel, sans agressivité. Objet clair, pièce jointe = facture. Tu fais ça 8 jours après l'échéance contractuelle, pas 30 (un client en bonne foi qui a oublié paie immédiatement).
Modèle email — Relance 1
Objet : Facture n° XXX du [date] — relance amiable
Bonjour [Prénom Nom],
Sauf erreur de ma part, votre facture n° XXX du [date], d'un montant de [montant] € TTC, échue le [date], reste à ce jour impayée.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir procéder au règlement par virement sur le compte habituel (RIB en pied de facture) ou par chèque à l'ordre de [ton nom / EURL].
Si ce paiement vient d'être effectué, merci de ne pas tenir compte de ce message.
Restant à votre disposition pour toute question,
Cordialement,
[Ton nom]
Étape 2 — Relance téléphonique (J+15)
Tu appelles, tu es poli mais ferme. Tu poses la question simple : « Avez-vous un problème particulier avec cette facture ? » 3 cas possibles :
- « J'ai oublié, je règle tout de suite » → tu envoies à nouveau le RIB par SMS, tu vérifies sous 48 h.
- « J'ai un souci avec la prestation » → tu écoutes, tu reformules par écrit (email récap), tu proposes un RDV constatation. Voir la procédure « Gestion litige ».
- Mauvaise foi / esquive (« je verrai plus tard », ne rappelle pas) → passage à l'étape 3 immédiat. Pas de pitié.
Étape 3 — Mise en demeure par LRAR (J+30)
La Lettre Recommandée avec Accusé de Réception est l'acte qui fait basculer l'affaire dans le juridique. Date butoir, montant, conséquences explicites. Tu peux l'envoyer toi-même (~6 € via La Poste, AR Online, ou par lettre recommandée électronique AR24/Maileva à ~3 €).
Modèle Mise en Demeure LRAR
Lettre recommandée avec AR
n° XXXX-XXXX-XXXX
[Lieu], le [date]
Objet : Mise en demeure de payer la facture n° XXX du [date]
Madame, Monsieur,
Je vous ai adressé le [date] la facture n° XXX d'un montant de [montant] € TTC, correspondant à la prestation de [pose / entretien / dépannage] réalisée le [date] à votre domicile sis [adresse].
Cette facture, échue le [date], demeure impayée à ce jour, malgré ma relance amiable du [date] et notre échange téléphonique du [date].
Par la présente, je vous mets en demeure de me régler la somme de [montant] € TTC dans un délai de huit (8) jours à compter de la réception de la présente lettre.
À défaut de règlement dans ce délai, je me verrai contraint, sans nouvel avis, d'engager une procédure d'injonction de payer auprès du tribunal compétent, conformément aux articles 1405 et suivants du Code de procédure civile. Les frais de procédure et indemnités forfaitaires (40 € au titre de l'article L441-10 du Code de commerce + intérêts au taux légal) seront à votre charge.
Espérant ne pas avoir à recourir à cette procédure, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
[Signature manuscrite]
[Ton nom – statut – SIRET]
PJ : copie de la facture n° XXX, copie email de relance du [date]
Mentions à ne pas oublier dans la mise en demeure
- Mention explicite « Mise en demeure » dans l'objet (sans cette mention, c'est juste une relance, pas un acte juridique).
- Date d'échéance + montant chiffres et lettres idéal.
- Délai accordé clair (8 jours est la pratique standard).
- Annonce explicite de la procédure judiciaire à suivre (l'injonction de payer).
- Article L441-10 Code de commerce : indemnité forfaitaire 40 € + intérêts au taux légal en plus du principal.
- Envoi en LRAR (l'AR sera ta preuve devant le juge — garde-le précieusement).
Étape 4 — L'injonction de payer (à partir de J+45)
Si la mise en demeure n'a rien donné, tu déposes une requête en injonction de payer au tribunal. C'est la procédure du recouvrement BTP, simple, rapide, peu coûteuse, sans avocat obligatoire.
Fiche identité — Injonction de payer
Procédure simplifiée prévue aux articles 1405 à 1425 du CPC. Pour toute créance certaine, liquide, exigible, contractuelle ou statutaire, sans plafond.
Procédure — pas à pas
Pour un client particulier (B2C) : tribunal judiciaire du domicile du débiteur. Pour un professionnel (B2B) : tribunal de commerce du domicile du débiteur (ou du lieu d'exécution du contrat). Tu vérifies sur justice.fr en tapant la commune.
Téléchargeable sur service-public.fr (« Requête en injonction de payer une somme d'argent »). Tu indiques : ton identité, l'identité du débiteur, le montant en principal, les intérêts, l'indemnité L441-10 (40 €), et la nature de la créance (« facture n° XXX du [date], prestation de [type] »).
Devis signé, facture impayée, AR de la mise en demeure, copies emails de relance, PV de réception ou bon d'intervention signé. Tout ce qui prouve la créance certaine et liquide. Plus le dossier est carré, plus l'ordonnance vient vite.
Dépôt physique au greffe (à l'accueil) ou par voie postale en LRAR. Timbre fiscal 35,21 € (achat sur timbres.impots.gouv.fr ou bureau de tabac). Tu reçois un récépissé de dépôt.
Si le dossier est solide : ordonnance d'injonction de payer délivrée sous 2 à 6 semaines. Le juge ne convoque personne, c'est une procédure non contradictoire à ce stade. Cette ordonnance est ton titre exécutoire, à condition de la signifier au débiteur dans les 6 mois.
Tu mandates un commissaire de justice (nouveau nom des huissiers depuis 2022) pour signifier l'ordonnance au débiteur. Coût : 60 à 120 € selon distance. Le débiteur a alors 1 mois pour faire opposition (sinon l'ordonnance devient définitive).
Tu remandates l'huissier pour saisir : compte bancaire (saisie-attribution), salaires, véhicule, voire saisie-vente du mobilier. C'est l'huissier qui agit, tu n'as plus rien à faire qu'à attendre le virement.
Le médiateur de la consommation — alternative et obligation légale
Avant l'injonction de payer (et en parallèle, pas en remplacement), tu dois au moins informer le client de la possibilité de saisir un médiateur de la consommation. C'est une obligation légale (art L612-1 du Code de la consommation) : tu inscris un médiateur dans tes CGV, devis, et site web.
Médiateurs adaptés au BTP / artisanat
- CMAP (Centre de Médiation et d'Arbitrage de Paris) — large, polyvalent. cmap.fr
- Médiation pour tous — médiateur agréé conso, secteur BTP. mediationpourtous.fr
- SMC (Société de la médiation professionnelle) — adhésion environ 80 à 200 € HT/an. mediateur-conso-smp.fr
- FNAIM / CAPEB médiateur — si tu adhères à une fédération artisanale, le médiateur est souvent inclus.
⚠ Sans médiateur référencé : amende
Ne pas mentionner de médiateur dans tes CGV / devis / site web peut entraîner une amende administrative jusqu'à 3 000 € pour personne physique, 15 000 € pour personne morale (art L641-1 Code conso). Choisis-en un, paie ton adhésion (souvent < 100 € HT/an), inscris-le partout.
Si le client est insolvable — quoi faire
Pas tout débiteur n'est récupérable. Si l'huissier te dit « compte bancaire à découvert, pas de salaire, pas de véhicule à son nom » : tu n'iras pas chercher tes 1 200 €. Dans ce cas :
- Comptabiliser en perte à la clôture de l'exercice (créance irrécouvrable). Tu récupères la TVA payée à tort si tu peux prouver l'irrécouvrabilité (procès-verbal de carence de l'huissier).
- Saisine du fonds de garantie si le débiteur est en liquidation judiciaire (déclaration de créance dans les 2 mois — date de l'avis BODACC).
- Leçon retenue : à l'avenir, acompte 30 % à la commande, paiement intégral au PV de réception, jamais de chantier > 2000 € sans CB ou virement préalable au moins partiel.
⚠ Tes peurs face à un impayé
- « Ça va me coûter une fortune en avocat »
- « Je vais perdre des semaines à courir après cet argent »
- « Le client va se retourner contre moi pour me faire taire »
- « Je vais m'épuiser et abandonner »
✓ La réalité
- Injonction de payer = 35,21 € + huissier 100 €, pas d'avocat sous 10 k€ TTC
- 2 mois en moyenne, dont 80 % du temps tu ne fais rien (le tribunal et l'huissier travaillent)
- Si le client a des griefs, c'est l'opposition qui les fera surface en débat contradictoire — c'est même utile
- Si tu lances la procédure 1 fois, tu sais le faire 10 fois. Le 1er dossier prend 4 h, le 5ème prend 30 min
Outils numériques qui te facilitent la vie
Le réflexe à instaurer dès le 1er chantier
Tu mets dans tes CGV, devis, et factures systématiquement : « En cas de retard de paiement, des intérêts au taux légal en vigueur seront appliqués, ainsi qu'une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement (art. L441-10 Code de commerce). En cas de litige : médiateur de la consommation [coordonnées]. À défaut de règlement amiable, tribunal judiciaire compétent du lieu d'exécution. »
Cette mention en pied de devis change la donne : tu donnes un signal clair que tu connais tes droits. Les vrais mauvais payeurs lisent ça et passent leur chemin.
Assurances obligatoires & recommandées
Obligatoires
- Garantie décennale : 10 ans, couvre les dommages compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination. Obligatoire pour tout artisan du BTP. Coût : 1 200–3 500 €/an pour un solo selon CA.
- Responsabilité civile pro : couvre les dommages causés à des tiers en cours de prestation. Coût : 200–600 €/an.
Recommandées
- Protection juridique pro : prend en charge les frais d'avocat et expertises en cas de litige. Coût : 150–300 €/an.
- Multirisque pro : couvre le matériel professionnel, le véhicule (au-delà de l'assurance auto classique), le local (si tu as un atelier).
- Prévoyance pro : en cas d'arrêt de travail. Vital pour un solo (RSI ne couvre que partiellement). Coût : 50–150 €/mois selon couverture.
RGE = exigence assurance décennale spécifique
Pour la qualification RGE QualiPAC, ton assurance décennale doit explicitement mentionner les pompes à chaleur dans ses garanties. Vérifier que ton attestation comporte « pompes à chaleur air/eau » ou « équipements thermodynamiques » avant de déposer ton dossier RGE.
Réglementation
Attestation de capacité fluides frigorigènes (Cat. I)
- Délivrée par un organisme certificateur agréé COFRAC : AFAQ AFNOR Certification, Bureau Veritas, Cemafroid, Climalife, etc.
- 8 organismes COFRAC à jour 2026, vérifier sur le site de l'OACA
- Catégorie I : tous équipements quel que soit le tonnage. Indispensable pour PAC + clim résidentiel.
- Validité : 5 ans, renouvellement par audit
- Coût initial : 800–1 500 € (formation + audit + adhésion)
- Coût renouvellement : 400–800 € tous les 5 ans
Habilitations électriques
- BR minimum (chargé d'intervention BT générale)
- Recyclage tous les 3 ans
- Coût : 200–400 €
RGE QualiPAC (recommandé fortement)
Obligatoire pour que ton client touche les aides MaPrimeRénov' et CEE. Sans RGE, tes prospects iront chez ton concurrent qui l'a. Voir onglet Contrôle RGE.
Statut
- Auto-entrepreneur : limite CA 77 700 €/an (services), passable mais limitant
- Micro-entreprise : idem auto-entrepreneur (même statut)
- EURL / SASU : sans plafond, IS ou IR au choix, plus de structure
- SARL / SAS : pour s'associer ou s'agrandir
Aptitude vs Capacité — la confusion classique
| Aptitude personnelle | Capacité d'entreprise | |
|---|---|---|
| Concerne | Toi (la personne) | Ta boîte (l'entreprise) |
| Examen | Théorique + pratique | Audit sur place (matériel + procédures) |
| Validité | Illimitée (depuis 2018) | 5 ans, audits de suivi entre-temps |
| Catégorie I | Tous équipements | Tous équipements |
| Suffit pour bosser ? | Non | Oui (avec aptitude) |
Pour intervenir légalement sur fluides, il faut les deux : une personne avec aptitude + une entreprise avec capacité. Si tu changes de structure (passage micro → SASU par exemple), la capacité ne te suit pas, c'est la nouvelle entité juridique qui doit être à nouveau attestée.
Les 3 conditions pour décrocher la capacité
- Au moins 1 opérateur avec aptitude Cat. I : c'est toi.
- Outils obligatoires détenus : liste précise ci-dessous, factures à montrer.
- Système de gestion des fluides : registre + compte Trackdéchets + procédure interne écrite.
Matériel à acheter — liste obligatoire Cat. I
L'auditeur vient sur place vérifier que tout y est, en état de fonctionnement, avec factures à l'appui. Ce qui suit n'est pas négociable :
| Outil | Spécification minimale | Budget Savoie 2026 (HT) |
|---|---|---|
| Détecteur de fuites | Conforme NF EN 14624, calibration en cours | 800 – 1 500 € |
| Balance précision | Précision 0,1 kg, plage 0–100 kg | 200 – 500 € |
| Manifold 4 voies | Avec flexibles 1/4" SAE BP/HP/vide/charge | 200 – 400 € |
| Pompe à vide | Dual-stage, ≥ 100 L/min, vide < 100 µm Hg | 300 – 600 € |
| Vacuomètre digital | Lecture en µm Hg (les manifolds analogiques ne suffisent pas pour l'audit) | 150 – 300 € |
| Bouteille azote + détendeur | Détendeur 0–60 bar, flexible | 200 – 400 € + consigne bouteille |
| Station de récupération fluide | Avec bouteilles vides étiquetées dédiées | 800 – 1 500 € |
| Bouteilles de récup vides | Au moins 2, dédiées et étiquetées | 150 – 300 € pièce |
| Outillage frigo | Coupe-tube, ébavureur, dudgeonneuse excentrique, clés dyna flare | 200 – 400 € |
| EPI | Gants frigo, lunettes, masque ABEK pour récup | 80 – 150 € |
Investissement total réaliste
3 500 à 6 000 € HT pour passer la capacité avec du matériel sérieux. Aller plus bas : tu prends le risque que l'auditeur refuse (matériel pas conforme, balance pas assez précise, manifold sans vacuomètre digital, etc.). C'est l'investissement de démarrage incompressible du métier.
Procédure pas-à-pas pour faire reconnaître ta boîte
- Vérifier que ton aptitude personnelle Cat. I est bien à ton nom (la sortir du tiroir, photo, scan)
- Choisir un organisme certificateur COFRAC : Bureau Veritas, Cemafroid, Climalife, Dekra, AFAQ AFNOR, etc. Comparer les frais, certains sont moins chers que d'autres
- Acheter le matériel obligatoire (cf. tableau ci-dessus). Garder TOUTES les factures.
- Ouvrir un compte producteur déchets dangereux sur Trackdéchets (gratuit, en ligne, ~30 min)
- Créer ton registre fluides (carnet papier dédié, ou logiciel type Frigobook, ou tableur perso)
- Rédiger la procédure interne (1–2 pages) : comment tu manipules le fluide à la pose, à l'entretien, à la récupération, comment tu remplis le registre
- Constituer le dossier : K-bis ou attestation INSEE, attestation aptitude Cat. I, factures matériel, capture compte Trackdéchets, modèle de registre, procédure interne
- Envoyer le dossier à l'organisme certificateur
- Audit sur place (1/2 journée) : l'auditeur vérifie matériel + procédures + registre vide prêt à servir
- Si OK : attestation de capacité émise, valide 5 ans
- Si NC : corriger sous délai imparti puis re-audit éventuel
Coûts & délais
À éviter — pièges classiques au démarrage
Stratégie démarrage solo
Compte 2 à 4 mois entre la décision et l'attestation en main. Acheter le matériel en bloc à un fournisseur unique (Climalife, Comap, Maquaire) qui peut te faire un pack démarrage frigoriste avec remise. Ouvrir Trackdéchets le jour même de la création d'entreprise, c'est gratuit et ça te coche une case majeure.
F-Gas — règlement UE 517/2014
Champ d'application
Tout équipement contenant un fluide frigorigène à effet de serre (HFC, HFO, etc.). Exemples concernés en résidentiel : clim split, PAC air/eau, PAC géothermique, CET, climatiseurs commerciaux, vitrines réfrigérées, climatisation embarquée.
Obligations principales
- Détention attestation Cat. I pour intervenir sur les fluides
- Tenue d'un registre par équipement (modèle, n° série, fluide, charge, dates interventions)
- Contrôle d'étanchéité périodique selon charge en t éq. CO₂
- Récupération obligatoire du fluide en fin de vie ou réparation (interdiction émission atmosphérique)
- Quotas HFC en baisse : phase-down progressive, R32 PRG 675 standard 2026, transition R290 (PRG 3) en cours
Périodicité contrôle étanchéité
| Charge en t éq. CO₂ | Périodicité |
|---|---|
| < 5 | Pas de contrôle obligatoire |
| 5 → 50 | 12 mois |
| 50 → 500 | 6 mois |
| ≥ 500 | 3 mois |
Avec détecteur de fuite installé en permanence : périodicité doublée.
Évolution réglementaire
- Phase-down progressive HFC haute PRG : R410A (PRG 2088) bientôt difficile à approvisionner
- R32 (PRG 675) standard transitoire
- R290 propane (PRG 3) en croissance, mais inflammable A3 → conditions d'installation strictes
BSFF — Bordereau Suivi Fluides Frigorigènes
Quand établir un BSFF ?
- Récupération de fluide en vue de sa destruction / régénération
- Cession à un installateur ou récupérateur agréé
- Dans tous les cas où le fluide quitte ta possession
Trackdéchets
Plateforme officielle trackdechets.beta.gouv.fr (gratuite). Tu y crées un compte « producteur de déchets dangereux » (les fluides usagés sont classés 14 06 01* dans la nomenclature). Chaque cession génère un BSFF dématérialisé suivi par l'État.
Procédure pratique
- Tu récupères du fluide chez un client (réparation, fin de vie)
- Tu rentres au camion, transvases dans une bouteille de récup étiquetée (date, fluide, masse)
- Tu vas chez ton fournisseur ou récupérateur agréé (Climalife, Comap, etc.)
- Tu déposes la bouteille pleine, ils te donnent une vide en échange
- Tu remplis le BSFF en ligne avant le départ ou sur place
- Le suivi est automatique côté État
Registre F-Gas par équipement
Chaque équipement contenant ≥ 5 t éq. CO₂ doit avoir un registre tenu par l'exploitant ou l'installateur en charge. À conserver 5 ans après dernière intervention.
Informations à consigner
- Type / modèle / n° de série de l'équipement
- Type et quantité de fluide (kg + t éq. CO₂)
- Date de chaque intervention
- Nature de l'intervention (pose, contrôle, recharge, récupération)
- Quantité ajoutée ou retirée
- Identité de l'opérateur + n° certif Cat. I
- Résultat des contrôles d'étanchéité
Formats acceptés
- Carnet papier dédié (un par équipement, fourni par les organismes)
- Logiciel dédié (Climalife Frigobook, Cemafroid, Syderep)
- Plateforme nationale Syderep (recommandée) : déclaration annuelle quantitative obligatoire pour les distributeurs et exploitants au-dessus d'un seuil
Étiquetage de l'équipement
Apposer une étiquette physique sur l'équipement : « Cet équipement contient des gaz à effet de serre fluorés » + type fluide + charge + PRG + t éq. CO₂. Obligatoire.
Calculateur t éq. CO₂
Formule : t éq. CO₂ = charge (kg) × PRG / 1 000.
Exemples
| Équipement | Fluide | Charge | t éq. CO₂ | Périodicité |
|---|---|---|---|---|
| Mono-split 9k | R32 | 0,7 kg | 0,47 | Aucune |
| Mono-split 18k | R32 | 1,3 kg | 0,88 | Aucune |
| PAC A/E 8 kW | R32 | 1,8 kg | 1,22 | Aucune |
| PAC A/E 12 kW | R410A | 2,8 kg | 5,85 | 12 mois |
| VRF immeuble | R410A | 40 kg | 83,5 | 6 mois |
Entretien annuel obligatoire
Décret 2020-912 du 28 juillet 2020
- Concerne : PAC dont la puissance nominale est ≥ 4 kW et ≤ 70 kW
- Champs d'application : chauffage et/ou production ECS
- Logements résidentiels et tertiaires
- Premier entretien : dans les 2 ans suivant la mise en service
- Renouvellement : tous les 2 ans pour les équipements en service avant 2020, tous les ans pour les nouveaux
Contenu réglementaire de la visite
- Vérification du système et de ses composants
- Nettoyage des éléments accessibles
- Réglages éventuels
- Évaluation du rendement de la pompe à chaleur
- Conseils éventuels au client (optimisation, remplacement)
- Remise d'une attestation d'entretien (à conserver 2 ans par le détenteur)
Référence arrêté
Arrêté du 24 juillet 2020 relatif à l'entretien des systèmes thermodynamiques. À garder dans son dossier.
Fiche identité — DEEE pour artisan PAC/clim
Décret 2014-928 (transposition directive 2012/19/UE). Tout équipement déposé doit être tracé jusqu'à un éco-organisme agréé.
Les 4 voies pour te débarrasser proprement
Quand tu achètes une PAC ou un split chez ton grossiste (Cedeo, Brossette, Richardson, Téréva, Cera), il a obligation de reprendre l'ancien équipement équivalent. Tu lui dépose ton ancien split en livrant le nouveau. Demande un bon de reprise DEEE — c'est ta preuve de traçabilité.
Ecosystem (anciennement Eco-systèmes) gère 2 800+ points de collecte en France. En Savoie/Isère : Albertville, Chambéry-Bissy, La Motte-Servolex, Saint-Égrève, Voiron. Carte interactive sur ecosystem.eco. Tu prends ta carte SIRET, tu déposes, tu signes le bon DEEE.
Grand Chambéry, Grand Annecy, Grenoble Métropole, CA Arlysère acceptent les artisans avec une carte pro (souvent 50–150 €/an d'adhésion). Pratique pour mélanger DEEE + autres déchets de chantier (cartons, métal, gravats).
Acceptent les unités vidées de fluide et démontées (compresseur, échangeur cuivre, tôlerie). Ils paient au poids le cuivre (~5–6 €/kg en 2026). Mais ce n'est pas un DEEE officiel — pour la traçabilité, complète par un dépôt Ecosystem du reste (carte électronique notamment).
L'ordre exact de démontage d'une PAC en fin de vie
- Couper l'alim électrique au tableau (consignation)
- Récupérer le fluide frigorigène à la station de récup (R32 ou R410A) avec bouteille de récup étiquetée
- Tracer le fluide récupéré sur ton registre F-Gas + créer le BSFF dans Trackdéchets pour son envoi au régénérateur (Climalife, A-Gas)
- Vidanger le circuit hydraulique (PAC A/E) : récupérer l'eau glycolée si présente (déchet dangereux à traiter séparément)
- Drainer l'huile compresseur dans un bidon hermétique (POE — déchet dangereux pro)
- Démonter l'unité de son support, désolidariser UE et UI (split)
- Charger dans le camion sur bâche
- Déposer en point Ecosystem ou chez le grossiste (bon DEEE en main)
- Archiver le bon DEEE dans le dossier client (10 ans)
⚠ Ce que tu ne dois jamais faire
- Jeter une UE/UI à la déchèterie ménagère grand public — interdit aux pros (et la déchèterie te facturera ou te refusera).
- Laisser un équipement chez le client en disant « la mairie passera » — ta responsabilité reste engagée jusqu'au point de collecte agréé.
- Brûler des cartes électroniques ou de l'isolant dans un fond de jardin — délit Code env art L541-46.
Sanctions pénales — les plus lourdes
| Infraction | Référence | Peine maximale |
|---|---|---|
| Émission délibérée de fluide à effet de serre | Code env. art. L541-46 | 2 ans + 75 000 € |
| Intervention sans attestation Cat. I valide | Décret 2007-737 + L541-46 | Jusqu'à 2 ans + 75 000 € |
| Faux registre F-Gas / fausse attestation | Code pénal art. 441-1 | 3 ans + 45 000 € |
| Travail dissimulé (au noir) | Code travail art. L8221-3 | 3 ans + 45 000 € (×5 si récidive) |
| Exercice sans assurance décennale (BTP) | Code assurance art. L243-3 | 6 mois + 75 000 € |
| Falsification BSFF Trackdéchets | Code env. art. L541-46 | Jusqu'à 2 ans + 75 000 € |
Sanctions administratives — plus fréquentes
- Amende administrative jusqu'à 75 000 € par manquement F-Gas constaté (DREAL, DDT)
- Suspension de l'attestation Cat. I avec délai de remise en conformité (60–90 j)
- Retrait définitif de l'attestation en cas de récidive ou non-correction
- Suspension du RGE QualiPAC par Qualit'EnR — perte des aides MaPrimeRénov' clients
- Inscription au registre des entreprises sanctionnées consultable publiquement (rgia.gouv.fr)
- Médiateur de la consommation non référencé : 3 000 € PP / 15 000 € PM (art. L641-1 Code conso)
Conséquences indirectes — souvent plus graves que la sanction elle-même
⚠ Effet domino d'une sanction
- Perte du RGE → tes clients perdent leurs aides → tes devis ne passent plus
- Refus de couverture par l'assurance en cas de sinistre (faute intentionnelle exclue)
- Refus de fournisseurs grossistes qui filtrent les pros sanctionnés
- Réputation locale abîmée — en Savoie le bouche-à-oreille tue plus vite qu'une amende
- Banque qui ferme la ligne de crédit pro
✓ Comment ne jamais être inquiété
- Registre F-Gas tenu en temps réel. Une appli (Climalife, Cemafroid) ou un Excel structuré.
- BSFF systématique sur Trackdéchets — c'est gratuit et légal.
- Bons DEEE archivés avec les dossiers chantier (10 ans).
- Attestation Cat. I et RGE renouvelées avant échéance — calendrier pro avec rappels 90 j avant.
- Devis et facture en bonne et due forme avec mentions obligatoires (médiateur, garanties, SIRET, RC pro, décennale).
L'inspection DREAL en pratique
Les contrôles physiques sur les artisans solo sont rares (priorité aux gros opérateurs) mais quand ils tombent, ils tombent fort. La DREAL prévient rarement. Elle vient avec une liste précise de ce qu'elle veut voir : registre F-Gas, attestations à jour, BSFF récents, certificat de conformité de tes bouteilles de récup, étalonnage de ta balance F-Gas. Garde tout dans un classeur unique « Conformité » dans le bureau ou le camion.
Contrôle RGE
Ce qui peut te le faire perdre
- Audit raté avec non-conformités majeures non corrigées sous 60 j
- Charte qualité Qualit'EnR non respectée (devis bâclé, dimensionnement absent, pas d'étude thermique)
- Plainte client retenue par l'organisme
- Adhésion annuelle non renouvelée
- Assurance décennale qui ne mentionne plus la PAC
- Capacité d'entreprise (Cat. I) non maintenue → vois l'onglet Réglementation
Calendrier type
- Année 1 : audit initial déjà passé. Surveillance.
- Tous les ans : paiement adhésion + déclaration des chantiers réalisés (souvent en ligne)
- Audit chantier : 1 audit sur place tous les 2 à 4 ans selon barème
- Année 4 : dossier de renouvellement complet à représenter
Bouclier solo
Ton meilleur ami pour passer les audits : un dossier client clean par chantier, archivé au fur et à mesure. Pas à reconstituer en panique 8 jours avant l'auditeur.
Audit chantier — à quoi t'attendre
Convocation
- L'organisme te prévient 4 à 8 semaines avant
- L'auditeur choisit un chantier dans la liste de tes 12 derniers mois
- Il te demande : dossier client + accès au chantier (avec accord du client)
- Demi-journée mobilisée chez le client (compte 3–4 h sur place)
Ce que l'auditeur regarde sur place
- Conformité de l'installation au devis signé (PAC, modèle, accessoires)
- Position UE : dégagements, surélévation, écoulement condensats
- Liaison frigo : isolant continu, protégée UV, pas de pliures
- Module hydraulique : vannes d'isolement, soupape évacuée, vase d'expansion
- Filtre/pot à boue présent et accessible
- Étiquette F-Gas apposée sur l'UE
- Tableau électrique : disjoncteur dédié, différentiel Type A ou F
- Régulation paramétrée (loi d'eau cohérente)
- Mesures de mise en service notées (BP/HP, ΔT)
- Photos du chantier disponibles
Ce qu'il regarde dans le dossier
- Devis détaillé conforme (matériel cité, MO, mentions légales, TVA 5,5 %)
- Étude thermique simplifiée (calcul besoin chauffage / dimensionnement)
- Documentation technique constructeur
- Bon de pesée fluide signé
- Attestation F-Gas remise au client
- PV de réception signé (idéalement sans réserve)
- Facture finale conforme
- Registre F-Gas du chantier à jour
- Charte qualité Qualit'EnR signée et appliquée
Dossier d'audit — checklist d'urgence
Au moment où l'auditeur te dit le chantier choisi, tu dois pouvoir lui sortir tout ça en 30 minutes :
- Devis signé et daté (avec acompte payé)
- Étude thermique / calcul de dimensionnement (peut être simple, mais doit exister)
- Photos avant chantier (façade, intérieur, tableau, chaufferie)
- Photos pendant chantier (carottage, raccordements, charge fluide, pressions)
- Photos finales (UE en place, module hydraulique, ballon ECS)
- Bon de pesée balance avec valeur lisible
- Photo vacuomètre montrant le vide atteint
- Photos pressions BP/HP en mise en service
- Plaques signalétiques UE/UI/module/ballon photographiées
- Attestation F-Gas remplie et signée
- PV de réception signé par le client
- Facture finale
- État des lieux signé (si présent)
Méthode dossier qui survit à l'audit
Un dossier numérique par client, dans un cloud (Google Drive, OneDrive, Dropbox) : 1 sous-dossier par étape (visite, devis, J1, J2, J3, MES, facture). Toutes les photos avec EXIF datées, zéro renommage. À l'audit, tu partages le lien à l'auditeur, il regarde tranquillement.
Non-conformités — types et délais
NC mineures
- Document manquant non bloquant (ex. photo de plaque manquante)
- Réglage perfectible (loi d'eau pas idéale)
- Détail esthétique (goulotte mal alignée)
→ Délai de correction : 30 j. Justificatif à envoyer (photo, document).
NC majeures
- Dimensionnement non documenté
- Devis non conforme (mentions légales manquantes, TVA mal appliquée)
- Absence de PV de réception
- Mesures de mise en service non tracées
- Étanchéité non testée ou non documentée
→ Délai : 60 j. Représenter un dossier complet ou refaire l'intervention si nécessaire.
NC critiques
- Installation non conforme aux normes (ex. différentiel AC sur PAC inverter)
- Risque sécurité (élec, hydro, frigo)
- Falsification de document
- Refus d'accès au chantier
→ Suspension immédiate du RGE jusqu'à correction. Possible retrait définitif si récidive.
⚠ NC critique = déclaration MaPrimeRénov'
Une suspension RGE peut entraîner le remboursement des aides MPR perçues par tes clients sur les chantiers concernés. Très lourd financièrement. Faire corriger immédiatement et sans rechigner.
Renouvellement à 4 ans
- Mettre à jour l'attestation de capacité d'entreprise (Cat. I) si renouvellement Capacité dans la même période
- Mettre à jour l'attestation d'assurance décennale (avec mention PAC)
- Justifier les chantiers réalisés sur la période (au moins 2 sur les 4 ans)
- Avoir au moins 1 audit de suivi positif sur la période
- Prouver formation continue (souvent 1 module Qualit'EnR à refaire)
- Charte qualité re-signée à jour
- Paiement adhésion + dossier renouvellement
Coût indicatif 2026 : 1 200–2 000 € (audit renouvellement + adhésion 4 ans).
Spécialités
Pourquoi ça monte vite
- R32 (PRG 675) → quotas en baisse, prix qui monte
- R410A (PRG 2088) → quasi disparu, à éviter en pose neuve
- R290 (PRG 3) → conforme phase-down 2030+, naturellement disponible
- Beaucoup de fabricants (LG Therma V, Vaillant aroTHERM, Viessmann Vitocal 250-A, Bosch Compress) ont déjà leur gamme R290
Les 3 gros points qui changent par rapport au R32
1. Inflammabilité A3
Le propane brûle. Concentration de 1,8 à 9,5 % dans l'air = mélange explosif. Toute fuite dans un local mal ventilé = bombe potentielle. C'est pour ça que les règles d'installation sont strictes.
2. Charge limitée par volume du local
La quantité de R290 admissible dépend du volume du local où peut fuiter le fluide. Pour de la PAC A/E résidentielle, c'est presque toujours OK car la charge est en UE extérieure (donc local infini = l'extérieur). Mais attention : si liaison en cave, conditions à respecter.
- UE extérieure de plein air : pas de limite spéciale (l'air ambiant dilue)
- UE en local technique fermé : ventilation haute + basse obligatoire, capteur gaz parfois requis
- UE sur balcon couvert ou loggia fermée : conditions techniques précises (NF EN 378)
3. Outillage anti-déflagrant pour intervention
- Détecteur de fuites spécifique hydrocarbures (le détecteur HFC standard ne marche pas)
- Pompe à vide étanche certifiée Ex-proof ou utilisation à l'air libre uniquement
- Manifold dédié R290 (ou bien rincé du fluide précédent)
- Station de récupération R290 spécifique (ne pas mélanger avec R32)
- Bouteilles de fluide R290 stockées en plein air (consigne séparée)
- EPI : pas d'objets métalliques susceptibles de produire des étincelles près de la zone
Formation complémentaire R290
L'attestation Cat. I standard ne couvre PAS le R290. Il faut une formation complémentaire fluides inflammables (souvent 2 jours, ~600–900 € HT) délivrée par les mêmes organismes COFRAC.
- Sans cette formation, tu ne peux pas légalement intervenir sur R290
- L'audit de capacité regarde si ton matériel R290 est en règle (détecteur dédié notamment)
- Validité formation R290 : rattachée à l'aptitude Cat. I
Cas pratiques
Pose PAC R290 résidentielle classique
UE installée en plein air, liaison frigo qui rentre direct dans la chaufferie ou le local technique. Pas de conditions particulières au-delà du matériel adéquat et de la formation. Le marché va vers ça en standard.
⚠ Pièges à connaître
- Ne JAMAIS mélanger R290 et R32 (ni dans les bouteilles, ni dans les outils, ni dans le compresseur)
- Une PAC R290 ne se recharge pas avec autre chose, même en SAV d'urgence
- Stockage bouteilles : à l'extérieur, ventilées, à l'écart de toute source d'ignition (briquet, flamme, étincelle élec)
- Évacuation des condensats UE : pas de canalisation rentrante dans la maison sans précautions (siphon dimensionné, ventilation locale)
Tarif différentiel
- PAC R290 même puissance qu'une PAC R32 = +5 à +12 % en prix matériel
- Pose R290 = MO légèrement plus longue (procédures plus strictes), facturer +5 % en MO
- Aide MaPrimeRénov' identique R32 / R290
- Argument commercial fort : tu vends une PAC « à la durée de vie réglementaire la plus longue », pas concernée par les futures interdictions HFC
Le principe en 30 secondes
Une centrale VMC DF a deux flux d'air :
- Air vicié extrait des pièces humides (cuisine, SDB, WC) — sort de la maison après être passé par l'échangeur
- Air neuf insufflé dans les pièces de vie (chambres, salon) — vient de l'extérieur en passant par l'échangeur
- Dans l'échangeur au cœur de la centrale, les deux flux se croisent sans se mélanger : l'air sortant chaud cède sa chaleur à l'air entrant froid
- Rendement typique de l'échangeur : 80–95 %
Pourquoi c'est un bon complément à la PAC
- Maison étanche moderne (BBC / RT2012) = besoin VMC obligatoire
- Récupérer 15–25 % de chaleur sur ventilation = la PAC tourne moins = moins de conso
- Confort thermique : pas de courant d'air froid en entrée d'air
- Filtration de l'air entrant (filtres F7, ePM1) = qualité d'air intérieur
- Aides MPR + CEE existent (à vérifier — barèmes en évolution)
- Le client qui investit dans une PAC est souvent intéressé par la VMC DF en même temps
Composants d'une VMC DF
| Composant | Rôle |
|---|---|
| Centrale | Cœur du système : échangeur + 2 ventilateurs + filtres. En combles ou local technique. |
| Bouches d'extraction | Dans les pièces humides (cuisine, SDB, WC). Souvent hygroréglables (modulent selon humidité). |
| Bouches d'insufflation | Dans les pièces de vie (chambres, salon). Souvent au plafond, pas dans la zone de séjour direct. |
| Réseau gaines | 2 réseaux distincts (extraction + insufflation). Souvent gaines isolées 50 mm pour limiter pertes. |
| Prises d'air | 1 prise air neuf extérieur + 1 rejet air vicié extérieur, à distance d'au moins 2 m l'une de l'autre. |
| By-pass d'été | Quand T° ext fraîche en été, l'échangeur est by-passé pour ne pas réchauffer l'air entrant — rafraîchissement nocturne gratuit. |
| Préchauffeur antigel | Résistance électrique en entrée d'air pour éviter le givrage de l'échangeur quand T° ext < -5 °C. Indispensable Savoie. |
Marques et gammes courantes
- Aldes (DEE Fly, InspirAir, T.One) : leader français, très répandu
- Atlantic (Duolix Max, Optimocosy) : bon rapport qualité/prix, distribution Atlantic Pro
- Helios : gammes pro, allemand, robustes
- Vaillant recoVAIR : souvent associé à leurs PAC
- Zehnder (ComfoAir) : haut de gamme, rendement supérieur
Pose VMC DF — étapes principales
- Étude préalable : nombre de pièces, débits réglementaires (NF DTU 68.3)
- Choix emplacement centrale (combles isolés, local technique)
- Tracé du réseau de gaines (insufflation + extraction)
- Pose centrale + raccordement électrique (alimentation dédiée + sondes)
- Pose des gaines (souvent isolées 50 mm laine de verre)
- Pose bouches d'extraction et d'insufflation
- Pose prise d'air neuf et rejet (façade ou toiture)
- Mise en route + équilibrage des débits (anémomètre)
- Vérification du by-pass d'été et du préchauffeur antigel
- Démonstration au client + rappel de l'entretien filtres tous les 3-6 mois
Tarif Savoie 2026
Spécificité climat alpin Savoie
En Savoie, l'air extérieur peut descendre à -15 / -20 °C. Sans préchauffeur antigel, l'échangeur gèle et la VMC s'arrête. Préchauffeur électrique 1–2 kW obligatoire en altitude ou en zone H1c. Vérifier que le modèle commandé l'inclut.
⚠ Pièges classiques VMC DF
- Gaines passées dans des combles non isolés sans isolation supplémentaire = pertes énormes
- Prise d'air neuf à proximité d'une sortie chaudière ou d'une bouche d'égout = aspiration de polluants
- Bouche insufflation au-dessus du lit = courant d'air ressenti la nuit
- Filtres jamais changés = perte de débit + colmatage de l'échangeur
- Pas d'équilibrage débits = insufflation et extraction déséquilibrés = surpression ou dépression dans la maison
Le principe en 30 secondes
Une PAC piscine fonctionne exactement comme une PAC air/eau classique, sauf que :
- Le circuit eau = l'eau du bassin elle-même (via échangeur titanium pour résister au chlore/sel)
- La T° de consigne est basse : 26–30 °C (vs 35–55 °C pour le chauffage maison)
- Donc le COP est très élevé : 5–7 typiquement (vs 3–4,5 sur PAC chauffage)
- Pas de régulation complexe : thermostat eau, c'est tout
- Pose simple : monobloc qui se branche en série sur le local technique piscine, juste après le filtre, avant la régulation chlore/électrolyse
Pourquoi c'est un bon marché solo
- Pose 1 jour en moyenne (matin chez le client, après-midi mise en service)
- Marge nette intéressante : matos 1 800–3 500 € HT, facturé 3 500–6 500 € TTC posé
- Saison : avril-octobre, complète tes périodes creuses chauffage
- Entretien annuel : ouverture saison + fermeture hivernage = 80–150 € HT × 2 = récurrent
- Bouche-à-oreille : les voisins de la piscine voient le boîtier et demandent
- Peu de concurrence en Savoie sur ce créneau (les piscinistes le font souvent moyennement)
Dimensionnement
| Volume bassin | Bâche / abri | Puissance PAC à viser |
|---|---|---|
| 20–30 m³ | Bâche à bulles | 5–8 kW |
| 30–50 m³ | Bâche à bulles | 8–12 kW |
| 50–80 m³ | Bâche à bulles | 12–17 kW |
| 20–40 m³ | Sans bâche | x 1,5 par rapport au tableau ci-dessus |
| 20–40 m³ | Abri haut piscine | x 0,7 par rapport au tableau ci-dessus |
Hypothèses : T° eau cible 28 °C, T° air saisonnière moyenne 18 °C, montée en T° en 4 jours.
Bâche à bulles = règle d'or
Sans bâche, la piscine perd 70 % de la chaleur la nuit par évaporation. Toujours vendre la PAC piscine avec rappel client : « sans bâche, votre PAC va surchauffer et vous coûter cher en élec ». Si client refuse la bâche, surdimensionner la PAC en conséquence.
Composants d'une installation type
- PAC piscine monobloc (toujours monobloc, pas de bibloc en piscine)
- Échangeur titanium intégré (résiste au chlore, au sel, au pH variable)
- Vanne 3 voies de by-pass manuelle (pour court-circuiter la PAC en hiver)
- Branchement hydraulique en PVC pression piscine (Ø 50 ou 63)
- Alimentation élec dédiée (mono 16–32 A selon puissance)
- Bâche à bulles (vente complémentaire si client n'en a pas)
Marques et modèles
- Zodiac (Z200, Z300, Z400) : leader piscine, très fiable, SAV efficace
- Hayward (EnergyLine Pro) : bon rapport qualité/prix
- Poolex : gamme large, prix accessible, qualité variable
- Pacific PR : distribué chez les grossistes piscine
- Astralpool : pro, robuste, plus cher
Pose en 1 journée — protocole
- Visite préalable : localiser le local technique piscine, identifier filtre et régulation existants
- Choisir emplacement PAC : à l'air libre, 2 m mini d'une fenêtre voisine, 30 cm dégagement arrière
- Couper la circulation eau piscine (vanne d'isolement local technique)
- Couper l'alim circulation
- Insérer un by-pass 3 voies manuel sur la canalisation entre le filtre et la régulation chlore
- Brancher PAC en parallèle via le by-pass (entrée et sortie eau de la PAC reliées au by-pass)
- Tirer l'alim électrique dédiée (depuis tableau piscine ou tableau maison)
- Disjoncteur dédié + différentiel 30 mA Type A ou F
- Remettre l'eau en circulation, purger l'air dans la PAC
- Vérifier l'absence de fuite (raccords PVC)
- Mise en route, régler la T° de consigne (28 °C typique)
- Vérifier le débit d'eau dans la PAC (souvent un capteur intégré, qui sécurise l'arrêt si débit insuffisant)
- Démonstration au client + protocole hivernage (vidanger la PAC + by-pass fermé)
Tarif Savoie 2026
⚠ Hivernage — non négociable Savoie
Une PAC piscine non hivernée = échangeur titanium qui gèle = remplacement à 600–1 200 €. Toujours intégrer dans le contrat : vidange complète + by-pass fermé fin octobre, redémarrage en avril. Si client veut faire lui-même, le mettre par écrit dans le PV de pose pour dégager ta responsabilité.
Pas de F-Gas ni RGE
La PAC piscine est sur fluide frigorigène (souvent R32) → contrôle d'étanchéité reste obligatoire. Mais aucune aide MPR / CEE applicable : c'est du loisir, donc pas de RGE requis du côté du client. Cela simplifie ton dossier client (et ne te prive d'aucune subvention).
La différence avec un multi-split classique
| Critère | Multi-split classique | VRV / VRF |
|---|---|---|
| Nombre d'UI possibles | 2 à 5 | Jusqu'à 32–64 |
| Longueur cumulée liaisons | 30–80 m | jusqu'à 1 000 m |
| Chaud + froid simultané | Non (mode commun) | OUI sur VRV à récupération d'énergie |
| Régulation | Télécommandes individuelles | Centrale + supervision (BMS, KNX, Modbus) |
| Marché cible | Résidentiel haut de gamme | Tertiaire (bureaux, commerces) |
| Prix matos par UI | 1 200–2 500 € | 2 500–5 000 € |
Configurations courantes
- 2-tubes : chaud OU froid commun à toutes les UI. Plus simple, moins cher. Le plus fréquent.
- 3-tubes (récupération d'énergie) : chaud ET froid simultanés possibles sur des UI différentes. Idéal bureau (côté ensoleillé en froid + côté nord en chaud). Plus complexe et plus cher.
Composants spécifiques d'un VRV/VRF
- UE de grosse puissance : 22 à 90 kW typiquement
- Distributeurs de fluide (boîtes de répartition / refnet) sur le réseau frigo, pour orienter le fluide vers chaque UI
- Boîtes BS (sur 3-tubes) pour gérer chaud/froid simultané par UI
- UI variées : cassettes 4 voies plafond, gainables, muraux, consoles, plafonniers
- Régulation centralisée : souvent par étage ou par zone, parfois interfacée à un GTB (Gestion Technique Bâtiment)
Marché : qui pose du VRV/VRF
- Sociétés spécialisées CVC tertiaire (souvent > 10 salariés, gros stock)
- Pas vraiment du marché solo classique — mais possible si tu te spécialises
- Marché ciblé : cabinets médicaux, dentistes, opticiens, petits commerces (boulangerie, agence immo, banque), salles de classe
- Dépannage VRV existant : marché solo accessible (rotation de SAV chez constructeurs Daikin / Mitsubishi)
Spécificités frigoriste solo
⚠ À aborder avec précaution en démarrage
Une pose VRV/VRF demande : (1) certification constructeur dédiée (Daikin VRV training par exemple, 2 jours, 1 200–1 800 €), (2) outils de mise en service spécifiques (logiciel, câble interface), (3) connaissance des protocoles de communication (Modbus, BACnet, KNX). Pas avant 2-3 ans de pose résidentielle solide.
Marques principales
- Daikin VRV (le créateur du concept) — domine le marché en France
- Mitsubishi Electric City Multi — concurrent direct
- Hitachi Set Free
- Toshiba SMMS / SHRMi
- LG Multi V
- Samsung DVM S
Tarifs ordre de grandeur (Savoie 2026)
Le marché type d'un solo en Savoie / Isère
- Restaurants saisonniers stations (Méribel, Courchevel, Val-d'Isère, Tignes) : chambres froides + vitrines
- Boulangers / bouchers / fromagers vallées (Chambéry, Annecy, Grenoble, Bourg-Saint-Maurice)
- Caves coopératives savoyardes (Apremont, Abymes) — refroidissement cuves vin
- Fleuristes — vitrines réfrigérées
- Petits abattoirs / artisans charcutiers — chambres mixtes
Les 3 grands types d'équipements
1. Chambre froide positive (CFP)
- T° intérieure : 0 à +5 °C
- Stockage de produits frais (viande, légumes, fromage, fleurs)
- Fluide : souvent R449A, R452A, R452B (remplaçants R404A en phase-down)
- Évaporateur dans la chambre (souffleur), groupe frigo en local technique ou extérieur
- Volume typique : 4 à 30 m³
2. Chambre froide négative (CFN)
- T° intérieure : -18 à -25 °C
- Stockage produits congelés (viande, glace, surgelés)
- Fluide : idem ci-dessus, parfois R290 / R744 (CO₂) pour gros
- Plus complexe : dégivrage automatique, isolation renforcée (200 mm panneaux sandwich), plancher chauffant antigel
- Volume : 4 à 20 m³ typique
3. Vitrines réfrigérées
- Vitrines de présentation boucher / fromager / pâtissier / fleuriste
- Groupe intégré (plug-in) ou groupe à distance (en local technique)
- T° souvent 2–8 °C
- SAV fréquent : ventilateurs HS, joints de porte, dégivrage capricieux
Différences vs PAC résidentielle
| Critère | PAC résidentielle | Froid commercial |
|---|---|---|
| Plage T° | +35 / +55 °C | -25 / +8 °C |
| Charge fluide | 1,5 à 3 kg | 3 à 30+ kg |
| Périodicité F-Gas | annuelle (charge faible) | souvent semestrielle |
| Régulation | standard constructeur | souvent automate dédié (Carel, Eliwell, Dixell) |
| Fluide | R32 / R290 | R449A, R452A, R744 (CO₂), R290 |
| Tarif horaire SAV | 55–75 € HT | 70–95 € HT |
| Astreinte nuit / weekend | occasionnelle | très fréquente (denrées en jeu) |
Pour s'y mettre — formations recommandées
- Formation « Froid commercial Cat. I » ou « Froid commercial-industriel » (3-5 jours, 1 500–2 500 €)
- Formation automate frigorifique (Carel, Eliwell, Dixell) — souvent gratuite via le constructeur
- Formation R290 / R744 fluides naturels (souvent imposée pour gros tonnage)
Pourquoi c'est rentable
- Tarif SAV +25 % vs résidentiel (denrées en jeu = urgence)
- Astreinte facturée (50 % majoration weekend, 100 % nuit)
- Contrats d'entretien souvent semestriels (vs annuels résidentiel)
- Marge sur pièces de rechange (vannes, sondes, électrovannes) souvent 30–50 %
- Clientèle fidèle : un boulanger qui marche bien avec toi te recommande aux autres artisans du secteur
⚠ Pas pour tout de suite
Le froid commercial demande : matériel spécifique (manifold haute pression CO₂, flexibles dédiés, station récup gros tonnage), formation, expérience SAV solide. À envisager après 1-2 ans de pose résidentielle, quand tu as roulé ta bosse et que tu connais le diag par cœur. En attendant, tu peux référencer un confrère sur le sujet.
3 niveaux de régulation à comprendre
Niveau 1 — Régulation constructeur standard
Chaque PAC a sa régulation native : thermostat d'ambiance + sonde extérieure + loi d'eau. C'est ce que tu poses par défaut.
- Atlantic Cozytouch / Cozytouch+
- Daikin Madoka + Daikin Cloud Service (appli)
- Mitsubishi MELCloud (appli)
- Viessmann ViCare (appli)
- Connexion Wifi → appli mobile = standard 2026
Niveau 2 — Domotique grand public
Le client a déjà ou veut Tahoma (Somfy), Home Assistant, Jeedom, Google Home, Alexa. Il veut « parler » à sa PAC depuis ces écosystèmes.
- Tahoma Somfy : compatible Atlantic, Saunier Duval natifs. Piloter PAC + volets + alarmes depuis une seule appli.
- Home Assistant : open-source, exigeant techniquement, intégrations communautaires pour quasi toutes les marques (souvent via passerelles type MELCloud_NG, daikin_residential)
- Jeedom : autre solution open-source francophone
Ton rôle : vérifier la compatibilité au moment du devis, et orienter vers une PAC qui colle au système client. Si client a Tahoma, lui poser une Atlantic Alféa. Si client a Home Assistant, plus de liberté.
Niveau 3 — Bus pro Modbus / KNX / BACnet
Tertiaire, gros résidentiel haut de gamme (chalets de 300+ m², villas étoilées). Le client a un GTB (Gestion Technique Bâtiment) qui pilote tout : chauffage, ventilation, éclairage, volets, sécurité.
- KNX : standard international filaire, très répandu en haut de gamme. Cher mais robuste.
- Modbus RTU / TCP : protocole industriel, très répandu en CVC tertiaire.
- BACnet : protocole bâtiment américain, présent surtout en grand tertiaire.
Pour s'interfacer : la PAC doit avoir une carte d'interface dédiée (option payante constructeur, 200–600 €). L'intégration est faite par un domoticien spécialisé : ton rôle est de fournir l'interface, pas de programmer le GTB.
Ce que tu dois savoir en démarrage
- Toutes les PAC modernes ont une connexion Wifi gratuite via l'appli constructeur. C'est la base.
- Si client a une domotique grand public, vérifier la compatibilité au devis (souvent ça passe via une passerelle constructeur)
- Si client demande KNX / Modbus / BACnet : c'est du tertiaire. Devis option « carte interface » constructeur, sous-traiter l'intégration au domoticien
- Toujours vérifier la connexion réseau wifi au lieu de pose au moment de la mise en service : si pas de wifi à la chaufferie, prévoir répéteur ou liaison filaire
Argument commercial
« Votre PAC sera pilotable depuis votre smartphone, où que vous soyez » = argument de vente solide. Pour un client qui voyage ou qui a une résidence secondaire en Tarentaise, c'est un must-have. Devise : connexion wifi standard gratuite + démo le jour de la mise en service.
Lexique
Comment l'utiliser sur le terrain
- Doute sur un mot prononcé par un client/grossiste ? Tu tapes 2-3 lettres dans la barre, tu trouves la bonne définition en 5 sec, sans avoir à demander.
- Catégories par filtre : tape « frigo », « élec », « hydro », « régl », ou « jargon » pour ne voir qu'un univers.
- Termes oraux du chantier : « le 3/8 », « la qualif », « tirer le vide », « le dehors » — c'est ce que tu vas entendre avant de le voir écrit.
- Termes réglementaires : F-Gas, BSFF, RGE, MaPrimeRénov', AGEC, CEE, MPR, RC pro… À connaître avant tout audit.
Filtrer dans l'onglet « Tout » — la liste complète y est cherchable.
Liste catégorie : voir l'onglet Tout, et taper « frigo », « bp », « surchauffe », « manifold », etc.
Filtrer dans l'onglet « Tout » avec « différentiel », « courbe », « disjoncteur », « habilitation »…
Filtrer dans l'onglet « Tout » avec « désembouage », « vase », « loi d'eau », « PCBT », « ECS »…
Filtrer dans l'onglet « Tout » avec « F-Gas », « MPR », « CEE », « RGE », « BSFF », « DEEE »…
Filtrer dans l'onglet « Tout » avec « jargon », « le dehors », « calamine », « tirer le vide », « le 5/8 », « OEM », « la qualif »…
Panorama des fluides frigorigènes
Échéances majeures à retenir
| Année | Échéance | Impact terrain |
|---|---|---|
| 2025 | Interdiction R410A en équipement neuf clim split < 12 kW (sauf exemptions) | R32 standard sur clim mono / multi-split |
| 2025 | Quotas HFC réduits de 24 % vs 2024 | Prix R32, R134a en hausse, allonge délais d'approvisionnement |
| 2027 | Interdiction PAC monobloc < 12 kW utilisant fluide PRG > 150 | R32 (PRG 675) interdit en monobloc < 12 kW. Migration R290 / R454B inférieur à 150 PRG ou très bas |
| 2027 | Interdiction clim split < 12 kW utilisant fluide PRG ≥ 750 | R32 (PRG 675) reste autorisé jusqu'en 2027 sur clim < 12 kW |
| 2029 | Interdiction clim split utilisant fluide PRG ≥ 150 (pour < 12 kW) | R32 totalement banni en clim mono-split. Migration R454B ou R290 |
| 2030 | Interdiction PAC bibloc < 12 kW PRG > 150 | R32 banni en PAC bibloc < 12 kW. Migration R290 / R454B |
| 2032 | Interdiction PAC bibloc 12-50 kW PRG ≥ 750 | R32 banni sur grosses PAC. R454B (PRG 466) reste autorisé |
| 2035 | Interdiction PAC bibloc 12-50 kW PRG > 150 | Quasi tout HFC interdit en neuf. Naturels ou nouvelles HFO < 150 |
Conséquences pratiques pour ton activité 2026-2030
📅 Roadmap 2026-2030 frigoriste solo
- 2026 (cette année) : R32 reste majoritaire sur PAC bibloc et clim. R454B en progression. Quelques PAC R290 commencent à apparaître. Tu fais 80 % R32 / 15 % R454B / 5 % R290.
- 2027 : bascule franche. Plus de PAC monobloc R32. Le R290 monte à 30-40 % du marché. Formation R290 indispensable d'ici là.
- 2028-2029 : R32 en déclin sur clim split, R454B prend la place. R290 majoritaire en PAC bibloc nouvelle pose.
- 2030 : R32 quasi banni en neuf. R454B / R290 / R513A dominent.
Recommandation : passer la formation R290 + ATEX dès 2026. Investissement ~800-1 200 € HT, valide 5 ans, te permet de prendre des chantiers R290 avant la concurrence.
Contrôles d'étanchéité périodiques (rappel R.543-78)
| Charge en t.éq.CO₂ | Fréquence contrôle d'étanchéité | Exemple R32 | Exemple R454B |
|---|---|---|---|
| < 5 t.éq.CO₂ | Aucune obligation | < 7,4 kg | < 10,7 kg |
| 5 à 50 t.éq.CO₂ | 1 contrôle / an | 7,4 - 74 kg | 10,7 - 107 kg |
| 50 à 500 t.éq.CO₂ | 2 contrôles / an | 74 - 740 kg | 107 - 1 070 kg |
| > 500 t.éq.CO₂ | 4 contrôles / an + détection automatique fuite | > 740 kg | > 1 070 kg |
La PAC bibloc résidentielle typique (charge 2-3 kg R32) est sous le seuil 5 t.éq.CO₂ : pas de contrôle obligatoire. Mais le frigoriste reste responsable du CERFA F-Gas à chaque MES, recharge, et dépose.
Tableau exhaustif des fluides courants
| Fluide | PRG (AR6) | Catégorie | Inflammable ? | Application typique |
|---|---|---|---|---|
| R32 | 675 | HFC | A2L (légèrement inflammable) | Clim split, PAC bibloc < 50 kW (jusqu'à phase-out) |
| R454B | 466 | HFO mix | A2L | Drop-in R410A, PAC neuve, clim grosse puissance |
| R454C | 148 | HFO mix | A2L | Alternative R32 PAC, conforme post-2027 |
| R290 propane | 3 | HC (naturel) | A3 (très inflammable) | PAC bibloc, ECS thermo, froid commercial — futur |
| R744 CO₂ | 1 | Naturel | A1 (non inflammable) | Froid commercial, supermarchés, CTA |
| R717 ammoniac | 0 | Naturel | B2L (toxique + légèrement inflammable) | Industrie, pas en résidentiel |
| R134a | 1430 | HFC | A1 | Existant ; remplacement progressif R513A |
| R513A | 631 | HFC mix | A1 | Drop-in R134a sans changement matériel |
| R410A | 2088 | HFC | A1 | Existant ; interdit neuf depuis 2025 |
| R407C | 1774 | HFC | A1 | Existant ; en retrait progressif |
| R448A / R449A | ~1400 | HFC mix | A1 | Drop-in R404A, froid commercial transitoire |
| R1234yf | 4 | HFO | A2L | Climatisation automobile |
| R1234ze | 7 | HFO | A2L | Pompes à chaleur eau / eau, refroidisseurs |
Calcul du tonnage CO₂ équivalent
📐 Formule clé
Tonnage CO₂ équivalent (t.éq.CO₂) = Charge fluide (kg) × PRG / 1000
Exemples concrets :
- PAC bibloc Mitsubishi 14 kW Zubadan, charge 2,5 kg R32 : 2,5 × 675 / 1000 = 1,69 t.éq.CO₂
- PAC bibloc Atlantic Alféa 6 kW R32, charge 1,2 kg : 1,2 × 675 / 1000 = 0,81 t.éq.CO₂ (sous seuil 5 t)
- PAC bibloc Daikin Altherma R290 8 kW, charge 1,5 kg : 1,5 × 3 / 1000 = 0,005 t.éq.CO₂ (négligeable)
- Clim multi-split 12 kW R32, charge 3 kg : 3 × 675 / 1000 = 2,03 t.éq.CO₂
Le tonnage CO₂ figure dans le CERFA case [3] et détermine la fréquence des contrôles d'étanchéité périodiques (voir sub-tab Calendrier F-Gas).
R290 propane — le futur du résidentiel PAC
🔥 R290 — propane HC
- PRG : 3 (quasi nul)
- Pression de service : similaire R22 / R134a, ~10-25 bar
- Charge typique : très faible (1-3 kg pour PAC 8-14 kW), car R290 a une excellente capacité frigorifique volumique
- Inflammabilité : classe A3, très inflammable. LIE 2,1 % vol dans l'air.
- Application : PAC bibloc résidentielle, ballon thermodynamique, froid commercial < 50 kW
- Constructeurs en tête : Daikin Altherma 3 H HT R290, Vaillant aroTHERM plus, LG Therma V R290, Atlantic Extensa A.I. R290 (à venir)
R744 CO₂ — froid commercial et industriel
❄ R744 — CO₂ naturel
- PRG : 1 (référence)
- Pression de service : très haute, 80-120 bar (vs 25 bar R32) — équipements spécifiques renforcés
- Cycle : souvent transcritique (passe au-delà du point critique 31 °C / 73 bar)
- Inflammabilité : A1 (non inflammable, mais asphyxiant en confiné)
- Application : froid commercial supermarchés, chambres industrielles, certaines PAC industrielles
- Limite résidentiel : peu utilisé en résidentiel (équipements coûteux + technicité)
R717 ammoniac — industriel uniquement
⚠ R717 — ammoniac NH₃
- PRG : 0 (mais émissions toxiques en cas de fuite)
- Pression de service : similaire R22 / R134a
- Inflammabilité : B2L (toxique pour B + légèrement inflammable pour 2L)
- Application : froid industriel grosses puissances (> 500 kW), patinoires, agroalimentaire
- Limite : interdit en résidentiel et tertiaire de bureau du fait de sa toxicité. Réservé aux installations professionnelles avec personnel qualifié.
Charge maximale R290 selon volume du local
| Type local | Volume mini local | Charge max R290 autorisée |
|---|---|---|
| Local technique non occupé (chaufferie, garage) | Aucune mini fixe (calcul ventilation) | Jusqu'à 5 kg avec ventilation forcée |
| Local accessible occupé (cellier, sous-sol habité) | Calcul selon norme EN 378 | Limite 80 % de la LIE en cas de fuite totale → typiquement 1-2 kg |
| Pièce de vie (salon, cuisine) | Très limité — installation déconseillée | Quasi impossible en pratique |
| Extérieur (UE PAC bibloc) | Pas de limite (atmosphère ouverte) | Pas de limite — généralement 1-3 kg |
Équipements ATEX obligatoires
Procédure spécifique MES R290
Si la PAC R290 est en local intérieur : ventilation forcée présente, capteur R290 en place, automate de coupure testé. Sans ces éléments : refus net, mise en demeure.
Aucune source d'ignition (briquet, fumée, soudure flamme) à proximité de l'UE pendant intervention. Affichage signalétique sur le chantier.
Test azote 16-20 bar 15 min, ΔP < 0,1 bar. Si fuite : ne PAS ouvrir vannes service R290 avant réparation et nouveau test étanche. La fuite serait dramatique en local.
L'humidité résiduelle réagit avec le R290 mais surtout : augmente le risque de cycles défectueux qui peuvent finir en fuite. Cible plus stricte qu'avec R32.
Charges typiques R290 : 1-3 kg pour PAC 8-14 kW. Précision < 5 g recommandée (vs 10 g pour HFC). 5 g de surcharge sur 1,2 kg = 0,4 % d'erreur.
Détecteur R290 allumé pendant le démarrage et les 30 premières minutes. Aucune lecture > 200 ppm tolérée. Si lecture : arrêt immédiat, recherche fuite.
Pas de mélange avec récupération HFC. Bouteille déchets spécifique étiquetée UN1978. BSFF Trackdéchets avec code 16 05 04*.
PV doit indiquer : type fluide R290, charge totale, conformité ventilation ATEX, présence détecteur, formation R290 de l'opérateur (joindre attestation). Important en cas de litige ultérieur.
Drop-in possibles (compatibles sans changement matériel)
| Fluide d'origine | Drop-in possible | Compatibilité | PRG avant / après |
|---|---|---|---|
| R134a | R513A | Compresseur, lubrifiant POE compatibles. ΔT échangeurs ≈ identique. | 1430 → 631 (-56 %) |
| R134a | R450A | Compatible. Légère perte capacité ~5 %. | 1430 → 605 (-58 %) |
| R404A | R448A | Compatible (vérifier joints). Compresseur identique. | 3922 → 1387 (-65 %) |
| R404A | R449A | Compatible. Performances similaires. | 3922 → 1397 (-64 %) |
| R410A | R454B | Pas un drop-in pur. Pression similaire mais classe A2L (légèrement inflammable). Vérifier compresseur compatible. Joints à changer. | 2088 → 466 (-77 %) |
| R22 (interdit depuis 2010) | R422D ou R438A | Drop-in avec lubrifiant compatible. Performance dégradée 5-10 %. | 1810 → 2729/2265 (variable) |
Drop-in IMPOSSIBLES (changement complet nécessaire)
⚠ Cas où il faut remplacer toute l'installation
- R410A → R32 sur clim ou PAC : pression R32 trop haute pour compresseur R410A. Échangeurs et tubes pas dimensionnés. Remplacement complet UE.
- R32 → R290 : compresseur, joints, électronique différents (ATEX). Pas de drop-in.
- R134a → R290 : idem, ATEX requis.
- R407C → R32 : pression et glissement très différents. Pas de drop-in.
- R404A → R290 ou R744 : changement total architecture frigorifique.
Procédure rétrofit (drop-in compatible)
Liste constructeur officielle des drop-in approuvés. Si pas dans la liste : pas de drop-in, remplacement complet.
Station de récupération + bouteille déchets dédiée. Pesée, BSFF Trackdéchets.
Certains drop-in nécessitent un changement de lubrifiant (ex : R22 → R422D nécessite huile POE alors que R22 utilisait minérale ou alkylbenzène). Vidange compresseur, remplissage neuf.
Cartouche neuve, voire double cartouche en série pour piéger résidus de l'ancien fluide.
Procédure standard, cible 200 µm + maintien.
Masse de drop-in souvent légèrement différente de l'original (ex : R513A nécessite -5 à -10 % vs R134a). Voir notice retrofit.
Surchauffe peut nécessiter petit ajustement (vis détendeur thermo). Pression HP/BP mesurées et comparées à table P-T du drop-in.
Étiquette nouvelle sur l'UE indiquant le fluide actualisé + date rétrofit + opérateur. CERFA F-Gas mentionne récupération + recharge avec drop-in. Conservation 5 ans.
Étiquetage obligatoire
🏷 Mentions obligatoires sur étiquette bouteille
- Nom du fluide (R32, R454B, R290…)
- N° UN ADR (ex : UN1078 pour HFC non inflammables, UN1978 pour propane R290)
- Pictogramme danger (gaz comprimé + inflammable si A2L/A3)
- Masse nette (contenu effectif fluide)
- Pression d'épreuve de la bouteille
- Date de fabrication / requalification (bouteille requalifiée tous les 5-10 ans selon ADR)
- N° de lot (traçabilité)
- Code couleur normalisé selon fluide (ex : rose pour R32, jaune pour R32 chez certains, ne pas s'y fier seul)
Stockage atelier
| Type fluide | Stockage |
|---|---|
| HFC non inflammables (R134a, R410A, R513A, R448A) | Local sec, ventilé, à l'écart sources de chaleur. Bouteilles debout ou couchées (selon constructeur). |
| HFO inflammables (R32, R454B en classe A2L) | Local ventilé, à l'écart sources d'ignition. Distance min 5 m d'autres sources de chaleur. |
| HC inflammables (R290 en classe A3) | Local ATEX, ventilation forcée, capteur fuite, distance min 10 m de sources d'ignition. Quantité stockée limitée par règle ATEX (typiquement 50 kg max sans déclaration ICPE). |
| R744 CO₂ | Local ventilé (asphyxiant en confiné), bouteilles debout obligatoire (haute pression). |
Transport en véhicule (ADR ou exemption "petites quantités")
🚐 Règles transport pour frigoriste solo
Le transport ADR complet (formation, plaques orange, équipement spécial) n'est obligatoire qu'au-delà de certaines quantités. En dessous, tu bénéficies de l'exemption "petites quantités" (ADR 1.1.3.6).
- Limite par véhicule HFC non inflammables (UN1078) : 1000 points (= environ 333 kg de fluide)
- Limite par véhicule R290 propane (UN1978) : 333 points (= environ 111 kg)
- Au-delà : ADR complet obligatoire (formation 8 h, plaques orange, extincteur 6 kg, kit fuite)
- Pour un frigoriste solo qui transporte 2-3 bouteilles 12 L (max 25 kg fluide), tu es très en-dessous
Mais même en exemption petites quantités, tu dois : arrimer les bouteilles (pas qu'elles roulent en virage), ventilation du compartiment de transport, document de transport (mention nature + quantité fluide), extincteur 2 kg minimum à bord, pas de stockage à long terme dans le véhicule (sortir le soir).
Bouteilles consignées vs bouteilles en propriété
| Modèle | Avantage | Inconvénient |
|---|---|---|
| Consignée (système Climalife / Westfalen / Air Liquide) | Caution remboursable, échange standard, pas de stockage long | Caution 100-300 €/bouteille immobilisée |
| En propriété (achat + remplissage) | Pas de caution, gestion souple | Investissement initial, requalification périodique à ta charge, recyclage en fin de vie |
Pour un frigoriste solo : consigne recommandée. Plus simple administrativement, pas de souci de requalification, échange standard chez le grossiste à chaque MES.